Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
François-Xavier Bellamy, eurodéputé et vice-président du parti Les Républicains, répond aux questions de Laurence Ferrari.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est François-Xavier Bellanmi.
00:05Bonjour à vous.
00:06Bonjour.
00:06Vice-président des Républicains et bien sûr soutien de Bruno Retailleau.
00:10Marine Le Pen a fait sa rentrée hier à Hénin-Beaumont en affirmant que la priorité nationale était un droit
00:14naturel et juste.
00:15Pensez-vous qu'un seul de vos électeurs ne soit pas d'accord avec cela ?
00:18Le fait est que sur la question du logement, puisque c'est ce dont elle parlait, il y a aujourd
00:23'hui en effet une crise immense dans le pays.
00:26Donc vous êtes d'accord avec elle ?
00:28Il est parfaitement normal et d'ailleurs nous le défendons aussi.
00:32Bruno Retailleau, il a présenté ses propositions sur ce sujet vital en effet pour tant de familles en France en
00:37mai dernier.
00:38Et donc nous avons évidemment eu l'occasion de développer tout ce que nous voulons faire de manière bien plus
00:43précise et détaillée.
00:44Avec la même chose, abrogation de la loi SRU, expulsion des familles de délinquants, même programme ?
00:48Le point qui me frappe dans la proposition de Marine Le Pen, c'est qu'elle ne cesse de varier.
00:53Et il y a cinq ans, elle proposait de construire 100 000 HLM.
00:57Il y a trois ans, deux ans même, en 2024, elle expliquait que la priorité nationale qu'elle développe aujourd
01:04'hui comme une obligation était en réalité impossible.
01:07Et le point fondamental sur lequel je la rejoins, c'est qu'en effet, elle sera impossible sans une révision
01:13constitutionnelle.
01:14Et c'est la raison pour laquelle Bruno Retailleau propose cette révision constitutionnelle.
01:18Il a commencé sa rentrée par là parce que c'est la condition pour rendre le pouvoir aux Français
01:23et pour déverrouiller tout ce qui aujourd'hui s'interpose entre leur propre volonté et la réalité politique.
01:29Et si nous ne faisons pas cette révision constitutionnelle, il est déjà certain que la promesse de Marine Le Pen
01:33en fait est impossible.
01:35Et donc les vôtres aussi, c'est le verrou de la réforme constitutionnelle.
01:39Est-ce que ce n'est pas un peu la carte que tout le monde joue ? C'est le
01:41référendum ? On va tout régler par référendum ?
01:44Vous pensez vraiment que tout l'État profond peut être réformé par référendum ?
01:48Je ne crois pas que tout le monde le joue.
01:50Personne en réalité ne parle aujourd'hui de cette proposition fondamentale que nous sommes les seuls à porter.
01:56Personne n'est à la hauteur de la précision et de la force de la proposition qu'a formulée Bruno
02:03Retailleau.
02:03A travers les textes référendaires que nous avons écrits, que nous avons proposés aux Français qui sont déjà sur la
02:09table,
02:09nous avons les moyens de faire en sorte de leur rendre le pouvoir.
02:13Pas seulement sur les questions migratoires, le Rassemblement National propose un référendum sur l'immigration,
02:17mais nous proposons bien plus que cela.
02:19Nous proposons une manière d'élargir le champ du référendum à tous les sujets qui concernent la vie de la
02:24société
02:24et à travers en particulier le référendum de rendre le dernier mot aux Français
02:30quand le juge suprême, la Cour constitutionnelle, décide de consulter une loi votée par les parlementaires.
02:36Mais tout le monde se rappelle de 2005, référendum, les Français disent non à la Constitution européenne
02:39et ils se la font infliger en 2008 avec le traité de Lisbonne.
02:42Donc le référendum c'est vraiment le mystic gris en fait.
02:44Ce n'est pas seulement 2005, vous savez moi je suis de l'Ord-Atlantique, ma famille vient de la
02:49région nantaise.
02:49Nous avons connu dans la région des Pays de la Loire un référendum régional sur la construction de l'aéroport
02:56Notre-Dame-des-Landes.
02:57L'aéroport Notre-Dame-des-Landes c'est des dizaines de décisions de collectivités locales qui vont toutes dans le
03:02même sens.
03:03Ce sont des dizaines de décisions de justice qui vont toutes dans le même sens.
03:06C'est un référendum régional et à la fin on a préféré donner raison à quelques zadistes plutôt qu'à
03:12la volonté populaire.
03:13Qui était aux responsabilités ? Edouard Philippe.
