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  • il y a 3 minutes
Christine Kelly revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:02Merci pendant que Laurent Alexandre s'en va, on va changer de sujet.
00:06Un commerçant se fait voler, perd des milliers d'euros, voit son activité menacée,
00:13mais s'il diffuse l'image du voleur présumé, c'est lui qui peut se retrouver en difficulté juridique.
00:18Alors, où placer le curseur ? Entre sécurité et vie privée, faut-il changer la loi ?
00:22Jusqu'où peut-on aller ? Pour protéger ceux qui travaillent,
00:25Amorim Bucco, racontez-nous concrètement ce qui se passe, ce problème avec les commerçants aujourd'hui.
00:31Alors, il se passe qu'avec les réseaux sociaux, il y a un phénomène qui a émergé,
00:35c'est que les commerçants qui sont régulièrement victimes de vols
00:38ont recours aux réseaux sociaux et aux images de vidéosurveillance
00:41pour afficher les voleurs sur les réseaux sociaux,
00:45à la fois pour avertir les autres commerçants et en même temps,
00:47pour demander aux voleurs de restituer des objets sous peine de laisser ces images en ligne.
00:53Donc, c'est le fameux name and shame qui, vous savez, est très courant aux Etats-Unis.
00:55Là-dessus, a été créé le collectif RALVOL, qui a donc été fondé par Jérôme Jean,
01:01dont l'objectif est justement...
01:02Qui vient de nous rejoindre dans le studio d'Europe.
01:04Exactement, dont l'objectif est d'aider les commerçants
01:06et de relayer tous ces appels à témoins qui sont lancés sur les réseaux sociaux.
01:11Alors, ce procédé qui consiste à afficher les voleurs est interdit par la loi.
01:18On n'a pas le droit, si vous voulez, d'utiliser des images de vidéosurveillance
01:21qui sont plutôt destinées normalement à la police
01:23pour afficher des personnes qui sont présumées innocentes sur les réseaux sociaux.
01:26Mais, jusque-là, la justice, et en particulier les magistrats,
01:30se montraient tolérants, c'est-à-dire qu'il y a très peu de commerçants
01:33qui se retrouvent condamnés pour avoir affiché des voleurs
01:36et qui veulent, au fond, simplement réparer une injustice,
01:39qui ne veulent pas en créer une nouvelle.
01:40Mais, c'était sans compter la CNIL, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés,
01:46qui est là pour appliquer le RGPD,
01:54donc c'est une réglementation européenne sur la protection des données,
01:58et qui a décidé depuis quelques mois, manifestement,
02:01de se pencher non seulement sur le collectif RALVOL,
02:06avec une procédure de contrôle, c'est Jérôme Jean qui va nous en parler,
02:10mais aussi à des commerçants qui ont déjà bien affaire avec leur activité
02:14et avec les vols dont ils sont victimes,
02:16en engageant des procédures de contrôle.
02:18Et il faut savoir que la CNIL, elle a un pouvoir de sanction extrêmement élevé,
02:21elle peut mettre de très lourdes amendes,
02:22et donc, on voit que finalement, même si la justice est tolérante
02:27puisqu'il y a un phénomène de vol et que les commerçants luttent comme ils peuvent contre ça,
02:31eh bien, on voit aujourd'hui que la CNIL, donc, a décidé de, comment dire,
02:35de réagir assez durement en allant contrôler des commerçants
02:39et en s'en prenant au collectif RALVOL.
02:40Amoré Boucou, journaliste, police, justice dans le studio d'Europe 1,
02:45Jérôme Jean, merci infiniment d'être avec nous dans le studio d'Europe 1.
02:48Vous êtes commerçant à Amiens, vous êtes victime de nombreux vols,
02:51vous êtes aussi du collectif RALVOL.
02:53Racontez-nous.
02:55Merci de nous inviter, merci de nous donner la parole.
02:57C'est un plaisir.
