00:01Europe 1, Eliott Deval et vous ?
00:03La suite sur Europe 1 à 12h18, réagissez au 01 80 20 39 21, vous avez la parole avec Eliott
00:09Deval.
00:10Et avec cette question, Eliott, avec la guerre au Moyen-Orient, que doit faire la France ?
00:14La position française résumée par Alexandre Chauveau, je vous propose de l'écouter.
00:18Emmanuel Macron dans un rôle d'entremetteur, en réponse à l'appel du président libanais Joseph Aoun,
00:23le chef de l'État en jouant le Hezbollah de cesser immédiatement ses attaques contre Israël.
00:27« Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région »,
00:32écrit le président français sur X.
00:34Dans le même temps, Emmanuel Macron s'est entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou,
00:39à qui il demande de préserver l'intégrité territoriale du Liban et de s'abstenir de toute offensive terrestre.
00:44« Il est important que les parties reviennent à l'accord de cesser le feu »,
00:47réagit le chef de l'État, qui indique que la France va renforcer sa coopération avec les forces armées libanaises,
00:53chargées de prendre le contrôle des positions tenues par le Hezbollah.
00:56Des véhicules de transport blindés seront notamment livrés, en plus d'un soutien opérationnel et logistique.
01:02Enfin, Emmanuel Macron affirme que plusieurs tonnes de médicaments sont en cours d'acheminement,
01:06ainsi que des solutions d'abri et d'aide aux populations déplacées.
01:09C'est le témoignage de l'amitié que les Français portent aux Libanais, conclut le chef de l'État.
01:13Alors que les frappes israéliennes sur le Liban représenteraient un désastre humanitaire,
01:19qui se profile, déplore le Premier ministre, justement, libanais, Nawaf Salam.
01:26Sébastien Ligné, la position française et finalement les déclarations qui se multiplient du président Emmanuel Macron.
01:34Quel regard vous portez sur cette semaine qui vient de passer, où il a gagné, il faut le rappeler,
01:38six points dans la cote de popularité, dans les sondages, dans l'espace d'une semaine ?
01:44Oui, mais il y a un effet drapeau qui fait que quand il y a une grande crise internationale,
01:48le président de la République, pour peu qu'il ne fasse pas d'erreur manifeste, gagne des points.
01:53Le problème dans cette situation, c'est quasiment la même que dans tous les terrains géopolitiques
01:58et les conflits mondiaux depuis maintenant plusieurs années, c'est que la France cherche sa place.
02:03La France cherche à exister.
02:05La France, par la voix d'Emmanuel Macron, essaye de montrer qu'elle peut servir,
02:10qu'elle peut avoir un rôle à jouer.
02:12Il l'a fait sur l'Ukraine, il l'a fait au Venezuela, il l'a fait maintenant en Iran,
02:17il l'avait fait au moment du conflit israélo-palestinien.
02:19Il essaye toujours d'expliquer que la France a son mot à dire.
02:22Mais en théorie et dans la réalité, personne ne peut croire une seule seconde
02:26que la France va changer grand-chose au conflit en Iran ou au Liban
02:31ou dans la politique israélienne.
02:33Et c'est tout le problème d'Emmanuel Macron.
02:35C'est qu'en effet, il a fait un excellent discours sur la politique de dissuasion nucléaire française
02:40avec le sous-marin derrière, la marseillaise a cappella.
02:43C'était beau, il y avait un sentiment de puissance.
02:45Je pense qu'Emmanuel Macron s'est senti enorgueilli par ce moment.
02:48Il s'est dit, tiens, j'ai le vent en poupe, alors il faut que je parle encore.
02:51Il faut que je parle toujours plus.
02:53Ce président parle trop.
02:54Et du coup, il nous a fait une allocution à 20 heures, deux jours plus tard,
02:58où il n'a pas dit grand-chose.
02:59Et quand on ne dit rien, on montre son impuissance.
03:02C'est tout le problème d'Emmanuel Macron qui ne sait pas s'arrêter au bon moment.
03:06La prise de parole et les dernières réactions d'Emmanuel Macron,
03:09c'est aussi pour venir en soutien de la population libanaise,
03:13peut-être prise au piège dans ce conflit entre le Hezbollah qui est intervenu militairement
03:18et Israël.
03:19Renaud Girard, on a une relation historique, pour ne pas dire filiale,
03:24avec le Liban.
03:25Et la question qu'on se pose maintenant, c'est quel est le rôle de la France ?
03:31Sébastien Ligné nous expliquait qu'il y avait un rôle de communication,
03:34mais il n'y a pas finalement un rôle d'action.
03:36– Oui, alors au Liban, effectivement, c'est la France qui a créé le Liban en 1920,
03:41c'est une initiative française, évidemment, il faut s'occuper de notre fils, le Liban.
03:48Et donc là, il y a, je crois, deux buts poursuivis par Emmanuel Macron.
