00:007h56, La Politique, tous les matins avec Paul Sujit, journaliste au Figaro.
00:04Bonjour Paul.
00:04Bonjour.
00:05Vous vouliez revenir ce matin sur le drame effroyable qui s'est produit sur une passerelle de Putot,
00:11près de la Défense, où un homme a été sauvagement tué, pour son téléphone, par un Soudanais sous OQTF.
00:18Oui, c'est toujours difficile de raconter un drame, surtout lorsqu'on a l'impression que certains se suivent et
00:23se ressemblent.
00:24Le talent que mon collègue Guillaume Point-Figaro a mis dans le récit de celui-ci, c'est finalement de
00:29nous faire comprendre que nous pourrions tous être Étienne.
00:32Étienne faisait tous les soirs pour rentrer chez lui le même trajet en sortant du métro, une dizaine, une quinzaine
00:38de minutes.
00:38Il habita plutôt près de la Défense, c'est un quartier plutôt tranquille le soir, quand les travailleurs sont partis
00:44des tours de la Défense.
00:45En principe, ce n'est pas l'endroit où on regarde en permanence derrière son épaule lorsque l'on sort
00:49du métro et que l'on rentre chez soi du travail.
00:51Il manque de chance, ce soir-là, un clandestin sous OQTF, un de ses marginaux, comme disent les riverains,
00:57qui erre comme des âmes en peine du soir au matin et du matin au soir près des tours de
01:01la Défense,
01:02a décidé de lui voler son sac à dos et son téléphone.
01:05Étienne va être roué de coups et il va perdre la vie à cette occasion-là.
01:11Et ce sont tous ses proches, tous ses amis qui seront endeuillés.
01:14Emmanuel Macron, souvenez-vous, a fait polémique en 2017 avec une phrase très maladroite.
01:17Il disait qu'une gare, c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et ceux qui
01:21ne sont rien.
01:22S'il avait connu à l'époque un peu mieux son pays, il aurait pu dire qu'une gare, mais
01:25aussi une station de métro, une passerelle sur la Seine,
01:27c'est un endroit où on croise des gens qui tiennent à la vie et ceux pour qui la vie
01:31ne compte pour rien.
01:33En refusant de prendre à bras-le-corps la lutte contre l'immigration clandestine,
01:36Emmanuel Macron, 10 ans plus tard, a contribué à augmenter le nombre de ceux qui peuvent à tout instant vous
01:41prendre la vie.
01:42En réagissant à l'article du Figaro sur ce drame, Marine Le Pen a dit hier partager l'émotion et
01:48la colère qui étreignent les Français face à cette violence barbare.
01:51C'est très bien que Marine Le Pen partage cette émotion et cette colère.
01:54Le vrai scandale, c'est que l'intégralité des candidats n'ait pas produit le même message
01:59pour dire que, effectivement, cette émotion les touche, les bouleverse.
02:02La révolte devant cette profonde injustice devrait être universelle et transpartisane.
02:07Je ne comprends même pas qu'il puisse y avoir des clivages politiques sur cette question-là.
02:10Mais il y a des clivages parce que, voyez-vous, ça soulève la question de l'immigration illégale, l'immigration
02:15clandestine.
02:15Et là, il y a une question de courage politique qui se pose.
02:17Hors du courage, ce n'est pas ce qui court les rues, surtout parmi les responsables politiques.
02:22On préfère casser le thermomètre, intimider même ceux qui racontent ce qui se passe dans chaque rue, sur chaque passerelle
02:28de France.
02:28On fait des grandes phrases.
02:29La France disait il y a quelques années à un ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, pour ne pas
02:35le nommer,
02:35La France n'est pas un coupe-gorge.
02:37En réalité, si, mais plutôt si l'on est précis, chaque pont, chaque passerelle de France peut le devenir à
02:42tout moment.
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