Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 16 minutes
Fine Arts Paris ouvre son édition 2026 sous la nouvelle présidence de Xavier Eeckhout, directeur de la galerie éponyme, spécialisée dans la sculpture animalière du XXᵉ siècle. Le salon réunit cette année une centaine de galeries, couvrant de nombreuses périodes et spécialités du marché de l’art. Et la sculpture y occupe une place de choix, portée par un marché qui a enregistré plusieurs records ces dernières années. La sculpture animalière, en particulier, suscite un intérêt croissant des collectionneurs, avec des artistes emblématiques comme François Pompon ou Rembrandt Bugatti.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02BISMART
00:04Fine Arts Paris ouvre ses portes sous la nouvelle présidente de Xavier Écoute, directeur de la galerie éponyme,
00:10spécialiste de la sculpture animalière du XXe siècle.
00:14Le salon réunit cette année une centaine de galeries, couvre de nombreuses périodes et spécialités du marché de l'art.
00:20Bonjour Xavier Écoute.
00:21Bonjour Madame.
00:22Merci beaucoup d'être mon invité pour présenter cette année, cette édition 2026
00:27et bien sûr décrypter les différentes tendances du marché de la sculpture.
00:31Alors vous êtes quand même un habitué de Fine Arts Paris, c'est une foire que vous réalisez souvent.
00:39Mais là ce sera la première en tant que président.
00:42Est-ce que vous pouvez nous dire comment est-ce que vous sentez cette première édition ?
00:46Quel souffle vous avez voulu lui donner ?
00:49En effet, je suis exposant pour ce salon depuis sa création il y a 7 ans.
00:54C'était un petit salon qui se trouve au Palais Brognard.
00:57Nous étions une trentaine d'exposants et puis le salon a grandi grâce notamment à mon prédécesseur Louis de Bézère
01:03qui a fait un travail sans économie, en tout cas de son temps et de son énergie.
01:07Et nous sommes aujourd'hui presque 110 sous la nef du Grand Palais.
01:11Donc l'évolution est plutôt très positive.
01:14Et donc là, est-ce que vous avez souhaité lui...
01:16Comment se passe cette première présidence alors quand vous reprenez les rênes d'une aventure comme celle-ci ?
01:21Elle prend beaucoup de temps, ça passe bien, ça prend beaucoup de temps.
01:25Je suis déjà très honoré que mes associés, que mes confrères m'aient choisi.
01:32On essaie d'être présent dans tous les domaines et de parfaire chaque domaine.
01:37Vous n'avez pas pour l'instant, il n'y a pas une nouveauté spécifique que vous avez voulu mettre
01:41en place ?
01:41Si, si, il y a des nouveautés. Alors je ne veux pas chambouler le salon.
01:46On maintient l'ADN de ce salon qui est un salon au départ consacré uniquement tableau, dessin et sculpture.
01:53Petit à petit, nous l'avons ouvert aux arts décoratifs, aux mobiliers.
01:57Et c'est aujourd'hui un très grand salon éclectique.
02:01Mais dans les nouveautés dont vous parliez, nous avons cette année un partenaire incroyable qui est AXA,
02:09qui est vraiment le défenseur et mécène des ateliers de France, défenseur de la culture,
02:13grand mécène du mobilier national et de la manufacture nationale de Sèvres.
02:18Donc nouveau mécène au salon.
02:19Nouveau mécène au salon avec une magnifique exposition qui se tiendra sur leur stand.
02:23Et puis la décoration du salon qui est confiée à l'architecte décorateur Charles Zanna.
02:27Ça c'est très parisien, c'est un souffle de renouveau sur le salon d'avoir la présence de Charles
02:33à nos côtés.
02:34Oui, chaque année aussi il y a cette patte décorative qui est mise en place par ces décorateurs.
02:41Alors vous avez parlé justement de ce salon où l'art est très différent, éclectique.
02:46Quelle place aujourd'hui a la sculpture sur le salon ?
02:50Est-ce que c'est une place prépondérante ?
02:52Est-ce qu'on en voit dans chaque stand ?
02:54C'est une place importante, elle n'est pas prépondérante.
02:56Il y a des marchands dont je fais partie qui sont vraiment spécialistes de la sculpture.
03:00Et nous avons quatre stands uniquement consacrés à la sculpture.
03:03Mais on se rend compte que ce domaine de la sculpture est présent sur beaucoup d'autres stands.
03:08Des marchands de tableaux modernes ont très fréquemment une ou deux sculptures sur leur stand.
03:13Des marchands de mobilier agrémentent et décorrent leur stand grâce à la sculpture.
03:17Et on se rend compte que ce domaine de la sculpture est très présent sur le salon et dans beaucoup
03:22de stands.
03:23Et vous particulièrement, comment est-ce que vous avez travaillé votre stand ?
03:26Qu'est-ce que vous allez présenter ?
03:28Moi je présente, c'est vraiment une petite niche, ma spécialité, car ce ne sont que des animaux.
03:32La sculpture animalière entre 1905 et 1950.
03:35Oui.
03:36Essentiellement des artistes français, belges et suisses.
