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François-Xavier Bellamy, eurodéputé et vice-président du parti Les Républicains, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 CNews, Laurence Ferrari.
00:05Une autre invitée ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est François-Xavier Bellanmi.
00:10Bonjour à vous.
00:10Bonjour.
00:11Vice-président des Républicains et bien sûr soutien de Bruno Retailleau.
00:14Marine Le Pen a fait sa rentrée hier à Énamboumont en affirmant que la priorité nationale était un droit naturel
00:19et juste.
00:20Pensez-vous qu'un seul de vos électeurs ne soit pas d'accord avec cela ?
00:23Le fait est que sur la question du logement, puisque c'est ce dont elle parlait, il y a aujourd
00:28'hui en effet une crise immense dans le pays.
00:31Donc vous êtes d'accord avec elle ?
00:33Il est parfaitement normal et d'ailleurs nous le défendons aussi.
00:36Bruno Retailleau, il a présenté ses propositions sur ce sujet vital en effet pour tant de familles en France en
00:42mai dernier.
00:43Et donc nous avons évidemment eu l'occasion de développer tout ce que nous voulons faire de manière bien plus
00:48précise et détaillée.
00:49Parrogation de la loi SRU, expulsion des familles de délinquants, même programme ?
00:52Le point qui me frappe dans la proposition de Marine Le Pen, c'est qu'elle ne cesse de varier.
00:58Il y a cinq ans, elle proposait de construire 100 000 HLM.
01:01Il y a trois ans, deux ans même, en 2024, elle expliquait que la priorité nationale qu'elle développe aujourd
01:09'hui comme une obligation était en réalité impossible.
01:12Et le point fondamental sur lequel je la rejoins, c'est qu'en effet elle sera impossible sans une révision
01:18constitutionnelle.
01:19Et c'est la raison pour laquelle Bruno Retailleau propose cette révision constitutionnelle.
01:22Il a commencé sa rentrée par là parce que c'est la condition pour rendre le pouvoir aux Français
01:28et pour déverrouiller tout ce qui aujourd'hui s'interpose entre leur propre volonté et la réalité politique.
01:33Et si nous ne faisons pas cette révision constitutionnelle, il est déjà certain que la promesse de Marine Le Pen
01:38en fait est impossible.
01:39Et donc les vôtres aussi, c'est le verrou de la réforme constitutionnelle.
01:44Est-ce que ce n'est pas un peu la carte que tout le monde joue ?
01:46C'est le référendum, on va tout régler par référendum.
01:48Vous pensez vraiment que tout l'état profond peut être réformé par référendum ?
01:53Je ne crois pas que tout le monde le joue.
01:54Personne en réalité ne parle aujourd'hui de cette proposition fondamentale que nous sommes les seuls à porter.
02:00Personne n'est à la hauteur de la précision et de la force de la proposition qu'a formulée Bruno
02:07Retailleau.
02:08A travers les textes référendaires que nous avons écrits, que nous avons proposés aux Français, qui sont déjà sur la
02:13table,
02:14nous avons les moyens de faire en sorte de leur rendre le pouvoir.
02:17Pas seulement sur les questions migratoires, le Rassemblement National propose un référendum sur l'immigration,
02:22mais nous proposons bien plus que cela.
02:24Nous proposons une manière d'élargir le champ du référendum à tous les sujets qui concernent la vie de la
02:29société,
02:29et à travers en particulier le référendum, de rendre le dernier mot aux Français
02:34quand le juge suprême, la Cour constitutionnelle, décide de fonctionner une loi votée par les parlementaires.
02:41Mais tout le monde se rappelle de 2005, référendum, les Français disent non à la Constitution européenne
02:44et ils se la font infliger en 2008 avec le Traité de Lisbonne.
02:47Donc le référendum, c'est vraiment le mystiquerie en fait.
02:49Ce n'est pas seulement 2005, vous savez, moi je suis de Loire-Atlantique, ma famille vient de la région
02:53nantaise.
02:54Nous avons connu dans la région des Pays de la Loire un référendum régional sur la construction de l'aéroport
03:00Notre-Dame-des-Landes.
03:02L'aéroport Notre-Dame-des-Landes, c'est des dizaines de décisions de collectivités locales qui vont toutes dans le
03:07même sens.
03:08Ce sont des dizaines de décisions de justice qui vont toutes dans le même sens.
