- il y a 21 minutes
Avec Manuela Braud
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00:00:0114h-16h, Brigitte Lae et Sud Radio
00:00:04Bonjour à tous, nous allons passer deux heures sur Sud Radio, deux heures d'épreuves.
00:00:10Oui, parce que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, la vie malheureusement est faite d'épreuves.
00:00:16Alors elles sont plus ou moins douloureuses, certaines sont de véritables traumas et il est parfois difficile de les surmonter.
00:00:24Pourtant l'être humain a des capacités extraordinaires et depuis que je vous écoute tous les jours, j'ai envie
00:00:31de vous dire qu'il n'y a aucune règle.
00:00:33Certaines personnes vont savoir rebondir après quelque chose de vraiment très très difficile,
00:00:38alors que d'autres qui auront traversé une petite épreuve vont s'écrouler.
00:00:43Vous avez sans doute entendu parler de la résilience et nous avions reçu Manuel Abraud qui avait écrit un livre
00:00:52sur ce sujet,
00:00:53et notamment sur Boris Cyrilnik.
00:00:55Elle est notre invitée aujourd'hui et je vous propose que vous veniez nous raconter comment vous avez réussi vous,
00:01:01vous-même,
00:01:02à surmonter une épreuve et comment peut-être malgré une enfance difficile, des parents toxiques, des abus,
00:01:08vous avez su aller mieux parce que votre témoignage, ce sera un message d'espoir pour tous ceux qui nous
00:01:14écoutent
00:01:15et qui sont peut-être en souffrance, qui ont besoin d'une piste pour peut-être aller un petit peu
00:01:19mieux.
00:01:19Donc n'hésitez pas à venir témoigner, vous nous appelez au 0 826 300 300.
00:01:25N'hésitez pas également si vous avez envie d'envoyer un petit SOS message, vous envoyez Brigitte par SMS au
00:01:327 20 18.
00:01:34Merci d'être avec nous, Manuel Abraud.
00:01:36Bonjour Brigitte.
00:01:37Vous êtes très souriante, malgré certainement, vous aussi, beaucoup de résilience, parce qu'on ne fait pas les choses par
00:01:46hasard.
00:01:47Je ne vais pas vous questionner sur votre propre parcours.
00:01:50Mais si vous avez écrit ce livre, Boris Cyrilnik, Au-delà de la résilience, c'était aux éditions du NOS,
00:01:58ce n'est pas par hasard.
00:01:59Et vous êtes joyeuse, vous allez bien, ce qui montre bien, quoi qu'on traverse, on peut s'en sortir.
00:02:06Et ça, c'est peut-être le premier message d'espoir qu'on peut donner aujourd'hui ?
00:02:09Complètement, complètement.
00:02:11Quoi qu'on ait vécu, même un traumatisme, deux traumatismes, des polytraumatismes, on peut toujours s'en sortir.
00:02:16Et même, j'ai envie de vous dire, même dans le pire des cas, quand on a l'impression que,
00:02:20malheureusement, on n'a pas réussi à faire autre chose qu'une carrière de victime pendant 20-30 ans,
00:02:25j'ai des passions, des fois, que j'ai accompagnées à entrer en résilience à 60, 70, 80, plus de
00:02:2980 ans.
00:02:30Donc, il est toujours possible de se réinventer, il est toujours possible de s'en sortir.
00:02:34Il y a vraiment une vie qui est possible.
00:02:37Et, moi, j'ai envie de dire, il faut y aller.
00:02:39Oui, il faut y aller.
00:02:41Mais, en même temps, ce n'est pas si simple.
00:02:44Parce qu'il faut y aller, mais il faut arriver à trouver par quel chemin, par quel biais, par quelle
00:02:51piste, pour revenir sur ce que je disais dans l'intro,
00:02:54on va soi-même trouver quelque chose qui va nous permettre de nous appuyer.
00:02:58Parce que, je crois que le problème, c'est ce que j'ai compris de la résilience, mais vous la
00:03:03connaissez mieux que moi,
00:03:04c'est que ce sont des supports, ce sont des béquilles.
00:03:08Moi, j'aime bien, par exemple, parler de la nature.
00:03:13On en a parlé hier, on a parlé de la nature des animaux.
00:03:15Parce que ça, ce sont des supports de résilience.
00:03:18Et j'ai souvent entendu, par exemple, des enfants qui ont des enfances très, très, très maltraitées, très difficiles.
00:03:23Mais ils vivaient à la campagne, et c'est parfois un arbre, un chien qui les a sauvés.
00:03:28Tout à fait, tout à fait.
00:03:31Les ressources de la résilience, qu'on appelle aussi parfois facteurs de protection,
00:03:34il y en a quelques-uns qui sont vraiment essentiels.
00:03:36Le lien, et en fait, par exemple, avec les animaux, c'est un lien hyper sécure.
00:03:41On n'a jamais vu un chien faire du mal à son maître.
00:03:44Un enfant.
00:03:45Voilà, un enfant.
00:03:45Encore moins.
00:03:46Et les chiens sauvent les enfants, clairement.
00:03:48Il y a plein de situations où ils les sauvent.
00:03:51Donc oui, ça, c'est des liens sécures sur lesquels les enfants,
00:03:54et toute personne qui a été maltraitée, qui a dû faire face à l'adversité, peut s'appuyer.
00:03:59Et la nature aussi, c'est très important.
00:04:01Alors, il y a plein d'études scientifiques qui confirment qu'avoir du verre autour de soi,
00:04:06croiser...
00:04:06Alors, il y a une étude qui dit qu'il faudrait voir au moins trois arbres par jour.
00:04:10Mais je la trouve très intéressante.
00:04:12Et ce que je trouve aussi très intéressant, dans notre quotidien où tout va vite,
00:04:16il faudrait toujours plus, etc., la nature, elle, elle n'a jamais accéléré.
00:04:20L'arbre, il bouge en fonction du vent.
00:04:21Il est tranquille.
00:04:23Et quand on le regarde, on est obligé de ralentir et de se reconnecter à quelque chose qui est un
00:04:27peu essentiel.
00:04:28Sans compter les échanges, gaz carbonique, etc.
00:04:31Bon, je ne suis pas experte, mais il y a vraiment des choses qui passent par la nature,
00:04:34et ce n'est pas que du psychologique, en fait.
00:04:36Et ça passe par le corps.
00:04:38Justement, moi, hier, après l'émission, j'ai quand même voulu un petit peu réfléchir
00:04:41pourquoi la nature était aussi apte à être un support de résilience,
00:04:46ou même à nous ressourcer.
00:04:47Et en fait, je me suis dit, mais tout bêtement, parce qu'on est de la nature,
00:04:51enfin, je veux dire, notre corps, c'est naturel.
00:04:55C'est biologique, voilà.
00:04:56Oui.
00:04:57C'est de la biologie.
00:04:58Et je pense aussi, le rapport au corps dans la nature, c'est aussi le mouvement.
00:05:04Et peut-être que le trauma, pour moi, il représente la sidération, le blocage.
00:05:09C'est juste.
00:05:09On est bloqué.
00:05:11Et la nature, finalement, quand on va se promener,
00:05:14moi, mes patients adorent aller marcher, je les encourage vraiment.
00:05:16Finalement, quand on remet le corps en mouvement,
00:05:19on remet déjà la psyché en mouvement.
00:05:20Il y a déjà un mouvement psychologique qui se fait.
00:05:22Même si ça ne règle pas tout, je suis sûre que tous les auditeurs l'ont déjà...
00:05:25Vous avez raison, parce qu'en général, quand il y a eu un trauma,
00:05:28il y a une peur qui s'est installée et qui va bloquer le mouvement, etc.
00:05:33Et on voit bien, par exemple, quand il y a une peur,
00:05:36il y a trois réactions principales.
00:05:38Il y a l'agressivité, c'est-à-dire la défense.
00:05:42Il y a la fuite ou la sidération.
00:05:45Et le pire des trois, c'est la sidération.
00:05:47Parce que la sidération, elle marque vraiment,
00:05:49et ça devient un trauma.
00:05:51Quand on a été sidéré à cause d'un viol, d'un accident,
00:05:55généralement, c'est là où il y a vraiment quelque chose qui se cristallise.
00:05:59Ça génère beaucoup de culpabilité.
00:06:01Oui, sans doute.
00:06:02Vous avez raison.
00:06:03Oui, bien sûr, parce qu'on n'a rien fait.
00:06:04Voilà, on a l'impression, alors que c'est qu'on n'a pas pu faire.
00:06:07Bien sûr.
00:06:08On n'a rien fait, c'est qu'on n'a pas pu faire.
00:06:09Pour plein de raisons.
00:06:11Et puis, il y a parfois, c'est un professeur, c'est un voisin,
00:06:17ça peut être aussi une personne, bien sûr,
00:06:19qui tout d'un coup va dire un mot,
00:06:21qui va permettre de repartir.
00:06:25Oui, de repartir à la vie.
00:06:27Donc, ce qu'on appelle les tuteurs de résilience,
00:06:29c'est vraiment des personnes qui ramènent à la vie,
00:06:31voilà, vous le dites très bien, un mot, une phrase.
00:06:33C'est important aussi de souligner que la plupart des tuteurs de résilience s'ignorent.
00:06:39Moi, par exemple, il y a quelque temps, j'ai reçu un mail d'une ancienne étudiante
00:06:42que je ne vois même pas qui c'est dans un amphi,
00:06:44qui m'a dit, bonjour Manuela, vous ne vous souvenez sûrement pas de moi,
00:06:48mais il y a plus de dix ans, un jour en amphi, vous avez dit,
00:06:51alors je ne sais plus quelle phrase, elle m'a dit,
00:06:52ça a semé une graine.
00:06:54Et je vais vous dire, aujourd'hui, j'ai quitté Psycho,
00:06:56je suis médecin urgentiste, je sauve des vies,
00:06:58et parce que sa maman était décédée d'un cancer du sein,
00:07:01voilà, aujourd'hui, c'est son job,
00:07:03elle a transformé l'expérience traumatique.
00:07:05Vous voyez bien que je n'avais aucune intention, ce jour-là,
00:07:08de m'adresser pour lui dire, qui Psycho va devenir...
00:07:11Mais voilà, et c'est des phrases qu'on peut attraper.
00:07:14Parfois, c'est une lecture.
00:07:16Il y a des livres qui vont sauver des gens
00:07:19parce que l'auteur va écrire quelque chose qui va faire résonance.
00:07:26L'art est un très grand facteur de protection.
00:07:28Un livre ou même des chanteurs, il y a beaucoup de chanteurs.
00:07:31Oui, bien sûr, des chansons.
00:07:32Voilà, des œuvres d'art, même aujourd'hui, des comiques.
00:07:35Il y a beaucoup de comiques qui sont repérés comme personnes ressources,
00:07:39qui autorisent certains jeunes,
00:07:41qu'on grandit parfois dans la précarité,
00:07:42à dire, je peux m'en sortir, je peux peut-être un jour...
00:07:45Les gens viendront voir et je les ferai rigoler
00:07:47et ça allégera un petit peu leur quotidien.
00:07:50Eh bien, on va faire, pendant deux heures, le jardinier.
00:07:53On va planter des petites graines, si vous le voulez bien, Manuel Abrault.
00:07:57Et dans un instant, on commence avec Thierry
00:07:59qui, lui, a subi des abus durant l'enfance
00:08:01et qui va aborder le sujet.
00:08:0414h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:08:07Sud Radio.
00:08:1014h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:08:14Nous sommes avec Manuela Abrault.
00:08:17Vous êtes psychologue clinicienne,
00:08:18vous êtes également chercheuse en sciences et experte du concept de résilience, quand même.
00:08:26Tout à fait.
00:08:26Donc, on sait de quoi on parle avec vous.
00:08:28Bonjour Thierry.
00:08:30Bonjour Brigitte, bonjour Manuela.
00:08:31Bonjour Thierry.
00:08:32Bonjour à tous.
00:08:33Merci d'être avec nous, Thierry.
00:08:35Avec plaisir.
00:08:37Donc, vous, vous avez subi des abus sexuels dans...
00:08:40Oui, alors, moi, je suis un polytraumatisé, pour faire court.
00:08:46Abandonné tout petit, pouponnière, foyer, abandon du père, abandon de la mère, etc.
00:08:52Viol, abusé sexuellement.
00:08:55Bref, une petite enfance, une très petite enfance très compliquée.
00:08:59Alors, moi, je préciserai déjà, Thierry, parce que je crois que c'est important de le dire,
00:09:05le premier grand trauma, c'est évidemment l'abandon.
00:09:10Parce que c'est quoi ?
00:09:11C'est manque d'amour, manque de sécurité.
00:09:13Pour un enfant en très bas âge, c'est des angoisses de mort terribles.
00:09:22Vous avez des angoisses de mort, c'est normalement un abandonnique,
00:09:25et tout ce qui va avec.
00:09:26Bien sûr.
00:09:26La peur d'être délaissée, et même dans la vie au quotidien,
00:09:32même à mon âge maintenant, moi, j'ai 59 ans,
00:09:34la peur d'être abandonnée existe toujours.
00:09:37Parce que c'est un traumatisme profond, physique, psychique,
00:09:42et du coup, ça s'atténue avec le temps, évidemment,
00:09:47mais à moins d'avoir une reconstruction parfaite,
00:09:50ça reste un traumatisme.
00:09:51Oui et non, parce que quelque part, quand même,
00:09:54vous avez puisé en vous cette force.
00:09:57Et je pense que vous êtes capable de vous regarder dans la glace
00:10:00et de vous dire, moi, je ne t'abandonnerai jamais.
00:10:03Oui, aujourd'hui, oui.
00:10:04Ah bah alors, voyez.
00:10:07Après, moi, si vous voulez, je suis passé par un cap,
00:10:10donc après, je suis passé par les familles d'accueil, etc.
00:10:11Je suis passé par un cap,
00:10:13c'est moi qui ai tout abandonné, en fait.
00:10:16Je suis parti dans la rue pendant trois années,
00:10:19où j'ai vécu mon quotidien au quotidien, vraiment, à l'heure même,
00:10:24et avec des mises en danger,
00:10:28qui m'ont permis, en fait, de faire mon chemin de croix.
00:10:32C'est intéressant, ce que vous dites, Thierry, des mises en danger.
00:10:35C'est-à-dire, vous alliez chercher quelque chose dans ces mises en danger,
00:10:40ou c'est parce que quand on est dans la rue, ça arrive ?
00:10:43Oui, non, parce qu'en fait, moi, je fréquentais un milieu,
00:10:47je fréquentais des milieux un peu dangereux,
00:10:49dans le sens où il y avait beaucoup de drogue,
00:10:52beaucoup de choses comme ça.
00:10:55Et j'ai plongé dedans, quoi.
00:10:58J'ai touché à ce qui me permettait, en fait,
00:11:00de relativiser ma situation personnelle.
00:11:04Et par le biais de ça, en fait,
00:11:05je me suis retrouvé dans des situations très difficiles,
00:11:08très dangereuses,
00:11:08qui m'ont permis, en fait, de reprendre un petit peu le dessus,
00:11:10et de me dire, attention, là, tu te mets en danger,
00:11:13là, tu te mets vraiment trop en danger,
00:11:14là, il faut que tu fasses quelque chose.
00:11:16Je trouve ça très intéressant, Thierry,
00:11:18ce que vous nous expliquez sur le fait de vous,
00:11:20quelque part, vous vous exposer à nouveau.
00:11:22Vous avez dit au début que vous avez grandi
00:11:25dans un environnement dangereux.
00:11:27Et finalement, quand vous êtes adulte plus grand,
00:11:30que vous avez dû, vous retrouvez du pouvoir d'agir,
00:11:33vous allez quelque part, on a l'impression,
00:11:34vous réexposer à des situations dangereuses.
00:11:37Et en fait, on ne se rend pas compte,
00:11:38mais inconsciemment, il y a une volonté, souvent,
00:11:41de retrouver du pouvoir d'agir,
00:11:42de dire, maintenant que je suis plus grand,
00:11:44c'est moi qui décide, j'y vais,
00:11:45et peut-être que cette fois, je vais pouvoir me protéger.
00:11:48Ça ne marche pas toujours,
00:11:49mais c'est l'idée d'aujourd'hui, je ne subis plus,
00:11:51j'y vais volontairement, et cette fois, je vais m'en sortir.
00:11:54Voilà. Et je pense qu'effectivement,
00:11:55le fait de se mettre en danger permet de se dire,
00:11:57c'est moi qui, comme vous dites,
00:11:59c'est moi qui vais décider,
00:12:00et qui vais prendre la décision de sortir de là où je suis.
00:12:03La résilience, en fait...
00:12:05Mais moi, je souligne,
00:12:07Thierry, je souligne vraiment ce que vous dites,
00:12:09parce que c'est assez contraire
00:12:10de ce qu'on entend, par exemple,
00:12:12chez les personnes thérapeutes
00:12:14qui aiment bien entretenir la victime
00:12:17dans son rôle de victime.
00:12:18Et là, vous dites tout le contraire,
00:12:20c'est-à-dire que non, je ne veux plus être une victime,
00:12:22et je vais réussir.
00:12:24Alors, évidemment, il ne faut pas se mettre en danger
00:12:26trop fort et trop vite,
00:12:28mais là, ça montre bien
00:12:29que c'est des petits pas
00:12:31qui permettent de prendre confiance en soi.
00:12:36Oui, tout à fait.
00:12:37Et puis, savoir dire qu'on va prendre la décision
00:12:39de s'arrêter,
00:12:40de trouver le moment où on va s'arrêter,
00:12:42de régler le tempo, en fait,
00:12:43de cette vie qui est complètement désordonnée,
00:12:48éparpillée, explosée,
00:12:50on parle même d'explosion corporelle,
00:12:54m'a permis, en fait,
00:12:55de prendre conscience que j'étais un être humain,
00:12:57que je n'étais pas simplement une,
00:12:59entre guillemets, une merde,
00:13:00et que j'avais le devoir
00:13:03pour continuer à vivre,
00:13:04d'apprendre à me respecter,
00:13:06de me comprendre,
00:13:07de comprendre aussi ce qu'était peut-être la résilience,
00:13:09parce qu'on n'est pas forcément résilient
00:13:10au premier coup.
