- il y a 7 semaines
La réalisatrice évoque son nouveau long-métrage dramatique : « Si tu penses bien », en salles le 16 septembre, avec Monia Chokri et Niels Schneider. Elle revient sur l'écriture de cette fiction consacrée à l'emprise au sein du couple. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mercredi-09-septembre-2026-3540560
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00:00Si tu penses bien est le quatrième film de Géraldine Nakash.
00:03Ce n'est pas une comédie avec Leïla Bechti.
00:07Tout ce qui brille, c'était il y a 15 ans.
00:08Il a hante-histoire de deux jeunes banlieusards
00:10qu'il avait propulsés au firmament.
00:13Nakash a grandi, mûri.
00:15Sa caméra suit une femme, petit à petit enfermée
00:17dans la violence conjugale.
00:19Ni coups, ni blessures.
00:21Ici, le poison de la perversion infuse lentement,
00:24sous couvert d'amour et de dogmes religieux.
00:27Nakash a grandi, mûri.
00:29Ses rêves d'ado la poussaient à sortir, à partir,
00:32à quitter plutôt, à conquérir Paris.
00:35L'âge adulte la ramène entre les murs
00:37pour mieux comprendre ce qui s'y trame.
00:40Géraldine Nakash a bien fait de grandir.
00:42Elle excelle dans le drame.
00:44Et ça n'empêche pas ses rêves d'ado de s'exaucer.
00:47Vous savez quoi ?
00:48Céline Dion vient d'arriver à Paris pour de vrai.
00:51Tout ce qui brille, portrait numéro 176.
00:58Jacques m'a toujours dit
00:59Je pense qu'il faut attendre la bonne.
01:01Je pense qu'elle viendra au bon moment.
01:04Et comme tu sais, si tu penses bien,
01:06il ne t'arrivera que du bien.
01:10Mazal Tom ?
01:11Demain, je te m'enceins.
01:12Oh merde.
01:13Je peux l'embrasser juste une minute.
01:18Il va où ?
01:19Il faut que tu te reposes, mon lebe.
01:21Une minute.
01:22Anna, elle est fatiguée.
01:24Ça suffit.
01:25Juste sa maman.
01:26Non, non.
01:27Tu fais du mal à ton enfant.
01:28Non, non, non.
01:28Tu fais du mal à ton enfant.
01:29C'est mon enfant aussi, Gilles.
01:31Je préfère qu'elle bouffe du lait en poudre
01:32que tu la bousilles avec tes mères, là.
01:33Oh, tu pleures encore comme ça devant ma fille.
01:35Je te jure, je t'envoie à l'hôpital.
01:36Une égoïste de merde.
01:37Qu'il passe, s'il te plaît.
01:39Si tu penses bien, sort en salle.
01:41Mercredi prochain, on sera le 16 septembre.
01:44Bonjour Géraldine Nakache.
01:45Ce film était en sélection officielle à Cannes
01:48où il a bouleversé la salle.
01:50Tout le monde était debout.
01:51Ça applaudissait, ça applaudissait.
01:52Puis vous avez pleuré.
01:53Puis tout le monde sort de vous pleurait.
01:54Puis ça applaudissait encore.
01:56Il y avait Mona Chokri à votre gauche.
01:58Il y avait Nils Schneider à votre droite.
02:01L'époque était à la confession intime.
02:03On écrit ce qu'on vit.
02:04On filme ce qu'on a vécu.
02:05Alors on va le dire tout de suite.
02:07Ce n'est pas votre histoire.
02:08Non, ce n'est pas mon histoire.
02:09Mais c'est l'histoire de tous les témoins.
02:12De tous ceux qui ont vu et qui n'ont pas su comment dire.
02:15Parce que j'ai aussi été témoin.
02:18Donc c'est l'histoire...
02:19Autour de vous ?
02:19Oui, autour de moi.
02:20Et à plusieurs reprises, ça pique.
02:23Ça pique.
02:24Ça pique, oui.
02:24C'était le point d'entrée de l'écriture il y a cinq ans
02:27avec David Lambert qui est mon co-scénariste.
02:29Avec qui on s'est dit, zut, nous deux, on connaît des personnes qui vivent ça, qui ont vécu ça,
02:34qui vont vivre ça.
02:35Alors on a été questionnés pas mal de victimes.
