00:0113h, 14h, Europe 1 Info, c'est avec Maëlle Hassani sur Europe 1 et ses deux chroniqueurs du jour,
00:07l'avocat essayiste et auteur de l'ouvrage Vol au-dessus d'Annie de Cocu, Gilles-William Gonladelle
00:11et le directeur adjoint de la rédaction du journal du dimanche, Raphaël Stenville.
00:15Alors que les chefs de parti sortent petit à petit de l'Elysée où une réunion était organisée ce matin
00:21autour d'Emmanuel Macron pour évoquer la situation internationale, avec une présence assez étonnante,
00:26c'est vrai, les chefs de renseignement étaient aux côtés du chef de l'État,
00:30William Molinier justement nous explique les enjeux de cette réunion.
00:33C'est la dégradation de la situation internationale qui motive selon l'Elysée cette convocation.
00:38La présence des chefs de renseignement, c'est l'argument d'autorité d'Emmanuel Macron.
00:43Les maîtres espions du président seront autour de la table et pourront répondre aux questions posées par les chefs de
00:48parti,
00:49l'occasion pour le président d'accréditer l'idée qu'il n'y est strictement pour rien dans l'augmentation
00:53des prix des carburants,
00:55la faute au détroit d'Ormouz.
00:57Vrai ou faux, la question de la crédibilité de la parole présidentielle se pose.
01:01Sont-ce réellement les analyses du renseignement français ou bien la validation par les services de renseignement
01:06de la pensée du président ?
01:08En interne, certaines voix s'agacent d'une possible utilisation du renseignement à des fins politiques.
01:14Pendant dix ans, Emmanuel Macron a entretenu un rapport de proximité inédit et direct avec les patrons de services,
01:20position qui tranche avec ses prédécesseurs, Jacques Chirac par exemple,
01:24et m'est confié à ses conseillers que le renseignement était, je cite, un nid à emmerdement.
01:30Voilà le bon mot de Jacques Chirac, bien sûr.
01:33Utiliser les chefs du renseignement à des fins politiques, c'est ce qui agace, semble-t-il, en interne dans
01:37les services.
01:37Qu'est-ce que ça vous inspire, Raphaël Stinville ?
01:40Moi je comprends l'agacement d'un certain nombre d'agents du renseignement,
01:46de voir finalement leur travail instrumentalisé par le chef de l'État,
01:49parce qu'il y a une véritable stratégie derrière tout ça,
01:53et une stratégie qui, de l'Élysée en passant par Bruxelles et Ursula von der Leyen,
02:01utilise des mêmes ficelles pour finalement instiller l'idée d'une guerre imminente.
02:08Et en fait, cette peur qui s'installe,
02:10et que le président alimente en mettant en scène l'urgence d'une réunion
02:17avec les principales directions du renseignement,
02:21vise justement à empêcher de penser les vrais autres sujets
02:24qui devraient s'imposer aux Français.
02:26Alors, qu'il s'agisse des questions du pouvoir d'achat,
02:29on l'a vu avec cette question des prix des énergies,
02:33mais également cette question qu'on évoquait tout à l'heure de l'immigration.
02:37Il y a vraiment une volonté d'Emmanuel Macron d'instiller et d'installer au cœur de cette campagne
02:43l'idée que cette guerre serait imminente.
02:46Hier, avant-hier, Ursula von der Leyen disait que la paix était extrêmement fragile
02:53dans son discours devant les parlementaires européens.
02:56Je pense qu'il y a de ça la volonté, encore une fois,
02:59d'instrumentaliser ces menaces d'ingérence extérieure.
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