Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 minute
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Des Français est devenu impossible, entre l'explosion des prix du carburant, l'explosion des prix de l'énergie, l
00:06'alimentation.
00:07Bref, c'est le pouvoir d'achat des Français qui est à terre. Est-ce que c'est votre cas,
00:12Brigitte ?
00:13Alors, c'est mon cas comme le cas de ma mère, de ma belle-mère et de tous ceux qui
00:18m'entourent.
00:20On a une crise actuelle qui révèle une paupérisation du pays, pour tout le monde,
00:25y compris pour des professions qui étaient auparavant très favorisées.
00:31Quand vous dites une profession très favorisée, par exemple, vous êtes dans quelle activité ?
00:35Moi, je suis avocat, mais vous avez maintenant des avocats que l'on voit en liquidation judiciaire.
00:41Je ne parle pas d'avocats spécialisés dans les liquidations judiciaires,
00:44je parle de cabinets d'avocats qui sont liquidés.
00:48Donc, c'est des choses qu'on ne voyait pas avant.
00:51Vous avez des cabinets de dentistes, vous avez des médecins,
00:53vous avez des professions qui avant, entre guillemets, étaient dites des professions privilégiées,
00:58qui maintenant coulent.
01:00Et aujourd'hui, qu'est-ce qui vous met le plus en difficulté dans votre activité,
01:08et surtout pour que vous puissiez subvenir à vos besoins ?
01:11Alors, au niveau de l'activité en elle-même, c'est tout ce qui est taxe.
01:15Parce que les gens parlent souvent de 46%.
01:18En réalité, si vous mettez tout bout à bout, on est à 54% de prélèvements obligatoires.
01:22Enfin, tout confondu.
01:24Donc, inutile de vous dire que si vous encaissez 1 000 euros d'honoraires,
01:26vous en payez plus de la moitié à l'État, déjà.
01:29On commence par là.
01:30Donc, à un moment donné, si vous voulez, vous avez aussi un découragement.
01:32Parce que, bon, quoi qu'il arrive, vous vous rendez compte que, bon,
01:35vous essayez de sortir la tête de l'eau et puis ça ne marche pas.
01:38Alors, évidemment, la plupart des avocats sont dans une moyenne,
01:41vous voyez ce que je veux dire.
01:42Donc, on ne va pas se plaindre.
01:43Moi, je ne me plains pas sur mon sort,
01:45mais je vois bien qu'il y a des confrères très jeunes
01:47qui rentrent dans la profession, qui souffrent.
01:49Vous avez énormément d'avocats qui sont à peine à 2 000 euros par mois.
01:53Alors qu'il faut rappeler, pour devenir avocat,
01:56c'est, si je ne m'abuse, à minima, 7 ans d'études.
02:00Ah, ben, minimum, oui.
02:01Oui, c'est ça.
02:02C'est 7 ans d'études.
02:03Donc, vous êtes à peine à 2 000 euros par mois.
02:04Sauf si vous êtes Anne Hidalgo et vous pouvez passer par des...
02:07Arthur de Vatrigan.
02:08Oui, alors moi, j'attends de voir comment Anne Hidalgo va passer le contrôle de la déontologie.
02:15Il y a un examen de déontologie à passer aussi avant.
02:18Donc, j'attends de voir si elle va avoir des passes droits
02:21ou si elle va vraiment se plier à ce que tout le monde est censé faire pour avoir la passerelle.
02:26Moi, je vous prends les paris qu'elle aura les passes droits.
02:28Au-delà d'Anne Hidalgo, restons sur la situation des avocats.
02:33Et ce qui est vrai, au-delà des avocats, c'est que vous avez une partie de la population française
02:39qui a travaillé ou fait des grandes études,
02:44que ce soit effectivement, c'est pas plus 7 pour devenir avocat,
02:49et qui aujourd'hui est quasiment, non pas à l'europrès,
02:55mais ne vit absolument pas comme pouvaient vivre les avocats il y a 10, 20 ou 30 ans.