02:38C'est ça.
02:38Et est-ce que vis-à-vis d'elles, on a peur de mal raconter ?
02:40Oui, on a très peur de mal raconter.
02:42En revanche, il y a quelque chose d'assez saisissant.
02:45C'est qu'il y a toujours plus ou moins la même méthodologie dans les violences psychologiques.
02:49Cette mise à distance, cette mise sous cloche.
02:52Et on met sous cloche aussi l'entourage dont on parlait à l'instant.
02:55C'est-à-dire que l'idée c'est de créer le trouble dans le cerveau de la victime jusqu
03:01'à lui faire perdre sa confiance.
03:02Et est-ce que l'autre se présente, c'est ce que vous avez vu, c'est ce qu'on
03:05vous a raconté, c'est ce à quoi vous avez assisté.
03:08Et est-ce que l'autre se présente toujours sous son meilleur visage ?
03:11Est-ce qu'au départ, c'est le genre idéal ?
03:14C'est pour ça que le film est construit sous forme de flashback avec cette construction temporelle éclatée.
03:19C'est aussi pour raconter que c'était la jour 1.
03:21Mais pour autant, ça naît toujours d'une histoire d'amour.
03:23C'est très dédicat de dire ça.
03:25Mais en fait, juger le bourreau, c'est juger la victime.
03:28Parce qu'à ces victimes, on leur a toutes dit, pourquoi t'es pas partie plus tôt ?
03:31Toi, t'as su aimer ce mec-là ? Mais attends, il est affreux !
03:33Bah oui, mais parce qu'il y a toujours un peu d'amour à un endroit.
03:36Et puis parce que les bourreaux, ils se réveillent pas tous les matins en disant « je vais la briser
03:40».
03:40C'est jamais la volonté.
03:41L'idée, c'est de faire famille et de faire famille sur une île déserte, loin de tous.
03:47Vous vous cachez ici ?
03:48Non, non, non, ça va, au Hachem, je sais que partout ailleurs dans le monde, certains ont peur, mais il
03:55ne faut pas avoir peur d'être juif.
03:57Les Mezouza ?
03:59Mais c'est Mezouza à l'intérieur.
04:02C'est mieux à l'extérieur.
04:03Voilà.
04:04La Mezouza, c'est mieux à l'extérieur. Qu'est-ce que c'est que la Mezouza ?
04:06La Mezouza, c'est un petit parchemin qui vient bénir les foyers des juifs.
04:12Et donc, on met ça à l'extérieur, sur l'embrasure de la porte, vous savez, sur le, comment on
04:16dit, le ça ?
04:17Oui, le chambranle de la porte, le ça.
04:19Le chambranle, c'était ce mot, c'était exactement le chambranle, on n'a jamais l'occasion d'en parler.
04:22Et du coup, on le met à l'extérieur pour bénir le foyer.
04:25Voilà, donc, discussion qu'il y a eu dans énormément de foyers juifs pratiquants, à savoir, est-ce qu'on
04:32met la Mezouza à l'intérieur, est-ce qu'on met la Mezouza à l'extérieur, depuis le 7 octobre,
04:37depuis la résurgence des actes antisémistes ?
04:40Est-ce qu'il faut avoir peur ? Est-ce qu'il faut s'afficher ? Ou est-ce qu
04:42'il, contraire, il faut se cacher ?
04:43Est-ce qu'on n'en a pas marre d'avoir peur et on participe pas ? Enfin, là, je
04:47vois le voile, pas le voile, la Mezouza, pas la Mezouza.
04:50Allez, portons notre croix, dans tous les sens du terme, ça suffit, quoi. Arrêtons d'avoir peur, en fait.
04:55Il me semble que c'est le bon moment. Moi, il s'avère que mes parents, par exemple, la Mezouza,
04:59ils l'avaient mise à l'intérieur de chez moi.
05:00J'ai grandi avec une Mezouza à l'intérieur. Parce qu'ils disaient qu'on n'est pas obligés d
05:04'abéter la planète au sujet de notre appartenance religieuse, à juste titre.
05:08Sauf que, quand je suis devenue adulte...
05:10Donc, c'était pas de la peur.
05:11C'était pas de la peur, c'était autre chose, exactement.
05:13C'est-à-dire, c'était, nous, notre identité juive, elle est dans la sphère intime.
