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  • il y a 7 semaines
Ce matin, sur Europe 1, Agnès Verdier-Molinié s'intéresse à l'irresponsabilité de l'État concernant les cyberattaques.

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Transcription
00:00Bon réveil, merci d'avoir choisi Europe 1 avec Dimitri Pavlenko, 7h19.
00:04Bonjour Agnès Verdier-Molinier.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:07Dans l'actualité, on va dire un peu de second rideau, il y a la prolifération de cyberattaques en France.
00:12J'ai découvert un site, la French Bridges.
00:14On est à plus de 1000 cyberattaques en France.
00:16Depuis le début de l'année, ça fait plus de 3 par jour.
00:19Et on en apprend d'ailleurs toutes les semaines aussi un peu plus sur celle qui a frappé Bercy.
00:23C'est pas très glorieux.
00:24Et oui, selon une note de la Commission des finances du Sénat, l'attaque a conduit entre autres au vol
00:30de données fiscales d'environ 350 000 particuliers et presque le même nombre d'entreprises.
00:35C'est grave parce que l'État impose aux citoyens par la loi, sans son consentement, de lui livrer une
00:41part considérable de son intimité.
00:43Son compte bancaire, son adresse, le montant de ses revenus.
00:46Et depuis 2018, et la mise en place de la fameuse RGPD, toutes les personnes morales sont extrêmement contraintes sur
00:53les données personnelles.
00:54Consentement des personnes, réutilisation, conservation, tout est encadré.
00:58En cas de manquement, alors l'amende peut aller jusqu'à plusieurs millions d'euros.
01:02Alors c'est quand même incroyable que cette cyberattaque qui a été vraisemblablement menée par de très jeunes pirates,
01:07alors que les services informatiques de Bercy sont pléthoriques.
01:11Et oui, les services informatiques de Bercy comptent environ 5000 agents et une centaine pour la cybersécurité.
01:17La cybersécurité qui est loin d'être optimale, parce que là on le voit dans la note du Sénat,
01:22depuis la crise sanitaire, les agents de la DGFIP ont été autorisés à se connecter depuis leurs terminaux personnels
01:28pour des usages considérés comme moins sensibles, messagerie professionnelle ou agenda.
01:33Mais ce sont ces accès qui ont permis aux pirates d'intervenir sur les données personnelles,
01:39l'irresponsabilité de l'État est préoccupante.
01:42Privilégier le télétravail des agents plutôt que la sécurité des données,
01:46alors qu'il y a des milliards de données qui sont détenues sur les ménages et les entreprises par Bercy,
01:51ça relève de la faute grave.
01:53Est-ce que l'État va être sanctionné justement ?
01:55L'État va-t-il se sanctionner lui-même ?
01:57C'est là où le bas blesse, Dimitri.
02:00Pour l'État, point d'amende en matière de fuite de données.
02:03L'État est dans une situation de quasi-immunité.
02:06En effet, si le traitement compromis est mis en oeuvre par le ministère lui-même,
02:10la fuite n'est pas sanctionnable par la CNIL.
02:13En l'occurrence, ici, c'est la multiplication des canaux d'accès
02:17qui ont permis aux pirates de s'infiltrer,
02:19avec les identifiants d'agents de la DGFIP,
02:21donc pas de sanctions.
02:23Ce n'est pas normal.
02:25Tout ministère qui fait fuiter des données personnelles,
02:28même à son insu,
02:29devrait être taxé sur son propre budget et sanctionné.
02:33Ce n'est pas le cas au nom de ce qu'ils appellent la circularité.
02:36L'État ne se taxe pas lui-même,
02:38ne se met pas d'amende à lui-même.
02:41Ça n'a pas de sens.
02:42S'il y avait eu un prestataire tiers privé,
02:45là, en revanche, lui, on lui aurait tapé sur les doigts.
02:47Absolument. Là, il aurait l'amende directe.
02:50Signature européenne Agnès Verdier-Molinier.
02:52Merci beaucoup, Agnès.
02:53Merci à vous.

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