00:13:13La résilience vient à long terme,
00:13:15même à très long terme, je veux dire,
00:13:16parce que moi, je suis dans la résilience
00:13:18depuis que j'ai 50, 55 ans.
00:13:21En fait, non, depuis 2020,
00:13:23quand j'ai passé mon diplôme,
00:13:24que j'ai su que j'étais quelque chose,
00:13:26que j'étais capable de quelque chose.
00:13:28Donc, il m'a fallu attendre plus de 50,
00:13:30plus de 30, plus de 40 ans
00:13:32pour me dire,
00:13:33oui, je suis capable de quelque chose.
00:13:34Donc, ma résilience,
00:13:35elle a commencé là, en fait.
00:13:37Elle a commencé quand j'ai pu apporter
00:13:38mon aide aux autres.
00:13:39Vous avez raison, Thierry.
00:13:40La résilience est un processus fluctuant
00:13:43dont les graines sont souvent
00:13:45déposées très, très tôt dans la vie.
00:13:47Mais en fait, on ne les voit pas encore.
00:13:48Et le moment où vous allez
00:13:49vous réexposer dans la rue,
00:13:51vous tentez de retrouver du pouvoir d'agir,
00:13:53vous êtes déjà dans le fait
00:13:54d'amorcer ce processus.
00:13:57Il n'est pas forcément visible
00:13:58dès le départ,
00:13:59mais il y a quelque chose.
00:14:00Et quand vous sortez de la rue,
00:14:01il y a quelque chose
00:14:02qui est encore plus calé,
00:14:03parce que si j'ai bien compris,
00:14:04vous avez compris
00:14:04qu'il était temps d'apprendre
00:14:06à prendre soin de vous
00:14:07et que vous étiez prêt
00:14:09à dire stop.
00:14:11La mise en danger,
00:14:13même si c'était familier,
00:14:14parce que c'est souvent ça,
00:14:15quand on va se réexposer
00:14:16à des dangers,
00:14:16que finalement c'était familier,
00:14:18eh bien après,
00:14:18il y a j'apprends,
00:14:19j'apprends à prendre soin de moi
00:14:20et aujourd'hui,
00:14:21j'ai besoin d'autre chose.
00:14:22Et vous nous avez parlé
00:14:23d'un diplôme, c'est ça ?
00:14:24Oui, oui, en 2020,
00:14:26j'ai passé mon diplôme
00:14:27de moniteur éducateur,
00:14:29diplôme d'État.
00:14:31Alors, je n'étais pas prêt.
00:14:34Et le fait d'avoir fait
00:14:35cette formation sur deux années
00:14:36m'a permis de rencontrer aussi
00:14:38des personnes,
00:14:39pas forcément qui avaient
00:14:40vécu la même chose que moi,
00:14:41mais des personnes
00:14:41qui étaient dans le rapport
00:14:44au soin à l'autre.
00:14:45Et ça m'a mis dans un...
00:14:48C'est devenu un contenant
00:14:50en fait pour moi.
00:14:50Et le fait d'avoir réussi
00:14:51ce diplôme,
00:14:52le fait d'avoir eu le diplôme
00:14:54avec mention,
00:14:55m'a permis de me dire
00:14:56« Ouais, je ne suis pas bon à rien,
00:14:57je suis bon à quelque chose
00:14:58et mon devoir aujourd'hui,
00:15:00ma vocation aujourd'hui,
00:15:01c'est d'apporter mon aide
00:15:02à l'autre. »
00:15:03Aujourd'hui, je suis moniteur
00:15:04éducateur dans un SMS
00:15:07et je travaille au quotidien
00:15:08avec des personnes
00:15:09situées sur un handicap
00:15:09qui sont aussi polytraumatisées
00:15:12et avec qui je peux justement
00:15:13échanger très facilement
00:15:14et accompagner au plus près
00:15:16de la demande de l'usager.
00:15:18Oui, et j'imagine
00:15:19que vous les reconnaissez
00:15:21tout de suite.
00:15:22Enfin, je veux dire,
00:15:22il y a quelque chose
00:15:23qui...
00:15:24On se reconnaît tous.
00:15:25Oui, bien sûr.
00:15:26C'est intéressant
00:15:27votre diplôme Thierry,
00:15:29c'est vraiment une reconnaissance,
00:15:30j'ai presque, on va dire,
00:15:31institutionnelle.
00:15:32Je ne sais pas
00:15:32si vous avez une reconnaissance
00:15:34judiciaire des traumatismes
00:15:36que vous avez vécu,
00:15:37mais vous avez
00:15:38une reconnaissance institutionnelle.
00:15:40Et je pense que
00:15:41c'est important
00:15:41de conscientiser
00:15:42que votre expérience
00:15:44de moniteur éducateur,
00:15:46votre meilleur diplôme,
00:15:47c'est l'école de la vie.
00:15:49Pour vous,
00:15:49c'est les savoirs expérientiels
00:15:50que vous avez développés
00:15:51dans le dur
00:15:52quand vous étiez enfant
00:15:53pour devenir aujourd'hui
00:15:54un sauveur professionnel.
00:15:55Oui, mais le diplôme,
00:15:56c'est la médaille.
00:15:56C'est ça.
00:15:58On est d'accord.
00:15:59J'attends celle du travail,
00:15:59mais je ne suis pas prêt
00:16:00de l'avoir, je crois.
00:16:02Peut-être, peut-être.
00:16:04Parce que parti,
00:16:05comme vous êtes parti,
00:16:05vous n'êtes pas prêt
00:16:06d'arrêter.
00:16:08Il me reste encore
00:16:09quelques années à faire,
00:16:09mais bon,
00:16:10c'est vrai que
00:16:11c'est l'épuisement
00:16:15d'une vie
00:16:16comme celle que j'ai eue.
00:16:17que je peux dire comme ça
00:16:18parce que je pense
00:16:19que c'est une réalité aussi.
00:16:21Évidemment, évidemment.
00:16:22Avec toute amitié
00:16:22si possible.
00:16:24Thierry,
00:16:24je vais le dire
00:16:25de manière très claire.
00:16:26Il est évident
00:16:27que lorsqu'on a eu
00:16:28des enfances désastreuses,
00:16:31on a plus facilement
00:16:32des problèmes de santé.
00:16:34Je veux dire,
00:16:35osons le dire.
00:16:36Et je crois que ça,
00:16:38c'est quelque chose
00:16:38que la société doit
00:16:39vraiment pouvoir entendre.
00:16:40Oui, c'est compliqué
00:16:41à prouver scientifiquement.
00:16:44Mais les personnes
00:16:45polytraumatisées
00:16:46qui ont des maladies
00:16:46auto-immunes,
00:16:47une, deux, trois, quatre.
00:16:48On ne sait pas trop bien
00:16:49d'où ça vient.
00:16:50On ne sait pas
00:16:50comment ça se manifeste.
00:16:51Donc, on ne le dit pas assez,
00:16:52mais la psychothérapie,
00:16:54elle est vraiment...
00:16:55L'objectif,
00:16:56c'est aussi que les personnes
00:16:57apprennent à prendre soin d'elle
00:16:59tout au long de leur vie.
00:17:01Après,
00:17:01je pense qu'il y a aussi
00:17:03la reconstruction
00:17:04de l'image
00:17:04qu'on pourrait avoir.
00:17:05Moi,
00:17:06je n'avais pas d'image paternelle
00:17:08et pas d'image maternelle,
00:17:09de fait.
00:17:09Et je me suis retrouvé
00:17:10en fait face un jour
00:17:11à une personne
00:17:13et que je remercierai
00:17:14toute ma vie.
00:17:15C'est un gendarme
00:17:16qui m'est rentré
00:17:17dans le lard
00:17:18et il a représenté
00:17:21la seule image
00:17:22familiale
00:17:23que j'ai pu avoir.
00:17:24une image paternelle
00:17:25qui m'a aussi...
00:17:27Je pense que ça m'a aussi
00:17:28permis
00:17:29d'arriver au bout du tunnel,
00:17:31de voir la lumière
00:17:32et de me dire
00:17:33ouais,
00:17:34c'est vers là
00:17:34qu'il faut que j'aille
00:17:35pour pouvoir aussi...
00:17:37Attendez,
00:17:38parce que ce que vous dites là,
00:17:39d'abord,
00:17:39c'est un support de résilience,
00:17:41ce gendarme,
00:17:42mais ça voudrait dire
00:17:43que puisque quelqu'un
00:17:45me gronde,
00:17:47c'est que je suis intéressant,
00:17:48c'est que j'existe
00:17:49et ça veut dire que
00:17:51ben oui,
00:17:52il y a quand même
00:17:52une autorité
00:17:53qui me permet
00:17:54de tenir debout.
00:17:57Ça veut dire
00:17:58que ça existe ?
00:17:58Oui,
00:17:59mais c'est vachement important
00:18:00ce que vous dites
00:18:00parce que ça veut bien dire
00:18:01qu'on a plus intérêt
00:18:03à ce que les délinquants
00:18:05soient remis
00:18:07avec de l'autorité
00:18:10et dans le cadre.
00:18:11Le cadre amène la sécurité,
00:18:13la sécurité amène
00:18:13la sécurité affective,
00:18:15la sécurité affective,
00:18:16la sécurité intérieure
00:18:17et génère de l'estime de soi.
00:18:19Si on m'engueule,
00:18:20ça veut dire qu'on m'aime
00:18:21parce que si on n'en a rien
00:18:22à faire de moi,
00:18:23j'ai beau faire n'importe quoi,
00:18:24j'ai beau me maltraiter.
00:18:25Et souvent,
00:18:26on fait des bêtises
00:18:27pour se faire remarquer
00:18:29quelque part,
00:18:29pour se faire aimer.
00:18:30Parfois oui,
00:18:30pour chercher du cadre
00:18:31effectivement et de la sécurité.
00:18:32Est-ce qu'on va me protéger ?
00:18:34C'est comme ça aussi
00:18:34qu'on apprend.
00:18:36Oui, tout à fait.
00:18:37Tout à fait.
00:18:37Et moi,
00:18:38je vois avec les jeunes
00:18:38que j'ai aujourd'hui,
00:18:39c'est un peu la même chose.
00:18:40Ils viennent chercher le cadre,
00:18:41ils viennent se frotter au cadre
00:18:42pour pouvoir justement
00:18:45ressentir
00:18:45ce qu'on peut leur apporter
00:18:47comme...
00:18:47Alors,
00:18:48pour certains,
00:18:49de l'aspect,
00:18:50pour d'autres,
00:18:51de l'attention véritable
00:18:52pour remettre justement
00:18:55le respect de soi,
00:18:57enfin,
00:18:57leur respect à eux,
00:18:58de soi,
00:18:58et de comprendre
00:19:00que même si on fait des bêtises,
00:19:02on peut être apprécié
00:19:03à notre juste valeur
00:19:05dans le cadre d'autres activités,
00:19:07d'autres compétences,
00:19:07etc.
00:19:08Et puis,
00:19:08parfois,
00:19:08certains enfants
00:19:09qui doivent bien vous repérer,
00:19:11vous reconnaître,
00:19:11vous aussi,
00:19:12doivent se dire
00:19:12« Ah, moi,
00:19:13je vais me faire remarquer comme ça
00:19:14et je vais compter un peu plus pour lui. »
00:19:16C'est ça.
00:19:17Exactement.
00:19:19Écoutez, Thierry,
00:19:20vous méritez aussi
00:19:21une deuxième médaille
00:19:23de l'AE
00:19:24parce que franchement,
00:19:25votre témoignage,
00:19:26il est fort.
00:19:26Il est très fort.
00:19:27Vous avez dit tellement de choses.
00:19:28Je vous remercie, Brigitte,
00:19:29et je suis très content
00:19:30de vous écouter régulièrement.
00:19:31Même si je vous écoute en direct,
00:19:33je vous écoute en podcast
00:19:34et il y a plein de choses
00:19:35qui m'amènent aussi
00:19:37à agrandir
00:19:38dans ma construction,
00:19:40dans ma reconstruction aussi.
00:19:42Hier,
00:19:42avec la nature et tout ça,
00:19:44moi,
00:19:44je vais très souvent forer pour...
00:19:47Brigitte Lae et Sud Radio,
00:19:49le Love Conseil.
00:19:51Eh bien,
00:19:52Manuel Abraud,
00:19:53on va marcher en conscience.
00:19:55C'est un peu la suite
00:19:56de l'émission d'hier
00:19:58parce que marcher,
00:19:59on ne le répètera jamais,
00:20:01c'est excellent pour la santé,
00:20:02c'est excellent pour la santé physique,
00:20:05certes,
00:20:05d'abord,
00:20:05mais également psychique
00:20:07parce que,
00:20:08à part,
00:20:09évidemment,
00:20:09quand il fait très très chaud,
00:20:10c'est une excellente manière
00:20:12de débrancher
00:20:13et de se positionner
00:20:14avec soi-même.
00:20:16Et notamment,
00:20:17j'aime bien l'automne
00:20:18parce qu'en automne,
00:20:19l'air se rafraîchit,
00:20:20les arbres prennent
00:20:21des couleurs d'or,
00:20:23de cuivre,
00:20:23c'est tout à fait magnifique.
00:20:25Mais il y a une astuce
00:20:26tout à fait intéressante,
00:20:28et c'est le propos
00:20:28de ce Love Conseil,
00:20:29pour mieux encore profiter
00:20:30de cette marche,
00:20:31c'est de caler ses pas
00:20:33sur notre respiration.
00:20:35Et du coup,
00:20:36vous allez complètement
00:20:39empêcher votre pensée
00:20:40de faire du petit vélo
00:20:42dans votre cerveau,
00:20:44parce que vous allez
00:20:45vous concentrer
00:20:45sur quelque chose
00:20:46qui n'est pas si simple,
00:20:47vous allez voir,
00:20:48au début,
00:20:49en tout cas.
00:20:49vous avancez de deux pas
00:20:51en inspirant,
00:20:52et vous expirez
00:20:54sur deux pas.
00:20:55Et puis après,
00:20:55vous le faites sur trois,
00:20:56après vous le faites sur quatre,
00:20:58suivant votre capacité
00:20:59évidemment à faire
00:21:00une marche plus ou moins ample.
00:21:02Et puis,
00:21:02vous pouvez également
00:21:04après,
00:21:04inspirer sur trois pas,
00:21:06expirer sur cinq pas.
00:21:07Et du coup,
00:21:08vous allez être tellement
00:21:09concentré sur votre marche
00:21:10que votre esprit
00:21:11ne pourra absolument
00:21:12plus vagabonder.
00:21:13Et vous remarquerez
00:21:14au bout de...
00:21:15Alors,
00:21:15je ne vous dis pas
00:21:15de faire ça pendant une heure,
00:21:17mais vous remarquerez
00:21:18qu'au bout de dix minutes,
00:21:19par exemple,
00:21:20eh bien,
00:21:21vous serez envahi
00:21:22par un calme intérieur
00:21:23que vous n'avez jamais connu.
00:21:25Et c'est ça,
00:21:25tout l'intérêt
00:21:26de cette marche en conscience,
00:21:27parce que cette marche,
00:21:28ça devient une sorte
00:21:29de méditation.
00:21:31Et autant,
00:21:32la méditation immobile
00:21:33pour beaucoup de gens,
00:21:34c'est impossible,
00:21:35parce que forcément,
00:21:37le cerveau,
00:21:38l'esprit reprend le dessus,
00:21:39alors que cette marche
00:21:41en conscience,
00:21:42elle est tout à fait possible
00:21:43pour tout le monde.
00:21:44Et alors,
00:21:44si vous la faites à deux,
00:21:45en couple,
00:21:46eh bien,
00:21:47c'est encore mieux,
00:21:48parce que du coup,
00:21:48vous allez être vraiment reliés.
00:21:50C'est très intéressant.
00:21:51La marche,
00:21:52elle ramène,
00:21:54en fait,
00:21:54au mouvement.
00:21:55Le trauma enferme
00:21:57dans le passé.
00:21:58La marche en pleine conscience
00:21:59ramène au présent.
00:22:00On débloque le passé.
00:22:01On va ensemble
00:22:02vers l'avenir.
00:22:03Et à deux,
00:22:04on va ensemble
00:22:04et on n'a plus à supporter
00:22:05le regard de l'autre
00:22:06quand des fois,
00:22:07on s'accroche,
00:22:08on se dispute
00:22:08sur des choses bêtes.
00:22:09On avance ensemble
00:22:10dans la même direction.
00:22:12Mouvement tranquille.
00:22:13Et ce que vous expliquez
00:22:14sur la musique
00:22:14de la respiration
00:22:15ramène à la cohérence cardiaque
00:22:16et active le nerf vague.
00:22:18Donc,
00:22:18c'est prouvé scientifiquement.
00:22:19Voilà.
00:22:20Eh bien,
00:22:20mon love conseil
00:22:21a été certifié
00:22:23par Manuel Abraud.
00:22:24Donc,
00:22:25vous savez ce qu'il vous reste
00:22:26à faire ce week-end.
00:22:27Bon,
00:22:27en tout cas,
00:22:28vous pouvez peut-être aussi jouer
00:22:30avec ce masturbateur Lelo.
00:22:32Vous savez que c'est le moment
00:22:33que Sud Radio
00:22:34choisit toujours
00:22:35pour vous l'offrir,
00:22:36ce jouet de Lelo.
00:22:38C'est un stimulateur masturbateur
00:22:40F2S double sonique.
00:22:41Mais ce n'est pas pour les femmes,
00:22:42c'est pour les hommes.
00:22:44Vu la forme,
00:22:45on s'en doute.
00:22:46Il est équipé
00:22:46de deux moteurs
00:22:47qui actionnent
00:22:48deux stimulateurs soniques
00:22:49qui sont situés
00:22:51à chaque extrémité
00:22:52du masturbateur.
00:22:53Et puis,
00:22:53bon,
00:22:53ben voilà,
00:22:53après,
00:22:54je vous laisse deviner la suite.
00:22:56Vous pouvez le gagner
00:22:57en envoyant Brigitte
00:22:58par SMS au 7-20-18.