05:18Absolument. C'est pour ça qu'aujourd'hui, quand c'est rattrapé, politiquement, par ça, par cette peur-là,
05:24ça finit par nous gangréner, cette peur, en fait.
05:26Et on finit par se poser la mauvaise question.
05:28Donc, on n'a pas peur.
05:29Et dans le genre « mauvaise question », le personnage de Jacques est extrêmement péremptoire et qui dit « il
05:33ne faut pas avoir peur de l'extérieur ».
05:34Alors, évidemment, vous partez de la Mezouza.
05:36Mais c'est très prémonitoire comme injonction parce que, oui, l'ennemi, le danger absolu, en réalité, il se trouve
05:43à l'intérieur de la maison.
05:44Derrière la porte, oui.
05:44C'est pour ça aussi que c'est trouble, parce que c'est caché, c'est tue.
05:47Et puis parce que ça répond à « non, mais te mêle pas, c'est chez eux, ça se passe
05:51comme ça, tu sais le couple, il faut toujours se bagarrer un peu pour que ça dure ».
05:55Il y a tout un champ lexical comme ça auquel on est biberonné.
05:58Et qu'en réalité, il se méfie de manière totalement paranoïaque de l'extérieur, ce personnage.
06:01Parce que si ça rentre, on verra bien ce qui se passe.
06:04Je l'ai lu, mais je n'ai pas voulu y croire.
06:07Votre maman travaillait dans une entreprise de portes blindées.
06:09Et voilà, c'est servi sur un plateau.
06:12Et oui, elle a vendu des clés.
06:14Oui, c'est complètement vrai.
06:15Chez Caveniac Sécurité.
06:16D'accord.
06:17Donc, elle a vendu des portes blindées.
06:19C'est vous dire comme c'est constitutif de mon histoire personnelle.
06:23Moi, je sais qu'il faut blinder les portes.
06:25C'est ça, il faut blinder les portes.
06:30Franchement, j'ai lu ça.
06:30C'est pas mal.
06:31C'est pas mal.
06:32Pour une psy, c'est génial.
06:33C'est pour une psy, c'est extraordinaire.
06:35Alors, ce qui est très fin et très étonnant, c'est qu'on s'attend toujours à ce que la
06:38religion juive opère,
06:40toutes les religions en général, mais opère comme censeur, en fait.
06:44Qu'elle opère qu'elle ne soit qu'une injonction à obéir à son mari.
06:48Et en réalité, c'est beaucoup plus subtil que ça.
06:51Parce que la religion, c'est beaucoup plus subtil que ça.
06:54Encore une fois, si on commence à s'y attacher, à regarder de près, la religion, comme dans le couple
06:59d'ailleurs,
07:00est censée nous élever, quoi.
07:01Ça nous permet d'être curieux, de douter en permanence.
07:04Et pas l'inverse.
07:05Et quand c'est aux mains des mauvaises personnes et que ça devient dogmatique, ça devient dramatique.
07:10Mais c'est ça le titre, si tu penses bien.
07:12C'est si tu es un bon juif.
07:14Parce que Jacques est observant.
07:15Jacques est persuadé qu'il est un bon juif.
07:17Alors oui, parce qu'on est tous persuadés que quand on fait à notre étage et comme on peut,
07:23quand on fait comme on peut, c'est déjà beaucoup.
07:24Sauf que quand on nous dit, ben non mais c'est pas assez.
07:27C'est si tu penses comme moi, tout ira bien.
07:29C'est là que ça devient un sujet.
07:31Et puis cette injonction à penser bien, qui n'est pas forcément religieuse,
07:34parce que c'est un truc de pensée positive aussi,
07:36c'est qu'à un moment donné, ça te tétanise.
07:38Parce que tu dis, attends, là j'ai mal pensé, donc je vais recevoir, je vais être foudroyée à l
07:43'instant T,
07:44parce qu'il m'est traversée à l'esprit quelque chose.
07:47Et puis finalement, ce quelque chose qui m'a dit que c'était bien ou pas bien.
07:51Donc du coup, ça devient, comme dans le couple, comme dans les croyances,
07:55il faut que le vivre pour soi.
07:57Il faut qu'on récupère notre foi intérieure avant peut-être...
08:00Sauf que là, vous avez fait un couple et vous avez donné une importance à la religion juive,
08:05très importante dans ce film, dans ce couple, dans la psyché de ce personnage extrêmement noir.
