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  • il y a 14 minutes
À la Fête de l’Humanité, ce samedi 12 septembre, la cheffe de file des Écologistes s'est montrée peu convaincue du processus de désignation d'un candidat commun lors de la primaire organisée par le Parti socialiste et par Place publique, dont les Écologistes ont été écartés.

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Transcription
00:00Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Merci d'être avec nous. On est ici au stand des écologistes à la fête de
00:04l'humanité.
00:05Bienvenue. Merci beaucoup de nous accueillir ici et de nous accorder cette interview.
00:09Vous êtes candidate à la présidentielle. Le grand sujet de la rentrée, évidemment, pour les Français,
00:14c'est l'inquiétude, la préoccupation concernant la vie chère, la hausse des prix, la hausse des prix du carburant
00:19notamment.
00:19Vous, Présidente de la République, quelle est votre première décision pour soulager les Français ?
00:23Alors, nous, on a monté ce qu'on appelle un bouclier social et environnemental,
00:27parce qu'en fait, la France vit en l'état de surendettement climatique.
00:31C'est-à-dire qu'on vit chaque jour à crédit sur la planète, parce qu'on consomme plus qu
00:35'elle peut nous offrir,
00:36mais ça endette aussi des ménages qui sont dépendants du prix du gaz, de l'électricité, du pétrole.
00:41Et donc, on a construit un plan d'action à mettre en place dès notre arrivée au pouvoir
00:44avec toutes celles et ceux qui seront avec nous, c'est-à-dire les gens de la fête de l
00:47'humanité.
00:47Quelles mesures ?
00:48Et donc, c'est des mesures qui visent les trois principaux postes de dépense des Français,
00:53c'est-à-dire leurs dépenses pour se nourrir, pour se loger et pour se déplacer.
00:58Alors, se déplacer, on a vu, voilà, les histoires des aides ciblées, etc.
01:01Et moi, je le dis, ce que le gouvernement propose ne suffit pas.
01:04Ça c'est 3 millions de Français seulement.
01:06100 euros pour les gros rouleurs, par exemple.
01:07Donc, il faut taxer les super profits de Total et compagnie pour pouvoir l'affecter à ça.
01:11Mais sûr...
01:12Il faut bloquer les prix, pardon, sur le carburant, il faut bloquer les prix.
01:13Moi, bloquer les prix, ce qui m'embête, c'est que ça aide autant quelqu'un qui a un SUV
01:17de 3 tonnes,
01:17donc il y a eu des moyens de se l'acheter pour conduire un enfant de 30 kilos à l
01:20'école,
01:20que quelqu'un qui galère avec son diesel comme un infirmier libéral en ruralité qui fait 100 kilomètres par jour.
01:26C'était dans le programme du NFP en 2024 ?
01:28C'était sur certains produits.
01:29Mais moi, je vais le dire...
01:29Le carburant aussi, je l'ai lu.
01:30Par exemple, sur l'alimentation, nous, on en a marre de voir,
01:34et c'était une commission d'enquête au Sénat sur les marges de la grande distribution,
01:38qu'en fait, la grande distribution, vous savez, sur les fameux paniers anti-inflation,
01:41ils se sont fait une concurrence à mort entre eux sur le coca, les oreos,
01:45produits pas très bons pour la santé, où ils les vendent quasiment à perte.
01:48C'est là-dessus qu'ils se comparent en disant c'est moins cher chez nous, c'est moins cher
01:50chez nous.
01:51Qu'est-ce qu'on fait ?
01:51Et donc nous, on veut une liste de produits de première nécessité,
01:55mais des produits bons pour la santé.
01:57Combien, par exemple, combien de produits ?
01:59En fait, ça peut être une centaine, c'est pas vraiment ça le sujet,
02:01mais c'est de dire, on en a marre que les marges soient beaucoup plus fortes
02:05sur les produits bons pour la santé, par exemple sur des fruits et des légumes bio,
02:07des fois les marges sont 80% plus élevées que sur les gâteaux pas bons pour la santé, etc.
02:14Donc ça se vend à prix-coûtant, vous l'imposez aux distributeurs ?
02:17Aujourd'hui on vend à prix-coûtant ce qui n'est pas bon pour la santé,
02:19et si tu veux manger bien, t'es surtaxé.