03:55Le premier, s'il a repris contact avec Benjamin Netanyahou,
03:59il était un peu brouillé depuis que la France avait reconnu l'état de Palestine,
04:06là, je pense qu'il a raison pour faire en sorte que le feu israélien,
04:11que les Israéliens ne détruisent pas tout au sud Liban,
04:17mais à la fois, je dirais que la France est alliée avec l'Amérique et Israël,
04:25en considérant que le Hezbollah, mouvement islamiste chiite,
04:30n'a pas à prendre la politique libanaise en otage,
04:34n'a pas à avoir, à imposer, ce qu'il faisait encore il y a quelques années,
04:38son pouvoir de veto sur toutes les décisions du cabinet libanais,
04:42et surtout, et surtout que le Hezbollah peut très bien faire de la politique,
04:46d'ailleurs, ils sont représentés au Parlement libanais,
04:49peut être un parti politique pour représenter notamment la communauté chiite,
04:53mais il est tout à fait anormal que le Hezbollah ait conservé ses armes,
04:59alors que toutes les autres milices libanaises issues de la guerre civile de 1975-1990,
05:05les ont rendues.
05:07Et le problème est que l'armée libanaise n'a pas les moyens, en fait,
05:13physiquement de désarmer le Hezbollah ou d'intégrer ses soldats dans l'armée, etc.
05:18Et ça, c'est vrai que la France, qui a créé le Liban,
05:23ne peut pas accepter qu'il y ait un État dans l'État à l'intérieur du Liban,
05:29et il faut aussi dire que le Hezbollah a perdu une belle occasion de se taire,
05:34notamment après le 7 octobre,
05:39il a bombardé dès le 8 octobre Israël à Galilée,
05:45il n'avait pas à intervenir dans cette affaire.
05:48– C'est là où on voit toute la relation entre l'Iran,
05:52qui était la tête de la pieuvre, et ses proxys,
05:55le Hezbollah, le Hamas, et de voir aussi ses liens.
05:58Vous parlez du Hezbollah comme d'une branche politique et d'une branche militaire,
06:03il faut rappeler que le Hezbollah et sa branche militaire
06:06est classé terroriste aux yeux de l'Union Européenne, des États-Unis bien sûr,
06:10et qu'il y a des liaisons dangereuses entre la branche politique et la branche militaire.
06:16– Oui, alors les classements terroristes ou pas terroristes,
06:18c'est important, mais enfin, vous voyez,
06:22Begin, il était classé terroriste par l'Angleterre,
06:24et c'est lui qui a fait la paix avec l'Égypte,
06:26il est devenu Premier ministre d'Israël,
06:27bon, voilà, je pense que le Hezbollah est une réalité,
06:33je pense que ça ne sert à rien de classer les mouvements terroristes ou pas,
06:36on n'est pas d'accord avec le Hezbollah, mais il faut discuter avec eux.
06:39– Si on est d'accord ou pas d'accord, c'est de savoir à qui on parle et à
06:42qui on s'adresse.
06:42– Tout à fait, tout à fait, mais moi, personnellement, je considère
06:45qu'il ne faut pas faire de la diplomatie, il ne faut pas ostraciser le mouvement,
06:49je n'ai rien à voir, je déteste les frères musulmans,
06:51mais je pense que le Hamas était une réalité qu'il aurait mieux fallu leur parler,
06:55d'ailleurs c'est ce qu'on a fait à la fin, pour libérer les États,
06:58j'en ai bien parlé au Hamas.
07:01Mais aujourd'hui, effectivement, l'Iran a perdu ses bras armés,
07:07qui étaient le Hamas et le Hezbollah,
07:09et enfin, il est en passe de le perdre complètement,
07:13pour qu'il menacait la sécurité d'Israël,
07:17le Hamas par le sud et le Hezbollah par le nord d'Israël.
07:21– Merci Renaud Girard.
07:23Vous restez avec nous, bien sûr, sur Europe 1,
07:25on a passé la première heure sur la question iranienne,
07:28bien sûr, qui est la question centrale,
07:29mais vous allez rester avec nous, parce qu'on va parler aussi,
07:32même si vous êtes un grand reporter spécialiste des questions internationales,
07:35les questions nationales vous passionnent.
07:37On est juste à une semaine des élections municipales,
07:39plus personne n'en parle,
07:40donc nous en parlerons dans la deuxième partie de l'émission,
07:43mais on va parler de la Belgique, le cordon sanitaire,
07:46la liberté d'expression.
07:47– La censure.
07:47– Passionnante, la censure, vous avez dit Géraldine Hamon,
07:50c'est exactement ça, la censure,
07:51on en parle dans un instant sur Europe.
07:53– Restez bien avec nous, la suite d'Éliott de Val,
07:55c'est dans quelques minutes avec vous,
07:57au 01, chers auditeurs, 01, 80, 20, 39, 21,
08:00vous avez la parole sur Europe 1, à tout de suite.
08:02– Sous-titrage ST' 501 isadas.
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