00:23:01On continue avec Aurélie
00:23:03qui est avec nous.
00:23:03Bonjour Aurélie,
00:23:04merci de prendre la parole.
00:23:06Oui,
00:23:07bonjour Brigitte
00:23:07et bonjour Manuela,
00:23:08j'espère que vous allez bien.
00:23:10On va bien,
00:23:11on va bien.
00:23:11Et vous aussi,
00:23:12visiblement,
00:23:12ça va mieux en tout cas.
00:23:14Oui,
00:23:15oui,
00:23:15il faut s'accrocher.
00:23:17Alors vous,
00:23:18vous avez subi l'inceste
00:23:20lorsque vous étiez jeune
00:23:22par votre oncle.
00:23:234 ans d'inceste,
00:23:24tout à fait,
00:23:25de 8 ans à 12 ans.
00:23:27Et alors,
00:23:28qu'est-ce qui a été
00:23:29votre première piste
00:23:32pour aller mieux justement ?
00:23:35Alors,
00:23:36on ne va pas se mentir
00:23:37quand on est dedans
00:23:38et quand on va mal,
00:23:40on ne voit que ça.
00:23:42Mais cependant,
00:23:44j'ai toujours eu
00:23:45un amour de la vie
00:23:46et eu foi en la vie
00:23:47qui a toujours été en moi
00:23:50et qui m'a permis de tenir.
00:23:51Et on sait que les choses
00:23:53sont impermanentes.
00:23:55Donc,
00:23:55à un moment donné,
00:23:56tout finira par passer
00:23:57et le soleil,
00:23:58même si ça met du temps,
00:23:59finira par se relever.
00:24:01Donc,
00:24:02j'imagine qu'au départ,
00:24:04vous avez quand même
00:24:04des parents
00:24:05qui ont été suffisamment bons,
00:24:07comme on dit.
00:24:09Alors,
00:24:09j'ai un père
00:24:10qui est absent,
00:24:11qui ne fait plus partie
00:24:12de ma vie,
00:24:13qui a été complètement lâche
00:24:14parce que c'est son frère
00:24:17qui m'a violée
00:24:18et il a choisi son frère
00:24:20plutôt que sa fille
00:24:21par l'acheter
00:24:23et heureusement,
00:24:23ma mère,
00:24:24oui,
00:24:24était là.
00:24:25C'est ça,
00:24:25voilà,
00:24:25c'est-à-dire qu'il y a quand même,
00:24:27contrairement à Thierry
00:24:28qu'on a entendu,
00:24:28il y a quand même au départ
00:24:30quelque chose
00:24:30qui donne des fondations,
00:24:32si je puis dire.
00:24:33Après,
00:24:33je ne suis pas en train
00:24:34de nier
00:24:36ce que l'abus
00:24:37a pu casser chez vous.
00:24:40Ce n'est pas ce que je veux dire.
00:24:41Mais on se doute quand même
00:24:43qu'il y a,
00:24:44enfin,
00:24:44vu ce que vous disiez,
00:24:45qu'il y avait quand même
00:24:46eu une enfance
00:24:47à peu près...
00:24:48Paradoxalement,
00:24:49il y a peut-être eu
00:24:50une petite sécurité du lien,
00:24:52paradoxalement,
00:24:53qui vous a amené
00:24:54à un moment à dire
00:24:55je dois me préserver
00:24:56donc je vais couper le lien
00:24:58qui est devenu toxique
00:24:59avec mon père
00:24:59parce que votre père,
00:25:01alors vous parlez d'un choix,
00:25:02je l'entends tout à fait
00:25:03que vous le viez comme ça,
00:25:04sans doute qu'il a été
00:25:05dans une incapacité totale
00:25:07de reconnaître
00:25:08ce qui s'est passé
00:25:08parce que c'était
00:25:09tout bonnement insupportable.
00:25:11Oui,
00:25:12j'entends bien
00:25:12que vous trouviez ça lâche.
00:25:14Tout à fait,
00:25:14tout à fait.
00:25:15Et c'est tout à fait normal
00:25:16que vous n'ayez pas eu
00:25:18presque le choix
00:25:19et c'est très courageux
00:25:20de votre part
00:25:21de vous être dit
00:25:22il faut que je me sauve
00:25:24en fait.
00:25:24Donc,
00:25:24tant que le lien est toxique,
00:25:26je le coupe.
00:25:28Exactement.
00:25:28Et puis,
00:25:29les années passent
00:25:30et j'ai que 40 ans
00:25:31donc je suis encore jeune.
00:25:33Aujourd'hui,
00:25:33j'ai la maladie de Parkinson.
00:25:35Je suis passée aussi
00:25:35par le cancer.
00:25:36Mais le mot résilience
00:25:38aujourd'hui,
00:25:38il est assez galvaudé
00:25:39je trouve
00:25:39parce qu'il est mal employé.
00:25:41Mais la résilience,
00:25:42c'est un état d'être.
00:25:43En fait,
00:25:44je n'ai jamais cessé
00:25:44de me battre
00:25:45et je n'ai pas peur
00:25:46de tomber
00:25:47et je dirais que même
00:25:48le plus dur,
00:25:48ce n'est pas de tomber,
00:25:49c'est de se relever.
00:25:51Oui,
00:25:51effectivement,
00:25:52vous avez raison.
00:25:53La résilience,
00:25:54alors,
00:25:54c'est même au-delà de ça,
00:25:56c'est un processus
00:25:57qui vraiment,
00:25:58souvent,
00:25:59on oublie l'axe
00:26:00de la temporalité.
00:26:01Et en fait,
00:26:02que dans votre histoire,
00:26:03j'ai l'impression
00:26:04qu'entre 8 ans et 12 ans,
00:26:05vous n'avez pas fait
00:26:06que subir,
00:26:06vous y étiez déjà en lutte
00:26:07et je trouve ça
00:26:08très intéressant.
00:26:09Le lien était d'ailleurs
00:26:10avec la pleine conscience
00:26:11qu'on évoquait juste avant.
00:26:13Vous avez raison,
00:26:14tout finit toujours par passer
00:26:15et même les traumas s'arrêtent.
00:26:17Donc,
00:26:17vous avez raison de dire
00:26:18il faut que je tienne
00:26:18parce qu'après,
00:26:19je vais pouvoir me reconstruire.
00:26:21Et dans votre histoire de vie,
00:26:22on voit en plus
00:26:23que les traumas
00:26:24ont peut-être aussi
00:26:25une incidence
00:26:26sur vos problèmes de santé
00:26:27et donc,
00:26:27il y a toute une fluctuation
00:26:28de votre processus
00:26:29de résilience
00:26:30que l'on peut deviner
00:26:31et vous avez raison,
00:26:33il faut tenir,
00:26:33même dans les moments
00:26:34les plus difficiles
00:26:35parce que la vague,
00:26:36ça va remonter.
00:26:37Mais vous êtes vraiment courageuse
00:26:39parce qu'on voit bien
00:26:39la fluctuation
00:26:40mais vous êtes encore jeune
00:26:41et je suis sûre
00:26:43qu'il y a encore
00:26:43beaucoup de choses merveillées
00:26:44qui vous attendent.
00:26:45C'est gentil à vous
00:26:46mais en tout cas,
00:26:47je ne lâche pas
00:26:48et aujourd'hui,
00:26:48ce qui me permet aussi
00:26:49de tenir,
00:26:51c'est que j'ai repris mes études
00:26:52à l'âge de 36 ans,
00:26:54je suis devenue thérapeute
00:26:55et aujourd'hui,
00:26:56je transmets
00:26:57par le biais de mon histoire
00:26:58et qu'on peut s'en sortir,
00:27:00j'aide mes patients
00:27:00justement dans l'accompagnement.
00:27:02J'ai écrit trois livres,
00:27:04le quatrième est en écriture,
00:27:06je fais du stand-up
00:27:07justement aussi
00:27:09pour délivrer mon histoire
00:27:10et montrer qu'on peut
00:27:11rire sur des sujets
00:27:12qui sont lourds.
00:27:13le stand-up,
00:27:14c'est de l'art-thérapie
00:27:15d'une certaine manière.
00:27:16Totalement.
00:27:16Et ça,
00:27:17c'est important aussi.
00:27:19Et quel est votre rapport
00:27:20à votre corps
00:27:20parce qu'entre les abus
00:27:22et la maladie de Parkinson,
00:27:23c'est quand même
00:27:24un corps
00:27:25qui marque
00:27:28beaucoup de souffrance.
00:27:29Très bonne question,
00:27:31Brigitte Lecor.
00:27:33Je dirais que j'ai une relation
00:27:34compliquée avec mon corps
00:27:35parce que j'ai pesé 237 kilos
00:27:37donc ça a été compliqué.
00:27:40Et puis le corps,
00:27:40oui,
00:27:41ça représente mes souffrances.
00:27:42Je l'appelle,
00:27:43je dis souvent
00:27:43que mon corps,
00:27:43c'est mon cimetière.
00:27:45Oui,
00:27:45mais je crois que c'est par là
00:27:48qu'il faut que vous repassiez là.
00:27:49Il me semble
00:27:50qu'il faut apprendre.
00:27:52Enfin,
00:27:52comme ça,
00:27:53ce que j'entends,
00:27:54encore une fois,
00:27:54je peux me tromper,
00:27:55c'est qu'une intuition.
00:27:56Mais je pense qu'il va falloir
00:27:57un petit peu aller
00:27:58plus vers le corps là.
00:28:00Oui,
00:28:00c'est ça.
00:28:01Totalement.
00:28:02Le corps et la sexualité,
00:28:04c'est lié.
00:28:04Je pense qu'il y a des choses
00:28:05qui sont liées,
00:28:06oui.
00:28:06Vous croyez que le corps
00:28:07et la sexualité,
00:28:08c'est lié Aurélie ?
00:28:10Totalement,
00:28:11oui,
00:28:11parce que je pense que
00:28:11si j'étais plus épanouie
00:28:13avec mon corps,
00:28:13j'aurais peut-être aussi
00:28:14un épanouissement
00:28:15un peu plus important
00:28:16au niveau de la sexualité,
00:28:17oui.
00:28:17Oui,
00:28:18bien sûr.
00:28:18C'est important,
00:28:20le corps,
00:28:21parce que sinon,
00:28:22sinon,
00:28:24on est dans
00:28:24l'intellectualisation
00:28:27des choses.
00:28:30on comprend plein de choses
00:28:31et du coup,
00:28:33on n'écoute plus son corps.
00:28:34Il y a comme un,
00:28:35vous nous avez parlé
00:28:36de votre diplôme,
00:28:37il y a comme une douane
00:28:38que je sens entre
00:28:40votre tête,
00:28:40vous avez passé votre diplôme,
00:28:42vous êtes thérapeute,
00:28:42vous accompagnez des gens
00:28:43et puis votre corps
00:28:44qui a,
00:28:45j'ai l'impression,
00:28:46enquisté l'adversité.
00:28:47ça pourrait être intéressant
00:28:49de réinvestir
00:28:52justement cette douane
00:28:53qui se situe
00:28:54après au niveau du cou
00:28:55et refaire circuler
00:28:56les énergies,
00:28:56refaire circuler
00:28:57le mouvement,
00:28:58on a parlé de la marche.
00:28:59Souvent,
00:29:00j'ai beaucoup de témoignages
00:29:01de mes patients aussi
00:29:03qui ont des difficultés
00:29:04avec le poids
00:29:04parce que les kilos
00:29:05peuvent représenter aussi
00:29:06des manteaux de protection
00:29:07parce que c'est tellement difficile,
00:29:09on n'a plus envie,
00:29:10on a envie de se protéger.
00:29:12Mais quand vous serez prête,
00:29:13je suis persuadée
00:29:14que vous allez pouvoir
00:29:15réinvestir votre corps
00:29:16par des choses très douces.
00:29:19Je suis toujours un peu en guerre
00:29:20avec parfois les personnes
00:29:22vont vous être en surpoids,
00:29:24vous êtes malade,
00:29:25il faut faire du sport,
00:29:25il faut vous maltraiter.
00:29:26Surtout pas le mouvement douce
00:29:28et ce qu'il y a de mieux
00:29:29pour réinvestir son corps.
00:29:30Et puis moi,
00:29:31je vous donne juste
00:29:31une petite piste comme ça.
00:29:34Essayez d'écrivez peut-être,
00:29:37parce que là aussi,
00:29:38c'est de l'art-thérapie,
00:29:39l'écriture,
00:29:40écrivez ce que votre corps
00:29:41a ressenti
00:29:42quand il était abusé.
00:29:44Attendez,
00:29:45je vais modifier un tout petit peu.
00:29:47C'est très intéressant Brigitte.
00:29:49Je modifie l'exercice,
00:29:50il me permet,
00:29:51écrivez une lettre à votre corps.
00:29:53Écrivez-lui
00:29:53comme s'il était une personne.
00:29:55Soyez vraiment
00:29:56en empathie avec votre corps.
00:29:58Cher corps,
00:29:59toi qui as tant souffert,
00:30:00etc.
00:30:01Aujourd'hui,
00:30:01je suis là pour toi.
00:30:02Je pense que
00:30:03ce qui s'est passé
00:30:04dans votre corps,
00:30:05ce que votre corps a ressenti
00:30:06quand il était abusé,
00:30:08il y a quelque chose là
00:30:08qui est une piste
00:30:09qui peut vous permettre
00:30:10de libérer quelque chose.
00:30:12Alors,
00:30:12je prends totalement
00:30:13vos deux pistes du coup,
00:30:14mais si je peux me permettre
00:30:15de rajouter une dernière chose,
00:30:17c'est que
00:30:17j'apprends à faire la paix
00:30:19avec mon corps,
00:30:20vraiment.
00:30:20Et ce qui est marrant,
00:30:21Manuela,
00:30:22vous avez dit justement
00:30:23remettre du mouvement
00:30:24et Parkinson,
00:30:24c'est la maladie du non-mouvement.
00:30:26Je sais.
00:30:27Parce que j'ai fermé
00:30:28tellement de choses
00:30:28au niveau de mon corps
00:30:29parce que je me suis sentie sale,
00:30:31souillée et abîmée.
00:30:33Mais je suis sur le chemin
00:30:34de la paix avec mon corps.
00:30:36Mais ça prend du temps
00:30:36et ce n'est pas grave.
00:30:38Même si ça doit prendre
00:30:39toute cette vie,
00:30:40j'ai le temps.
00:30:40Vous avez 40 ans,
00:30:41vous êtes jeune,
00:30:42vous avez le temps.
00:30:42C'est ça.
00:30:43Mais la route,
00:30:44j'ai la route devant moi.
00:30:45Quelle belle route
00:30:46ça prendra.
00:30:47Et j'ai vraiment envie
00:30:48de vous inviter aussi
00:30:50à trouver des bons professionnels
00:30:51qui vont vous accompagner,
00:30:52vraiment des professionnels
00:30:53bienveillants
00:30:54qui comprennent
00:30:54la complexité des traumas
00:30:56et comment les traumas
00:30:57s'expriment
00:30:58à travers les corps.
00:30:59Il y a plein de cliniques
00:31:00qui sont spécialisées
00:31:01dans la douleur
00:31:02qui peuvent vous accompagner.
00:31:03Merci beaucoup Aurélie.
00:31:04On continue dans un instant
00:31:06avec Belinda
00:31:07qui a également vécu l'inceste.
00:31:09On en parlera.
00:31:1114h-16h,
00:31:12Brigitte Lae et Sud Radio.
00:31:14Si vous avez subi un trauma
00:31:16et que vous avez envie
00:31:17de nous dire
00:31:17ce qui vous a permis
00:31:18d'aller mieux,
00:31:19vous n'hésitez pas
00:31:20à nous appeler
00:31:21sur Sud Radio
00:31:210826 300 300.
00:31:23On évoque la résilience
00:31:25et pas avec n'importe qui
00:31:27puisque Manuela Brault,
00:31:29vous êtes experte
00:31:30du concept de résilience.
00:31:31C'est vrai qu'on entend
00:31:32un petit peu parfois
00:31:34n'importe quoi
00:31:34sur la résilience,
00:31:35il faut bien le dire.
00:31:36C'est devenu très à la mode.
00:31:38Ce qui me gêne,
00:31:39c'est que
00:31:40le fait
00:31:41qu'on a transformé
00:31:43le terme
00:31:44dans quelque chose
00:31:45qui génère
00:31:45de la culpabilité
00:31:46chez les gens.
00:31:46Oh dis donc,
00:31:47tu n'es pas très résilient,
00:31:48il faut te lever,
00:31:48il faut y aller.
00:31:49Ça, c'est culpabilisant.
00:31:51Évidemment.
00:31:52Belinda est avec nous.
00:31:53Vous avez également
00:31:55vécu l'inceste
00:31:57puisque c'est vous,
00:31:58c'est à la fois votre père,
00:31:59votre grand-père.
00:32:01Oui, bonjour Brigitte,
00:32:02bonjour Manuela.
00:32:03Bonjour Belinda.
00:32:05Allez-y,
00:32:06dites-nous ce que vous avez
00:32:06envie de nous raconter.
00:32:10Alors,
00:32:10effectivement,
00:32:11j'ai vécu l'inceste
00:32:13à partir de 6 ans
00:32:14avec mon père
00:32:15et mon grand-père.
00:32:17donc,
00:32:18bien évidemment
00:32:18que c'est beaucoup plus tard.
00:32:26Faites attention
00:32:26parce qu'on vous entend mal.
00:32:28Ça coupe de temps en temps.
00:32:31On va essayer de voir
00:32:32comment on peut vous retrouver
00:32:34avec un son correct.
00:32:35Oui, c'est bon ?
00:32:37Oui, vous m'entendez ?
00:32:38Oui, ça y est, j'espère.
00:32:40D'accord, parfait.
00:32:41Oui, donc,
00:32:42je disais qu'effectivement,
00:32:44j'ai vécu l'inceste,
00:32:45au moins à partir de 6 ans
00:32:48avec mon père
00:32:49et mon grand-père.