02:22Nous on veut l'inverse, et on veut qu'il y ait un panier
02:24qui soit vu avec les distributeurs par un décret,
02:27avec des critères très stricts de qu'est-ce qui est bon pour la santé ou pas,
02:30et qu'on puisse permettre à tous les Français de manger bien en quantité,
02:33il y a un Français sur six qui ne mange pas à sa faim,
02:35mais aussi de manger bien en qualité, c'est une proposition de loi
02:37de Boris Tavernier, député écolo, qui a été dépusé,
02:39et qu'on va bientôt examiner.
02:40Mais alors qui contrôle ?
02:41Qui contrôle ce respect du prix-coûtant que vous voulez mettre en place ?
02:45Parce qu'ils peuvent aussi très bien compenser sur d'autres produits.
02:48En termes de politique publique, c'est sûr que quand on fait contrôler
02:50la grande distribution par les macronistes,
02:52on a vu que c'était contrôlé de très très loin.
02:54Il y a quand même des moments où les agriculteurs,
02:56ils vendaient très très peu cher leur production,
02:58de moins en moins cher,
02:59et nous, on achetait les produits plus chers au bout.
03:01Donc il y aura des sanctions ?
03:02On était un peu les deux farces d'un même dindon,
03:04les deux dindons d'une mère farce, si jamais comment il faut dire,
03:06mais on voyait bien qu'au milieu, quelqu'un s'en mettait plein les poches.
03:09Il y aura des sanctions contre les distributeurs qui ne respectent pas ?
03:10Evidemment, sinon ça ne marche pas.
03:11Vous savez comment ça marche en économie ?
03:13Si vous laissez faire chacun ce qu'il veut,
03:15alors ce n'est pas respecté.
03:16Donc ce serait un décret qui fixerait des critères très stricts
03:18de comment on juge que le produit est bon pour la santé ou pas,
03:21et on en finit avec ce système où acheter des fruits et légumes bio
03:24fait que vous payez des marges 80% plus élevées
03:26que sur des produits qui ne sont pas bons pour votre santé.
03:28Marine Tondelier, sur le carburant, vous avez dit
03:30qu'il faut taxer les super profits,
03:32il faut sans doute baisser les prix pour de nombreux Français
03:34qui subissent cette hausse du carburant.
03:37Il y a des appels à la mobilisation qui surgissent sur les réseaux sociaux,
03:39notamment le 17 octobre.
03:41Est-ce que vous soutenez ces appels à la mobilisation ?
03:43Évidemment, parce que ce n'est pas juste.
03:44Moi, je porte une écologie populaire.
03:46Une écologie populaire, ça veut dire quoi ?
03:48C'est-à-dire bien sûr qu'il faut prendre des mesures,
03:49on ne peut pas continuer comme ça,
03:50mais on ne peut pas prendre les mêmes mesures
03:53concernant des personnes qui n'ont pas la même responsabilité dans le problème
03:56et aujourd'hui, il y a des milliardaires qui en 90 minutes
03:59dépensent et mettent autant de CO2 que vous, moi,
04:01un humain moyen dans toute sa vie.
04:03On ne peut pas imposer les mêmes mesures
04:04des gens qui n'ont pas les mêmes alternatives,
04:06quelqu'un qui est en ruralité, quelqu'un qui est en centre-ville
04:08et on ne peut pas imposer les mêmes mesures
04:09des gens qui n'ont pas les mêmes ressources.
04:11Vous irez sur les ronds-points avec Fabien Roussel ?
04:12Alors, il se trouve que je vais accoucher à peu près dans ces eaux-là,
04:15donc on verra, mais vous savez, ce pays, Hercule,
04:18je vais vous expliquer un truc.
04:19Mon premier enfant, il est né en décembre 2018.
04:21J'étais à la maternité pendant la première marche climat
04:24et qui était aussi à la fin de la première semaine des Gilets jaunes.
04:27Et là, je me prépare à redonner la vie
04:29dans une semaine qui sera marquée par le retour des Gilets jaunes
04:31et par les marches climat.
04:34Je me suis fait cette réflexion en disant
04:35mais quel hasard de la vie.