03:11C'est un référendum régional et à la fin, on a préféré donner raison à quelques zadistes plutôt qu'à
03:16la volonté populaire.
03:17Qui était aux responsabilités ? Édouard Philippe.
03:20Et Édouard Philippe est très cohérent quand il explique aujourd'hui qu'il ne veut pas de la proposition de
03:24référendum de Bruno Retailleau.
03:25Vous voyez, tout le monde en parle, disiez-vous.
03:28La vérité, c'est que personne ne veut le faire sauf Bruno Retailleau qui est prêt à s'engager dans
03:32cette voie fondamentale.
03:33Ce n'est pas une réforme parmi d'autres, c'est la condition de tout le reste.
03:37Et même si ça peut paraître technique, théorique ou abstrait, en réalité c'est par là que nous rendrons aux
03:42Français une démocratie vivante et souveraine.
03:45Que vous réservez votre première pic à Édouard Philippe, on n'est pas encore près de l'Union et on
03:48en reparlera dans un instant.
03:50C'est juste important de montrer les différences entre les projets.
03:52Vous savez, on ne fait pas de la politique pour les égaux, non.
03:55Édouard Philippe, il assume, je le disais, de manière très claire la manière dont il défend son projet.
04:01Et manifestement, il ne veut pas de ce référendum.
04:03Il l'a montré encore une fois, je le disais à Notre-Dame-des-Landes.
04:06Moi, je crois qu'un des grands malaises dans la vie démocratique du pays, c'est que les Français ont
04:10le sentiment, en effet, qu'on les écoute mais qu'on ne les entend jamais.
04:14Qu'on les laisse parler mais qu'ils ne décident plus de rien.
04:17Eh bien, c'est de cela qu'il faut sortir aujourd'hui.
04:19Rendre le pouvoir aux Français, c'est la condition de tout le reste.
04:22Et eux pensent d'abord pouvoir d'achat, pardon M. Bellamy.
04:25Eux, ils ont du mal à boucler leur fin de mois.
04:27Les taxes, évidemment, les étranglent.
04:29Là où c'est des prix des carburants et du gasoil parce qu'il va falloir, et du fioul aussi,
04:33se chauffer pendant l'hiver.
04:35Qu'est-ce que vous proposez là, très concrètement ?
04:37Chacun a un éventail de mesures concrètes.
04:40Est-ce qu'il y a une mesure que vous prenez, vous, si Bruno Retailleau arrive à l'Elysée ?
04:44D'abord, il faut agir maintenant.
04:46Ce n'est même pas la présidentielle qu'il faut attendre, même si elle sera la condition de tout le
04:50reste.
04:50Mais c'est l'urgence aujourd'hui pour les Français.
04:53Et vous l'avez dit, la question de l'explosion des prix de l'essence, c'est aussi la question
04:57de l'explosion des prix du gaz
04:59qui menace que beaucoup de Français soient confrontés au froid cet hiver.
05:03Je pense qu'on n'a pas le droit de laisser faire cela.
05:06Donc il y a bien sûr une urgence fondamentale qui est de faire en sorte de tout faire pour baisser
05:12la pression que représentent aujourd'hui les prix à la pompe.
05:15Par exemple, la suppression des certificats d'économie d'énergie.
05:18Aujourd'hui, ces certificats entretiennent une économie parallèle qui est parfaitement inefficace.
05:22La Cour des comptes l'a montré et ça représente plusieurs centimes par litre de carburant.
05:27C'est aussi sur la facture d'électricité et Bruno Retailleau l'a répété ce week-end.
05:31Il veut s'engager à supprimer ce surcoût qui est en réalité une taxe déguisée parfaitement.
05:37Et sur les carburants ?
05:38Ça, ça concerne le carburant aussi.
05:40Et puis ensuite, il faut évidemment aider en priorité ceux qui travaillent.
05:43C'est la revalorisation du barème kilométrique qui est absolument urgente.
05:48Il n'a pas été revalorisé depuis trois ans.
05:49Aujourd'hui, de toute évidence, il faut que ceux qui travaillent puissent avoir accès au remboursement dont ils ont droit
05:55pour que personne n'ait besoin de payer pour travailler.
05:59Vous vous rendez compte qu'en France, aujourd'hui, il y a 20%.
06:01C'est l'INSEE qui nous le dit il y a quelques jours.