00:32:50Alors,
00:32:50quand vous dites
00:32:51votre père et votre grand-père,
00:32:52c'est l'un,
00:32:54c'est ensemble
00:32:55ou c'est parce que
00:32:55l'un après l'autre ?
00:32:58C'était l'un après l'autre,
00:33:00oui.
00:33:00D'accord.
00:33:01Et c'est qui d'abord
00:33:02votre grand-père ?
00:33:03Mon père.
00:33:03D'abord votre père.
00:33:04Non, mon père.
00:33:06Ça a été d'abord mon père,
00:33:07ensuite mon grand-père
00:33:08quand je partais en vacances
00:33:09chez lui.
00:33:10Quand je partais en vacances
00:33:11chez mes grands-parents.
00:33:12D'accord.
00:33:13Ok.
00:33:14Qui certainement devait
00:33:15ressentir que vous aviez
00:33:16déjà été abusé
00:33:17et ça l'a autorisé
00:33:19à y aller.
00:33:21C'est ça,
00:33:22tout à fait.
00:33:24Alors,
00:33:24je suis toute petite,
00:33:25je n'ai pas été
00:33:25dans la résilience.
00:33:27Je me suis réfugiée
00:33:28quand même
00:33:28malgré tout
00:33:30dans certaines choses.
00:33:32le fait de monter
00:33:34à cheval.
00:33:35Oui,
00:33:36ça peut aider,
00:33:37bien sûr.
00:33:38Tout à fait.
00:33:39Ça m'a beaucoup aidée.
00:33:41Ensuite,
00:33:41en grandissant,
00:33:42ça a été beaucoup
00:33:43la chanson,
00:33:45la musique,
00:33:46la danse.
00:33:48Oui,
00:33:49et la danse,
00:33:49c'est aussi artistique.
00:33:52Oui,
00:33:53l'écriture.
00:33:54Oui.
00:33:55Et ensuite,
00:33:56je suis devenue
00:33:57famille d'accueil
00:33:58pour une jeune fille,
00:34:00une jeune fille enfant,
00:34:01victime de viol
00:34:02et d'inceste.
00:34:04D'accord.
00:34:06C'est très intéressant,
00:34:08vous parliez de chansons.
00:34:09La chanson,
00:34:10comme le théâtre,
00:34:11permettent de parler
00:34:12quand parfois
00:34:13on n'est pas prêt
00:34:14à dire
00:34:15les choses
00:34:16telles qu'elles sont
00:34:17de manière brute
00:34:18et brutale
00:34:18et ça permet
00:34:19de parler
00:34:21grâce au texte
00:34:22des autres.
00:34:23Moi,
00:34:24il y a quelque chose
00:34:24qui...
00:34:24J'ai écrit une chanson.
00:34:25Pardon,
00:34:25allez-y.
00:34:26Non,
00:34:26allez-y,
00:34:27Bélinda,
00:34:27je poserai ma question
00:34:28après,
00:34:28ne vous inquiétez pas.
00:34:29C'est vrai que
00:34:30j'ai appris la guitare
00:34:31très tard
00:34:31et j'ai écrit une chanson
00:34:32qui s'appelle
00:34:33Les mots,
00:34:33M-O-T-S
00:34:34entre les mots
00:34:34et M-A-U-X
00:34:36parce que je disais
00:34:37toujours que les mots
00:34:38et M-A-U-X,
00:34:39quand on reçoit un coup,
00:34:40ça devient violé,
00:34:41jaune
00:34:42et ça s'en va
00:34:43parce que j'ai aussi
00:34:44vécu la violence
00:34:45en même temps
00:34:45que l'inceste
00:34:46mais les mots
00:34:53Oui,
00:34:53enfin en tout cas
00:34:54ils restent malheureusement
00:34:55dans notre cerveau.
00:34:56Il faudrait qu'ils sortent
00:34:57justement
00:34:57pour que les mots
00:34:59du corps
00:34:59n'apparaissent pas.
00:35:01Moi,
00:35:02il y a une question
00:35:02que je voulais vous poser.
00:35:03Elle est un petit peu violente
00:35:05Bélinda,
00:35:06donc si ça vous gêne
00:35:07d'y répondre.
00:35:08Vous êtes devenue
00:35:10maman d'accueil
00:35:10et j'aimerais savoir
00:35:12justement
00:35:12votre maman,
00:35:13elle,
00:35:14quel a été son rôle ?
00:35:18Alors,
00:35:18j'ai eu une maman
00:35:19complètement absente
00:35:21qui était admirative
00:35:23de mon père
00:35:23puisque elle,
00:35:24de son côté,
00:35:25avait eu un parcours
00:35:25très compliqué.
00:35:27Elle avait été
00:35:27jetée à la rue
00:35:28quand elle avait
00:35:292-3 ans,
00:35:29elle a été recueillie,
00:35:31elle a vécu des choses
00:35:32pas terribles
00:35:33et mon père est arrivé
00:35:34dans sa vie en héros
00:35:36et mon père,
00:35:37je le dis régulièrement
00:35:38d'ailleurs encore
00:35:39le jour d'aujourd'hui,
00:35:40était un mari extraordinaire
00:35:42et un père abominable.
00:35:45Ça,
00:35:46c'est étonnant
00:35:47ce que vous dites
00:35:47parce que c'est assez rare
00:35:48quand même.
00:35:50Je me permets
00:35:51peut-être
00:35:53une petite hypothèse,
00:35:56c'est une hypothèse,
00:35:57je ne vous dis pas du tout
00:35:58que je suis en train
00:35:59de relire
00:36:00votre histoire
00:36:01différemment
00:36:02mais souvent
00:36:03quand on voit
00:36:06un père
00:36:06comme un mari exceptionnel,
00:36:08c'est sans doute
00:36:08par contraste
00:36:09par rapport
00:36:09à ce que vous avez vécu.
00:36:11Moi là,
00:36:11j'ai envie de vous dire
00:36:12que si votre père
00:36:13avait été réellement
00:36:14un mari exceptionnel,
00:36:15il aurait permis
00:36:16à votre mère
00:36:17justement d'entrer
00:36:18en résilience,
00:36:19d'être très épanouie
00:36:20et de potentiellement
00:36:21avoir pu ouvrir les yeux
00:36:23sur votre situation
00:36:24et qu'elle puisse vous protéger.
00:36:26Surtout de devenir
00:36:26une bonne mère quand même.
00:36:28Enfin,
00:36:28en tout cas,
00:36:28meilleure mère
00:36:29parce que votre mère,
00:36:30comme je l'entends,
00:36:32elle a été totalement absente
00:36:33et peut-être sous-emprise.
00:36:35Et vous réparer un peu ça
00:36:36en étant vous-même
00:36:37une bonne mère,
00:36:39j'imagine,
00:36:39avec ces enfants
00:36:40que vous avez recueillis.
00:36:42Oui,
00:36:43avec mes enfants
00:36:44et avec les enfants
00:36:45que j'ai accueillis effectivement.
00:36:46Vous voyez,
00:36:47c'est pour ça
00:36:47que je posais cette question-là.
00:36:49Mais je pense que,
00:36:50alors c'est très chouette
00:36:52parce qu'en même temps,
00:36:52ça veut dire
00:36:53que vous avez pardonné
00:36:54à votre mère
00:36:55très jeune.
00:36:56J'ai pardonné à ma mère
00:36:57et j'ai pardonné
00:36:58à mon père
00:36:59et à mon grand-père.
00:37:00Oui.
00:37:02C'est peut-être pour ça
00:37:03d'ailleurs
00:37:03que vous êtes aussi bonne mère
00:37:05avec les enfants
00:37:06que vous recueillez
00:37:07et avec vos enfants.
00:37:09Alors c'est vrai
00:37:10que je n'ai jamais confondu
00:37:12mon histoire
00:37:13avec la leur.
00:37:14C'était un premier point
00:37:16parce que je trouvais
00:37:17que c'était important.
00:37:18Alors chez moi,
00:37:19bien évidemment,
00:37:20on était quatre filles,
00:37:21un garçon
00:37:21et on a tous vécu le viol.
00:37:24Donc on a vécu
00:37:25chacun différemment
00:37:26et les enfants
00:37:27que j'ai accueillis
00:37:27et que j'accueille encore
00:37:28d'ailleurs
00:37:29ont leur propre histoire
00:37:31et vivent tous différemment
00:37:34le viol ou l'inceste.
00:37:35Oui, oui, bien sûr.
00:37:36Chaque histoire
00:37:37est une histoire différente,
00:37:38vous savez, Belinda.
00:37:39Mais moi,
00:37:39je voudrais savoir,
00:37:41est-ce que c'est la spiritualité,
00:37:43qu'est-ce qui vous permet
00:37:44d'être une aussi belle âme ?
00:37:50Je ne sais pas
00:37:51si c'est très joli
00:37:52ce que vous me dites.
00:37:53C'est un très joli compliment.
00:37:54On me dit souvent,
00:37:56mes amis me disent
00:37:57que je suis un ange.
00:37:58On n'est pas loin.
00:38:02On n'est pas loin.
00:38:04Vous êtes d'accord, Manuela ?
00:38:05Mais moi,
00:38:06depuis tout à l'heure,
00:38:07j'entends une douceur,
00:38:08j'ose même plus parler,
00:38:09j'entends une grande douceur.
00:38:10Mais sans doute
00:38:11que c'est un choix de vie
00:38:12que vous avez fait
00:38:13en contraste
00:38:14par rapport,
00:38:14en opposition
00:38:15à la violence
00:38:16que vous avez subie,
00:38:17physique,
00:38:18sexuelle,
00:38:18psychologique,
00:38:19etc.
00:38:19je sois une grande douceur
00:38:21et je vous imagine
00:38:23en tant que maman
00:38:24en train d'observer
00:38:25avec douceur
00:38:27le fait que vos enfants,
00:38:29les jeunes filles
00:38:29qui vous sont confiées
00:38:30grandissent tranquillement
00:38:32sans les forcer,
00:38:33en respectant leur rythme.
00:38:34Mais qu'est-ce qui vous a permis
00:38:36justement
00:38:37d'être une belle âme ?
00:38:40Qu'est-ce qui m'a permis
00:38:41de m'occuper des autres ?
00:38:44Oui.
00:38:45Donc finalement,
00:38:46c'est aussi comme ça
00:38:48que vous vous êtes soignée.
00:38:50Ce que vous auriez dû avoir,
00:38:52vous l'avez donné aux autres.
00:38:54C'est exactement ça.
00:38:55Je me suis dit
00:38:56moi,
00:38:56on n'a pas tendu la main.
00:38:59Moi,
00:38:59je peux l'attendre.
00:39:00Je peux être là.
00:39:01Je peux peut-être
00:39:02comprendre,
00:39:03entendre.
00:39:05Oui,
00:39:05mais ok,
00:39:06on comprend,
00:39:07on voit très bien.
00:39:09Mais est-ce que
00:39:09quand vous voyez
00:39:10ce que vous donnez aux autres
00:39:12qui sont passés par là
00:39:13où vous êtes passés
00:39:14et que vous les voyez
00:39:15aller mieux,
00:39:16est-ce que ça vous permet
00:39:17d'aller mieux ?
00:39:18Oui,
00:39:19bien sûr.
00:39:20Donc c'est ça
00:39:20qui fait ça.
00:39:21C'est toujours un peu
00:39:23une victoire quelque part.
00:39:25Oui,
00:39:25mais c'est ça que les gens
00:39:26ont besoin d'entendre,
00:39:27Belinda.
00:39:28Parce que c'est un message
00:39:29tellement positif
00:39:30que vous donnez là.
00:39:32J'aurais envie
00:39:33de souligner autre chose.
00:39:34Je ne sais pas
00:39:35si vous avez vraiment conscience,
00:39:36Belinda.
00:39:37C'est-à-dire que
00:39:38quand on veut sauver
00:39:39pour donner quelque chose
00:39:40que l'on n'a pas reçu soi-même,
00:39:42c'est extrêmement difficile.
00:39:43Parce que redonner quelque chose
00:39:45qu'on a reçu soi-même,
00:39:46on a le modèle,
00:39:47on l'a expérimenté,
00:39:48etc.
00:39:48Vous,
00:39:48vous ne l'avez pas eu.
00:39:49Donc vous avez dû recréer
00:39:51à partir des manques.
00:39:52Je n'ai pas eu ça.
00:39:53Comment je vais faire ?
00:39:55Et tout en étant
00:39:56dans le lien à l'autre.
00:39:57C'est pour ça qu'il y a quelque chose
00:40:00que vous ne savez peut-être pas
00:40:01pourquoi,
00:40:02mais moi,
00:40:02c'est une certitude pour moi.
00:40:04Il y a une créativité
00:40:06chez vous exceptionnelle.
00:40:07C'est pour ça que vous êtes artiste,
00:40:09vous avez fait des chansons,
00:40:10c'est pour ça que vous avez écrit.
00:40:11Et c'est cette créativité-là aussi
00:40:13qui vous permet
00:40:14de réparer les autres.
00:40:16Alors je ne sais pas
00:40:17si vous savez
00:40:17qu'est-ce qui vous a permis
00:40:18d'être créative,
00:40:19mais en tout cas,
00:40:20c'est une certitude chez moi.
00:40:23Je crois que j'arrivais,
00:40:26alors quand j'étais petite,
00:40:27j'essayais de me mettre
00:40:29dans une bulle
00:40:30et je me disais toujours
00:40:31que je suis dans un autre monde
00:40:32et ce monde-là,
00:40:33il est bien.
00:40:33D'accord.
00:40:34Donc déjà,
00:40:35votre imaginaire vous a sauvé.
00:40:38Oui.
00:40:39D'accord.
00:40:39J'avais une question.
00:40:40Dans ce monde-là,
00:40:41est-ce qu'il y avait
00:40:41d'autres personnes ?
00:40:44Oui.
00:40:46Je me doutais
00:40:47que vous alliez venir,
00:40:48mais bien évidemment, oui.
00:40:50Oui.
00:40:51Et c'était qui ?
00:40:52C'était qui ?
00:40:53C'est le monde de l'invisible.
00:40:56De l'homme.
00:40:57D'accord.
00:40:58D'accord.
00:40:59Merci pour votre témoignage,
00:41:01Belinda.
00:41:02Je suis toute émue.
00:41:03Merci à vous.
00:41:03Avec plaisir.
00:41:04Merci, Belinda.
00:41:05Merci beaucoup.
00:41:06Allez,
00:41:06on va passer
00:41:07à la petite devinette.
00:41:08On change,
00:41:09vous savez,
00:41:10dans cette émission,
00:41:10on change parfois
00:41:12d'humeur très rapidement.
00:41:13Quelle est la différence
00:41:14entre une vampire
00:41:15et une pute ?
00:41:16Vous avez le temps des infos
00:41:18pour trouver une réponse
00:41:19qui soit cohérente.
00:41:20mais puis on va continuer
00:41:22évidemment dans cette deuxième heure
00:41:24et merci déjà à Thierry,
00:41:27Aurélie et Belinda
00:41:28parce que c'est trois parcours différents
00:41:29et trois manières
00:41:31de s'en sortir très différentes.
00:41:33On verra ce qui nous attend
00:41:34pour la deuxième heure.
00:41:3614h-16h,
00:41:37Brigitte Lae et Sud Radio.
00:41:4114h-16h,
00:41:42Brigitte Lae et Sud Radio.
00:41:44Eh bien,
00:41:45nous allons continuer
00:41:46à vous montrer
00:41:47des pistes
00:41:48qu'on peut prendre
00:41:49malgré
00:41:50des enfances difficiles,
00:41:52des accidents,
00:41:53des traumas.
00:41:55On est avec
00:41:55Manuela Brault.
00:41:57Vous avez écrit
00:41:57l'année dernière,
00:41:58non,
00:41:59ce n'était pas l'année dernière
00:41:59d'ailleurs,
00:42:00c'était au printemps.
00:42:00au printemps, oui.
00:42:01Boris Cyrulnik,
00:42:02Au-delà de la résilience,
00:42:04l'homme qui a donné
00:42:05un nom à l'espoir,
00:42:06c'est aux éditions
00:42:07Duneau.
00:42:08C'est un très joli livre
00:42:09où vous expliquez justement
00:42:10en tant qu'experte
00:42:11du concept de résilience
00:42:13ce qu'est la résilience
00:42:14et ce n'est pas juste
00:42:16un petit truc,
00:42:18ce n'est pas si simple,
00:42:19rappelons-le quand même
00:42:20pour tous ceux
00:42:21qui nous écoutent.
00:42:22Avant de donner
00:42:23la parole à Carline,
00:42:26est-ce que vous avez
00:42:26une idée de la réponse ?
00:42:28Quelle est la différence
00:42:28entre une vampire
00:42:30et une pute ?
00:42:31Non,
00:42:32j'ai cherché autour
00:42:32d'une histoire d'aspiration
00:42:34mais je ne sais pas.
00:42:35Oui, oui,
00:42:36vous êtes sur la bonne voie.
00:42:37En fait,
00:42:38il n'y a pas de différence
00:42:39parce que les deux
00:42:40dorment le jour
00:42:41et sucent la nuit.
00:42:43Ah ben voilà,
00:42:43bon ben voilà.
00:42:44C'était facile pourtant.
00:42:45J'étais pas loin.
00:42:47Bonjour Carline.
00:42:49Bonjour Brésil,
00:42:50bonjour Manuela,
00:42:51bonjour à tous.
00:42:51Bonjour Carline.
00:42:52Merci de la résilience.
00:42:54Ça, c'est un mot.
00:42:56Alors,
00:42:56c'est intéressant
00:42:57parce que là,
00:42:58vous allez parler
00:42:58de quelque chose
00:42:59qui malheureusement
00:43:00est très actuel,
00:43:02c'est le divorce.
00:43:04Et vous avez eu
00:43:05un divorce
00:43:06il y a déjà
00:43:07pas mal d'années
00:43:08et ça reste,
00:43:10c'est quelque chose
00:43:11qui a été réellement
00:43:12traumatisant pour vous
00:43:13et ça s'entend,
00:43:14bien sûr.
00:43:16Oui,
00:43:17alors en fait,
00:43:18j'ai décidé
00:43:18de me lancer
00:43:20dans l'entrepreneuriat
00:43:21il y a quelques années.
