00:00Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Merci d'être avec nous. On est ici au stand des écologistes à la fête de
00:04l'humanité.
00:05Bienvenue. Merci beaucoup de nous accueillir ici et de nous accorder cette interview.
00:09Vous êtes candidate à la présidentielle. Le grand sujet de la rentrée, évidemment, pour les Français,
00:14c'est l'inquiétude, la préoccupation concernant la vie chère, la hausse des prix, la hausse des prix du carburant
00:19notamment.
00:19Vous, Présidente de la République, quelle est votre première décision pour soulager les Français ?
00:23Alors, nous, on a monté ce qu'on appelle un bouclier social et environnemental,
00:27parce qu'en fait, la France vit en l'état de surendettement climatique.
00:31C'est-à-dire qu'on vit chaque jour à crédit sur la planète, parce qu'on consomme plus qu
00:35'elle peut nous offrir,
00:36mais ça endette aussi des ménages qui sont dépendants du prix du gaz, de l'électricité, du pétrole.
00:41Et donc, on a construit un plan d'action à mettre en place dès notre arrivée au pouvoir
00:44avec toutes celles et ceux qui seront avec nous, c'est-à-dire les gens de la fête de l
00:47'humanité.
00:47Quelles mesures ?
00:48Et donc, c'est des mesures qui visent les trois principaux postes de dépense des Français,
00:53c'est-à-dire leurs dépenses pour se nourrir, pour se loger et pour se déplacer.
00:58Alors, se déplacer, on a vu, voilà, les histoires des aides ciblées, etc.
01:01Et moi, je le dis, ce que le gouvernement propose ne suffit pas.
01:04Ça c'est 3 millions de Français seulement.
01:06100 euros pour les gros rouleurs, par exemple.
01:07Donc, il faut taxer les super profits de Total et compagnie pour pouvoir l'affecter à ça.
01:11Mais sûr...
01:12Il faut bloquer les prix, pardon, sur le carburant, il faut bloquer les prix.
01:13Moi, bloquer les prix, ce qui m'embête, c'est que ça aide autant quelqu'un qui a un SUV
01:17de 3 tonnes,
01:17donc il y a eu des moyens de se l'acheter pour conduire un enfant de 30 kilos à l
01:20'école,
01:20que quelqu'un qui galère avec son diesel comme un infirmier libéral en ruralité qui fait 100 kilomètres par jour.
01:26C'était dans le programme du NFP en 2024 ?
01:28C'était sur certains produits.
01:29Mais moi, je vais le dire...
01:29Le carburant aussi, je l'ai lu.
01:30Par exemple, sur l'alimentation, nous, on en a marre de voir,
01:34et c'était une commission d'enquête au Sénat sur les marges de la grande distribution,
01:38qu'en fait, la grande distribution, vous savez, sur les fameux paniers anti-inflation,
01:41ils se sont fait une concurrence à mort entre eux sur le coca, les oreos,
01:45produits pas très bons pour la santé, où ils les vendent quasiment à perte.
01:48C'est là-dessus qu'ils se comparent en disant c'est moins cher chez nous, c'est moins cher
01:50chez nous.
01:51Qu'est-ce qu'on fait ?
01:51Et donc nous, on veut une liste de produits de première nécessité,
01:55mais des produits bons pour la santé.
01:57Combien, par exemple, combien de produits ?
01:59En fait, ça peut être une centaine, c'est pas vraiment ça le sujet,
02:01mais c'est de dire, on en a marre que les marges soient beaucoup plus fortes
02:05sur les produits bons pour la santé, par exemple sur des fruits et des légumes bio,
02:07des fois les marges sont 80% plus élevées que sur les gâteaux pas bons pour la santé, etc.
02:14Donc ça se vend à prix-coûtant, vous l'imposez aux distributeurs ?
02:17Aujourd'hui on vend à prix-coûtant ce qui n'est pas bon pour la santé,
02:19et si tu veux manger bien, t'es surtaxé.
02:22Nous on veut l'inverse, et on veut qu'il y ait un panier
02:24qui soit vu avec les distributeurs par un décret,
02:27avec des critères très stricts de qu'est-ce qui est bon pour la santé ou pas,
02:30et qu'on puisse permettre à tous les Français de manger bien en quantité,
02:33il y a un Français sur six qui ne mange pas à sa faim,
02:35mais aussi de manger bien en qualité, c'est une proposition de loi
02:37de Boris Tavernier, député écolo, qui a été dépusé,
02:39et qu'on va bientôt examiner.
02:40Mais alors qui contrôle ?
02:41Qui contrôle ce respect du prix-coûtant que vous voulez mettre en place ?
02:45Parce qu'ils peuvent aussi très bien compenser sur d'autres produits.
02:48En termes de politique publique, c'est sûr que quand on fait contrôler
02:50la grande distribution par les macronistes,
02:52on a vu que c'était contrôlé de très très loin.
02:54Il y a quand même des moments où les agriculteurs,
02:56ils vendaient très très peu cher leur production,
02:58de moins en moins cher,
02:59et nous, on achetait les produits plus chers au bout.
03:01Donc il y aura des sanctions ?
03:02On était un peu les deux farces d'un même dindon,
03:04les deux dindons d'une mère farce, si jamais comment il faut dire,
03:06mais on voyait bien qu'au milieu, quelqu'un s'en mettait plein les poches.
03:09Il y aura des sanctions contre les distributeurs qui ne respectent pas ?
03:10Evidemment, sinon ça ne marche pas.
03:11Vous savez comment ça marche en économie ?
03:13Si vous laissez faire chacun ce qu'il veut,
03:15alors ce n'est pas respecté.
03:16Donc ce serait un décret qui fixerait des critères très stricts
03:18de comment on juge que le produit est bon pour la santé ou pas,
03:21et on en finit avec ce système où acheter des fruits et légumes bio
03:24fait que vous payez des marges 80% plus élevées
03:26que sur des produits qui ne sont pas bons pour votre santé.
03:28Marine Tondelier, sur le carburant, vous avez dit
03:30qu'il faut taxer les super profits,
03:32il faut sans doute baisser les prix pour de nombreux Français
03:34qui subissent cette hausse du carburant.
03:37Il y a des appels à la mobilisation qui surgissent sur les réseaux sociaux,
03:39notamment le 17 octobre.
03:41Est-ce que vous soutenez ces appels à la mobilisation ?
03:43Évidemment, parce que ce n'est pas juste.
03:44Moi, je porte une écologie populaire.
03:46Une écologie populaire, ça veut dire quoi ?
03:48C'est-à-dire bien sûr qu'il faut prendre des mesures,
03:49on ne peut pas continuer comme ça,
03:50mais on ne peut pas prendre les mêmes mesures
03:53concernant des personnes qui n'ont pas la même responsabilité dans le problème
03:56et aujourd'hui, il y a des milliardaires qui en 90 minutes
03:59dépensent et mettent autant de CO2 que vous, moi,
04:01un humain moyen dans toute sa vie.
04:03On ne peut pas imposer les mêmes mesures
04:04des gens qui n'ont pas les mêmes alternatives,
04:06quelqu'un qui est en ruralité, quelqu'un qui est en centre-ville
04:08et on ne peut pas imposer les mêmes mesures
04:09des gens qui n'ont pas les mêmes ressources.
04:11Vous irez sur les ronds-points avec Fabien Roussel ?
04:12Alors, il se trouve que je vais accoucher à peu près dans ces eaux-là,
04:15donc on verra, mais vous savez, ce pays, Hercule,
04:18je vais vous expliquer un truc.
04:19Mon premier enfant, il est né en décembre 2018.
04:21J'étais à la maternité pendant la première marche climat
04:24et qui était aussi à la fin de la première semaine des Gilets jaunes.
04:27Et là, je me prépare à redonner la vie
04:29dans une semaine qui sera marquée par le retour des Gilets jaunes
04:31et par les marches climat.
04:34Je me suis fait cette réflexion en disant
04:35mais quel hasard de la vie.
04:36Ce pays, c'est une boucle spatio-temporelle.
04:40En fait, on n'arrive plus à sortir de ça.
04:41Le macronisme nous a fait perdre beaucoup de temps.
04:44Et donc, cette écologie populaire,
04:45elle est solidaire des marches climat et des Gilets jaunes.
04:47Il faut ce retour à ce mouvement des Gilets jaunes
04:49que d'ailleurs, le renseignement territorial
04:50selon les informations de BFM TV observe.
04:53Mais la colère, elle est légitime.
04:55On a des gens qui ont acheté des véhicules diesel.
04:57Pourquoi ?
04:57Moi aussi, j'avais un véhicule diesel.
04:59Pendant des années, l'État a dit
05:00c'est ça que vous devez acheter.
05:01Il l'a dit d'ailleurs en mettant des incitations financières.
05:04C'est comme pour le coca et les oreos dans le supermarché.
05:06Si vous voulez acheter une voiture,
05:08si vous voulez payer moins cher, vous achetez celle-là.
05:09Donc, les gens achètent.
05:11Nous, on disait depuis le début,
05:12ce n'était pas une bonne idée que ça allait emmener dans le mur.
05:13Et tout d'un coup, l'État se rend compte qu'on avait raison.
05:15Et du jour au lendemain, ils disent
05:16« Ah, en fait, le diesel, c'est criminel.
05:18Tous ceux qui ont une voiture diesel,
05:20vous ne pouvez plus l'utiliser et débrouillez-vous. »
05:22Mais alors, il faut baisser le prix de l'essence
05:23ou il faut essayer de faire en sorte
05:25que les Français utilisent moins la voiture ?
05:27Oui, mais tu peux l'utiliser des moins
05:28quand tu as une alternative.
05:30Quand tu n'as pas d'alternative,
05:31quand tu es infémien libéral
05:33dans la ruralité picarde
05:34et que tu fais 100 km en voiture par jour,
05:36tu fais comment ?
05:36Donc, du coup, il y a vraiment un besoin de justice.
05:40Donc, il faut aider les gens
05:41à se sortir de l'impasse dans laquelle on les a mis,
05:43à changer de voiture, le leasing social.
05:45Pour changer de voiture,
05:46on avait prévenu que le dispositif,
05:48il n'y avait pas assez d'argent dessus.
05:49Résultat, à la fin de l'année dernière,
05:50il était à zéro.
05:51Ils ont dû le suspendre,
05:52il n'y avait pas assez de moyens.
05:53Donc, on laisse les gens dans l'impasse,
05:54ce n'est pas possible.
05:55Vous parlez de justice, justement.
05:56Le gouvernement, par la voix du ministre des Comptes publics,
05:59David Amiel, a dit
05:59« Il faut faire 6 milliards d'euros d'économie sur les retraites. »
06:03Est-ce que c'est une ligne rouge pour vous ?
06:05Est-ce que ça vaut censure du gouvernement
06:06à l'approche de l'examen budgétaire ?
06:08On va se dire les choses très clairement.
06:10Ils nous disent
06:11« On va aller taxer les retraités aisés. »
06:13Moi, je ne sais pas ce que c'est un retraité aisé.
06:15On peut se dire, par exemple,
06:17« Tiens, 2 000 euros par mois, c'est bien 2 000 euros par mois. »
06:192 500, 3 000.
06:20Sauf qu'aujourd'hui,
06:21une place en EHPAD,
06:22ça coûte hors Paris
06:242 à 3 000 euros par mois.
06:26Et c'est ça de la justice sociale ?
06:27Tout le monde peut participer à sa charge, à sa hauteur.
06:29Oui, mais du coup,
06:30ça veut dire que
06:31considérer que vous avez juste l'argent pour payer votre EHPAD,
06:34ça, c'est être aisé.
06:35Mais moi, je ne sais pas ce que c'est un retraité aisé.
06:36En fait, on a un sujet de
06:38qui perçoit qui comme aisé.
06:40Les macronistes pensent que
06:41ceux qui doivent trunquer,
06:42c'est les classes moyennes
06:44mais qui s'appauvrissent
06:45en termes de pouvoir d'achat et de l'inflation.
06:47Moi, je considère qu'on doit aller chercher
06:49chez les plus riches,
06:51notamment dans les héritages qui vont arriver.
