00:00Au final, le rouquisme, je disais tout à l'heure, puisqu'aux Etats-Unis, le vent tourne, figurez-vous.
00:05Personne n'en parle, mais nous allons nous installer pour en parler.
00:08Après des années d'essor, des politiques de diversité et d'inclusion de grandes entreprises font marche arrière,
00:14sous la pression politique, juridique, économique.
00:17Un mouvement pourrait maintenant gagner la France.
00:20Certainement, on se posera la question, est-ce que c'est le retour à la neutralité, au recul de la
00:25diversité ?
00:25Est-ce qu'on va vers du mieux sur ce point ?
00:30On a Nicolas Conquer qui est dans le studio d'Europe 1, ainsi qu'Olivier Vial.
00:34Nicolas Conquer, d'abord, vous venez d'organiser à Paris une rencontre avec 1792 Exchanges.
00:40Qui sont-ils ? Pourquoi les faire venir en France maintenant ? Dites-nous tout.
00:44Alors, bonjour Christine. Nous étions ce matin avec une organisation américaine qui s'appelle 1792 Exchanges,
00:49qui est une association militante américaine qui vise à promouvoir et à communiquer sur les politiques militantes
00:56qui sont entreprises en entreprise.
00:58Et qui vient vous dire, tiens, il y a un biais qui va être progressiste, ils ont un agenda politique
01:02et ils viennent desservir la fonction pour laquelle l'entreprise doit s'employer,
01:07à savoir défendre ses salariés, servir ses clients et assurer la valeur de l'actionnaire.
01:12Et donc, on a vu au cours de ces dernières années une espèce de chute en avant avec toujours plus
01:17de wokisme.
01:18Et là, ce qui est intéressant aux Etats-Unis, c'est qu'on est en train de constater un mouvement
01:21qui est en train de s'inverser.
01:23Leur principe, il est très simple. Eux, ils ne veulent pas que ça aille dans le sens inverse.
01:26Ils veulent juste une neutralité en entreprise. Ils disent très simplement les choses.
01:29Il faut que le business fasse du business.
01:31Je rappelle que vous êtes porte-parole des Républicains over 6 en France.
01:35Votre temps de parole est décompté. Donc, question à longue, mais réponse courte et précise.
01:41On se dit ça parce qu'il faut quand même rappeler que vous êtes décompté.
01:45Donc, on a peu de temps de parole. Mais c'est très intéressant ce sujet.
01:47Et c'est important qu'on a quand même tenu à vous entendre ce matin, Nicolas Conquer.
01:51Ce reflux, est-ce vraiment un changement de fond ?
01:53Ou bien est-ce que c'est simplement l'effet Donald Trump ?
01:56Alors, on aurait tort de voir Trump comme étant la cause de tout.
01:59Peut-être qu'il a accéléré un phénomène, mais ça lui est précédé.
02:02Et donc, nos amis de 1792 constatent qu'il y a des événements qui ont précédé
02:07et qui étaient déjà sous l'art Biden, où il y avait déjà un rejet des décisions de justice,
02:10mais également des bad buzz suite à des politiques woke qui ont été menées par des entreprises
02:14et donc dont les clients et surtout les impacts sur la capitalisation boursière
02:18montrent qu'il y a un rejet et une volonté sans doute de revenir à moins d'activisme
02:23et d'abord sur des bons produits et sur des bons services.
02:25Donc, c'est pas tant. Et vous avez désormais 65% des compagnies, des entreprises américaines
02:31qui soutenaient des indicateurs DEI et ESG, qui sont des officines woke et militantes gauchistes,
02:39qui désormais n'abondent plus et ne se prêtent plus à cette règle et ces injonctions de ces officines militantes.
02:45Nicolas Conquer, rapporte-parole des Républicains en France.
02:48J'ai d'autres questions pour vous, mais je me tourne d'abord vers Olivier Vial.
02:52Vous êtes directeur du CERUS, Centre d'études et de recherche universitaire.
02:56Est-ce qu'on peut vraiment vous contester effectivement ce reflux du roquisme aux États-Unis
03:02et par quoi ça se matérialise concrètement ?
03:05Oui, très clairement. En fait, on a vu aux États-Unis, ça s'est accéléré
03:09et la vague est plus importante qu'en France.
03:12Mais en fait, dans tous les pays occidentaux, on voit que depuis 2022, il y a eu un retour finalement
03:19au bon sens.
03:20Même s'il est plus ou moins long et plus ou moins lent, il existe.
03:25Il y a trois choses qui l'expliquent et en France notamment, il y a une première prise de conscience
03:29des entreprises
03:30puisqu'une grande partie des entreprises étaient engagées dans cette voie-là,
03:33pensant qu'en gros c'était la seule solution et qu'effectivement il y avait une forme de sens de
03:38l'histoire
03:38vers toujours plus de progressisme, toujours plus de wokeisme.
03:41Sauf qu'en réalité, on s'est aperçu, il y a une enquête qui est extrêmement intéressante
03:44qui a été faite par l'IFOP pour Avas en 2021, en 2023,
03:48que plus les concepts woke augmentent en notoriété, plus l'adhésion à ces concepts diminue.
03:54Et donc ça, effectivement, c'est quand même très intéressant parce qu'on voit que la discrimination positive,
03:58l'écriture inclusive, la cancel culture, plus elle est connue, plus il y a un rejet.
04:03Donc ça, déjà les entreprises se sont dit, ah quand même, ça c'est intéressant.
04:06La deuxième chose, et Nicolas en a un peu parlé, c'est qu'effectivement les entreprises se sont aperçues
04:10qu'il n'y avait pas un front unilatéral, c'est-à-dire qu'il n'y a pas que
04:13des activistes militants
04:15qui peuvent être mécontents de leur politique.
04:18Et que quand ils vont trop loin dans une politique woke, il y a une partie de leur clientèle qui
04:23se rebelle.
04:24C'est passé effectivement aux Etats-Unis en 2023 avec Budweiser,
04:28qui a voulu faire une campagne avec un militant et un activiste trans,
04:34qui l'a mis sur ses canettes, la réaction a été extrêmement violente,
04:38puisqu'ils ont perdu 7 milliards de dollars de capitalisation boursière en 48 heures.
04:43Et la marque de voiture en Jaguar.
04:44Voilà.
04:45Et en France, on a eu la même chose un petit peu avant.
04:47Il y a eu, je ne sais pas si vous vous rappelez, il y a eu une polémique avec Evian,
04:50qui avait fait un tweet pour dire qu'il fallait boire de l'eau,
04:55et vu que c'était en plein ramadan, il avait été attaqué là-dessus.
04:57Sauf que quand le community manager s'était excusé de ça,
05:03la réaction de sa communauté avait été 20 fois plus importante.
05:06Et donc effectivement, on a vu que ça, ça permettait aux entreprises de se dire
05:10peut-être qu'il fallait faire marche arrière.