00:00Votre quotidien, Florent, on va commencer par vous. Vous avez 33 ans, vendeur en prête à porter.
00:04La fin du mois pour vous, Florent, elle commence le combien ?
00:07Elle commence le 10, en fait. Donc moi, ça me fait rigoler quand j'entends des politiciens qui parlent du
00:1215.
00:12On a ras-le-bol, on ne vit pas dans le même monde.
00:14C'est comme le bas du rayon, on n'a pas attendu ces deux derniers mois pour le toucher, le
00:18bas du rayon.
00:19Il y a beaucoup de choses à dire, beaucoup de colère, beaucoup de rancœur.
00:23Et je pense que les politiques ne se rendent pas compte de ce qui se passe actuellement dans le pays.
00:26Il y a une déconsommation. Moi, je suis sur le terrain. Je suis commerçant.
00:29Je vois qu'il y a un pouvoir d'achat qui est diminué. Les gens n'ont plus d'argent.
00:33On a beau faire des promotions. Moi, j'ai été licencié économiquement en 2024.
00:36J'ai galéré de fou à retrouver un travail. Quand on entend M. Macron, il faut chercher les feignants, les
00:41ceci, les cela.
00:42Ça commence à bien faire. On a un pouvoir qui est en fin de vie.
00:46Ils n'attendent rien. Ils ne font rien. Il n'y a pas d'opposition dans ce pays.
00:50Il n'y a pas d'opposition. Il n'y a personne qui ne dit rien. Ce n'est pas
00:53normal.
00:54– Florence, ce qui est intéressant dans votre situation, c'est que vous êtes à la fois un observateur,
00:57puisque vous êtes vendeur en prêt-à-porter, et évidemment dans une situation aussi difficile.
01:01Est-ce qu'il y a un moment où vous avez senti que la situation basculait vers un quotidien impossible
01:08?
01:09– Oui. Les dix ans de macronisme, ça nous a bien divisés, fracturés en tant que Français.
01:14On a un monsieur, président de la République, M. Macron, qui relevait ses manches.
01:18C'est mignon. C'est magnifique. Mais c'est de la posture politicienne.
01:20La réalité, c'est qu'aujourd'hui, les actes, c'est quoi ?
01:24Des Français divisés, une absence de pouvoir d'achat.
01:27On nous donne des miettes de pain en disant vous êtes par-ci, par-là, mais derrière, on va reprendre
01:30d'un côté.
01:31On va culpabiliser les gens au RSA ou au chômage.
01:34Mais la réalité, c'est qu'aujourd'hui, c'est…
01:35– Les miettes de pain, Florent, racontez-nous votre vie, en fait.
01:38C'est ça peut-être que les politiques ont besoin d'entendre.
01:40Votre vie avec le SMIC, c'est quoi aujourd'hui ? Vous mangez à votre faim ?
01:43– Ma vie avec le SMIC, c'est quoi ?
01:44– Je mange pas à ma faim. Je mange le matin, petit déjeuner, parce que j'ai besoin de force.
01:49Dans le retail, on bosse beaucoup, comme beaucoup d'autres secteurs.
01:51Je mange le midi et le soir, le petit luxe, le petit 4 heures qu'on avait, le petit plaisir,
01:56on l'a plus.
01:57Les restaurants, on n'a plus. Le soir, on mange plus. On a le ventre vide, mais on se dit
02:01« Ah bon, allez, on banalise ça, c'est normal, de toute façon, j'ai pas besoin de force, je
02:04vais me coucher. »
02:05Est-ce que c'est un luxe de vivre normalement en France ?
02:08Est-ce que c'est un luxe de pouvoir vivre de son travail sans quémander à l'État ?
02:11Ça, c'est la réalité, vous voyez ce que je veux dire ?
02:13– Oui.
02:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
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