06:0320% des Français qui mettent un mois de salaire dans les pleins d'essence qu'ils doivent faire, en
06:09particulier pour aller à leur travail.
06:10C'est évidemment une situation absolument intonible.
06:12Est-ce que vous redoutez un mouvement de révolte sociale ?
06:14Il y a une vigilance particulière de la part des services de renseignement face à tout mouvement qui pourrait ressembler
06:20aux gilets jaunes.
06:21Il y a une date, le 17 octobre, qui est évoquée.
06:22Vous croyez à un mouvement de révolte ou pas ?
06:24Mais moi, ce que je redoute d'abord, ça n'est pas la colère sociale.
06:28Ce que je redoute d'abord, c'est la détresse sociale.
06:31Mais elle est déjà là.
06:32Elle est là, bien sûr.
06:34Et ce que je redoute, c'est le fait qu'aujourd'hui, elle ne soit pas entendue.
06:37Il est absolument urgent, je le redis, que nous puissions agir pour tous ces Français qui sont asphyxiés, en particulier
06:45par la hausse des prix de l'énergie, par toutes les dépenses contraintes qu'il faut assumer et qui font
06:50que tant de Français,
06:52on a un tiers de Français aujourd'hui qui disent qu'ils sont obligés de sauter régulièrement un repas parce
06:56qu'ils n'ont plus les moyens de s'alimenter à leur faim.
07:01Cette situation, elle est la conséquence de trop nombreuses années de choix catastrophiques pour notre économie.
07:08Et les indicateurs que nous avons découverts la semaine dernière, qui montrent que la France décroche en Europe sur la
07:13croissance économique,
07:14ils appellent à une action urgente et rapide.
07:17Ce sera, là encore, l'un des grands enjeux de l'élection présidentielle.
07:20Là encore, je vous renvoie à ce qu'a proposé Marine Le Pen.
07:22Elle veut une baisse de la TVA de 20 à 5,5, TVA 0 sur 100 produits de première nécessité,
07:28baisse des taxes sur le gaz, fuel et le carburant.
07:30C'est réalisable pour vous ? C'est tangible ?
07:34Cette baisse massive de la TVA, elle est une fausse promesse, d'abord, parce que je crois que les Français
07:39en sont conscients.
07:40Nous sommes aujourd'hui au bord de la falaise, au bord de la falaise budgétaire.
07:44Et la vérité, c'est que promettre de raser gratis, c'est toujours injuste en politique, mais dans un moment
07:52comme celui-là, c'est en plus extrêmement dangereux.
07:55Nous sommes en train de vivre l'heure des conséquences, conséquences de ces mille milliards de dettes qui ont été
08:02posées sur nos épaules par les gouvernements d'Emmanuel Macron.
08:05Et nous allons devoir affronter ces conséquences terribles, mais cela va supposer de faire des choix qui soient clairs.
08:11Et nous, ce que nous disons, avec Bruno Retailleau, c'est que parce que l'argent va devenir tellement rare,
08:18il va falloir le mettre d'abord, non pas sur des produits que nous importons, mais sur le soutien à
08:23ce que nous produisons.
08:24Baisser massivement la TVA sur les carburants, massivement.
08:27Nous, nous disons qu'il faut supprimer les certificats d'économie d'énergie.
08:30Nous disons qu'il faut une TICPE flottante pour que l'État ne gagne rien, à minima, dans un moment
08:35comme celui-là.
08:35Mais en revanche, baisser massivement la TVA sur les carburants, ce serait en réalité, au moment où nous n'avons
08:40plus d'argent, faire un chèque énorme à l'Arabie Saoudite.
08:43Est-ce que c'est vraiment notre avenir ? Je ne le crois pas.
08:46Notre but, c'est de rendre du salaire à ceux qui travaillent.
08:48Notre but, c'est de rendre de l'oxygène à la production française.
08:51Notre but, c'est de faire en sorte de faire baisser les prix de ce qui est fabriqué en France.
08:55Pourquoi ? Parce que c'est comme ça qu'on rendra du travail aux Français et du salaire à ceux
08:59qui travaillent.
08:59Et promettre qu'on va rendre moins cher des produits qui sont entièrement importés, c'est en réalité, dans un
09:06moment où l'argent est si rare,
09:08c'est faire un choix contre-productif pour l'économie française, pour les salaires des Français.