03:03Exactement, mais au-delà de ça, moi, je discute avec énormément de gens.
03:07Je vois les clients qui viennent dans mon cabinet.
03:10Moi, je suis civiliste, je fais beaucoup de choses,
03:12mais il y a de plus en plus de gens où il n'y a pas d'autre solution que
03:15le surendettement.
03:17Vous avez une augmentation, évidemment, des défaillances d'entreprise.
03:21Il y a plus de 70 600, je crois, de défaillances d'entreprise.
03:26Vous vous promenez dans les villes, vous allez dans les centres-villes,
03:29vous voyez tous ces rideaux fermés.
03:30Mais il n'y a personne là-haut qui percute.
03:32Excusez-moi d'être un petit peu agacé,
03:34mais je veux dire, il n'y a personne au niveau de l'État qui se dit
03:36qu'il faut qu'on fasse quelque chose.
03:38Allez dans toutes les villes, promenez-vous dans Paris,
03:40vous verrez, vous avez énormément de locaux commerciaux
03:43qui sont alloués, etc., et qui ne trouvent pas preneur.
03:47Vous avez des tas de bureaux qui sont vides.
03:49Je suis passée à Saint-Denis hier.
03:51Il y a des tas, des tas, des tas de bureaux qui sont totalement vides,
03:54qui ne sont pas loués.
03:56Et en plus, je vous dis, au quotidien, je vois ma mère,
03:59je vois ma belle-mère, je vois des gens qui sont retraités,
04:01parce qu'on veut taper sur les retraités aussi.
04:04Moi, ce que je vois, c'est qu'avant, ils allaient chez le coiffeur
04:06toutes les semaines, que maintenant, ils y vont plus qu'une fois par mois,
04:09que dans les couples, au lieu d'aller au restaurant toutes les semaines,
04:12on n'y va plus qu'une fois par mois ou une fois tous les deux mois,
04:14que les gens comme moi, qui adoraient aller au théâtre, etc.,
04:17ont réduit aussi là-dessus, parce qu'en fin de compte,
04:20pour privilégier la nourriture, pour payer l'essence, etc.,
04:22Moi, ce n'est pas dur, je suis passée d'un plein de 63 euros à 106 euros.
04:26Alors, comme je vous ai dit, moi, je ne pleure pas.
04:28Franchement, je ne suis pas à plaindre du tout.
04:30Mais malgré tout, je compte, je fais comme tout le monde.
04:33Et si c'est dur pour moi, je ne veux même pas imaginer
04:35à quel point c'est dur pour les gens qui sont au SMIG.
04:37– Et bien, c'est pour ça qu'on va donner la parole à tout le monde, ce midi.
04:41– Et je ne comprends pas, j'entends le CESE qui va gaspiller 3 millions d'euros
04:45pour une convention citoyenne, pour se poser des questions,
04:48pour savoir d'où vient la dette.
04:49J'ai envie de vous dire, mais je ne sais pas, je ne comprends pas.
04:51Moi, je comprends pourquoi tout le monde veut descendre dans la rue.
04:54Je comprends la colère.
04:55Parce qu'à un moment donné, vous vous dites, mais qui pense à ce genre de truc ?
04:59Au CESE, fermez-les, fermez-les, arrêtez, arrêtez tout.
05:01Arrêtez toutes ces gabegies d'argent public.
05:04Arrêtez de demander toujours aux mêmes de faire des efforts, ça suffit.
05:08Arrêtez les taxes, arrêtez d'empêcher les gens de vivre.
05:10Parce que c'est ça qui se passe.
05:12En plus, on est en récession.
05:13– Chère Brigitte, merci pour votre témoignage, chère Brigitte.
05:17Et ce matin, nous allons donner la parole justement à tous.
Commentaires

Recommandations