- il y a 1 semaine
L'invitée du Grand Portrait du jour est Judith Godrèche, pour son livre "Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux" (éd du Seuil), où elle évoque ce qu'elle a subi dans sa jeunesse avec le réalisateur Benoît Jacquot et son combat pour faire entendre sa voix. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-12-janvier-2026-7403917
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00:00Mais tout de suite, un visage familier dans le grand portrait.
00:04Une fille qui est venue à mon micro le 8 février 2024
00:07et dont l'interview a été visionnée des centaines de milliers de fois.
00:21Avec Judith Godrech, on ne se connaissait pas et d'ailleurs on ne s'est jamais revue.
00:25A l'époque, elle m'avait contactée sur Instagram.
00:28J'avais cru à une blague, il m'avait fallu vérifier que Judith Godrech était bien.
00:34Judith Godrech, elle voulait parler et moi je sentais l'urgence de tout ce qu'elle avait à déballer.
00:39Cette fameuse semaine de février 2024, Le Monde a commencé à publier une enquête sur son histoire
00:45donnant la parole aussi à ceux qu'elle accusait.
00:48Elle a déposé plainte à la brigade des mineurs contre le réalisateur Benoît Jacot,
00:53de 25 ans son aîné, pour viol avec violence sur mineurs de moins de 15 ans.
00:57Et elle est venue dans ce studio, ça a été un raz-de-marée.
01:02Ensuite, elle a continué à parler, parler, parler.
01:06Elle a parlé à la cérémonie des Césars en demandant à tout le cinéma français
01:09si c'était bien normal que des metteurs en scène puissent faire tout ce qu'ils voulaient avec des petites filles.
01:15Beaucoup ont dit qu'elle parlait trop, qu'elle devenait fatigante à force de parler.
01:19Elle le sait, qu'elle fatigue, mais vous savez quoi ?
01:22Elle a encore des choses à dire, à écrire et à montrer.
01:26Portrait numéro 71.
01:28Bonjour Judith Godrèche.
01:32Bonjour.
01:33Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux.
01:36C'est ce livre qui paraît aux éditions du Seuil.
01:39Textes, documents d'archives, lettres de quand vous étiez petite et photos.
01:43Vous n'éludez rien.
01:45Rien des insultes, rien de la hargne, rien des moqueries que vous suscitez
01:50en racontant cette emprise d'un cinéaste sur la gosse que vous étiez.
01:54Si t'as une cicatrice, montre-la nous, disent en résumé les réseaux sociaux.
02:01Le problème, c'est que la cicatrice, elle est invisible ?
02:05Oui, elle est invisible et elle était d'ailleurs pendant très très longtemps invisible pour moi
02:12ou en tout cas réprimée ou refoulée.
02:19Et c'était important pour moi de la retrouver, cette fille, cette petite-fille.
02:25Et de retrouver cette petite-fille de mon enfance, justement pour la réanimer quasiment
02:34et pour en faire un portrait en forme de puzzle et qui puisse justement pour aussi la comprendre.
02:47Et alors cette phrase, prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux, elle vient d'où ?
02:51Elle vient de la nécessité de donner un coup dans la porte et en effet, oui,
02:58de confronter ou de remettre en question l'ordre établi.
03:03C'est-à-dire l'ordre, la loi, celle à laquelle j'ai eu le sentiment d'avoir été soumise à une loi
03:14sans mon consentement mais sans le savoir.
03:17Et d'avoir eu à respecter la loi des adultes, la loi du plus fort, la loi du réalisateur homme
03:22que j'avais rencontré quand j'avais 14 ans.
03:25Et de ne pas avoir pu formuler, en tout cas pendant toutes ces années,
03:31que cette loi-là n'était pas l'autorité que je devais respecter.
03:35Alors je vais préciser dans quel contexte on se parle.
03:38Benoît Jaco est mis aujourd'hui en examen, mais dans une autre affaire ou dans d'autres affaires que la vôtre.
03:44Les faits que vous dénoncez, Judith Gaudrech, ils sont prescrits.
03:48Puisqu'à l'époque, la prescription n'allait pas au-delà de 10 ans.
03:51Il n'y a donc pas d'affaires judiciaires en cours dans ce que nous évoquons ce matin.
03:56Et c'est intéressant parce que vous êtes allé déposer à la brigade des mineurs en février 2024.
04:01Mais néanmoins, c'est un combat sociétal que vous menez.
04:08Brigade des mineurs, d'ailleurs, où vous avez été face à face avec un gros nounours
04:12et une petite dînette.
04:35Quand vous aviez 12 ans, vous embrassiez la pochette du disque.
04:39On a à peu près le même âge et moi, j'ai embrassé la télé pour embrasser John Travolta.
04:46Il y a dans ce livre que vous publiez au Seuil, Judith Gaudrech, des textes, des lettres, je l'ai dit, des photos.
04:54Elles sont tout à fait glaçantes, ces photos.
04:59Parce que sur ces photos, on vous voit, vous venez de finir la quatrième.
05:05Et donc, qu'est-ce qu'on voit sur ces photos ?
05:08On voit que vous êtes une petite fille.
05:11Or, il y a beaucoup qui vous refusent ce mot de petite fille.
05:15Oui, et c'est vrai que, d'ailleurs, on n'écrit peut-être pas des livres, en tout cas pour convaincre.
05:27Mais en l'occurrence, il y a une part de moi qui cherche toujours à convaincre et à me convaincre.
05:32Cette écriture, c'était aussi de retrouver l'enfant que j'étais, mais pas que pour moi,
05:38pour être un maillon de la chaîne et pour apporter, pour que ce livre puisse être aussi une clé.