00:43:22Donc bien évidemment,
00:43:23j'ai quitté
00:43:23un poste
00:43:24très confortable
00:43:26où j'avais
00:43:27une vie
00:43:28incroyablement
00:43:29bien cadrée.
00:43:32Ensuite,
00:43:33du coup,
00:43:33j'ai quelques temps
00:43:34après décidé
00:43:35de me divorcer
00:43:37et en fait,
00:43:38en tout temps,
00:43:39la séparation,
00:43:40j'ai appris
00:43:41que j'avais
00:43:41un problème
00:43:42au cerveau.
00:43:44donc j'ai dû
00:43:45me faire opérer
00:43:45du cerveau
00:43:46en ayant
00:43:47une boîte
00:43:48et deux gamins
00:43:49et en étant
00:43:50ma maman seule
00:43:51du coup.
00:43:54J'ai eu l'impression
00:43:55d'avoir
00:43:56un...
00:43:58J'étais pas
00:43:58un train
00:43:59qui m'est passé dessus.
00:44:02J'allais pas me relever
00:44:03de toutes ces épreuves
00:44:05qui venaient
00:44:05d'arriver en même temps
00:44:07et en fait,
00:44:08là,
00:44:08je sens
00:44:08que je suis clairement
00:44:10en train
00:44:10de sortir
00:44:11la tête de l'autre
00:44:12donc il a fallu
00:44:13quand même
00:44:13deux ans
00:44:14pour que ça arrive
00:44:15et enfin,
00:44:17je reprends vraiment
00:44:17les rênes de ma vie
00:44:18et je ressens
00:44:20cette joie
00:44:21et toutes ces émotions
00:44:24qui étaient paralysées
00:44:25depuis tout ce temps.
00:44:27Et je sens
00:44:28que je commence
00:44:30à reprendre
00:44:31de l'oxygène
00:44:31et ça,
00:44:32ça fait vraiment du bien
00:44:33parce que je me dis
00:44:34qu'en réalité,
00:44:35il peut nous arriver
00:44:36énormément de choses
00:44:38mais qu'avec
00:44:39de la résilience,
00:44:40avec de la pertinence,
00:44:42avec...
00:44:43Alors,
00:44:43vous savez,
00:44:44au-delà même
00:44:45du mot résilience,
00:44:46Caroline,
00:44:46un divorce,
00:44:47c'est une grosse épreuve,
00:44:49une opération au cerveau,
00:44:50c'est quand même
00:44:51une grosse opération
00:44:52parce que bon,
00:44:53le cerveau,
00:44:54on n'en a qu'un.
00:44:55Donc,
00:44:56de toute façon,
00:44:57c'est des épreuves
00:44:58et c'est des moments
00:45:00qui demandent du temps
00:45:01pour qu'on puisse
00:45:03retrouver,
00:45:04comme j'aime bien
00:45:05cette image,
00:45:05vous savez,
00:45:06cette image du tunnel.
00:45:07Il faut le temps
00:45:07de traverser le tunnel
00:45:08pour retrouver la lumière.
00:45:09et deux ans,
00:45:10ce n'est pas énorme.
00:45:13Non,
00:45:13mais on va dire
00:45:14que quand tu as
00:45:15tes enfants en face de toi
00:45:16et tu ne peux pas
00:45:16te laisser non plus dériver,
00:45:18le temps passe,
00:45:19il grandit.
00:45:20Bien sûr,
00:45:21bien sûr.
00:45:21Ils avaient besoin de moi.
00:45:23Et cette force que vous mettez,
00:45:25cette énergie plus exactement
00:45:26que vous mettez
00:45:27pour vous occuper
00:45:28de vos enfants,
00:45:29vous ne pouvez pas la mettre
00:45:32psychiquement pour vous.
00:45:34Donc,
00:45:34c'est normal
00:45:36que ça prenne du temps.
00:45:38Oui,
00:45:39ça a pris beaucoup de temps
00:45:40et je ne pouvais pas...
00:45:42Voilà,
00:45:42ma priorité,
00:45:43c'était d'abord eux.
00:45:45Et puis du coup,
00:45:46effectivement,
00:45:47comme vous l'avez dit,
00:45:47je ne pouvais pas mettre
00:45:48mon énergie partout,
00:45:50dans ma boutique,
00:45:52dans tout ça.
00:45:52Et forcément,
00:45:53il y a des choix.
00:45:55Et puis un jour,
00:45:55il y a tout qui commence
00:45:56à se réaligner
00:45:58à force de travailler sur soi,
00:46:00à force de...
00:46:02J'ai été accompagnée
00:46:03de gens formidables
00:46:04dans ma vie
00:46:04parce que j'ai choisi
00:46:05quand même d'avoir
00:46:06un environnement
00:46:07que je mérite,
00:46:08qui me correspond.
00:46:10Je prends des directions
00:46:11et des choix dans ma vie
00:46:12que j'essaie de continuer
00:46:15à suivre
00:46:16et à me dire
00:46:17que c'est celui-là
00:46:17que je veux
00:46:18et que c'est comme ça
00:46:19que je vais le faire.
00:46:21et ensuite,
00:46:22après,
00:46:22j'ai une puissance
00:46:24en moi
00:46:25que j'ai souvent
00:46:26sous-estimée
00:46:27et qu'aujourd'hui,
00:46:27ça devient vraiment une fois.
00:46:29Et que du coup,
00:46:30tous ces trois réunis,
00:46:31j'arrive aujourd'hui
00:46:31à me dire
00:46:32j'entends,
00:46:35Caroline,
00:46:35en tout cas,
00:46:36et on le retrouve souvent
00:46:37chez des parcours
00:46:38de femmes
00:46:40entrepreneuses,
00:46:41avoir une pulsion de vie,
00:46:43quelque chose
00:46:44autour d'un pouvoir
00:46:45d'agir assez fort,
00:46:46de ne pas se laisser abattre
00:46:47par l'adversité.
00:46:49Et vous avez raison,
00:46:50Brigitte,
00:46:50c'est très rapide,
00:46:51deux ans,
00:46:52et on sent bien
00:46:52que vous avez tenu,
00:46:54on sent bien aussi
00:46:54que vous étiez
00:46:55bien accompagnée.
00:46:56C'est aussi les résultats
00:46:57de pouvoir d'agir
00:46:58sur son environnement.
00:47:00je fais des choix
00:47:01dans la vie,
00:47:01j'accepte de couper
00:47:02des liens
00:47:03parce qu'à l'instant T,
00:47:04ces liens ne me soutiennent pas,
00:47:06j'ai besoin d'être ressourcée,
00:47:07donc je choisis
00:47:08mon environnement.
00:47:09Donc on voit bien,
00:47:09en tout cas,
00:47:10vous n'avez pas été passif
00:47:11dans toutes ces épreuves.
00:47:12Là, c'est vraiment,
00:47:13effectivement,
00:47:14il y en a beaucoup.
00:47:15C'est une accumulation
00:47:16et on sent que,
00:47:17en tout cas,
00:47:18comme la sensation
00:47:19que vous vous êtes sentie
00:47:20écrasée par tout ça.
00:47:21Mais en tout cas,
00:47:22le fait d'avoir réussi
00:47:23à tenir en étant bien
00:47:25accompagnée
00:47:25et en abandonnant,
00:47:27jamais,
00:47:28j'ai un sens
00:47:29que je perceins
00:47:29un peu la lutte
00:47:31que vous avez menée
00:47:32pendant cette période.
00:47:34Oui, oui.
00:47:36Je crois que j'avais
00:47:36entendu déjà le travail
00:47:37en amont de tout ça.
00:47:39Et du coup,
00:47:39je pense qu'on ne peut pas...
00:47:41Mais est-ce que
00:47:42vous avez l'impression
00:47:43que, justement,
00:47:44aujourd'hui,
00:47:44vous voyez la vie
00:47:45un peu différemment
00:47:46par rapport à ces deux épreuves
00:47:47que vous avez traversées ?
00:47:49Alors,
00:47:49j'ai toujours été
00:47:50obligée à quelqu'un
00:47:51de très optimiste
00:47:51tant que,
00:47:52malgré cette période-là,
00:47:54comme tout le monde,
00:47:55je pense que j'ai eu
00:47:56une offence
00:47:56avec beaucoup de...
00:47:59de difficultés.
00:48:00Donc,
00:48:01j'avais déjà empané,
00:48:02je pense,
00:48:02ce travail
00:48:03depuis un bon moment
00:48:04dans ma vie.
00:48:05Et du coup,
00:48:07quand tout m'est arrivé,
00:48:08je me suis sentie
00:48:08submergée,
00:48:09comme si je n'avais plus
00:48:10d'outils
00:48:11dans mon corps,
00:48:12dans ma tête.
00:48:13Et ensuite,
00:48:14en fait,
00:48:14au fur et à mesure,
00:48:15je les ai retrouvés
00:48:17et je les ai réappliqués.
00:48:18Moi,
00:48:18j'ai été coachée
00:48:19par quelqu'un de formidable
00:48:20pendant plus d'un an
00:48:21dans ma vie.
00:48:23et du coup,
00:48:24j'ai repris tout ça
00:48:25et au fur et à mesure,
00:48:27je me suis resservie
00:48:28de tout ce que j'avais appris
00:48:31pour reprendre
00:48:33ma vie en même temps.
00:48:34Oui,
00:48:34mais ce qui me semble
00:48:37quand même important,
00:48:37le conseil que j'ai envie
00:48:38de vous donner,
00:48:39attention à ne pas vouloir
00:48:41absolument être forte
00:48:42et tenir.
00:48:43Peut-être qu'il y a...
00:48:44C'est le moment là
00:48:47de comprendre aussi
00:48:48qu'il faut savoir
00:48:49parfois un peu lâcher.
00:48:51Ah, mais j'ai lâché
00:48:52complètement.
00:48:52Je me suis autorisée
00:48:53à être mal.
00:48:54Je me suis autorisée
00:48:55à me laisser couler.
00:48:58Ma boîte,
00:49:00je l'ai lâchée.
00:49:01Je suis en train
00:49:02d'essayer de la reprendre.
00:49:05Mais parce que du coup,
00:49:06toutes les difficultés
00:49:07qui ont derrière,
00:49:09forcément financièrement,
00:49:10quand tu fermes une boîte
00:49:11et compagnie,
00:49:11on sait ce que c'est.
00:49:13Et donc,
00:49:14je me suis autorisée
00:49:14de me dire,
00:49:15OK,
00:49:15j'ai pas réussi
00:49:17à tout tenir
00:49:17et j'ai le droit
00:49:19parce que je peux
00:49:20pas être partout.
00:49:21Je me suis autorisée
00:49:22à le faire,
00:49:24mais c'est toujours
00:49:24comme une partie.
00:49:25Vous savez,
00:49:25quand on boit de l'alcool,
00:49:26des fois,
00:49:27il y a une part de nous
00:49:29qui résiste
00:49:29et qui est toujours là
00:49:30en disant,
00:49:31je perds pas pied.
00:49:32Mais moi,
00:49:32en fait,
00:49:33dans ma vie,
00:49:33je ne perds jamais
00:49:34le pied totalement.
00:49:35Je m'autorise à des bas,
00:49:36j'ai super haut.
00:49:39Mais en fait,
00:49:40je garde toujours
00:49:40le contrôle
00:49:41de quoi qu'il arrive.
00:49:41mais je vais prendre
00:49:42une image,
00:49:43c'est pas très grave,
00:49:45parfois de tomber,
00:49:46de perdre pied
00:49:47du moment
00:49:47qu'on sait se relever.
00:49:49Oui,
00:49:49c'est ce que j'ai fait.
00:49:51Mais en fait,
00:49:51je suis constituée
00:49:52comme ça,
00:49:53Brigitte,
00:49:53c'est-à-dire que
00:49:54je ne peux pas
00:49:54faire autrement.
00:49:55Oui,
00:49:56oui,
00:49:56oui,
00:49:56non,
00:49:56mais encore une fois,
00:49:57encore une fois,
00:49:58c'est important
00:49:59que vous compreniez
00:50:00que parfois,
00:50:02il vaut mieux
00:50:03lâcher,
00:50:04c'est l'histoire,
00:50:05vous savez,
00:50:05c'est l'histoire
00:50:06du chêne et du roseau,
00:50:07quoi.
00:50:09On plie un peu,
00:50:10on plie un peu plus
00:50:11et puis on ne se brise pas
00:50:13tandis que le chêne,
00:50:14lui,
00:50:15il tient,
00:50:16ça,
00:50:16ça,
00:50:16c'est sûr qu'il tient,
00:50:17mais le jour où
00:50:18il est trop,
00:50:19trop secoué,
00:50:20il se casse.
00:50:22Mais en même temps,
00:50:23c'est une image
00:50:24que je donne aussi
00:50:24à ceux qui nous écoutent
00:50:25parce que votre témoignage
00:50:26laisse à penser
00:50:27que vous êtes quelqu'un
00:50:28de fort
00:50:29et tant mieux pour vous
00:50:30et bravo,
00:50:32mais il ne faut jamais
00:50:33surestimer sa force.
00:50:36Je sais de quoi je parle
00:50:37pour avoir parfois
00:50:38eu du mal à lâcher
00:50:39et ça,
00:50:40c'est souvent traduit
00:50:41par une chute de cheval
00:50:42qui m'a obligée
00:50:43à lâcher.
00:50:44De toute façon,
00:50:45comme je vous l'expliquais,
00:50:48j'ai lâché
00:50:49puisqu'il y a des choses
00:50:50que je n'ai vraiment
00:50:51pas tenues.
00:50:52Il y a des choses
00:50:52où je me suis dit
00:50:53que je ne peux pas
00:50:54être forte partout
00:50:54et je considère
00:50:56que cette période
00:50:57de deux ans,
00:50:57c'est le moment
00:50:58où j'étais le plus
00:50:59en bas de ma vie.
00:51:02Je ne sais pas
00:51:02si je pourrais
00:51:03faire plus bas,
00:51:04je n'espère pas.
00:51:04Et quoi qu'il en soit,
00:51:05si ça arrive,
00:51:06c'est ok.
00:51:07Je me relève.
00:51:13J'aimerais bien
00:51:14qu'on rappelle aussi
00:51:14pour les personnes
00:51:15qui font face
00:51:16à plusieurs événements
00:51:17très difficiles
00:51:18dans la vie,
00:51:19potentiellement
00:51:19plusieurs traumatismes.
00:51:21Vous l'avez dit,
00:51:22en fait,
00:51:23quand on fait face
00:51:23à l'adversité
00:51:24une première fois,
00:51:25on développe
00:51:25des savoirs expérientiels,
00:51:26des clés,
00:51:27des outils.
00:51:27Et en fait,
00:51:28parfois,
00:51:28quand un deuxième événement
00:51:29s'abat sur nous,
00:51:30on se dit
00:51:30non,
00:51:31pas encore,
00:51:31là,
00:51:31je vais craquer.
00:51:32Sauf que c'est par en plus
00:51:34puisqu'en fait,
00:51:34vous avez déjà des clés,
00:51:36on a déjà des clés,
00:51:37des savoirs expérientiels
00:51:37qu'on peut remobiliser.
00:51:39On sait ce qui nous fait du bien.
00:51:41Donc,
00:51:41généralement,
00:51:42ça ne peut pas être paradoxal,
00:51:43mais le deuxième trauma,
00:51:45il peut être plus facile
00:51:46à passer.
00:51:47Il ne faut pas le voir
00:51:48comme une forme de...
00:51:49Oui,
00:51:49ce n'est pas le vase
00:51:50qui se remplit,
00:51:50c'est juste,
00:51:52il faut le revider.
00:51:53Il faut le revider,
00:51:54voilà.
00:51:55Exactement.
00:51:55Merci beaucoup,
00:51:56Caroline.
00:51:56On va dans un instant
00:51:58retrouver notre experte
00:51:59en sommeil
00:52:01qui va nous rejoindre,
00:52:02Sylvie Royan-Parola.
00:52:0414h-16h,
00:52:06Brigitte Lay,
00:52:07Sud Radio.
00:52:08Brigitte Lay,
00:52:09Sud Radio,
00:52:11SOS Experts.
00:52:12Eh bien,
00:52:13aujourd'hui,
00:52:14Manuela Brault,
00:52:15nous allons parler de sommeil
00:52:16avec notre experte.
00:52:18Justement,
00:52:19vous êtes psychiatre
00:52:19et spécialiste
00:52:20dans le sommeil.
00:52:21Bonjour,
00:52:22Sylvie Royan-Parola.
00:52:24Merci de prendre
00:52:25un peu de votre temps
00:52:25et votre dernier livre,
00:52:27je le rappelle,
00:52:27Une urgence absolue,
00:52:29notre sommeil.
00:52:29C'est aux éditions Odile Jacob.
00:52:32Alors,
00:52:32je vous lis le petit SMS
00:52:33de Gaëtan
00:52:34et puis vous pourrez
00:52:35nous répondre
00:52:35et je suis sûre
00:52:36que beaucoup de personnes
00:52:37vont avoir besoin
00:52:39de votre réponse
00:52:39parce que c'est quelque chose
00:52:40que j'entends souvent.
00:52:42C'est un couple,
00:52:43alors on s'entend bien,
00:52:44dit-il,
00:52:45sauf la nuit.
00:52:46Mon épouse adore
00:52:47se coucher tard,
00:52:47après minuit.
00:52:49Moi,
00:52:49je me couche plutôt
00:52:49vers 22h
00:52:50parce que je me lève tôt.
00:52:52Ce décalage provoque
00:52:53pour nous deux
00:52:53des sommeils perturbés
00:52:54car quand elle se couche,
00:52:56je me réveille
00:52:57et je la réveille
00:52:58quand je me lève.
00:52:58En plus,
00:52:59elle bouge beaucoup la nuit,
00:53:00elle a tendance
00:53:01à prendre tous les draps.
00:53:02Quant à moi,
00:53:03elle me reproche parfois
00:53:04de ronfler trop fort.
00:53:06Au secours,
00:53:07dit-il,
00:53:08Sylvie Royamparola.
00:53:09C'est vrai que c'est...
