00:00L'édito politique de Loïc Besson ce matin, on reconnaît qu'une campagne est lancée, Loïc, quand une petite phrase
00:06peut cristalliser toutes les moqueries, voire les attaques, et c'est Edouard Philippe qui l'a prononcée.
00:10Oui, podcast confession d'un ancien Premier ministre où il raconte son expérience, le vertige lorsque le président nouvellement élu
00:17nomme Amatignon, lui qui s'imagine désormais à l'Elysée,
00:20qu'en patatras, il se met à parler manifestement en toute sincérité du repos auquel il aspirerait bien un peu
00:27à ce moment-là.
00:27Regardez, j'adorerais un système dans lequel le président de la République est élu en mai, et on prend ses
00:34fonctions en septembre,
00:35et puis entre-temps, il a le temps de se reposer et décompresser après une élection présidentielle hyper usante, hyper
00:41fatigante.
00:43Avalanche de réactions, venus, il faut le dire beaucoup, du RN, c'est leur principal adversaire, Edouard Philippe,
00:47qu'il se rassure, il va avoir le temps de se reposer plus vite qu'il ne le pense, dit
00:52Sébastien Chenu.
00:53Edouard Philippe traite sans cesse les Français de fainéant, mais fatigué après seulement quatre semaines de campagne, ça c'est
00:58pour Jean-Philippe Tonguier.
00:59Alors, la raillerie est forcément facile, mais pour le candidat qui martèle que oui, les Français doivent travailler plus,
01:05ben là, il a tendu le bâton pour se faire battre.
01:06Ben oui, mais vous dites que les réactions sont un petit peu exagérées ?
01:10Beaucoup de mauvaise foi, nous dit son entourage agacé quand même par ses commentaires.
01:14Oui, Edouard Philippe dit aussi que ça correspond à une culture française, à une certaine idée de la continuité de
01:19l'État.
01:20Mais c'est aussi ça, une présidentielle, le piège des petites phrases, surtout avec un candidat déjà accusé de faire
01:26campagne en traînant les pieds.
01:27Commentaire d'ailleurs de l'un de ses soutiens au gouvernement, un peu dépité de cette sortie maintenant.
01:32Je n'ai pas de mots. Voilà, je cite.
01:34Il y a d'ailleurs eu un petit vent de panique hier soir dans son équipe pour vite déminer le
01:38sujet sur les réseaux sociaux.
01:39Alors, ça illustre quand même quelque chose, il y a des sujets un peu tabous en politique.
01:43Et la fatigue en fait partie.
01:44Peut-être d'ailleurs, est-ce très hypocrite, pour être honnête, dans quasiment tous les pays qui élisent un président,
01:49il y a une bonne pause entre l'élection et l'entrée en fonction.
01:52On est quand même plutôt une exception.
01:54Si on regarde, je vous ai mis quelques pays, par exemple, plus de deux mois aux États-Unis, presque autant
01:59au Brésil, le double au Mexique.
02:02Ce n'est pas deux mois, c'est quatre mois en réalité.
02:04C'est peut-être plutôt sain pour se poser d'ailleurs, davantage que pour se reposer, pour se préparer tout
02:09simplement après des mois éreintants.
02:10C'est aussi hypocrite, parce que quand on prend l'avion, bien sûr qu'on espère que le pilote s
02:14'est bien reposé avant de décoller.
02:18Si vous allez sur une table d'opération, vous espérez que le chirurgien ne sort pas tout droit d'un
02:23marathon.
02:23C'est ça le paradoxe aussi français.
02:26On demande à nos dirigeants d'être des machines et après on se plaint qu'ils soient un peu déconnectés.
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