02:57Je pense qu'il y a beaucoup de commerçants et d'artisans qui vont être sensibles à notre sujet ce
03:03matin.
03:04C'est clair, c'est devenu insupportable pour les commerçants et les artisans en France
03:08qui sont victimes chaque jour, tous les jours, du matin au soir,
03:12d'individus seuls ou parfois de bandes.
03:15C'est ce que nous, on appelle du vol organisé.
03:18Et malheureusement, c'est très régulier.
03:21Et tout ça se passe dans l'indifférence la plus générale.
03:24Donc aujourd'hui, les commerçants français sont volés.
03:27Et abandonnés.
03:28Aujourd'hui, le mot qu'on entend tous les jours, c'est « nous sommes abandonnés ».
03:32Nous sommes abandonnés.
03:34Et ce sont des petits vols, ici ou là, à droite, à gauche, et petit à petit.
03:39Et les commerçants, j'ai bien compris, ils vont porter plainte.
03:44Mais ce sont pour des petits vols l'un après l'autre.
03:46Et finalement, ils se retrouvent démunis avec quelques petits euros.
03:49Ça monte avec des milliers d'euros.
03:51Et finalement, au bout du bout, on se rend compte que c'est celui qui travaille qui est puni.
03:55On se rend compte que c'est celui qui se lève le matin qui est puni.
03:58On se rend compte que c'est celui qui veut avancer dans la vie qui est puni.
04:01Et celui qui vole, celui qui vient justement voler le travail de l'autre,
04:05lui n'est pas puni par la justice.
04:07C'est là où ça interpelle.
04:08Et c'est là où on se dit qu'on est dans quel monde aujourd'hui ?
04:11Dans quelle France aujourd'hui ?
04:12Dans quel pays on vit aujourd'hui où celui qui travaille se fait voler
04:16et celui qui vole n'est pas condamné ?
04:18On en est là !
04:19Pardon, j'ai l'impression d'être plus énervé que vous.
04:22Non, non, mais j'apprécie.
04:24J'essaie d'être calme, moi.
04:25Non, mais...
04:26Si vous vous énervez, je vais faire comme vous.
04:28Non, mais je m'énerve en souriant.
04:29Mais je veux dire que...
04:31Est-ce qu'on veut une France du travail ?
04:32Ou bien est-ce qu'on veut une France du vol ?
04:34Moi, je ne suis pas sûr qu'on veuille une France du travail.
04:37En tous les cas, ce qui est sûr dans ce que vous dites,
04:39c'est que les commerçants qui sont victimes se retrouvent coupables aujourd'hui.
04:41Ça, c'est inentendable.
04:44C'est pareil en France aujourd'hui.
04:46Quand on loue son logement
04:48et puis qu'on veut faire sortir celui qui ne paye pas et qui le squatte,
04:52voilà, on empêche et on paralyse les propriétaires.
04:56Vous avez raison, ça veut dire que ceux qui créent de la valeur ajoutée,
04:58ceux qui proposent de l'emploi, aujourd'hui, sont découragés.
05:02Si on prend l'exemple des commerçants,
05:04ces vols coûtent, allez, à peu près 7 milliards d'euros par an.
05:097 milliards d'euros par an.
05:10C'est énorme.
05:12Incroyable.
05:12Vous imaginez le nombre d'emplois qu'on pourrait créer avec 7 milliards d'euros.
05:16Attention, 7 milliards d'euros payés par les privés,
05:19payés par les entreprises qui vous entendent ce matin.
05:22C'est à peu près l'estimation que nous, on a.
05:24C'est toujours difficile de faire une estimation.
05:26Le problème que l'on a, c'est qu'en France,
05:28quasiment 80% des commerçants sont victimes,
05:31au moins une fois, de vols à l'étalage.
05:3580%.
05:35Jérôme Jean, commerçant du collectif RALVOL,
05:40commerçant à Amiens, victime de nombreux vols,
05:42qui est dans le sud de l'Europe.
05:42On remarque une pause.
05:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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