03:38Et cette année, j'ai créé une ménagerie sur mon stand avec des artistes vraiment autour de 1930.
03:45Comment est-ce que vous expliquez qu'il y a quand même une sorte de regain d'intérêt pour l
03:51'art-sculpture ?
03:52C'est vrai que la sculpture fait des bons chiffres sur le marché de l'art.
03:56Alors qu'on pourrait se dire que c'est quand même assez concrètement, contrairement à la sculpture animalière,
04:00qui est pour le coup peut-être assez facile.
04:02Mais la sculpture c'est quand même assez contraignant, c'est lourd pour des intérieurs de collectionneurs qui peuvent être
04:07de plus en plus petits.
04:08Comment est-ce que vous voyez ce regard d'intérêt ?
04:11Il y a différentes explications.
04:13La première, c'est qu'on se rend compte, pour le XXe siècle en tout cas, ma partie,
04:18on se rend compte que la sculpture qui était très longtemps considérée comme objet décoratif,
04:22et sans être pénible pour ceux qui vont nous écouter,
04:25il y a une très très grande différence, une très grande scission entre le XIXe,
04:28où on est une sculpture quasi industrielle avec une édition très illimitée.
04:34Et on revient en XXe siècle à des artistes qui travaillent de concert avec leurs fondeurs,
04:41et chaque œuvre devient une œuvre d'art et n'est plus une simple sculpture décorative.
04:46C'est-à-dire qu'il faut faire attention en tant que collectionneur,
04:49si par exemple on achète aux enchères, par exemple en ligne, etc.,
04:52il faut faire très attention sur cette différence XIXe, XXe.
04:56Est-ce que vous pouvez nous donner justement quelques moyens pour être attentif à ces...
05:03Le XIXe, XXe, c'est deux choses vraiment différentes.
05:06Le XIXe, vous allez retrouver beaucoup de thèmes synergétiques,
05:09donc la chasse, beaucoup de chevaux.
05:11Le chef de file, c'est Antoine Ouibari,
05:13mais il y a beaucoup d'autres sculpteurs importants également.
05:17Au XXe siècle, concernant l'art animalier,
05:20c'est Pompon et Bugatti, les deux grands-grands,
05:23mais qui sont suivis par beaucoup d'autres.
05:25Comment est-ce qu'on voit, qu'on mesure le regard intérêt ?
05:28Est-ce que vous avez, vous, vu dans votre pratique
05:31que, déjà, est-ce que les prix augmentent ?
05:34Est-ce qu'il y a de plus en plus d'intérêt pour certaines choses ?
05:36Comment est-ce que vous le sentez, vous, en tant que galeriste ?
05:38Oui, exactement, les prix augmentent.
05:40La cote de chaque artiste et la cote de la sculpture animalière,
05:42en règle générale, est beaucoup plus importante qu'avant.
05:45Et on se rend compte aussi d'un intérêt qui devient international.
05:48Alors que, pendant très longtemps, les artistes que nous présentions à la galerie
05:51étaient collectionnés par des amateurs franco-français.
05:56L'école beige, on la vendait très bien en Belgique.
05:59L'école française, on la vendait très bien en France.
06:01Et ça s'arrêtait un petit peu là.
06:03Je parle de ça il y a 15 ans en arrière.
06:04Alors qu'aujourd'hui, ce marché est devenu très international.
06:08Parce qu'à 15-20 ans, c'était un petit creux pour la sculpture ?
06:13On peut voir ça comme ça ?
06:14C'est exactement ça.
06:15C'était un petit creux, ça restait des objets un peu décoratifs.
06:18Il a fallu du temps pour éduquer les collectionneurs,
06:21pour tenter de tirer vers le haut ce domaine de la sculpture.
06:27Et puis les gens s'ont rendu compte, grâce à des expositions,
06:29je me souviens de la beauté animale au Grand Palais,
06:32il y a déjà presque 20 ans maintenant,
06:34toutes ces expositions ont permis de mener la sculpture au premier rang maintenant.
06:40Oui, parce que vous considérez que c'est un secteur qui a besoin de pédagogie.
06:45C'est vrai que c'est peut-être un peu moins inné que la peinture ?
06:49Vous avez tout à fait raison, on a besoin de pédagogie.
06:52Parce que comme vous le disiez à juste titre avant,
06:54c'est un multiple.
06:55Les bronzes, en règle générale, il existe bien sûr d'exemples ironiques.
06:58Mais on parle de multiples.
06:59Et dès que l'on parle de multiples, on parle de contrefaçon, de faux.
07:03Combien d'exemplaires ont-ils été tirés ?
07:06Sont-ils édités du vivant de l'artiste ?
07:08Donc des fonds de entume.
07:09Ou au contraire, des fonds de posthume.
07:10Sont-elles des fonds de posthume autorisées par les ayants droit ?
07:13Ou pas du tout ?
07:14Et tout ça, c'est très compliqué pour un novice de s'intéresser à un domaine
07:19dans lequel tout n'est pas très très clair.
