00:00Alors déjà, dans un premier temps, le litre de gasoil qui a 2,30€, c'est littéralement insupportable pour nous,
00:08pour beaucoup de raisons.
00:10Déjà, dans un premier temps, il faut savoir qu'on en est arrivé aujourd'hui à un point où on
00:14a des patients pour lesquels on ne travaille même pas gratuitement, on travaille à perte.
00:17C'est-à-dire qu'on est obligé de refuser des patients parce qu'aujourd'hui, on perd de l
00:21'argent en allant chez eux.
00:24Je vous explique un petit peu vite fait avant de revenir sur votre point de situation sur les pompes.
00:28Mais j'ai été appelé encore hier pour une prise de sang chez un patient chez qui on a l
00:32'habitude d'aller, qui habite à une quinzaine de kilomètres de notre cabinet.
00:35Mais voilà, qui a l'habitude avec nous, c'est un patient qui a des troubles psychotiques, etc.
00:40Et il ne passe que par nous, enfin bref.
00:4315 kilomètres, une prise de sang, c'est payer 8,80€ brut.
00:46Ça, vous retirez, je ne vais pas vous faire un long épisode d'économie, mais vous retirez l'URSSAF, les
00:50charges, tout ça, etc.
00:51Bref, vous retirez 50%.
00:5315 kilomètres, quand vous savez qu'avec une citadine, aujourd'hui, vous faites avec un litre d'essence à peu
00:57près 9 kilomètres,
00:59faites le calcul de ce qu'il nous reste à la fin, sachant qu'en plus de ça, parfois, on
01:02doit payer le stationnement, on est en négatif.
01:04Donc en fait, aujourd'hui, on se retrouve dans un système où on paye, où nous, soignants, nous payons pour
01:09soigner des personnes.
01:10Et là, on se dit qu'il y a quand même un échec institutionnel qui est flagrant, parce qu'à
01:15quel moment on peut se dire qu'on est dans une société,
01:18et on peut trouver ça normal, dans une société, que les soignants en soient arrivés à donner de l'argent
01:24de leur poche pour soigner.
01:25Voilà.
01:26Donc ça, c'est le premier point que je voulais voir avec vous.
01:28Et le deuxième point que je voulais soulever, vous parlez effectivement des pompes qui sont plafonnées, etc.
01:33Bon, c'est bien, c'est bien, même si ça ne résout pas le fait qu'on ne soit pas
01:36très bien payés.
01:37Mais les pompes qui sont plafonnées, le problème, c'est qu'elles sont prises d'assaut.
01:40Et vous savez, on travaille déjà à flux tendu, comme je dis toujours, notre pire ennemi, nous, les infirmiers libéraux,
01:46les soignants, les aides à domicile, etc.
01:48C'est la montre.
01:50Donc, on arrive sur des pompes où parfois, il faut faire 15, 20 minutes de queue pour espérer avoir un
01:54petit peu d'essence.
01:55La situation aujourd'hui, pour nous, elle est véritablement, mais insupportable.
02:00– Et c'est impossible, évidemment, de relever vos tarifs pour compenser ?
02:04– Impossible, c'est impossible.
02:06En fait, aujourd'hui, nos tarifs sont plafonnés par la sécurité sociale, on a des lettres clés.
02:10Enfin, il y a tout un système organisationnel qui fait que, voilà, on dépend de la sécurité sociale.
02:15Donc, nos tarifs étant conventionnés, on ne peut pas les appliquer.
02:18Moi, l'histoire de majorer, parce que j'ai entendu ça arriver, des gens qui veulent majorer aux patients le
02:24surplus.
02:25Moi, je trouve ça inadmissible et je suis tout à fait contre.
02:27Ce n'est pas aux patients à payer, parce que le patient en patite déjà de cette situation aussi.
02:31Parce que quand nous, on refuse des soins parce que, voilà, aujourd'hui, on est perdant,
02:35le patient, c'est lui qui est en dernière ligne.
02:37Donc, c'est lui déjà qui est pénalisé.
02:39On ne va pas en plus de ça lui demander de l'argent, sachant que la plupart du temps,
02:41c'est des gens fragiles, isolés, malades.
02:44Alors, voilà, même des gens qui sont démunis, sans revenus.
02:46Donc, on ne peut pas leur demander de payer.
02:47Donc, lui, en fait, on est plafonné.
02:48Aujourd'hui, il y a des cas de figure où on travaille, même pas gratuitement, mais à perte.
02:53Merci.
02:53Merci.
Commentaires