00:00Europe 1, Eliott de Valais-Vous.
00:04Midi 47 sur Europe 1 et à la une de cette dernière partie d'émission en direct bien sûr pour
00:10Eliott de Valais-Vous.
00:11On va parler économie, c'est très important.
00:14On le présentait comme le Mozart de la finance mais c'est un récu-im.
00:18Les chiffres de l'INSEE sont alarmants, croissance en berne, chômage à la hausse, pouvoir d'achat qui recule.
00:24Emmanuel Macron est-il responsable de ce fiasco économique ?
00:28Et pour en parler, François Pierard.
00:30Merci d'être avec nous François Pierard.
00:31Vous êtes le fondateur de l'Institut Hexagone.
00:36Et c'est vrai que c'est une question qu'on se pose souvent.
00:39Est-ce que ce n'est pas le plus grand échec d'Emmanuel Macron cette décennie où l'économie française
00:45s'est effondrée ?
00:46Mais quand on dit ça, certains pourraient répondre
00:49« Mais vous dites que c'est un fantasme, vous dites n'importe quoi, c'est une fake news ».
00:54Est-ce que factuellement, on voit que notre économie s'est effondrée sur cette décennie ?
00:59Absolument. Le bilan économique du macronisme est calamiteux.
01:03C'est quand même absolument indéniable.
01:05Quand on regarde les chiffres, si on regarde les 21 pays de l'actuelle zone euro,
01:09de 2017 à 2025, la France, c'est la sixième pire croissance économique.
01:14C'est la sixième pire évolution de la production industrielle.
01:18C'est la quatrième pire évolution de la productivité.
01:22C'est la troisième pire évolution des salaires.
01:25La deuxième pire évolution de l'endettement public.
01:28Et la pire augmentation des taux d'intérêt.
01:31Et tout ça, c'est que jusqu'en 2025.
01:33Or, les premiers chiffres commencent à tomber pour l'année 2026.
01:37Et ils sont alarmants, comme en témoigne la note de conjoncture de l'INSEE,
01:40qui est parue hier et qui dit dans le texte
01:43la France serait la seule grande économie avancée
01:47où l'activité freinerait en 2026.
01:49Et alors, comment vous expliquez qu'aujourd'hui,
01:52vous ayez un ministre de l'économie,
01:55il a fait des grandes annonces,
01:57M. Lescure,
01:59expliquant que les prévisions de croissance
02:01étaient effectivement revues à la baisse,
02:03mais que finalement,
02:05la France ne pouvait pas
02:07anticiper toutes les grandes crises,
02:09à commencer par la guerre en Iran,
02:11mais également les incendies.
02:13J'ai entendu que la canicule pouvait jouer également un rôle.
02:17Qui croire aujourd'hui, François Pirard ?
02:20Eh bien, il faut croire les chiffres.
02:22On est en train de parler de crises qui sont exogènes
02:24et qui ne touchent pas que la France.
02:26Notamment la fameuse crise au Moyen-Orient,
02:29elle devrait affecter de manière à peu près homogène tous les pays.
02:32Or, quand on regarde les tout derniers chiffres de la croissance,
02:35ce sont ceux du deuxième trimestre de l'année 2026.
02:38Sur les 21 pays de la zone euro,
02:41la France a la 20e croissance sur 21 pays.
02:45Ne dites pas que les 19 pays qui sont devant nous
02:48ne sont pas affectés du tout
02:49par le prix du baril à 90 dollars.
02:53Le prix du baril est le même dans tous les pays.
02:55La guerre en Ukraine affecte les pays
02:58de manière à peu près similaire
02:59et peut-être davantage les pays qui sont plus proches de l'Ukraine,
03:02ce qui n'est pas notre cas.
03:03Aujourd'hui, la crise que l'on vit,
03:06c'est simplement la conséquence des politiques publiques
03:10que nous avons menées depuis 5, 10 et peut-être même plus d'années que cela.
03:15Et aujourd'hui, on en paye le prix fort
03:17parce qu'on est un pays où la taxation de richesse
03:20est extrêmement élevée,
03:22ce qui pénalise à la fois notre résilience
03:25en cas de crise économique,
03:26mais aussi notre capacité à générer davantage de richesse.
03:29Songez qu'on est le pays le plus taxé de l'OCDE,
03:33on est le pays de la zone euro
03:35avec les impôts de production qui sont les plus élevés,
03:38on est encore le pays de la zone euro
03:40avec les charges patronales les plus élevées.
03:42Et tout ça, toute cette taxation monumentale
03:45n'arrive pourtant pas à financer notre dépense publique
03:48qui est la deuxième plus élevée de l'OCDE.
03:51Et l'écart entre ce qu'on prélève et ce qu'on dépense,
03:54c'est le déficit public,
03:55c'est le deuxième plus élevé de la zone euro,
03:58ce qui fait qu'à force de déficit,
04:00on alimente la dette
04:01et donc on a la troisième pire,
04:04la troisième dette publique la plus élevée de l'Union européenne
04:07alors qu'on n'avait que la sixième pire
04:09il n'y a encore pas si longtemps.
04:10Alors ce qui est intéressant,
04:11c'est que vous arrivez à comparer cela
04:13avec nos voisins européens.
04:15Absolument.
04:15Mais c'est vrai que trop de chiffres tuent le chiffre,
04:18mais on arrive quand même avec vous
04:20à vulgariser un maximum
04:22et à rendre digeste
04:23ce qui est profondément indigeste,
04:26c'est la macroéconomie.
04:27Ce qu'il faut comprendre c'est qu'en disant
04:29l'économie française va mal, très mal
04:32et que le Mozart de la finance
04:34n'a de Mozart que le nom
04:36et je pense que Mozart se retourne dans sa tombe
04:39lorsqu'on lui explique que le Mozart de la finance
04:41est à l'Elysée.
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