07:21Oui, j'imagine que du coup, il y a vraiment besoin d'avoir un expert galériste historien de l'art
07:26pour dire que celui-ci, en plus, j'imagine qu'il y a des spécificités pour chaque rose, etc.
07:30Des matériaux aussi très différents.
07:32Bien sûr.
07:33Et c'est le rôle de marchand renommé.
07:36Et mes confrères qui sont présents avec moi à Fine Art contribuent aussi à ce que la sculpture
07:41ait la place qu'elle a aujourd'hui.
07:43Pourquoi est-ce que la sculpture animalière, en particulier, a le vent en poube ?
07:49Comment est-ce que vous explique le réel de ça ?
07:51Est-ce que c'est la trait environnementale ?
07:54C'est la taille aussi qui est peut-être plus facile ?
07:56Oui, j'ai un petit peu de mal à l'expliquer.
07:58C'est plus facile avec un artiste comme François Pompon,
08:00parce que tout d'un coup, en 1910-1915, il révolutionne la sculpture animalière.
08:06Tout était très naturaliste avant dans le traitement des œuvres.
08:09Et là, on a affaire à du lisse.
08:12On se rend compte quand même que lui, c'est un révolutionnaire.
08:15Et il va tirer dans son sillon beaucoup d'autres artistes.
08:20Je pense que cette sculpture animalière également s'intègre dans beaucoup d'intérieurs
08:24que des grands décorateurs de renom.
08:26Mais déjà, dès 1930, intégraient les œuvres de Pompon, d'Anne-Marie Profilet,
08:31de Josette et Bercouiffin dans des appartements, des hôtels particuliers de renom.
08:36Et ça perdure aujourd'hui.
08:37Et quand vous avez parlé de Pompon, aussi Bugatti,
08:40lui, comment est-ce qu'on explique sa prépondérance sur le marché ?
08:44C'est un petit peu différent dans son cas, mais vous avez raison,
08:47parce que c'est un très bon exemple.
08:49Il est au top, il est en haut de la pyramide.
08:51La famille est comme ça.
08:52Son frère et Toré faisaient des voitures,
08:54qui sont parmi les voitures les plus prestigieuses, j'imagine.
08:58Carlo Bugatti faisait du mobilier qui est excessivement recherché,
09:01et donc Rembrandt Bugatti de la sculpture.
09:03C'est plutôt une famille qui a réussi.
09:04Oui, c'est une famille dont le nom, en tout cas, restera dans les annales.
09:08Mais il a eu la chance d'être collectionné très jeune et très très tôt
09:12par de grandes familles, par des gens excessivement mondains,
09:16par des mécènes importants, et de bouche à oreille, de fil en aiguille,
09:20les gens allant dans un intérieur décoré avec des ponts de Bugatti ont envie de le produire.
09:25Est-ce que ça, c'est des œuvres d'art qui sont rares ?
09:28Quelle est la production ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on retrouve souvent sur le marché ?
09:32Pour Bugatti, c'est assez simple, parce qu'il y a un catalogue raisonné très important,
09:37et sur 400 sculptures qu'il a pu produire, certaines sont uniques, d'autres à 3 exemplaires,
09:42et la plus grande, ça doit être 52, si je ne dis pas de bêtises.
09:46Donc on sait tout de suite à quoi on a affaire, j'allais dire.
09:49Là, c'est assez précis.
09:50Voilà, le prix dépend de ça.
09:52C'est-à-dire qu'une édition à 3 exemplaires coûte plus cher,
09:54parce qu'elle est plus rare qu'une édition à 50,
09:57mais ce que les gens recherchent avant tout, ce sont des fontes réalisées du vivant de l'artiste,
10:01des fontes entumes et non pas posthumes.
10:03Ça, c'est pour Bugatti.
10:04Pour Bugatti, et pour Pompon, et pour tous les artistes.
10:06En règle générale, il est important d'imaginer que l'artiste a pu mettre sa patte
10:11pour une reprise de patine, vérifier si la cise lure lui convenait,
10:14vérifier si le travail du fondeur était en tout cas à son goût.
10:19Donc si on a un collectionneur assez novice, on va dire,
10:21il faudra quand même être attentif à la fonte,
10:24donc savoir la dater, c'est ça ?
10:26Le nombre d'exemplaires ?
10:27Est-ce qu'il y a d'autres éléments ?
10:29Non, après le salon, pour revenir à Fine Art en une seconde,
10:32nous avons un vetting au salon, c'est-à-dire une commission de très nombreux experts
10:37qui vérifient que toutes ces œuvres soient authentiques et éditées du vivant de l'artiste.
10:43Nous notorisons sur le salon aucune œuvre qui soit posthume.
10:46Ah d'accord, donc forcément ce qu'on va trouver...
10:48Donc forcément ce que vous verrez à Fine Art, ça sera bon, comme disent les marchands.
10:51Merci beaucoup Xavier, écoute, je rappelle que vous êtes le nouveau président de Fine Art Paris.
10:57Je vous souhaite une très bonne édition en 2026,
10:59vous êtes aussi galeriste, spécialiste de la sculpture animalière du XXe siècle.
11:03Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis, c'était Arrêt Marché.
11:16Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations