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  • il y a 9 minutes
Sur les réseaux sociaux comme dans les prises de parole politiques, la question du prix des carburants est revenue sur le devant de la scène, ravivant le souvenir des "gilets jaunes". Alors que les appels à la mobilisation fleurissent, les autorités gardent "une vigilance particulière". 

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Transcription
00:00Alors déjà, dans un premier temps, le litre de gasoil qui a 2,30€, c'est littéralement insupportable pour nous,
00:08pour beaucoup de raisons.
00:10Déjà, dans un premier temps, il faut savoir qu'on en est arrivé aujourd'hui à un point où on
00:14a des patients pour lesquels on ne travaille même pas gratuitement, on travaille à perte.
00:17C'est-à-dire qu'on est obligé de refuser des patients parce qu'aujourd'hui, on perd de l
00:21'argent en allant chez eux.
00:24Je vous explique un petit peu vite fait avant de revenir sur votre point de situation sur les pompes.
00:28Mais j'ai été appelé encore hier pour une prise de sang chez un patient chez qui on a l
00:32'habitude d'aller, qui habite à une quinzaine de kilomètres de notre cabinet.
00:35Mais voilà, qui a l'habitude avec nous, c'est un patient qui a des troubles psychotiques, etc.
00:40Et il ne passe que par nous, enfin bref.
00:4315 kilomètres, une prise de sang, c'est payer 8,80€ brut.
00:46Ça, vous retirez, je ne vais pas vous faire un long épisode d'économie, mais vous retirez l'URSSAF, les
00:50charges, tout ça, etc.
00:51Bref, vous retirez 50%.
00:5315 kilomètres, quand vous savez qu'avec une citadine, aujourd'hui, vous faites avec un litre d'essence à peu
00:57près 9 kilomètres,
00:59faites le calcul de ce qu'il nous reste à la fin, sachant qu'en plus de ça, parfois, on
01:02doit payer le stationnement, on est en négatif.
01:04Donc en fait, aujourd'hui, on se retrouve dans un système où on paye, où nous, soignants, nous payons pour
01:09soigner des personnes.
01:10Et là, on se dit qu'il y a quand même un échec institutionnel qui est flagrant, parce qu'à
01:15quel moment on peut se dire qu'on est dans une société,
01:18et on peut trouver ça normal, dans une société, que les soignants en soient arrivés à donner de l'argent
01:24de leur poche pour soigner.
01:25Voilà.
01:26Donc ça, c'est le premier point que je voulais voir avec vous.
01:28Et le deuxième point que je voulais soulever, vous parlez effectivement des pompes qui sont plafonnées, etc.
01:33Bon, c'est bien, c'est bien, même si ça ne résout pas le fait qu'on ne soit pas
01:36très bien payés.
01:37Mais les pompes qui sont plafonnées, le problème, c'est qu'elles sont prises d'assaut.
01:40Et vous savez, on travaille déjà à flux tendu, comme je dis toujours, notre pire ennemi, nous, les infirmiers libéraux,
01:46les soignants, les aides à domicile, etc.
01:48C'est la montre.
01:50Donc, on arrive sur des pompes où parfois, il faut faire 15, 20 minutes de queue pour espérer avoir un
01:54petit peu d'essence.
01:55La situation aujourd'hui, pour nous, elle est véritablement, mais insupportable.
02:00– Et c'est impossible, évidemment, de relever vos tarifs pour compenser ?
02:04– Impossible, c'est impossible.
02:06En fait, aujourd'hui, nos tarifs sont plafonnés par la sécurité sociale, on a des lettres clés.
02:10Enfin, il y a tout un système organisationnel qui fait que, voilà, on dépend de la sécurité sociale.
02:15Donc, nos tarifs étant conventionnés, on ne peut pas les appliquer.
02:18Moi, l'histoire de majorer, parce que j'ai entendu ça arriver, des gens qui veulent majorer aux patients le
02:24surplus.
02:25Moi, je trouve ça inadmissible et je suis tout à fait contre.
02:27Ce n'est pas aux patients à payer, parce que le patient en patite déjà de cette situation aussi.
02:31Parce que quand nous, on refuse des soins parce que, voilà, aujourd'hui, on est perdant,
02:35le patient, c'est lui qui est en dernière ligne.
02:37Donc, c'est lui déjà qui est pénalisé.
02:39On ne va pas en plus de ça lui demander de l'argent, sachant que la plupart du temps,
02:41c'est des gens fragiles, isolés, malades.
02:44Alors, voilà, même des gens qui sont démunis, sans revenus.
02:46Donc, on ne peut pas leur demander de payer.
02:47Donc, lui, en fait, on est plafonné.
02:48Aujourd'hui, il y a des cas de figure où on travaille, même pas gratuitement, mais à perte.
02:53Merci.
02:53Merci.
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