00:53:10On rigole,
00:53:11mais c'est un vrai sujet de couple,
00:53:13ça.
00:53:14C'est un vrai sujet
00:53:15et bien souvent,
00:53:17ça pointe une chose intéressante,
00:53:19c'est qu'on n'a pas nécessairement
00:53:20tous le même rythme
00:53:21et du coup,
00:53:23effectivement,
00:53:23il peut y avoir
00:53:24des décalages comme ça
00:53:25dans les organisations
00:53:26du coucher et de lever.
00:53:28Maintenant,
00:53:29le sommeil,
00:53:30c'est vraiment aussi
00:53:32la notion du respect
00:53:34de l'autre
00:53:34un maximum.
00:53:36Parce que
00:53:38j'ai des patients
00:53:38qui me racontent
00:53:39que quand ils vont se coucher,
00:53:41ils vont allumer la lumière.
00:53:43Enfin,
00:53:44oui,
00:53:44ils allument la lumière,
00:53:45ils vont lire un peu,
00:53:46etc.
00:53:47Ils pourraient se glisser.
00:53:48qui est à côté
00:53:48en train d'essayer
00:53:49de dormir
00:53:50et ça,
00:53:51c'est pas du tout bien.
00:53:54C'est-à-dire qu'en fait,
00:53:54pour celui qui se couche
00:53:55plus tard,
00:53:57il faut vraiment
00:53:57qu'il ait tout préparé
00:53:58à l'avance
00:53:59pour pouvoir se coucher
00:54:00dans le noir.
00:54:00Et qu'il se glisse
00:54:01discrètement sous les draps.
00:54:02Il se glisse discrètement
00:54:03sous les draps
00:54:04et à l'inverse,
00:54:06que celui qui doit
00:54:06se lever tôt le matin
00:54:07ait tout préparé aussi
00:54:09pour pas que ce soit
00:54:11les grandes éclairages
00:54:13avec « Oh, mais où est-ce
00:54:14que j'ai fichu mes affaires ? »
00:54:17Et du coup,
00:54:18comme ça,
00:54:18chacun peut dormir
00:54:20à son rythme.
00:54:21Donc ça,
00:54:22c'est déjà le premier conseil
00:54:23qu'on peut donner
00:54:23à Gaëtanque.
00:54:24Voilà.
00:54:26Visiblement,
00:54:28oui,
00:54:28surtout que quand on se couche
00:54:30deux heures après,
00:54:31la personne,
00:54:32normalement,
00:54:32elle est censée bien dormir.
00:54:34Tout à fait.
00:54:35Et puis le fait
00:54:35de se réveiller la nuit,
00:54:36enfin,
00:54:37même d'être un peu réveillée,
00:54:38c'est pas le souci.
00:54:39On a tous l'expérience
00:54:40de se lever
00:54:41pour aller aux toilettes.
00:54:43Donc on se rendra prêt.
00:54:45Donc c'est pas ça
00:54:46qui est vraiment problématique.
00:54:47C'est la façon
00:54:48dont ça va se passer
00:54:49et dont on va respecter
00:54:51effectivement le silence,
00:54:53le noir,
00:54:53etc.
00:54:54Pour l'autre.
00:54:54Mais est-ce qu'il peut pas
00:54:55y avoir une petite part
00:54:56inconsciente là
00:54:57de ne pas être content
00:54:58que l'autre soit déjà couché
00:55:00et puis donc
00:55:00de le réveiller un petit peu ?
00:55:02Oui, oui, ça, bien sûr.
00:55:03Il peut y avoir
00:55:03des tas de choses
00:55:04de ce genre.
00:55:05Ou le matin,
00:55:06on doit se lever plus tôt
00:55:07et du coup,
00:55:08comme on a été un peu réveillé
00:55:09au moment où on était
00:55:11parti se coucher,
00:55:11on fait exprès
00:55:12de le réveiller un peu.
00:55:13Enfin, inconsciemment,
00:55:14j'entends.
00:55:15Tout à fait.
00:55:16Ça peut être une façon
00:55:17un peu inconsciente
00:55:20mais parfois
00:55:21et donc parfois maladroite
00:55:22de régler un problème
00:55:24qui n'est pas exprimé.
00:55:26Peut-être qu'il faut
00:55:26en parler aussi
00:55:27et dire
00:55:28est-ce que ça t'embête ?
00:55:30Comment on peut faire ?
00:55:32C'est pas simplement
00:55:34des recettes
00:55:35qui viennent de l'extérieur.
00:55:36C'est aussi
00:55:36de ce qui est discuté
00:55:37entre tous les deux.
00:55:38Alors, autre souci,
00:55:40est-ce qu'il y a des personnes
00:55:40en effet qui bougent
00:55:41plus que d'autres la nuit ?
00:55:44Alors, tout à fait.
00:55:45Il y a des gens
00:55:45qui bougent beaucoup
00:55:46et d'autres moins
00:55:48ou même pas du tout.
00:55:49Enfin, pas du tout.
00:55:50On bouge tous
00:55:51et on se tourne
00:55:52une dizaine,
00:55:53une quinzaine
00:55:53pour la nuit
00:55:54sans en avoir
00:55:55nécessairement conscience.
00:55:57Alors après,
00:55:58il y a des techniques,
00:55:59enfin, il y a des pratiques
00:56:01qui font que ça va être
00:56:02moins marqué,
00:56:02notamment par exemple
00:56:03quand on a des lits
00:56:04avec des matelas séparés
00:56:07et même des sommiers séparés
00:56:09et qui sont reliés,
00:56:11enfin, qui sont dans son temps même.
00:56:13Oui, oui, j'entends.
00:56:14C'est pas dans les petits lits
00:56:16mais dans les lits de 160,
00:56:19c'est tout à fait
00:56:19une chose possible.
00:56:22et ça, ça permet
00:56:24d'amortir vraiment
00:56:26les mouvements
00:56:27quand il y en a un
00:56:28qui est vraiment
00:56:29avec des mouvements répétés.
00:56:32Ceci étant,
00:56:33avoir des mouvements répétés
00:56:34dans la nuit,
00:56:35si c'est par exemple
00:56:36des secousses dans les jambes,
00:56:37enfin, l'impression
00:56:39que l'autre a l'impression
00:56:40d'avoir des secousses
00:56:41dans les jambes,
00:56:42là, ça peut poser
00:56:43d'autres problèmes
00:56:44parce qu'il peut y avoir
00:56:45des pathologies
00:56:46qui sont liées au sommeil
00:56:48et qui donnent
00:56:49ce genre de difficultés.
00:56:52Donc, parfois,
00:56:53il faut consulter, bien sûr.
00:56:56Et puis,
00:56:58il y a la question
00:56:59des draps, des couvertures.
00:57:01Bon, alors ça,
00:57:01on sait aussi
00:57:02que c'est parfois
00:57:03sujet à dispute.
00:57:05Il y en a un
00:57:06qui a besoin
00:57:06de juste le drap
00:57:07et l'autre
00:57:08qui a besoin des couvertures
00:57:09et puis chacun tire
00:57:10de ce coup.
00:57:10Enfin bon, bref,
00:57:11ça, c'est compliqué.
00:57:13Donc, peut-être déjà,
00:57:15parfois, je ne sais pas,
00:57:16peut-être qu'il s'est mieux
00:57:17de prendre deux lits séparés.
00:57:18Enfin, il y a parfois
00:57:19pour le...
00:57:20Alors, il peut y avoir
00:57:21deux lits séparés.
00:57:22Il peut y avoir
00:57:22à la façon nordique
00:57:24deux couettes séparées
00:57:25qui sont dans le même lit
00:57:29et chacun a sa demi-couette,
00:57:31on va dire.
00:57:33Donc, il y a des solutions
00:57:35pour ce genre de choses.
00:57:37Et alors, le dernier problème,
00:57:40et celui-là, à mon avis,
00:57:42il est un petit peu plus compliqué,
00:57:43c'est que ce monsieur ronfle
00:57:44un peu fort, paraît-il.
00:57:47Donc...
00:57:47Oui.
00:57:48Alors, s'il y a un ronflement fort,
00:57:53le ronflement peut être isolé,
00:57:54bien entendu,
00:57:57mais parfois,
00:57:58il est lié à la position.
00:58:01souvent sur le dos,
00:58:03il y a des systèmes
00:58:05qui permettent
00:58:05de ne pas rester sur le dos,
00:58:07qui donnent des impulsions,
00:58:08qui empêchent la position
00:58:09sur le dos
00:58:10avec une balle de tennis
00:58:14dans le dos
00:58:14ou quelque chose comme ça,
00:58:17plus sophistiquée.
00:58:18Il y a des systèmes
00:58:20qui sont faits maintenant,
00:58:21mais ce n'est pas très agréable
00:58:22non plus.
00:58:24Ensuite,
00:58:25le ronflement peut être aussi
00:58:26un symptôme d'autre chose,
00:58:28c'est-à-dire que
00:58:28s'il y a une fatigue dans la journée,
00:58:31des excès presque d'endormissement,
00:58:33il faudra quand même
00:58:34s'inquiéter de savoir
00:58:35s'il n'y a pas des apnées
00:58:37et qu'il nécessite un traitement.
00:58:39Oui.
00:58:40Enfin, écoutez,
00:58:41je ne sais pas ce que vous en pensez,
00:58:42vous, Sylvie Royan-Parola,
00:58:44mais moi, j'ai l'impression
00:58:45que s'ils ne font pas chambre à part
00:58:47ou s'ils ne font pas lit à part,
00:58:48le couple est en danger.
00:58:51Alors, oui,
00:58:52si malgré tout ça,
00:58:54après en avoir discuté,
00:58:55après avoir essayé d'aménager,
00:58:57ça continue,
00:58:58c'est qu'effectivement,
00:59:00il y a une difficulté
00:59:02non seulement de communication,
00:59:04mais d'entente.
00:59:05Ils ne sont pas sur le même rythme
00:59:07au sens propre
00:59:08et au sens figuré.
00:59:10Donc, effectivement,
00:59:11ça pose peut-être des questions
00:59:12sur ce qui se passe
00:59:13dans leur couple.
00:59:15Ça vous arrive souvent
00:59:16d'avoir quelqu'un
00:59:17qui vient pour des problèmes
00:59:19de sommeil
00:59:19et vous découvrez
00:59:20que c'est un petit peu,
00:59:22parce que le couple
00:59:23ne s'entend pas la nuit,
00:59:24quoi.
00:59:24Enfin, quand je dis
00:59:25ne s'entend pas la nuit,
00:59:26on n'a pas le même rythme
00:59:27de sommeil.
00:59:30Souvent, non,
00:59:31mais ça arrive.
00:59:32Et en réalité,
00:59:34en fait,
00:59:35celui qui dort mal
00:59:36est celui qui vit
00:59:37le plus mal
00:59:38la relation
00:59:40et ne le met pas
00:59:41en avant du tout
00:59:42parce que
00:59:42ce n'est pas
00:59:46disons ni confortable
00:59:48ni entendable
00:59:49à ce moment-là.
00:59:51Et puis après,
00:59:52au bout d'un certain temps,
00:59:53on se rend compte
00:59:53qu'il y a une vraie problématique
00:59:56de couple
00:59:56et que ce qu'il va falloir,
00:59:59c'est déjà
01:00:00essayer de voir
01:00:00si le couple
01:00:01peut se remettre
01:00:02vraiment en phase
01:00:05ou bien
01:00:06s'il faut prendre
01:00:07d'autres mesures.
01:00:09Tout dépend de l'âge aussi.
01:00:11Il y a des couples âgés
01:00:12qui peuvent
01:00:13bien s'entendre
01:00:14et qui ont la possibilité
01:00:16de faire chambre séparée
01:00:17et pour lesquelles
01:00:18ça va faciliter les choses.
01:00:20Et pour les couples jeunes
01:00:22avec des enfants
01:00:23dans des appartements
01:00:24qui ne sont pas
01:00:25nécessairement très grands,
01:00:27là, pour le coup,
01:00:28si on ne peut pas
01:00:29arriver à dormir ensemble
01:00:30parce qu'il y a
01:00:31un problème relationnel,
01:00:32un problème vraiment
01:00:33de gêne
01:00:34par l'autre,
01:00:35ça devient compliqué.
01:00:36En tout cas,
01:00:37ce qui est intéressant
01:00:38dans ce que vous dites,
01:00:39Sylvie Royan-Parela,
01:00:40c'est que le sommeil,
01:00:41ça dure quand même
01:00:428 heures par jour
01:00:43et ça peut être
01:00:44un symptôme
01:00:44de problème de couple
01:00:45donc ce n'est pas
01:00:46à prendre à la légère.
01:00:48Merci beaucoup.
01:00:49Je rappelle
01:00:49que vous êtes psychiatre
01:00:51et spécialisée
01:00:52dans les questions
01:00:53de sommeil.
01:00:55On fait une petite pause.
01:00:56On se retrouve
01:00:56avec notre sexo-conseil
01:00:58du jour.
01:00:59On va donner aux hommes
01:01:01leur première leçon
01:01:02pour bien faire l'amour.
01:01:04et puis vous pouvez
01:01:04vous aussi réagir
01:01:05si vous avez envie
01:01:06de parler d'un trauma
01:01:07et de comment
01:01:08vous avez réussi
01:01:09à le dépasser.
01:01:18Eh bien, Manuela,
01:01:21on va parler
01:01:21de la masturbation
01:01:22qui est un peu
01:01:23la première leçon
01:01:24pour bien faire l'amour
01:01:25et on va plus particulièrement
01:01:27parler aux hommes aujourd'hui,
01:01:28on parlera aux femmes demain
01:01:29parce que faire l'amour,
01:01:31ça, ça prend
01:01:31et de préférence à deux
01:01:33sauf que quand on commence
01:01:36sa sexualité,
01:01:37on a rarement
01:01:37un bon professeur
01:01:38parce que la majeure partie
01:01:40du temps,
01:01:40on démarre sa sexualité jeune,
01:01:42pas du tout expérimentée
01:01:44et donc avec un partenaire
01:01:45également très ignorant.
01:01:47Voilà pourquoi
01:01:47la masturbation
01:01:48est essentielle
01:01:50et ce qui est important,
01:01:52c'est que si on se masturbe
01:01:54rapidement avec pour seul but
01:01:56déchargé,
01:01:57pourquoi pas,
01:01:58mais c'est pas de cette façon
01:01:59qu'on va apprendre
01:02:00à bien faire l'amour.
01:02:01Donc pour bien faire l'amour,
01:02:03il y a évidemment
01:02:04quelques notions de base
01:02:05d'anatomie
01:02:05qui sont indispensables
01:02:07et ensuite,
01:02:08il faut découvrir
01:02:09le système de réaction sexuelle
01:02:11de votre propre corps.
01:02:13Alors,
01:02:14pour les hommes,
01:02:15la question anatomique
01:02:16elle est assez simple,
01:02:17il suffit de baisser les yeux
01:02:19ou de se regarder en face
01:02:20tout nu dans un miroir.
01:02:22On verra que pour les femmes,
01:02:23c'est plus compliqué
01:02:24mais ça,
01:02:24on verra ça demain.
01:02:25Et les jeunes hommes,
01:02:26comme ils sont plutôt
01:02:27touchés à tout,
01:02:28ils ont très vite joué
01:02:29avec leur pénis.
01:02:31Pourtant,
01:02:32l'homme doit apprendre
01:02:33à repérer son niveau
01:02:34d'excitation
01:02:35et c'est donc là
01:02:36où tout commence
01:02:37et entre le moment
01:02:38où son pénis
01:02:39est totalement flasque
01:02:40et le moment
01:02:41où l'éjaculation
01:02:41est imminente,
01:02:43je vous propose
01:02:43les fameux repères.
01:02:45On va noter sur 10,
01:02:470,
01:02:47c'est le pénis
01:02:48totalement en repos,
01:02:4910,
01:02:50c'est l'éjaculation.
01:02:51Donc,
01:02:51vous avez une zone
01:02:52basse excitation
01:02:54qui va se retrouver
01:02:55entre 1
01:02:56jusqu'à 3,
01:02:57on va dire 3
01:02:58étant le début
01:02:59de l'érection.
01:03:006,
01:03:01c'est une érection
01:03:02totale.
01:03:037,
01:03:04c'est une excitation
01:03:05qui commence à être haute
01:03:06et 8 et 9,
01:03:08c'est la zone rouge,
01:03:09c'est-à-dire la zone
01:03:10où on va arriver
01:03:11très vite à 10
01:03:12et où généralement,
01:03:13on n'arrive pas
01:03:14à stopper l'excitation
01:03:15qui est montée en flèche.
01:03:16donc cette capacité
01:03:18à repérer le chiffre
01:03:19de votre excitation,
01:03:20ça va vous permettre
01:03:21lorsque vous serez
01:03:22dans une rencontre sexuelle
01:03:23avec une partenaire
01:03:24de pouvoir maintenir
01:03:25votre érection
01:03:26entre 5
01:03:27et on va dire 8
01:03:28puisque au-dessus de 8,
01:03:29vous allez très vite à 10
01:03:31et donc vous allez devenir
01:03:32maître de votre éjaculation
01:03:34et c'est quand même déjà
01:03:35une des premières leçons
01:03:37pour être un bon amant.
01:03:39Et je dirais presque
01:03:40que cette première approche,
01:03:41elle devrait être enseignée
01:03:42dès l'entrée dans la sexualité
01:03:43parce que le sexe,
01:03:45la sexualité,
01:03:46ça a un côté très cognitif
01:03:47donc les mauvaises habitudes
01:03:49sont difficiles à perdre
01:03:50et ça,
01:03:51tous les éjaculateurs précoces
01:03:53le savent bien.
01:03:54Voilà,
01:03:55vous voulez ajouter quelque chose ?
01:03:56Oui,
01:03:56j'aimerais bien ajouter quelque chose
01:03:57parce que c'est parfois
01:03:58un peu tabou,
01:03:59surtout en cas d'abus sexuels
01:04:01mais la masturbation,
01:04:02c'est une manière
01:04:03de réinvestir son corps
01:04:04après des abus.