08:11Vous chapitrez le film aussi, avec des percepts religieux.
08:16Et je me suis demandé si ce n'était pas votre manière, à vous Géraldine Nakache,
08:19de mettre la mésouza à l'extérieur.
08:21C'est bon, je l'ai mise factuellement.
08:23Mon père est venu la poser chez moi à l'extérieur.
08:24Ah, pour de vrai ?
08:25Pour de vrai.
08:26C'est ma façon à moi aussi de rappeler que la femme juive est une femme comme les autres.
08:31C'est toutes les femmes.
08:32C'est toutes les femmes.
08:34Ce film-là, encore une fois, la toile de fond du film, c'est le judaïsme,
08:37parce que c'est ce que je connais et que c'était important pour moi de parler de croyances.
08:40Mais ce film-là, il raconte d'abord ces violences sourdes,
08:45ce qui se passe derrière la maison, béni ou pas béni, par une mésouza ou pas.
08:49Et on a tellement peu d'espace pour en parler que ça me semblait être nécessaire de rappeler que c
08:55'était tout le monde.
08:59Un, ça se dit errad.
09:00Sa valeur numérique, c'est 13.
09:03C'est la même valeur numérique que le mot amour.
09:06Ça veut dire que c'est en faisant un qu'on peut s'aimer.
09:09Comment je suis supposée faire un ?
09:11Moi, avec quelqu'un qui supporte ni ma famille, ni mon travail, ni mes amis ?
09:15En faisant agile, sans les autres.
09:17Ma famille.
09:18Mes parents ?
09:19Ça, c'est les autres ?
09:20Pas d'histoire.
09:23Tu mens, Gilles ?
09:24Les parents, ça, c'est les autres.
09:25Ça, c'est le nœud du film pour Gilles, pour votre héroïne.
09:28On parlait tout à l'heure, les témoins, l'entourage.
09:30Oui, les témoins.
09:31Mais vous, vous n'avez pas choisi n'importe quel entourage.
09:33C'est-à-dire, ce n'est pas les copains, c'est les parents.
09:36Oui, la famille.
09:36Parce que ça aussi, quand on écrivait avec David, on a rencontré beaucoup de femmes qui nous disaient qu'elles
09:40n'avaient pas forcément de famille,
09:41pas forcément de travail, une dépendance économique.
09:44Là, en l'occurrence, on a voulu dessiner une Gilles qui avait une famille entourante, aimante, qui était là, présente.
09:50Et ça ne suffit pas à protéger.
09:51Et ça, c'était important pour nous de le raconter aussi.
09:54Une femme qui, par exemple, aime son métier, un métier qu'elle aime, qu'elle ne fait pas juste pour
09:58gagner sa vie, ça aussi, ça ne suffit pas.
10:01Et ça, c'était important pour nous de rappeler qu'encore une fois...
10:04Et ça dit quand même, parce que là aussi, vous avez mis la Mezouza à l'extérieur, vous dites quelque
10:09chose de votre judaïsme à vous,
10:11ça dit aussi quelque chose de votre rapport à vous, à la famille, à la fratrie, aux parents, c'est
10:16-à-dire dans le nœud de ce qui peut à la fois rendre puissamment heureux,
10:20la naissance d'un bébé, un mariage, et en même temps, qui peut détruire, c'est-à-dire le rôle
10:24absolument clé, ce socle fondamental, la famille.
10:28Vous en parlez si bien, je sais...
10:30Mais c'est votre film !
10:32C'est de vous que je parle !
10:33Merci beaucoup de le synthétiser comme ça, parce qu'effectivement, c'était important aussi pour moi de raconter qu'il
10:38y avait des socles,
10:39et que c'est pas parce qu'on a les bonnes bases qu'on ne tombe pas là-dedans non
10:44plus.
10:45Très important, parce qu'encore une fois, elles nous ont toutes dit ça pendant l'écriture.
10:50Mais comment toi, t'es tombée là-dedans ? Pourquoi t'es pas sortie de là plus tôt ?
10:54Toi qui es si bien entourée, toi qui...
10:55Et vous, ce lien avec votre mère, vous l'avez vécu quand vous avez eu un premier enfant ?
11:00Parce que là, la mère, elle a un rôle très très beau.