03:15Et Edouard Philippe est très cohérent quand il explique aujourd'hui qu'il ne veut pas de la proposition de
03:19référendum de Bruno Retailleau.
03:21Vous voyez tout le monde en parle disiez-vous.
03:23La vérité c'est que personne ne veut le faire sauf Bruno Retailleau qui est prêt à s'engager dans
03:28cette voie fondamentale.
03:29Ce n'est pas une réforme parmi d'autres, c'est la condition de tout le reste.
03:32Et même si ça peut paraître technique, théorique ou abstrait, en réalité c'est par là que nous rendrons aux
03:38Français une démocratie vivante et souveraine.
03:40Je pense que vous réservez votre première pic à Edouard Philippe, on n'est pas encore près de l'Union
03:44et on en reparlera dans un instant.
03:45C'est juste important de montrer les différences entre les projets.
03:48Vous savez, on ne fait pas de la politique pour les égaux, non.
03:51Edouard Philippe, il assume, je le disais, de manière très claire la manière dont il défend son projet.
03:56Et manifestement, il ne veut pas de ce référendum.
03:59Il l'a montré encore une fois, je le disais à Notre-Dame-des-Landes.
04:01Moi, je crois qu'un des grands malaises dans la vie démocratique du pays, c'est que les Français ont
04:05le sentiment, en effet, qu'on les écoute mais qu'on ne les entend jamais.
04:09Qu'on les laisse parler mais qu'ils ne décident plus de rien.
04:12Eh bien, c'est de cela qu'il faut sortir aujourd'hui, rendre le pouvoir aux Français.
04:16C'est la condition de tout le reste.
04:17Et eux pensent d'abord pouvoir d'achat, pardon M. Bellamy.
04:20Eux, ils ont du mal à boucler leur fin de mois.
04:22Les taxes, évidemment, les étranglent.
04:24Là où se dépris des carburants et du gasoil, parce qu'il va falloir, et du fioul aussi, se chauffer
04:30pendant l'hiver.
04:30Qu'est-ce que vous proposez là, très concrètement ?
04:32Chacun a un éventail de mesures concrètes.
04:35Est-ce qu'il y a une mesure que vous prenez, vous, si Bruno Retailleau arrive à l'Élysée ?
04:39D'abord, il faut agir maintenant.
04:41Ce n'est même pas la présidentielle qu'il faut attendre, même si elle sera la condition de tout le
04:45reste.
04:45Mais c'est l'urgence aujourd'hui pour les Français.
04:48Et vous l'avez dit, la question de l'explosion des prix de l'essence,
04:52c'est aussi la question de l'explosion des prix du gaz
04:54qui menace que beaucoup de Français soient confrontés au froid cet hiver.
04:58Je pense qu'on n'a pas le droit de laisser faire cela.
05:01Donc il y a bien sûr une urgence fondamentale qui est de faire en sorte
05:04de tout faire pour baisser la pression que représentent aujourd'hui les prix à la pompe.
05:10Par exemple, la suppression des certificats d'économie d'énergie.
05:13Aujourd'hui, ces certificats entretiennent une économie parallèle
05:16qui est parfaitement inefficace.
05:18La Cour des comptes l'a montré.
05:19Et ça représente plusieurs centimes par litre de carburant.
05:22C'est aussi sur la facture d'électricité.
05:25Et Bruno Retailleau l'a répété ce week-end,
05:26il veut s'engager à supprimer ce surcoût
05:29qui est en réalité une taxe déguisée parfaitement.
05:32Et sur les carburants ?
05:33Ça, ça concerne le carburant aussi.
05:35Et puis ensuite, il faut évidemment aider en priorité ceux qui travaillent.
05:39C'est la revalorisation du barème kilométrique
05:41qui est absolument urgente.
05:43Il n'a pas été revalorisé depuis trois ans.
05:45Aujourd'hui, de toute évidence, il faut que ceux qui travaillent
05:48puissent avoir accès au remboursement dont ils ont droit
05:50pour que personne n'ait besoin de payer pour travailler.
05:54Vous vous rendez compte qu'en France, aujourd'hui, il y a 20%,
05:56c'est l'INSEE qui nous le dit il y a quelques jours,
05:5920% des Français qui mettent un mois de salaire
06:02dans les pleins d'essence qu'ils doivent faire,
06:04en particulier pour aller à leur travail.
06:06C'est évidemment une situation absolument intenable.
06:08Est-ce que vous redoutez un mouvement de révolte sociale ?