09:13Et je ne crois pas du tout que ce soit, comme le dit Marine Le Pen, un choix social.
09:17C'est en réalité, malheureusement, un choix antisocial.
09:20François-Xavier Bellamy, on est sur CNews et sur Europe 1.
09:22Il y a question du budget que M. Lecornu tente de boutiquer.
09:26Les retraités, visiblement, sont dans le viseur, parmi les pistes, le gel complet des pensions,
09:31avec en contrepartie le maintien de l'abonnement fiscal de 10%.
09:34Est-ce que vous dites banco ? Vous dites qu'il nous faut un budget.
09:37S'il n'y a pas de budget, c'est la catastrophe pour la France.
09:39Et là, encore faisons un pas de recul.
09:41Nous sommes, je le disais, à l'heure des conséquences.
09:43L'expression est de Winston Churchill, mais elle s'applique tellement à ce que nous sommes en train de vivre.
09:47Il y a un an, vous vous souvenez, on avait décidé, le gouvernement avait choisi de boutiquer,
09:52pour reprendre votre expression, son budget, en acceptant le chantage d'Olivier Faure
09:57sur la suspension de la réforme des retraites.
09:59J'avais dénoncé, comme Brune Retailleau, ce chantage absolument affligeant.
10:03Combien ça coûtait la suspension de la réforme des retraites ?
10:05Votre parti l'a voté ?
10:06Non, non, non.
10:08Notre formation politique s'y est opposée.
10:10Au Sénat, nous proposions même l'exact inverse.
10:13Nous proposions d'aller plus loin, où nous avons la majorité.
10:15Et le fait est que ce budget n'a été adopté qu'à travers ce chantage absurde.
10:20Combien ça a coûté, cette année, 6 milliards d'euros ?
10:23Aujourd'hui, ces 6 milliards d'euros, le gouvernement veut les chercher dans la poche des retraités.
10:29Moi, je crois qu'effectivement, il va falloir que la France entière fasse des efforts
10:33pour assumer la muraille budgétaire qui est devant nous.
10:35Mais on voit bien l'absurdité, le renoncement, le manque de courage.
10:40Et d'une certaine façon, toutes les recettes socialistes qui ont appauvri le pays,
10:43elles se payent aujourd'hui, maintenant.
10:45Et c'est d'une certaine manière à Olivier Faure et au Parti Socialiste qu'il faudrait aller demander des
10:49comptes.
10:50C'est à ce choix absurde de céder à son chantage que nous devons aujourd'hui la proposition du Premier
10:55ministre
10:56d'aller peut-être désindexer les autres.
10:58Donc tout le monde est socialiste, si vous entend bien M. Lecornu, M. Attal, M. Édouard Philippe aussi, par certains
11:04côtés ?
11:04Je pense qu'il y a une différence entre ceux qui ont cédé à ce chantage, et c'était une
11:07erreur, je l'ai dit, de le faire,
11:09et ceux qui l'ont exercé.
11:11Et je me permets de le dire, parce que j'entendais ce week-end M. Mélenchon à la fête de
11:16l'humanité,
11:16qui faisait profession de ses théories marxistes pour réparer la France,
11:22mais c'est précisément cela qui a détruit notre pays.
11:25Et quand M. Mélenchon explique aujourd'hui à la fête de l'humanité, en répétant le capital de Marx,
11:32c'est vraiment le crédo de l'économie de gauche qui nous était proposé,
11:36qu'en réalité il faudrait aller chercher dans les poches des riches de quoi satisfaire les plus pauvres,
11:42quand il nous explique que le profit des patrons c'est le vol des salariés,
11:47quand il nous explique, on en arrive là aujourd'hui,
11:50que les retraites de nos aînés sont en fait ce qui manque à l'économie du pays,
11:55cette économie du ressentiment, cette vision d'une société qui serait un jeu à somme nulle,
12:00où il faudrait réussir à prendre aux uns pour équilibrer ce qui manque encore aux autres,
12:05c'est exactement ce qui nous tue.
12:07Moi je crois l'exact inverse, c'est qu'on ne va pas s'en sortir en allant voler qui
12:10que ce soit,
12:11et en particulier pas ceux qui aujourd'hui, avec des petites retraites, ont beaucoup de mal à s'en sortir.