11:03Elle a un rôle... Elle voit, elle dit pas, elle arrondit les angles.
11:07Les deux parents, ils arrondissent les angles, c'est assez joyeux.
11:09Et c'est Clémentine Serreri qui joue la mère.
11:12Mais vous l'avez vécu, ce lien très fort avec votre mère, quand vous, vous avez eu un enfant ?
11:17Je le vis.
11:18Vous le vivez ?
11:19Je le vis.
11:19Oui, j'ai ce lien très fort avec ma maman.
11:22Avec qui on partage par ailleurs une grande pudeur aussi, parce que c'est culturel, sûrement générationnel aussi.
11:27Mais oui, je le vis très fort.
11:29Moi, j'ai pas vécu les violences de Gilles, mais en revanche, je sais que ma maman n'intervient pas.
11:33Elle se verrait pas intervenir, par exemple, dans mes choix de vie personnelle, encore moins professionnelle.
11:41Mais c'est moi qui vais libérer sa parole, parfois, en disant, alors qu'est-ce que t'en penses
11:46?
11:46Oh ben non, attends, attends ma fille.
11:49Sacrée année, parce qu'on vous a vu arriver sur la scène de la Cor Arena très, très, très, très
11:53enceinte.
11:54Très enceinte pour la troisième fois.
11:55Au mois de mars.
11:55Oui, c'est vrai, avec Loris, mon amie.
11:57Voilà.
11:59Sacrée année, donc il y a un bébé qui arrive.
12:02Boum, un film à Cannes, c'est ça ?
12:04Oui, c'était bizarre.
12:05J'ai accouché, et trois semaines après, j'étais à Cannes, dans la salle mythique qu'on connaît, avec toute
12:10ma famille.
12:10Et puis même la famille de cinéma.
12:12Donc j'avais l'impression que c'était une grande circoncision pour mon fils.
12:15Mais à Cannes, c'est très particulier.
12:17C'était très, très particulier.
12:20Voilà.
12:21Voilà, voilà.
12:22Non, c'était un délire, ce moment-là.
12:25Parce qu'il y avait Adèle Exarco-Pouzouz, François Civil, Mélanie Laurent devant vous, FCRC.
12:29J'ai revu la séquence hier.
12:30C'était dingue, c'était dingue.
12:31Où tout le monde...
12:32C'est ça, la famille de cinéma ?
12:33On dit, c'est un peu galvaudé, ce truc de famille du cinéma et tout.
12:36Moi, j'ai de la chance.
12:36J'ai ma vraie famille, celle du sang qu'on connaît, qui porte le même nom que moi, Olivier.
12:40Les Nakaches.
12:41Les Nakaches et Toledano.
12:43Et puis il y a celle que je me suis créée, qui n'est pas une vue de l'esprit,
12:46qui n'est pas un truc qui n'existe pas.
12:48Et quand la lumière s'est allumée à Cannes, pour autant, tous ces gens-là avaient déjà vu mon film.
12:51S'il ne s'est pas lu, 450 versions aussi.
12:53Ils étaient tous là.
12:54Et c'était très important pour moi qu'ils soient là.
12:56Très important.
12:58Alors, l'autre Nakache, Olivier, qui est le grand frère de sa petite sœur et vous, la petite sœur de
13:03votre grand frère, etc.
13:05Ça me met un frisson, j'adore ça.
13:06C'est vrai ?
13:07Le grand frère de sa petite sœur et la petite sœur de son grand frère.
13:10J'adore ça.
13:10Revenez plus souvent.
13:13Juste une illusion, tabac énorme aussi.
13:16Ah ouais, à juste titre.
13:17Voilà, à juste titre, probablement.
13:21Je reviendrai après sur le post Instagram que vous avez fait pour annoncer la sortie du film de votre grand
13:26frère.
13:27Bon, on reviendra après, mais vous vous y êtes reconnue.
13:30Vous avez reconnu un bout de votre enfance à vous.
13:32Vous avez reconnu vos parents ?
13:34Oui, j'ai reconnu mes parents.
13:35Qu'est-ce que vous avez reconnu de vous ?
13:36J'ai reconnu la douceur.
13:38J'ai reconnu la transmission dédicate.
13:42J'ai reconnu les difficultés sociales et sociétales, mais avec la joie.
13:49On parlait de socle tout à l'heure, avec la joie.