06:53Il y a 9 000 milliards de flux successoraux
06:56d'ici 2040 d'argent qui va passer
06:57d'une génération à l'autre.
06:58Je veux qu'on aille chercher
07:00les 1 % d'héritage les plus élevés
07:02puis 4 millions d'euros
07:03et encore plus,
07:04donc 10 % de taxes en plus
07:05et 10 % en plus,
07:07donc 20,
07:07pour les 0,1 % des héritages les plus élevés,
07:0913 millions d'euros d'héritage.
07:11Vous pouvez bien donner 20 % à l'État.
07:13Marine Tondelier, dernière question.
07:14On est à la fête de l'UMA.
07:15La gauche est une nouvelle fois dispersée.
07:17Discours de Jean-Luc Mélenchon
07:18dans quelques instants maintenant.
07:19Il vous a proposé une offre,
07:21en quelque sorte,
07:22aux écologistes.
07:23Un accord de gouvernement,
07:25un accord au législatif 2027
07:26à la condition de le soutenir.
07:29Est-ce que vous allez répondre oui
07:30à un moment donné ?
07:31Nous, on dit la même chose depuis le début.
07:32Regardez notre slogan.
07:33Il est écrit là
07:33pour l'écologie et pour l'Union.
07:35C'est notre engagement écologiste.
07:36On sera juste au bout du côté de la solution.
07:39Oui, mais tout le monde a toujours fait les discours.
07:40Chacun de son côté,
07:40la fête de l'UMA.
07:41C'est normal,
07:41on a nos stands, etc.
07:43Moi, ce que je dis,
07:44c'est qu'on s'est battus
07:45pour la primaire qui n'existe plus.
07:46C'est très dommage
07:47parce que c'était vraiment
07:48un chemin de victoire possible.
07:49Là, aujourd'hui,
07:50on a écrit à tous nos partenaires,
07:51on leur a proposé des rendez-vous
07:52avec une liste de sujets à discuter.
07:54Donc, on est disponible.
07:55Mais il faut que chacun comprenne
07:56que personne ne gagnera seul.
07:58Et deuxièmement,
07:59que la solution,
08:00ce n'est pas tout le monde
08:00doit se rallier derrière l'un ou l'autre.
08:02C'est est-ce qu'on est capable
08:03chacun de se dépasser
08:05pour quelque chose
08:05de plus grand que nous ?
08:06On n'a pas le choix.
08:08Sinon, on aura écrit l'histoire
08:09d'une partie de la gauche
08:10qui voulait tuer l'autre partie de la gauche
08:12et qui a sommé les écologistes
08:13de les aider à appuyer sur la détente.
08:15Ce n'est pas ça
08:15pour lequel moi, je ne veux pas.
08:17Il y a une mesure
08:18qui vous empêcherait
08:18de le rallier à Jean-Luc Mélenchon ?
08:19Une mesure ?
08:20On a listé un certain nombre de sujets.
08:21Mais je veux terminer
08:22parce qu'on a proposé
08:23beaucoup de choses.
08:24Vous savez, moi,
08:24j'ai l'impression
08:25qu'on met nos électeurs
08:26comme des enfants
08:27devant une vitrine de Noël.
08:29Vous avez les enfants,
08:30les étoiles,
08:32plein les yeux
08:32qui regardent en rêvant
08:33en disant
08:33j'aimerais bien voir ça, ça, ça.
08:34Ils regardent nos programmes.
08:36Mais la fête de humain
08:37l'année prochaine,
08:37ça pourrait être la fête
08:38de tout ce qu'on a mis en œuvre
08:39dans les 100 premiers jours.
08:41Eh bien, moi,
08:41je ne veux pas
08:42qu'on déçoive nos électeurs
08:43qui disent
08:43que c'était une victrine
08:45du Père Noël.
08:45Je veux qu'on ne fasse pas
08:47un concours de papier glacé
08:48mais qu'on mette en place
08:49vraiment ce qu'on a dit
08:49et ça veut dire travailler ensemble.
08:50Merci beaucoup, Marie-Thondelet,
08:52d'avoir été avec nous
08:52en direct de la fête de l'Humanité.
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