01:04:05Parce qu'en fait,
01:04:06lors d'un abus sexuel,
01:04:07l'autre prend le pouvoir
01:04:08sur notre corps
01:04:09et la masturbation
01:04:10permet de réinvestir la zone
01:04:12et de se réconcilier
01:04:13avec son corps
01:04:14et dire voilà,
01:04:15maintenant je prends soin
01:04:16de mon corps
01:04:16et je me le réapproprie.
01:04:18Donc c'est aussi thérapeutique.
01:04:21Exactement,
01:04:21vous avez tout à fait raison
01:04:22de l'ajouter aujourd'hui
01:04:24où on parle justement
01:04:25de la capacité
01:04:27à dépasser les traumas.
01:04:28Et puis,
01:04:29il vous reste quelques minutes
01:04:30pour peut-être gagner
01:04:31ce masturbateur.
01:04:33Je ne suis pas sûre
01:04:33que ce soit
01:04:34ce qui vous aidera
01:04:35à mieux calculer
01:04:36votre excitation
01:04:37mais en tout cas,
01:04:38ça peut vous faire du bien.
01:04:39C'est un masturbateur
01:04:41l'élo double sonique
01:04:42et vous pouvez,
01:04:43si vous voulez
01:04:44essayer de le gagner,
01:04:45vous envoyez Brigitte
01:04:45par SMS
01:04:46au 7-20-18.
01:04:49Flora est avec nous maintenant.
01:04:50Bonjour Flora.
01:04:52Bonjour Brigitte.
01:04:52Bonjour Manuela.
01:04:53Bonjour Flora.
01:04:54Justement,
01:04:55on revient sur le divorce.
01:04:57Il faut le rappeler,
01:04:58le divorce,
01:04:59ça fait partie des épreuves.
01:05:01Vous savez,
01:05:01je sais qu'il y a des notes
01:05:02où on donne
01:05:03un nombre de points
01:05:05sur un deuil,
01:05:06sur un déménagement
01:05:07et je sais que le divorce
01:05:08est très très bien noté
01:05:10ou très très mal noté.
01:05:12C'est à risque.
01:05:13C'est à grand risque.
01:05:14C'est une période à risque.
01:05:16Oui.
01:05:17Oui,
01:05:17surtout que nous,
01:05:19ça faisait 30 ans
01:05:20que nous étions ensemble.
01:05:21Donc,
01:05:22un gros chamboulement
01:05:23et une prédécision commune.
01:05:26Voilà.
01:05:28J'ai pris conscience,
01:05:30je ne me retrouvais plus
01:05:31dans la relation.
01:05:32Alors moi,
01:05:32c'est la santé
01:05:33qui m'a fait ouvrir les yeux.
01:05:35Des gros soucis de santé,
01:05:37les petits yeux.
01:05:38Quand vous étiez encore mariée,
01:05:40c'est bien ça.
01:05:40Oui.
01:05:41Oui, oui.
01:05:42Du coup,
01:05:43les yeux.
01:05:43Une amie m'a dit
01:05:44mais il y a des choses
01:05:46que tu ne veux pas voir.
01:05:48Tu ne l'as pas trop entendue.
01:05:50Je suis dans le soin
01:05:51et une patiente.
01:05:53Alors ça peut aussi
01:05:54vouloir dire
01:05:55que tu ne vois plus
01:05:56très bien ton avenir.
01:05:58Ah.
01:05:58Il faut faire toujours attention
01:06:00quand on vous donne
01:06:00une information
01:06:01de voir si ça vous parle
01:06:03ou pas.
01:06:04Parce que,
01:06:05bien sûr qu'un problème
01:06:06aux yeux,
01:06:06ça dit quelque chose
01:06:08mais vous voyez,
01:06:09ça peut être
01:06:10tu ne vois plus,
01:06:12enfin,
01:06:13ton avenir n'a plus.
01:06:15Il n'y a plus de projection.
01:06:16Vous voyez,
01:06:16ça peut être ça aussi.
01:06:17Mais je ne sais pas
01:06:18comment vous l'avez ressenti,
01:06:19vous.
01:06:19Je ne me permets pas
01:06:20de le dire à votre place.
01:06:21Non,
01:06:22mais c'était un ensemble.
01:06:23Oui,
01:06:23ça parlait.
01:06:24Ça parlait.
01:06:26Et du coup,
01:06:27oui,
01:06:27je suis dans le soin
01:06:27bien sûr aussi.
01:06:29Et du coup,
01:06:30une patiente
01:06:32avait un très beau pull
01:06:34et je lui fais la réflexion
01:06:35et elle me dit
01:06:37mon mari me manque.
01:06:38Ça fait dix ans
01:06:40qu'il est parti
01:06:40et qu'il est décédé.
01:06:42Et du coup,
01:06:43j'ai besoin
01:06:44de m'avoir avec moi.
01:06:45Et j'ai trouvé
01:06:45ça bouleversant.
01:06:47Et ça m'a repositionnée
01:06:51en me disant
01:06:52mais toi aujourd'hui,
01:06:53est-ce que tu serais dans ça ?
01:06:55Est-ce que ton mari
01:06:58serait dans ça ?
01:06:58Voilà.
01:06:59Parce qu'il n'a pas été
01:06:59non plus présent
01:07:01à travers des soucis de santé
01:07:02où là,
01:07:03j'avais peur
01:07:05du diagnostic
01:07:06et du coup,
01:07:07je l'ai interpellée.
01:07:08J'ai dit
01:07:08je vais avoir besoin de toi
01:07:09et il a fait comme il a pu
01:07:11mais il n'a pas été là.
01:07:12Voilà.
01:07:13Du coup,
01:07:14ça m'a posé
01:07:15beaucoup de questions
01:07:16quant à la venir.
01:07:19Un couple,
01:07:19c'est deux,
01:07:20c'est l'un pour l'autre.
01:07:21En fait,
01:07:21je me suis rendu compte
01:07:22que je donnais beaucoup.
01:07:23J'étais peut-être
01:07:24dans une liaison
01:07:26de soignants-soignés.
01:07:28Ça veut dire
01:07:29que quand cette patiente
01:07:30vous dit
01:07:31ben oui,
01:07:31j'ai besoin
01:07:32de garder ce pull
01:07:33parce que c'est,
01:07:33enfin je suppose
01:07:34que c'était son mari
01:07:34peut-être qu'il lui avait offert.
01:07:36C'était le sien,
01:07:38c'était celui de son mari.
01:07:39Ah d'accord,
01:07:39oui.
01:07:40Donc tout d'un coup,
01:07:41vous réalisez que
01:07:41ben vous,
01:07:42si votre mari
01:07:43n'était plus là,
01:07:44ben au fond,
01:07:45vous auriez peut-être pas envie
01:07:46de porter son pull.
01:07:47C'est bien ça.
01:07:48Exactement.
01:07:48Est-ce que...
01:07:49D'accord.
01:07:49Donc ça a été le signal
01:07:50qui vous a fait prendre conscience
01:07:52que vous n'étiez plus en phase
01:07:55et que vous n'aviez plus envie
01:07:57de rester mariée.
01:07:58Oui,
01:07:59en plus de plein de choses
01:08:01que j'ai mis bout à bout aussi
01:08:02dans le lien
01:08:03et voilà.
01:08:05Et donc vous lui avez demandé
01:08:06le divorce
01:08:07et il était d'accord ?
01:08:10On glissait progressivement
01:08:12dans une dérive.
01:08:14D'accord.
01:08:15Et puis on se leurait tous les deux
01:08:18en espérant que ça allait mieux.
01:08:20Du coup moi,
01:08:21je me suis à t'aider
01:08:22pour essayer d'avancer
01:08:23dans un couple,
01:08:24on est deux.
01:08:24Et vous êtes divorcée aujourd'hui ?
01:08:27Non,
01:08:28là c'est depuis juin
01:08:29que c'était...
01:08:30D'accord.
01:08:31Et vous allez...
01:08:32Mais vous avez commencé
01:08:34la procédure de divorce ?
01:08:36Oui, oui, oui.
01:08:37D'accord.
01:08:38Et vous êtes donc consciente
01:08:41que c'est quelque chose
01:08:42qui était une épreuve à traverser
01:08:44et vous avez commencé
01:08:47justement à prendre un peu les devants
01:08:49pour pouvoir traverser cette épreuve,
01:08:51c'est ça ?
01:08:51Oui, justement.
01:08:54Alors moi justement,
01:08:55ma ressource,
01:08:56vous parliez de la nature,
01:08:57moi j'adore jardiner,
01:08:59j'adore les fleurs,
01:08:59j'adore l'extérieur,
01:09:00donc pour moi c'est ma ressource,
01:09:03la nature.
01:09:06Et du coup je me dis,
01:09:07demain tu n'auras plus la possibilité
01:09:09d'avoir un jardin,
01:09:09du coup je me prépare à ça.
01:09:14Et je me dis,
01:09:15il faudra que tu bouges,
01:09:16que tu ailles vers d'autres horizons,
01:09:17voilà.
01:09:18Donc c'est une préparation
01:09:19parce qu'il va y avoir
01:09:20le manque ou le vide
01:09:21et le fait de se trouver seule aussi.
01:09:24Mais bon,
01:09:25ça je...
01:09:25Mais vous avez raison,
01:09:28ce qu'on oublie souvent
01:09:29lorsqu'il y a un divorce,
01:09:30alors évidemment il y a 30 ans
01:09:32d'habitude avec quelqu'un,
01:09:34il y a aussi tout ce qui s'apporte
01:09:37de ne pas être seul,
01:09:39mais il y a aussi
01:09:40un changement de lieu souvent.
01:09:42et même si on reste dans la maison
01:09:44par exemple
01:09:45et que c'est l'autre qui s'en va,
01:09:46ce n'est pas la même chose
01:09:47parce que tout d'un coup
01:09:48on est face à du vide.
01:09:50Donc ce n'est pas anodin
01:09:51et vous avez raison
01:09:52de vous poser la question,
01:09:54si vous aimez beaucoup jardiner,
01:09:55vous savez parfois
01:09:56on peut être dans un appartement
01:09:58mais avoir un petit coin de terrain
01:10:03où on peut jardiner,
01:10:04ça existe aujourd'hui.
01:10:05il y a des endroits
01:10:07où on peut louer
01:10:08un petit jardin.
01:10:10Oui, oui, oui.
01:10:11Mais dans l'immédiateté
01:10:12c'est vrai que financièrement
01:10:14ça va être peut-être un peu...
01:10:16Mais bon, je ne m'y prépare,
01:10:17ce n'est pas grave ça.
01:10:19Je me prépare à avoir
01:10:20un plus petit chez moi
01:10:21mais plus investi aussi certainement.
01:10:23Mais les temps libres
01:10:25il va falloir que je les occupe autrement
01:10:27et pourquoi pas me découvrir
01:10:29d'autres intérêts.
01:10:31Mais la nature pour moi
01:10:31c'est salvateur
01:10:33et du coup je prévois
01:10:34de bouger autrement,
01:10:35de faire des choses, voilà.
01:10:38Mais ça s'appelle anticiper
01:10:40et c'est vrai que ce n'est pas inintéressant.
01:10:44On n'en parle pas beaucoup
01:10:45de cette capacité de résilience
01:10:48par l'anticipation.
01:10:49Enfin, je ne vais peut-être pas mettre
01:10:50le mot résilience et anticipation ensemble,
01:10:52on est d'accord.
01:10:53Sinon je vais me faire taper sur les doigts.
01:10:53En tout cas, ce que je trouve intéressant
01:10:55c'est la stratégie
01:10:56et là, ça on n'en parle pas assez.
01:10:58Et que l'appréhension que vous avez
01:11:00ce que j'ai cru entendre
01:11:01c'est aussi une forme d'insécurité.
01:11:03je vais perdre quelque chose
01:11:05qui symbolisait la sécurité
01:11:06aussi par les murs.
01:11:07Une maison, c'est aussi le coupon.
01:11:09C'est là où on se ressort.
01:11:11Alors moi j'étais...
01:11:12La maison familiale pour moi,
01:11:14je l'ai travaillé,
01:11:14la maison familiale pour moi
01:11:15c'était...
01:11:17C'était...
01:11:18Comment dire ?
01:11:19Le pilier.
01:11:20C'était le pilier,
01:11:21c'était ce qui faisait
01:11:23centre, famille.
01:11:24Du coup ça, ça a été
01:11:25très très compliqué.
01:11:26Mais bon, je me dis
01:11:27qu'aujourd'hui, ça y est,
01:11:29j'ai dépassé ça.
01:11:30Et du coup,
01:11:31je vais le faire autrement,
01:11:33ailleurs.
01:11:35Ok.
01:11:35Donc il y a quelque chose,
01:11:36presque comme d'un processus
01:11:38de deuil
01:11:39qui est déjà entamé,
01:11:40si je comprends bien.
01:11:42Et avec l'idée
01:11:42d'il va falloir vous réinventer.
01:11:44Et je pense vraiment
01:11:45que la stratégie,
01:11:45elle est importante.
01:11:46C'est peut-être un peu tabou,
01:11:47mais je me permets de le dire,
01:11:48parce qu'on ne le dit pas assez.
01:11:49La stratégie financière,
01:11:50elle est très peu abordée
01:11:51par les femmes
01:11:52qui veulent se séparer.
01:11:53Ça s'anticipe.
01:11:54Et vraiment,
01:11:55il faut être bien accompagné,
01:11:57pas que sur un plan psy.
01:11:58Et pour justement
01:11:59ne pas se retrouver
01:12:00dans une forme
01:12:01d'insécurité financière,
01:12:02c'est important aussi
01:12:03pour les personnes,
01:12:04pour les enfants.
01:12:06Ça s'anticipe.
01:12:06Il ne faut pas faire
01:12:07les choses n'importe comment.
01:12:08Oui, tout à fait.
01:12:10Oui, il faut peut-être
01:12:11déjà voir
01:12:12ce que vous pouvez réduire
01:12:13par rapport à vous-même
01:12:14dans vos dépenses.
01:12:16Et ensuite,
01:12:18ça se discute.
01:12:19S'il y a peut-être
01:12:21une pension compensatoire,
01:12:25faites attention à ça
01:12:26parce que j'ai remarqué
01:12:26que souvent les femmes
01:12:27sont un peu légères
01:12:28dans leurs demandes
01:12:30justement parce qu'elles ont
01:12:31envie d'être libres.
01:12:32Est-ce que je comprends
01:12:34tout à fait ?
01:12:34Avec un grand sentiment
01:12:35de culpabilité aussi
01:12:36de je me retrouve
01:12:37à demander le divorce
01:12:38donc j'assume,
01:12:38tu n'as qu'à tout garder
01:12:39et puis moi,
01:12:40ce n'est pas grave,
01:12:40je vais m'installer
01:12:41dans un petit appartement
01:12:42avec les enfants.
01:12:43Non, 30 ans de vie commune
01:12:45et mère de ces enfants,
01:12:47vous avez des droits
01:12:49et il faut renseigner-vous
01:12:51sur vos droits.
01:12:52Ne laissez pas les choses
01:12:55partir,
01:12:57c'est important.
01:12:58Non, non,
01:12:58et puis ça fait partie aussi
01:13:00de, comment dire,
01:13:02je ne veux pas partir
01:13:04entre guillemets
01:13:05la queue entre les jambes.
01:13:07Il n'y a quand même,
01:13:08enfin,
01:13:08il n'y a pas que du mauvais,
01:13:09il n'y a pas,
01:13:10voilà,
01:13:10je suis,
01:13:11je reste,
01:13:12j'essaie de garder
01:13:13un peu d'humilité aussi
01:13:15et ça,
01:13:16je veux le garder
01:13:16jusqu'au bout,
01:13:17quoi, voilà.
01:13:18Oui, oui, bien sûr,
01:13:19mais réclamer
01:13:20ce à quoi vous avez droit,
01:13:22c'est se respecter.
01:13:25Tout à fait.
01:13:26C'est une manière
01:13:26de vous protéger
01:13:27et de protéger aussi
01:13:28vos enfants.
01:13:29Exactement.
01:13:30Les enfants sont grands,
01:13:31là, ça va.
01:13:32C'est confortable aussi,
01:13:34enfin,
01:13:35c'est plus facile aussi
01:13:37par rapport à une femme
01:13:38qui a des enfants
01:13:39en bas âge.
01:13:40C'est quand même,
01:13:41bien que très difficile
01:13:42à annoncer
01:13:43parce que ça a été
01:13:44un tsunami
01:13:44et puis que tout le monde
01:13:45a été très, très surpris
01:13:46comme quoi
01:13:48on a caché,
01:13:49on a bien caché
01:13:50notre jeu,
01:13:50je me dis,
01:13:51on a, voilà,
01:13:52donc ça a surpris
01:13:53beaucoup de personnes
01:13:54et,
01:13:55mais le fait
01:13:56qu'ils soient grands,
01:13:57c'est quand même
01:13:57plus confortable
01:13:59parce qu'ils ont
01:13:59leur vie à mener
01:14:00et que, voilà.
01:14:02Oui, c'est moins
01:14:02traumatisant pour eux.
01:14:03Et puis, n'oubliez pas,
01:14:05faites la liste
01:14:06de tout ce que vous
01:14:06pourriez faire
01:14:07pour que votre emploi
01:14:08du temps,
01:14:09quand vous allez
01:14:10vous retrouver seul,
01:14:11soit rempli
01:14:12et vous pouvez peut-être
01:14:13déjà commencer
01:14:14à faire des choses,
01:14:16vous voyez,
01:14:16parce que ça,
01:14:17c'est la sensation
01:14:18de vide,
01:14:19elle arrive forcément
01:14:20après un divorce.
01:14:21Moi, j'aimerais bien,
01:14:23je vais dans votre sens,
01:14:24Brigitte,
01:14:25mais essayez de préciser
01:14:27pour remplir cet emploi
01:14:28du temps,
01:14:29qu'est-ce qui vous ferait
01:14:29du bien,
01:14:30de quoi vous auriez envie
01:14:31et besoin,
01:14:31peut-être même
01:14:32de certaines choses
01:14:32que vous ne vous êtes
01:14:33jamais autorisées,
01:14:34plutôt que peut-être
01:14:35regarder, bon,
01:14:36qu'est-ce qu'on conseille
01:14:36pour les femmes
01:14:37qui viennent de divorcer ?