13:51Et ça, je dois reconnaître aujourd'hui, parce que j'ai l'âge qu'il faut, peut-être pour commencer
13:55à faire des petits bilans,
13:56que la joie, c'est le bon socle.
13:58C'est bien, c'est super.
14:00Il y a tout le reste, il y a des erreurs, il y a de l'atavisme.
14:02On fait aussi de la merde par ailleurs quand on est parent, etc.
14:05Mais on fait aussi ça.
14:06Et moi, m'avoir biberonné à la joie, nous avoir donné ça, c'est génial.
14:08Il n'y a pas toujours de la joie, Géraldine, dans une famille d'exilés ?
14:12Parce que vos parents, c'est leur histoire.
14:14Justement.
14:14C'est être arraché à l'Algérie.
14:16Oui, exactement.
14:17Ils ont transformé ça en lumière.
14:19Parce que moi, mes parents, ils m'ont souvent dit, tout le temps dit,
14:22quand je disais, c'était comment l'Algérie ?
14:24Les odeurs, les odeurs !
14:25J'ai dit, arrêtez les odeurs, c'était comment ?
14:27Et puis tout d'un coup, j'ai vu que ça s'embrumait dans les yeux.
14:30Il y avait quelque chose qui était de l'ordre de l'arrachement.
14:33Et ça, j'ai compris parce qu'il y a quatre ans, grâce à mon grand frère,
14:37on a eu la chance tous les quatre, mon frère, mon père, ma mère et moi,
14:40d'aller à Constantine, 60 ans après que mes parents aient quitté l'Algérie.
14:44Et on a compris, enfin, mon frère et moi, ce que c'était les odeurs.
14:48On a compris qu'évidemment, ce souvenir olfactif, on a tout compris.
14:52On est rentré dans les souvenirs qui n'étaient pas ou peu racontés par nos parents,
14:57parce qu'ils étaient anéantis par cette douleur de l'arrachement.
15:01Et on a tout compris, on est resté quatre jours sur place, à pèlerinés, tous les endroits.
15:06Mon père est parti tard, il est parti à 15 ans,
15:07donc on a pu aller voir pas mal de lieux où il avait grandi.
15:11Je dois reconnaître que ça, si vous avez l'occasion, il faut le faire.
15:14Moi aussi, je l'ai fait. Je suis retournée avec la mère dans le pays de la mère.
15:17Ah génial, ça c'est dingue, hein ?
15:18C'est dingue, c'est dingue, c'est dingue.
15:20Mais alors, qu'est-ce qu'on pleure ?
15:21Oui, mais bon, s'il y a un endroit où il faut être liquide, c'est là-bas.
15:24C'est ça.
15:25Mais c'est bien, c'est les bonnes larmes, c'est le bon endroit.
15:27Il est en avion, rien que l'aéroport, voilà. Là, ça pleure déjà.
15:31Ah oui, ça pleure de tous les côtés.
15:32Là, on est au max. Mais c'est bien, c'est super.
15:36C'est bien.
15:36Donc, quand votre grand frère fait juste une illusion,
15:42vous vous faites un post Instagram et vous vous adressez à Céline Dion en disant
15:47Céline, stoppe les textos, fais comme tout le monde, achète ta place.
15:52On était pile au moment de la loterie, là, et du truc autour de Céline Dion,
15:56où je n'ai pas eu ma place, d'ailleurs, parce que je n'ai pas été sélectionnée.
15:59Alors que j'ai toujours acheté mes places pour les concerts de Céline.
16:02Ce truc de loterie, moi, ça m'a...
16:03Attends, ça a été réparé depuis.
16:05C'est-à-dire ?
16:06J'ai eu ma place.
16:07Ah ouais ?
16:07Ben oui. Alors, je ne sais plus quel jour, parce que ça a été...
16:09Parce qu'à la base, à un moment donné, j'ai eu une place le jour de Kipour, le grand
16:13pardon.
16:13Je dis, ben en fait, je suis un corbeau.
16:15Donc, je ne vais pas pouvoir aller voir Céline Dion parce que je suis censée me faire pardonner ce jour
16:18-là, moi.
16:18Et bon, c'est bon, j'ai trouvé la bonne date.
16:20Je vais donc aller voir Céline.
16:22C'est Dieu ?