04:36Ce pays, c'est une boucle spatio-temporelle.
04:40En fait, on n'arrive plus à sortir de ça.
04:41Le macronisme nous a fait perdre beaucoup de temps.
04:44Et donc, cette écologie populaire,
04:45elle est solidaire des marches climat et des Gilets jaunes.
04:47Il faut ce retour à ce mouvement des Gilets jaunes
04:49que d'ailleurs, le renseignement territorial
04:50selon les informations de BFM TV observe.
04:53Mais la colère, elle est légitime.
04:55On a des gens qui ont acheté des véhicules diesel.
04:57Pourquoi ?
04:57Moi aussi, j'avais un véhicule diesel.
04:59Pendant des années, l'État a dit
05:00c'est ça que vous devez acheter.
05:01Il l'a dit d'ailleurs en mettant des incitations financières.
05:04C'est comme pour le coca et les oreos dans le supermarché.
05:06Si vous voulez acheter une voiture,
05:08si vous voulez payer moins cher, vous achetez celle-là.
05:09Donc, les gens achètent.
05:11Nous, on disait depuis le début,
05:12ce n'était pas une bonne idée que ça allait emmener dans le mur.
05:13Et tout d'un coup, l'État se rend compte qu'on avait raison.
05:15Et du jour au lendemain, ils disent
05:16« Ah, en fait, le diesel, c'est criminel.
05:18Tous ceux qui ont une voiture diesel,
05:20vous ne pouvez plus l'utiliser et débrouillez-vous. »
05:22Mais alors, il faut baisser le prix de l'essence
05:23ou il faut essayer de faire en sorte
05:25que les Français utilisent moins la voiture ?
05:27Oui, mais tu peux l'utiliser des moins
05:28quand tu as une alternative.
05:30Quand tu n'as pas d'alternative,
05:31quand tu es infémien libéral
05:33dans la ruralité picarde
05:34et que tu fais 100 km en voiture par jour,
05:36tu fais comment ?
05:36Donc, du coup, il y a vraiment un besoin de justice.
05:40Donc, il faut aider les gens
05:41à se sortir de l'impasse dans laquelle on les a mis,
05:43à changer de voiture, le leasing social.
05:45Pour changer de voiture,
05:46on avait prévenu que le dispositif,
05:48il n'y avait pas assez d'argent dessus.
05:49Résultat, à la fin de l'année dernière,
05:50il était à zéro.
05:51Ils ont dû le suspendre,
05:52il n'y avait pas assez de moyens.
05:53Donc, on laisse les gens dans l'impasse,
05:54ce n'est pas possible.
05:55Vous parlez de justice, justement.
05:56Le gouvernement, par la voix du ministre des Comptes publics,
05:59David Amiel, a dit
05:59« Il faut faire 6 milliards d'euros d'économie sur les retraites. »
06:03Est-ce que c'est une ligne rouge pour vous ?
06:05Est-ce que ça vaut censure du gouvernement
06:06à l'approche de l'examen budgétaire ?
06:08On va se dire les choses très clairement.
06:10Ils nous disent
06:11« On va aller taxer les retraités aisés. »
06:13Moi, je ne sais pas ce que c'est un retraité aisé.
06:15On peut se dire, par exemple,
06:17« Tiens, 2 000 euros par mois, c'est bien 2 000 euros par mois. »
06:192 500, 3 000.
06:20Sauf qu'aujourd'hui,
06:21une place en EHPAD,
06:22ça coûte hors Paris
06:242 à 3 000 euros par mois.
06:26Et c'est ça de la justice sociale ?
06:27Tout le monde peut participer à sa charge, à sa hauteur.
06:29Oui, mais du coup,
06:30ça veut dire que
06:31considérer que vous avez juste l'argent pour payer votre EHPAD,
06:34ça, c'est être aisé.
06:35Mais moi, je ne sais pas ce que c'est un retraité aisé.
06:36En fait, on a un sujet de
06:38qui perçoit qui comme aisé.
06:40Les macronistes pensent que
06:41ceux qui doivent trunquer,
06:42c'est les classes moyennes
06:44mais qui s'appauvrissent
06:45en termes de pouvoir d'achat et de l'inflation.