12:15Donc le vrai sujet, c'est de faire en sorte que notre pays retrouve les conditions de la croissance,
12:20de la prospérité, et pour ça il va falloir libérer la France,
12:23il va falloir faire baisser les impôts et pas en créer d'autres,
12:26comme le propose la gauche tous les jours.
12:28Il va falloir faire en sorte de remettre le pays au travail,
12:32de remettre au travail tous ceux qui peuvent l'être,
12:33et pas au contraire faire sortir du travail ceux qui partiraient à la retraite de plus en plus tôt,
12:38en appauvrissant encore là.
12:39Monsieur Bellamy, vous avez souvent dit que s'il y avait un second tour RN,
12:42et les filles, vous voteriez RN,
12:44parce que vous ne pouvez pas vous estimer que l'effet est un danger pour la République.
12:47Comment est-ce que vous expliquez ça ?
12:50Infréquentable le RN dans les alliances, mais fréquentable dans l'isoloir.
12:53Où est la cohérence ?
12:54Mais en fait, l'élection présidentielle n'est pas une question d'alliance,
12:57c'est une question de projet.
12:58Et aujourd'hui, nous portons un projet de droite avec Bruno Retailleau,
13:01et nous sommes les seuls à porter ce projet de droite.
13:04Ce projet qui justement propose...
13:05Donc Édouard Philippe est de gauche.
13:07Mais Édouard Philippe, encore une fois, je le redis,
13:09sur la question du référendum qui est fondamentale,
13:11sur la question de l'immigration,
13:12prenez des sujets concrets,
13:13parce que c'est ça qui intéresse les gens,
13:14ce n'est pas les questions de personnes,
13:16c'est le fond et c'est l'avenir du pays.
13:18Sur les questions d'immigration,
13:20manifestement, Édouard Philippe ne veut pas reprendre
13:22aucune des propositions que nous formons aujourd'hui.
13:24Ni l'abrogation du droit du sol, ni la réforme de la constitution.
13:27Qui sont pourtant fondamentales.
13:28Et donc, je ne crois pas qu'il soit aujourd'hui nécessaire
13:32de se ranger derrière qui que ce soit,
13:34de se dissoudre, de disparaître,
13:36pour préparer l'avenir du pays.
13:37Donc pas de primaire.
13:38Je pense exactement le contraire.
13:39Vous êtes même hostile à une primaire de la droite et du centre.
13:42Certains l'appellent de leur vœu, comme M. Morin.
13:44Mais ici, il doit y avoir une primaire.
13:44Les électeurs de droite choisiront qu'il peut les représenter.
13:47Et s'il doit y avoir une primaire,
13:48Bruno Retailleau a toujours dit qu'il n'en avait pas peur.
13:50Aujourd'hui, la vérité, c'est qu'Édouard Philippe n'en veut pas.
13:52Peut-être a-t-il peur du débat.
13:53Nous, ça n'est pas notre cas.
13:55Donc, s'il doit y avoir une primaire,
13:56Bruno Retailleau, qui a été déjà choisi massivement
13:59par les adhérents des Républicains,
14:01et qui donc est légitimement candidat à l'élection présidentielle,
14:04passera par la primaire pour aller...
14:05Mais elle irait de où à où, cette primaire ?
14:07Vous allez de Sarah Knaf au Éric Zemmour,
14:09si les candidats...
14:10Tous ceux qui prétendent représenter la droite doivent...
14:11Jusqu'à Gabriel Attal.
14:12Mais encore une fois, de toute façon,
14:13cette primaire aujourd'hui, elle est très hypothétique.
14:15Mais si elle devait avoir lieu,
14:16tous ceux qui prétendent représenter la droite
14:18devraient se soumettre au jugement des Français
14:20pour pouvoir préparer l'élection présidentielle.
14:22Mais je le redis, le plus important,
14:24c'est d'abord la clarté des projets.
14:25Et vous savez, moi, ce qui m'inquiète énormément
14:27pour la suite de cette élection,
14:29c'est que dans la confusion générale
14:32dans laquelle se fait cette rentrée,
14:34je vois à quel point, vous le disiez,
14:36s'il fallait choisir entre R.N. et L.A.F.I.,
14:38mon choix a toujours été clair.