01:14:38Non, qu'est-ce que
01:14:39vous auriez vraiment
01:14:39envie de faire
01:14:40que vous ne vous êtes
01:14:40jamais autorisées à faire ?
01:14:41Je pense que c'est
01:14:42maintenant qu'il faut le faire.
01:14:43Qu'est-ce qui vous permettrait
01:14:44de vous créer vous-même,
01:14:46Flora ?
01:14:47Je suis en plein dedans,
01:14:49je suis en train
01:14:49de changer d'emploi,
01:14:51je me suis mise
01:14:52en association,
01:14:53voilà,
01:14:54donc j'acte.
01:14:55Voilà.
01:14:56Changez peut-être pas
01:14:56d'emploi trop vite non plus,
01:14:58ça serait beaucoup
01:14:58de changements en même temps,
01:14:59faites attention à ça aussi.
01:15:01Enfin, ça je ne le dis
01:15:01peut-être pas pour vous,
01:15:02mais je le dis pour ceux
01:15:03qui, écoute,
01:15:04parfois,
01:15:04tout changer d'un coup,
01:15:06ce n'est pas forcément
01:15:06facile non plus,
01:15:08mais ça dépend
01:15:08des personnalités.
01:15:10Merci beaucoup Flora,
01:15:11merci et bon courage.
01:15:12On fait une petite pause,
01:15:13on se retrouve dans un instant
01:15:14pour conclure.
01:15:1614h-16h,
01:15:17Brigitte Lae et Sud Radio.
01:15:22Manuel Labraud est avec nous
01:15:24et je rappelle que vous avez
01:15:26beaucoup travaillé sur les questions
01:15:28de résilience,
01:15:29vous avez notamment écrit ce livre
01:15:31il y a quelques mois sur Cyrulnik,
01:15:34Au-delà de la résilience,
01:15:35l'homme qui a donné un nom à l'espoir,
01:15:37c'est aux éditions Duneau,
01:15:38pour ceux qui voudraient mieux comprendre
01:15:41ce principe de résilience.
01:15:42C'est un livre assez remarquable d'ailleurs,
01:15:44je le signale,
01:15:45parce que c'est vrai que la résilience
01:15:48ce n'est pas si simple que ça
01:15:49à comprendre.
01:15:50On a tendance à croire
01:15:52qu'il suffit d'être un peu fort
01:15:53et puis de s'y mettre.
01:15:55C'est mal compris,
01:15:56c'est complexe.
01:15:57Et dans le livre,
01:15:58j'ai voulu amener quelques indications,
01:16:00quelques exemples aussi
01:16:01d'histoires de mes patients
01:16:02pour inspirer,
01:16:03avec aussi des petites choses
01:16:04très pratico-pratiques.
01:16:06Alors on va conclure avec Aurore
01:16:08qui est avec nous
01:16:08et qui a eu une enfance
01:16:10particulièrement insécure,
01:16:12dysfonctionnelle
01:16:14et on va l'écouter justement.
01:16:16Bonjour Aurore.
01:16:17Bonjour Brigitte,
01:16:18bonjour Manuela.
01:16:19Bonjour Aurore.
01:16:21Merci de m'accueillir.
01:16:22Je vous en prie,
01:16:23je vous en prie.
01:16:25Alors qu'est-ce que vous avez envie
01:16:27de nous dire ?
01:16:28Qu'est-ce qui vous a aidé ?
01:16:29Alors c'est drôle
01:16:31parce que moi j'ai toujours aimé lire
01:16:32et c'est vrai qu'avant même
01:16:34que je n'accède à des livres
01:16:37plus spécifiques,
01:16:38j'avais acheté
01:16:41un des livres de Boris Séréni,
01:16:43je ne me rappelle plus lequel
01:16:44et c'est vrai que c'est quelqu'un
01:16:46qui passait à certaines émissions
01:16:48de télé assez rares
01:16:49mais bon j'ai réussi à l'écouter
01:16:51à certains moments
01:16:52et ça me parlait,
01:16:53pourtant j'étais au fond du trou,
01:16:55c'était au début,
01:16:56enfin des années 90,
01:16:58début des années 2000
01:17:00et pourtant j'ai senti un appel.
01:17:04Alors il m'a fallu encore du temps
01:17:06parce que malgré tout,
01:17:08même si on entend des choses,
01:17:10il faut pouvoir être,
01:17:11enfin dans mon cas en tout cas,
01:17:12il m'a fallu être accompagnée
01:17:13donc j'ai eu cette chance
01:17:15d'être accompagnée par un psychiatre
01:17:18qui m'a beaucoup aidée
01:17:19mais en parallèle,
01:17:21bien évidemment,
01:17:21il faut aussi faire des choses
01:17:23et la résilience
01:17:24par sa pratique personnelle
01:17:26et moi ce qui m'a profondément aidée,
01:17:29c'est la danse,
01:17:31la randonnée,
01:17:32j'aime pratiquer encore aujourd'hui
01:17:35la respiration.
01:17:37Donc le retour au corps,
01:17:39c'est-à-dire trouver sa sécurité intérieure
01:17:42qu'on n'a pas eu enfant.
01:17:43C'est ça,
01:17:44c'est ça.
01:17:45En fait,
01:17:46je me suis recentrée sur moi,
01:17:48j'ai toujours beaucoup donné
01:17:49à tout le monde,
01:17:50alors bon pour les enfants,
01:17:51c'est tout à fait normal bien évidemment
01:17:52mais quand même,
01:17:54je me suis toujours oubliée
01:17:56et ça fait maintenant
01:17:58une quinzaine d'années,
01:18:01je me suis recentrée sur moi,
01:18:03pas par égoïsme
01:18:04mais par besoin de vivre.
01:18:08Par équilibre ?
01:18:10Oui aussi, certainement.
01:18:12C'est intéressant ce que vous dites
01:18:14parce que peut-être
01:18:15par rapport aux enfants,
01:18:16j'entends souvent des mamans
01:18:18qui donnent tout
01:18:19parce que justement
01:18:20elles ont eu des enfances difficiles
01:18:21et elles ont voulu donner
01:18:23le meilleur à leurs enfants.
01:18:24Alors c'est chouette
01:18:25de tout donner à ces enfants
01:18:26mais je dis aux super mamans
01:18:29qui arrivent,
01:18:30qui donnent tout,
01:18:31vous donnez aussi un modèle
01:18:32à vos enfants
01:18:34de devenir des parents
01:18:35100% dévoués
01:18:36et si aujourd'hui
01:18:37vos enfants en grandissant
01:18:39voient que vous êtes en capacité
01:18:40de prendre soin de vous,
01:18:41ils vont aussi le prendre
01:18:42comme un modèle
01:18:43et ça c'est chouette.
01:18:45Oui,
01:18:45moi j'irais jusqu'à dire
01:18:47qu'une maman qui va bien
01:18:49c'est un meilleur modèle
01:18:50qu'une maman qui donne tout.
01:18:53Après,
01:18:54on va comme on peut,
01:18:56je ne suis pas en train de...
01:18:58Mais c'est évident.
01:19:02Oui,
01:19:03je suis d'accord
01:19:03mais de toute façon
01:19:04il fallait absolument
01:19:04que je pallie
01:19:06à certains manques
01:19:07du côté paternel également
01:19:09et puis je ne voulais surtout pas
01:19:11que mes enfants manquent.
01:19:13Je n'ai pas donné
01:19:13de façon aveugle,
01:19:14je ne me suis pas...
01:19:15Alors je me suis dévouée
01:19:17sans de toute évidence
01:19:17mais il y a eu des besoins
01:19:18pour mes enfants
01:19:20encore une fois
01:19:20pour pallier à des manques
01:19:21à côté.
01:19:23Mais je voulais
01:19:24qu'ils puissent...
01:19:25et ils n'avaient pas demandé
01:19:26à vivre
01:19:27donc je voulais quand même
01:19:28qu'ils puissent être élevés
01:19:30dans le sens noble du terme
01:19:32et ne pas manquer
01:19:33de beaucoup de choses
01:19:34comme moi j'ai manqué
01:19:37sur le plan actif.
01:19:38C'est une vraie question
01:19:40ça que beaucoup de personnes
01:19:41se posent
01:19:42en tant que future mère
01:19:45visiblement vous n'avez pas eu
01:19:46une bonne mère
01:19:47si on comprend bien.
01:19:49Donc est-ce que
01:19:50vous avez été angoissée
01:19:53à l'idée peut-être
01:19:54de ne pas faire bien
01:19:56ou pas ?
01:19:57Alors c'est...
01:19:58Oui non mais c'est très...
01:19:59C'est bien votre question
01:20:00et en fait je vais vous répondre
01:20:01par...
01:20:02C'est très étrange
01:20:02parce que j'avais tellement
01:20:05cette conscience
01:20:05de ce qui me manquait
01:20:09que...
01:20:10Et dans une mesure
01:20:11tout à fait raisonnable
01:20:12c'était pas extravagant
01:20:13c'était plutôt...
01:20:16Enfin j'avais une certaine
01:20:17conscience des choses
01:20:18et j'ai jamais eu peur.
01:20:20Alors peut-être
01:20:21juste quand j'ai eu mon fils
01:20:24parce que
01:20:24comme je n'ai pas été élevée
01:20:26dans un milieu
01:20:27où il y avait des hommes
01:20:28ou des garçons
01:20:29autour de moi
01:20:30mon fils
01:20:31mon premier fils
01:20:32ça m'a un petit peu
01:20:33inquiétée
01:20:35mais pour...
01:20:36Bon je m'en suis pas mal
01:20:37débrouillée
01:20:38puis il est...
01:20:38Enfin il est très débrouillée
01:20:40C'est très étrange
01:20:41j'avoue
01:20:42Non non non
01:20:42pas du tout
01:20:43votre réponse
01:20:44c'est ce que j'espérais
01:20:45parce que ça peut donner
01:20:46à des femmes
01:20:47qui nous écoutent
01:20:48et qui justement
01:20:49ne veulent pas d'enfants
01:20:50parce qu'elles ont eu
01:20:51une enfance massacrée
01:20:53de se faire confiance
01:20:55quand même
01:20:55vous voyez
01:20:56c'était ma question
01:20:57elle était tout à fait intéressée
01:20:59et merci de votre réponse
01:21:00parce que c'est
01:21:00c'est un message d'espoir
01:21:01que vous donnez
01:21:03Ah oui
01:21:03alors par contre
01:21:04là où je me suis quand même
01:21:05toujours questionnée
01:21:06et ça j'ai jamais travaillé ça
01:21:07avec mon psy
01:21:08c'est quand même de me dire
01:21:09moi j'ai 4 enfants
01:21:10et je me dis
01:21:12est-ce que je ne les ai pas eus aussi
01:21:14pour réparer quelque chose
01:21:15de chez moi
01:21:15en toute honnêteté
01:21:17quoi
01:21:17mais je n'ai pas de réponse
01:21:18Et alors ?
01:21:19Et alors ?
01:21:20Quel problème ?
01:21:21Où est le problème ?
01:21:23Ouais je ne sais pas
01:21:24parce que...
01:21:25Vous savez
01:21:26il n'y a pas de bonne
01:21:27et de mauvaise raison
01:21:28d'avoir des enfants
01:21:29Il y a par contre
01:21:30des mauvais parents
01:21:31et des bons parents
01:21:32Oui
01:21:33Mais il n'y a pas de mauvaise raison
01:21:34d'avoir des enfants
01:21:35Que le point d'origine
01:21:36il soit dans le fait
01:21:37d'avoir voulu vous réparer
01:21:39et pour autant
01:21:39vous avez été une super maman
01:21:41ben c'est super en fait
01:21:43la question c'est
01:21:44si vous aviez
01:21:45utilisé vos enfants
01:21:47comme des pansements
01:21:48mais ce n'est pas du tout le cas
01:21:49puisque vous avez tout fait
01:21:50pour les élever
01:21:50comme vous l'avez dit
01:21:51au sens noble du terme
01:21:53donc le job est fait
01:21:54donc peu importe
01:21:56d'où vient l'inspiration
01:21:57Oui
01:21:57alors après
01:21:58je ne les ai pas eues
01:21:59dans cet esprit-là
01:22:00en fait c'est ma réflexion
01:22:01elle vient
01:22:01à posteriori
01:22:03parce que
01:22:04je ne sais pas
01:22:05Vous savez Aurore
01:22:07dans le désir d'enfant
01:22:09parce que là
01:22:09on entend bien
01:22:10quatre enfants
01:22:10si vous aviez
01:22:12un désir d'enfant
01:22:13on n'a pas quatre enfants
01:22:15si on n'a pas
01:22:15un fort désir d'enfant
01:22:16dans ce fort désir d'enfant
01:22:18c'est un désir de vie
01:22:20Oui c'est vrai
01:22:21Donc c'est du positif
01:22:22Et de l'amour aussi
01:22:24Vous n'avez pas eu
01:22:25quatre enfants
01:22:25Attendez
01:22:26je vais être exprès
01:22:27exprès un peu
01:22:28un peu choquante
01:22:29mais ce n'est pas grave
01:22:29de temps en temps
01:22:30les auditeurs aiment bien
01:22:31Vous n'avez pas eu
01:22:32quatre enfants
01:22:32pour toucher
01:22:33les allocations familiales
01:22:34Oh non
01:22:35Non non
01:22:35Dieu merci
01:22:36Non non
01:22:38Je me dis à ce que
01:22:39vous avez dit
01:22:39je suis enseignante
01:22:40donc très bien
01:22:41ce que vous voulez dire
01:22:42Et bien voilà
01:22:42c'est tout
01:22:43C'est à dire
01:22:43que vous n'avez pas eu
01:22:44quatre enfants
01:22:44pour des mauvaises raisons
01:22:46Oui non bien sûr
01:22:47Bien sûr
01:22:47Parce qu'on les entend
01:22:48toutes ces femmes
01:22:49qui ont des enfants
01:22:50pour ne pas avoir
01:22:51à travailler
01:22:51pour ne pas avoir
01:22:54Excusez-moi
01:22:54je sais que je peux
01:22:56choquer un peu
01:22:56certaines personnes
01:22:57qui nous écoutent
01:22:57mais je le fais exprès
01:22:58pour que vous compreniez bien
01:23:00que vous n'avez pas eu
01:23:00des enfants
01:23:01pour des mauvaises raisons
01:23:01C'est pour vous
01:23:02que je dis ça
01:23:03Si je me fais un peu
01:23:05égratigné sur les réseaux sociaux
01:23:06ça sera de votre faute
01:23:07Oh vous savez
01:23:09je ne me prive pas
01:23:10je suis en fin de carrière
01:23:11et quand je vois
01:23:11ce que je vois aujourd'hui
01:23:12que ça ne s'est jamais arrangé
01:23:13dans les classes
01:23:15je ne me prive pas non plus
01:23:16certaines occasions
01:23:17quand j'en ai la possibilité
01:23:18donc
01:23:20pardon pour vous par contre
01:23:21Brigitte
01:23:22je suis désolée
01:23:22Pourquoi ?
01:23:24Si vous vous faites égratigner
01:23:25Oh là là
01:23:27j'ai la peau dure
01:23:28ne vous inquiétez pas
01:23:29pour moi
01:23:29Donc voyez
01:23:30soyez en paix
01:23:31avec ça
01:23:32vous n'avez pas
01:23:32à poser cette question
01:23:33à aucun psychiatre
01:23:34aucun thérapeute
01:23:35parce que vous pourriez
01:23:36encore avoir un thérapeute
01:23:37qui vous remettrait
01:23:38un peu de culpabilité
01:23:39sur le dos
01:23:40Franchement
01:23:40soyez en paix
01:23:41J'ai envie de vous dire
01:23:42votre thérapeute
01:23:43demandez-lui d'abord
01:23:44pourquoi lui
01:23:44est devenu thérapeute
01:23:45il n'est peut-être pas au clair
01:23:46non plus
01:23:46avec ça
01:23:47Je vous avouerai quand même
01:23:48qu'il m'a beaucoup aidée
01:23:49Ah oui oui
01:23:50mais ça on a entendu
01:23:51que le psychiatre
01:23:52a été un bon support
01:23:54de résilience
01:23:55Oh mon Dieu oui
01:23:56Et ça
01:23:58d'ailleurs
01:23:59je voudrais le rappeler
01:24:00parce qu'on critique
01:24:01souvent les psychiatres
01:24:02et il y a des psychiatres
01:24:03qui sont de très très bons
01:24:04thérapeutes
01:24:05même s'ils n'ont pas
01:24:06forcément
01:24:07un cursus de thérapeute
01:24:09et il y a quelque chose
01:24:11moi j'ai souvent entendu
01:24:12quelque chose
01:24:13de cet ordre là
01:24:14de la part des psychiatres
01:24:14donc rendons-leur
01:24:15aussi hommage
01:24:16grâce à vous Aurore
01:24:17Et bien on va conclure
01:24:18sur cette jolie phrase
01:24:19Merci Aurore
01:24:20Merci beaucoup
01:24:21Bonne continuation
01:24:23Merci Aurore
01:24:24Merci Manuel Abraud
01:24:26de tous ces éclairages
01:24:28sur la résilience
01:24:29on y reviendra évidemment
01:24:30parce que malheureusement
01:24:31on a besoin d'aider
01:24:33tous ceux qui nous écoutent
01:24:34à aller bien
01:24:36Voilà
01:24:36et puis tout de suite
01:24:38vous retrouvez
01:24:38Alexandre Delevan
01:24:39pour C'est votre avenir
01:24:40Notre gagnant
01:24:41c'est Alain
01:24:42qui habite Toulouse
01:24:43et demain
01:24:43nous serons avec
01:24:44Philippe Arlin
01:24:45et on verra
01:24:46si de temps en temps
01:24:47il ne faut pas un peu
01:24:47inverser les rôles
01:24:48dans sa sexualité aussi
01:24:49il ne faut pas justement
01:24:50être un petit peu plus
01:24:51imaginatif
01:24:5214h-16h
01:24:55Brigitte Lay
01:24:55Sud Radio
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