06:47Moi, je considère qu'on doit aller chercher
06:49chez les plus riches,
06:51notamment dans les héritages qui vont arriver.
06:53Il y a 9 000 milliards de flux successoraux
06:56d'ici 2040 d'argent qui va passer
06:57d'une génération à l'autre.
06:58Je veux qu'on aille chercher
07:00les 1 % d'héritage les plus élevés
07:02puis 4 millions d'euros
07:03et encore plus,
07:04donc 10 % de taxes en plus
07:05et 10 % en plus,
07:07donc 20,
07:07pour les 0,1 % des héritages les plus élevés,
07:0913 millions d'euros d'héritage.
07:11Vous pouvez bien donner 20 % à l'État.
07:13Marine Tondelier, dernière question.
07:14On est à la fête de l'UMA.
07:15La gauche est une nouvelle fois dispersée.
07:17Discours de Jean-Luc Mélenchon
07:18dans quelques instants maintenant.
07:19Il vous a proposé une offre,
07:21en quelque sorte,
07:22aux écologistes.
07:23Un accord de gouvernement,
07:25un accord au législatif 2027
07:26à la condition de le soutenir.
07:29Est-ce que vous allez répondre oui
07:30à un moment donné ?
07:31Nous, on dit la même chose depuis le début.
07:32Regardez notre slogan.
07:33Il est écrit là
07:33pour l'écologie et pour l'Union.
07:35C'est notre engagement écologiste.
07:36On sera juste au bout du côté de la solution.
07:39Oui, mais tout le monde a toujours fait les discours.
07:40Chacun de son côté,
07:40la fête de l'UMA.
07:41C'est normal,
07:41on a nos stands, etc.
07:43Moi, ce que je dis,
07:44c'est qu'on s'est battus
07:45pour la primaire qui n'existe plus.
07:46C'est très dommage
07:47parce que c'était vraiment
07:48un chemin de victoire possible.
07:49Là, aujourd'hui,
07:50on a écrit à tous nos partenaires,
07:51on leur a proposé des rendez-vous
07:52avec une liste de sujets à discuter.
07:54Donc, on est disponible.
07:55Mais il faut que chacun comprenne
07:56que personne ne gagnera seul.
07:58Et deuxièmement,
07:59que la solution,
08:00ce n'est pas tout le monde
08:00doit se rallier derrière l'un ou l'autre.
08:02C'est est-ce qu'on est capable
08:03chacun de se dépasser
08:05pour quelque chose
08:05de plus grand que nous ?
08:06On n'a pas le choix.
08:08Sinon, on aura écrit l'histoire
08:09d'une partie de la gauche
08:10qui voulait tuer l'autre partie de la gauche
08:12et qui a sommé les écologistes
08:13de les aider à appuyer sur la détente.
08:15Ce n'est pas ça
08:15pour lequel moi, je ne veux pas.
08:17Il y a une mesure
08:18qui vous empêcherait
08:18de le rallier à Jean-Luc Mélenchon ?
08:19Une mesure ?
08:20On a listé un certain nombre de sujets.
08:21Mais je veux terminer
08:22parce qu'on a proposé
08:23beaucoup de choses.
08:24Vous savez, moi,
08:24j'ai l'impression
08:25qu'on met nos électeurs
08:26comme des enfants
08:27devant une vitrine de Noël.
08:29Vous avez les enfants,
08:30les étoiles,
08:32plein les yeux
08:32qui regardent en rêvant
08:33en disant
08:33j'aimerais bien voir ça, ça, ça.
08:34Ils regardent nos programmes.
08:36Mais la fête de humain
08:37l'année prochaine,
08:37ça pourrait être la fête
08:38de tout ce qu'on a mis en œuvre
08:39dans les 100 premiers jours.
08:41Eh bien, moi,
08:41je ne veux pas
08:42qu'on déçoive nos électeurs
08:43qui disent
08:43que c'était une victrine
08:45du Père Noël.
08:45Je veux qu'on ne fasse pas
08:47un concours de papier glacé
08:48mais qu'on mette en place
08:49vraiment ce qu'on a dit
08:49et ça veut dire travailler ensemble.
08:50Merci beaucoup, Marie-Thondelet,
08:52d'avoir été avec nous
08:52en direct de la fête de l'Humanité.
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