14:39Mais je vois à quel point, malheureusement,
14:41à quel point aujourd'hui,
14:43pour répondre à une gauche qui s'assume,
14:45et même à une extrême gauche qui s'assume,
14:47et qui d'ailleurs, disons-le au passage aujourd'hui,
14:49a choisi de réduire au silence une partie du service public
14:51parce qu'un de vos confrères y était invité,
14:53face à cette gauche sectaire
14:54qui exprime sa volonté de radicalité,
14:58je ne vois qu'un seul camp, le nôtre,
15:00qui aujourd'hui répond en assumant une ligne de droite.
15:04Et je le dis parce que dans la rentrée que nous connaissons,
15:07je vois à quel point nous pourrions retrouver
15:10la même blessure démocratique
15:13que nous avons si souvent vécue.
15:15Marine Le Pen a relancé la machine à perdre.
15:17Et en cette rentrée, sur tous les sujets,
15:19je le disais sur le logement,
15:20mais on pourrait dire la même chose sur le voile,
15:22on pourrait dire la même chose sur l'Ukraine,
15:23ce ne sont pas des petits sujets.
15:24Vous êtes hostile à l'interdiction du voile dans l'espèce publique.
15:26Non, mais je ne sais même pas ce qu'on pense
15:28sur le Rassemblement National lui-même, si vous voulez.
15:30Non, mais si, ils ont dit très clairement les choses.
15:32Ah non, si vous avez trouvé ça clair,
15:35pardonnez-moi, moi je n'y ai rien compris.
15:37On a entendu M. Tanguy nous dire qu'il voulait l'interdire,
15:39puis M. Bardella nous dire qu'il n'en était pas question,
15:41qu'en fait on ferait un référendum.
15:43Nous, ce que nous disons est très clair,
15:44il faut interdire l'islamisme,
15:46qui aujourd'hui propage le voile.
15:47Il faut interdire les frères musulmans,
15:49qui aujourd'hui alimentent cet agenda qui nous est imposé.
15:52Mais pas faire la police du vêtement.
15:53Mais ce que nous disons très clairement, encore une fois,
15:55c'est qu'il faut assumer une ligne de droite cohérente.
15:57Et j'ai entendu hier Mme Le Pen fustiger une droite sans cœur.
16:01Moi je pense que le seul camp qui puisse redonner aux Français
16:04le pouvoir d'achat auquel ils ont droit,
16:06le salaire qu'ils méritent,
16:07c'est en réalité celui de la droite qui assume les réponses claires
16:10que le pays attend avec tant d'impatience.
16:13Le grand danger, si vous voulez,
16:15c'est que demain nous nous retrouvions,
16:16comme nous l'avons vécu en 2024,
16:18comme nous l'avons vécu en 2022,
16:19comme nous l'avons vécu en 2017,
16:21avec un deuxième tour
16:22qui fasse gagner une offre de gauche
16:25ou une offre de gauche dissimulée
16:27qui pourtant est minoritaire dans le pays
16:28et c'est pourtant...
16:30Le RN c'est la gauche dissimulée.
16:31Non, le RN c'est le camp
16:33qui a le plus de chances de faire gagner la gauche.
16:35Et je le dis en disant toujours été clair.
16:36Oui, moi j'ai toujours été clair sur mon choix de deuxième tour.
16:38Marine Le Pen, quand on lui demande de choisir
16:40entre Olivier Faure et Bruno Retailleau,
16:42elle dit que pour elle, c'est égal.
16:44Marine Le Pen, en 2012,
16:45elle a largement contribué à faire élire François Hollande.
16:48Je ne veux pas de ce scénario une nouvelle fois
16:50pour mon pays.
16:51Et c'est pour ça qu'avec Bruno Retailleau,
16:53nous défendons le seul camp et le seul projet
16:55qui puisse faire gagner la droite
16:56pour pouvoir relever la France.
16:58Monsieur Bellamy,
16:58je sais que vous êtes très attentif
16:59à ce qui se passe dans nos écoles
17:00et que le sort de nos élèves vous importe beaucoup.
17:04L'enquête PISA nous a tous navrés
17:07avec un tiers des élèves de 15 ans
17:09incapables de comprendre un texte de 400 mots
17:11que je suis confirmée en mathématiques.
17:14Qu'est-ce qu'on peut faire ?
17:16Est-ce qu'il faut refonder du sol au plafond
17:17l'éducation nationale ?