06:10Il y a une vigilance particulière de la part des services de renseignement
06:13face à tout mouvement qui pourrait ressembler aux gilets jaunes.
06:16Il y a une date, le 17 octobre, qui est évoquée.
06:18Vous croyez à un mouvement de révolte ou pas ?
06:19Moi, ce que je redoute d'abord, ça n'est pas la colère sociale.
06:24Ce que je redoute d'abord, c'est la détresse sociale.
06:27Mais elle est déjà là.
06:28Elle est là, bien sûr.
06:29Et ce que je redoute, c'est le fait qu'aujourd'hui,
06:31elle ne soit pas entendue.
06:33Il est absolument urgent, je le redis,
06:35que nous puissions agir pour tous ces Français
06:38qui sont asphyxiés, en particulier par la hausse des prix de l'énergie,
06:42par toutes les dépenses contraintes qu'il faut assumer
06:45et qui font que tant de Français,
06:47on a un tiers de Français aujourd'hui,
06:49qui disent qu'ils sont obligés de sauter régulièrement un repas
06:51parce qu'ils n'ont plus les moyens de s'alimenter à leur faim.
06:56Cette situation, elle est la conséquence
06:59de trop nombreuses années de choix catastrophiques
07:03pour notre économie.
07:04Et les indicateurs que nous avons découverts la semaine dernière
07:06qui montrent que la France décroche en Europe
07:08sur la croissance économique,
07:09ils appellent à une action urgente et rapide.
07:12Ce sera, là encore, l'un des grands enjeux de l'élection présidentielle.
07:15Là encore, je vous renvoie à ce qu'a proposé Marine Le Pen.
07:17Elle veut une baisse de la TVA de 20 à 5,5,
07:21TVA 0 sur 100 produits de première nécessité,
07:23baisse des taxes sur le gaz,
07:25fuel et le carburant.
07:26C'est réalisable pour vous ?
07:27C'est tangible ?
07:29Cette baisse massive de la TVA,
07:31elle est une fausse promesse, d'abord,
07:33parce que je crois que les Français en sont conscients.
07:35Nous sommes aujourd'hui au bord de la falaise,
07:38au bord de la falaise budgétaire.
07:40Et la vérité, c'est que promettre de raser gratis,
07:43c'est toujours injuste en politique,
07:46mais dans un moment comme celui-là,
07:48c'est en plus extrêmement dangereux.
07:50Nous sommes en train de vivre l'heure des conséquences,
07:55conséquences de ces mille milliards de dettes
07:57qui ont été posées sur nos épaules
07:59par les gouvernements d'Emmanuel Macron.
08:01Et nous allons devoir affronter ces conséquences terribles,
08:04mais cela va supposer de faire des choix qui soient clairs.
08:06Et nous, ce que nous disons, avec Bruno Retailleau,
08:09c'est que parce que l'argent va devenir tellement rare,
08:13il va falloir le mettre d'abord,
08:15non pas sur des produits que nous importons,
08:17mais sur le soutien à ce que nous produisons.
08:19Baisser massivement la TVA sur les carburants, massivement.
08:22Nous, nous disons qu'il faut supprimer
08:24les certificats d'économie d'énergie.
08:25Nous disons qu'il faut une TICPE flottante
08:27pour que l'État ne gagne rien, à minima,
08:29dans un moment comme celui-là.
08:31Mais en revanche, baisser massivement la TVA sur les carburants,
08:33ce serait en réalité, au moment où nous n'avons plus d'argent,
08:37faire un chèque énorme à l'Arabie Saoudite.
08:39Est-ce que c'est vraiment notre avenir ?
08:40Je ne le crois pas.
08:41Notre but, c'est de rendre du salaire à ceux qui travaillent.
08:44Notre but, c'est de rendre de l'oxygène à la production française.
08:47Notre but, c'est de faire en sorte de faire baisser
08:48les prix de ce qui est fabriqué en France.
08:50Pourquoi ?
08:51Parce que c'est comme ça qu'on rendra du travail aux Français
08:53et du salaire à ceux qui travaillent.
08:55Et promettre qu'on va rendre moins cher
08:57des produits qui sont entièrement importés,
09:00c'est en réalité, dans un moment où l'argent est si rare,
09:03c'est de faire un choix contre-productif pour l'économie française,
09:06pour les salaires des Français.
09:08Et je ne crois pas du tout que ce soit,
09:10comme le dit Marine Le Pen, un choix social.
09:12C'est en réalité, malheureusement, un choix antisocial.
09:15François-Xavier Béthé.
Commentaires

Recommandations