16:23C'est Dieu ?
16:24Ouais, c'est ça.
16:25C'est Dieu qui t'a donné une place pour Céline Dion ?
16:27Non, tu n'as pas compris.
16:28Céline Dion, c'est Dieu.
16:29Ah, Céline Dion, c'est Dieu.
16:30Non, je n'avais pas compris.
16:31Non, tu n'as pas compris.
16:32Je me questionne à peu près tous les jours si je dois aller devant le Royal Monceau ou pas.
16:37Ce n'est pas une blague.
16:38Le Royal Monceau, c'est l'hôtel où elle vit, où elle séjourne.
16:41Et on a bien vu, là, depuis quelques jours, qu'à chaque fois qu'elle sort...
16:43Tous les matins, les fans sont là.
16:44Tous les matins, elle sort.
16:45Elle est très bien habillée, très bien coiffée, très bien maquillée.
16:48Elle est belle comme un cœur.
16:49Elle est belle.
16:50De toute façon, tu as compris qu'il n'y avait pas de...
16:52Moi, je n'ai pas de recul.
16:53Je n'ai pas tellement envie que tu en es non plus avec moi.
16:56Je ne veux pas...
16:57Je la trouve très belle.
16:58Je suis très contente qu'elle remonte sur scène parce que ça veut dire qu'elle a la santé pour.
17:04Il faut lui souhaiter.
17:05Parce qu'on a vu le documentaire.
17:06On a vu le documentaire.
17:07Où elle est sans maquillage, sans coiffure.
17:09C'est ça.
17:09Donc là, je suis très contente qu'elle soit très maquillée, très habillée et qu'elle remonte sur scène
17:13et qu'elle tienne la route.
17:15Après, elle est comme elle est.
17:16Mais c'est 20 sur 20 pour moi, tout le temps.
17:18C'est 20 sur 20.
17:19Et tous les matins, elle fait un petit show pour les fans qui l'attendent.
17:22Merci.
17:23On n'a jamais vu ça.
17:24C'est-à-dire que normalement, l'image d'Épinale, c'est la star avec les bodyguards,
17:29qui court, qui court, qui court, jusqu'à une fourgonnette avec des portes vitrées de noix.
17:33Et alors, on s'engouffre.
17:34Par contre, Céline, depuis le début, c'est quand même la nord-américaine canadienne à part.
17:39Elle a toujours parlé de ses difficultés à avoir des enfants, un peu de ses ovaires quand même.
17:43Enfin, vraiment, on est quand même sur un champ lexical, Céline, depuis le début, de « je vous donne tout
17:47».
17:48Parce qu'elle a tout donné à son public, pour le coup, vraiment, jusqu'à Las Vegas,
17:52tous les soirs de toute sa vie, à se tuer la santé.
17:55Donc là, ce n'est pas complètement incohérent ce qu'elle fait.
17:57C'est juste qu'on se dit « encore ? Elle en est encore là ? »
18:00Ah ouais, magnifique.
18:01Ça, c'est vous qui chantez, Céline.
18:05Non, mais vous en avez fait un film.
18:07Ah ouais, non, mais c'est pas une blague, en fait.
18:09J'irai où tu iras.
18:10C'est-à-dire que le grand frère, il a piqué l'idée de sa petite sœur de donner à
18:13sa comédie le nom d'une chanson culte.
18:16C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
18:18Ah ouais, j'avais pas pensé à ça, Olive, alors, évidemment, quand on en parle.
18:21Il a piqué l'idée à sa petite sœur.
18:22J'avais pas pensé à ça, et bien, c'est vrai, c'est vrai.
18:24Merci Géraldine Nakache.
18:25Merci, c'était super.
18:25Bah, ouais, non, c'était super que vous veniez.
18:28Venez, venez plus souvent, venez plus souvent.
18:30Je suis là demain, il ne faut pas me dire ça beaucoup, trop de fois.
18:32Si tu penses bien, sors en salle le 16 septembre, c'est mercredi prochain, c'est Mona Chokri.
18:37Très belle idée d'avoir pris Mona Chokri et Nils Schneider, ils sont parfaits tous les deux.
18:41Merci.
18:41Voilà, c'est un film d'une grande pudeur, d'une grande tenue et remarquablement écrit.
18:46Merci.
18:46Bravo.
18:46Merci.
18:47Merci.