17:18Est-ce que c'est le problème de l'éducation nationale
17:20ou est-ce que c'est aussi un problème
17:21de responsabilité parentale ?
17:22D'abord, c'est le problème du pays.
17:24Vous savez, en 1907,
17:26Charles Péguy écrivait un texte
17:28qui s'appelle Pour la rentrée
17:29dans lequel il disait
17:30il n'y a pas de crise de l'enseignement.
17:32Les crises de l'enseignement
17:33sont des crises de la vie.
17:34Elles sont des crises de la société.
17:36Une société qui ne sait pas enseigner,
17:38c'est une société qui ne sait pas s'enseigner
17:40parce qu'elle a honte
17:41et qu'elle a le dégoût d'elle-même.
17:42C'était en 1907.
17:43Mais c'est tellement vrai aujourd'hui.
17:45La question de l'école
17:46n'est pas seulement la question de l'école.
17:47C'est la question de la France
17:48et c'est l'avenir de la France.
17:50Et vous avez raison de le dire,
17:51c'est le sujet le plus important
17:53pour l'avenir de notre pays aujourd'hui.
17:55Parce que quand l'école est en crise,
17:57en réalité, ce qu'elle ne transmet pas,
17:58c'est ce qui est perdu
17:59pour les générations qui viennent
18:01pour pouvoir demain
18:02réussir à remettre le pays
18:03sur le chemin de la prospérité économique.
18:05Comment est-ce qu'on imagine
18:06que nos élèves vont être
18:07les champions de l'intelligence artificielle
18:09quand ils sont les derniers d'Europe
18:10aujourd'hui en mathématiques ?
18:11C'est aussi ce qui est perdu
18:13pour l'unité du pays
18:14et de sa vie démocratique.
18:15Comment les citoyens de demain
18:17pourront-ils former un choix libre
18:19et éclairé
18:19si aujourd'hui,
18:21vous avez 33% des jeunes français
18:23qui ne savent pas lire
18:24un texte de 200 mots ?
18:25C'est l'enquête PISA
18:26qui nous l'a pris la semaine dernière.
18:27Il y a eu déjà des propositions faites ?
18:30Il faut tout réorganiser à l'école
18:32autour d'une mission fondamentale
18:34qui est celle de la transmission.
18:35Aujourd'hui, on a demandé à l'école,
18:36j'ai été prof pendant 10 ans,
18:38j'ai été formé par une formation à l'IUFM
18:42dans laquelle on nous expliquait
18:43qu'il ne fallait surtout pas
18:44transmettre des connaissances.
18:45C'est l'inverse qu'il faut faire.
18:46Il faut reconstruire l'école
18:48autour de la transmission
18:49et tout réordonner à cela.
18:51Il y aurait tellement à en dire,
18:52on n'a pas le temps ce matin,
18:53mais il n'y a pas de débat plus important
18:55pour l'avenir de notre pays.
18:56Et la responsabilité parentale,
18:57je mettais l'accent là-dessus
18:58parce qu'il y a les deux,
18:59l'école est là pour instruire,
19:01pas pour éduquer en réalité,
19:02M. Bellamy.
19:02Moi, je pense qu'en instruisant,
19:04l'école peut éduquer,
19:05mais elle ne le peut que si effectivement
19:07les parents prennent toute leur place
19:09comme premiers éducateurs de leurs enfants.
19:11C'est pour ça que Bruno Retailleux
19:12a proposé dans ses grandes propositions
19:13sur l'école
19:14de rendre la liberté aux parents
19:16parce que la liberté scolaire,
19:17elle est un principe constitutionnel.
19:19Tant de Français se sont battus pour elle
19:20en 1984.
19:21En réalité, dans les faits,
19:23elle est violée tous les jours
19:24par un État qui sous-finance
19:26l'enseignement libre
19:27et qui, en réalité,
19:29à travers cela,
19:29aggrave encore les injustices
19:31qui traversent le monde éducatif
19:32dans notre pays.
19:33Merci beaucoup, François-Xavier Bellamy,
19:35d'être venu ce matin
19:35sur CNews et sur Europe.
19:37Bonne journée à vous.
19:38Merci François-Xavier Bellamy.
19:39Merci Laurence Ferrari.
19:40Dans un instant,
19:41restez avec nous
19:42vos signatures du lundi.
19:43A commencer par Philippe Vall.
19:44A tout de suite.
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