05:43Alors, une clé, qu'il soit une forme d'utilité.
05:48C'est-à-dire qu'on puisse se dire, justement, moi qui ai vécu telle et telle chose
05:54et qu'il n'arrive pas à mettre des mots dessus, à trouver la forme.
05:59Ce livre, parce que cette fille, elle dit ça, elle a vécu ça, elle parle d'elle comme ça,
06:04elle fait ce portrait d'elle.
06:05Et ce portrait de cet enfant, j'arrive à m'identifier, j'arrive à comprendre ce que j'ai vécu moi aussi.
06:13Et c'est vrai que cette petite fille que j'étais...
06:15En regardant des photos.
06:16En regardant des photos, en encrant, en fait, les mots pour moi ont une force
06:20qui est d'ailleurs celle, la plus grande force.
06:25C'est-à-dire que c'est grâce aux mots et grâce à ce livre, j'ai le sentiment d'être dans un...
06:33Que la réparation, en fait, s'inscrit là, s'inscrit dans l'écriture,
06:37de la même manière que quand j'étais petite.
06:38L'imaginaire, la créativité et toutes ces choses dont cet enfant qui animait mon enfance, en fait.
06:48C'est ça aussi que je me réapproprie, puisque lors de ce vécu avec cet homme,
06:54et entre mes 14 et mes 20 ans, et de cette histoire de ce vécu avec Benoît Jacot,
07:00avec cet homme bien, bien, bien plus âgé que moi,
07:03c'est aussi mes mots qui ont...
07:07Il a mis la main sur mon corps, mais aussi sur mes mots.
07:12Et ça, je me le réapproprie dans l'écriture.
07:16Et là, il faut utiliser des mots crus.
07:17D'ailleurs, si vous-même, vous écoutez la radio, là, avec des enfants,
07:20je vous propose de baisser le son une ou deux minutes,
07:23parce qu'on va dire des choses un petit peu crues.
07:25Parce que vous avez eu besoin de les écrire.
07:28Vous avez eu besoin d'écrire que quand on a 14 ans,
07:31et qu'on est donc une enfant de 14 ans,
07:33on ne connaît pas son sexe, on ne connaît pas son corps.
07:36Judith Godrej.
07:37J'ai voulu, et c'est vraiment le seul passage du livre
07:40où je parle de manière aussi, où j'utilise la violence des mots,
07:45j'ai voulu raconter de manière quasiment clinique
07:49ce que c'est d'écrire un corps d'enfant
07:52qui se retrouve entre les mains d'un corps d'adulte.
07:57D'un adulte, plutôt, pardon.
07:59Et c'est vrai que je connais la puissance et la violence des mots.
08:07Et c'est pour ça qu'il faut évidemment donner un trigger warning,
08:10parce que ces mots peuvent déranger.
08:14Vous dites, moi j'avais 14 ans, je savais qu'il y avait deux trous
08:17et je ne savais rien d'autre.
08:19Vous dites que quand une petite fille de 14 ans,
08:21son corps n'est pas fait pour le sexe d'un homme de 40 ans,
08:25n'est pas fait pour cet appétit sexuel-là,
08:27pour cette dureté-là.
08:29Vous dites qu'il avait un sexe coupant,
08:31vous parlez d'une scie bandante.
08:33Je le dis, j'en ai les larmes aux yeux.
08:36Évidemment qu'il faut arriver à le lire,
08:37il faut arriver à l'entendre.
08:40Il faut arriver à l'entendre.
08:41Il faut arriver à l'entendre aussi,
08:43et peut-être, il faut arriver, j'espère,
08:45mais comprendre l'incompréhension d'une fille de 14 ans,
08:53c'est-à-dire, et non seulement l'incompréhension,
08:55mais le besoin à ce moment-là,
08:57au moment où les choses arrivent,
08:59et l'incapacité de comprendre ce qui lui arrive,
09:03et aussi d'immédiatement repeindre la chambre en rose,
09:08repeindre ce qui lui arrive d'une autre couleur,
09:10celui de l'idéalisation, de la romantisation,
09:14de « ça devient immédiatement, il est impératif »
09:19par l'instinct de survie,
09:21de transformer la violence en grande histoire d'amour.
09:25On n'a pas le choix.
09:26C'est-à-dire que quand on est victime de violence,
09:31et qu'on est sexuel, et qu'on est enfant,
09:33on se sent coupable.
09:35Avant tout, on se sent coupable.
09:37La personne dont on...
09:39Les mots qu'on emploie à l'intérieur de soi pour...
09:43Si on arrive à se formuler,
09:46par exemple, le mot « sale »,
09:48c'est « sale ce que je vis »,
09:50mais ce n'est pas « sale ce qu'il me fait »,
09:52c'est « sale je suis sale ».
09:54C'est-à-dire qu'il y a quelque chose de l'ordre du...
09:57Le jugement vient contre soi,
10:00et se sentir coupable,
10:04c'est quelque chose qui dure toute une vie.
10:09Et c'est en ça que je me dis parfois
10:11que l'écriture de ce livre, j'espère,
10:14aura une forme de...
10:16aura un impact sur ceux qui ancrent
10:22leur croyance à un endroit
10:25où il est justement de ne pas me croire
10:27ou de juger ma prise de parole si tardive.
10:30Mais j'espère qu'ils comprendront
10:33si ce livre leur tombe entre les mains,
10:36que la culpabilité persiste
10:38et dure toute une vie, je pense.
10:40En tout cas, voilà.
10:42Pardon.
10:43Un jour, vous tombez sur le documentaire
10:45réalisé par Gérard Miller,
10:46ça s'appelle « Les russes du désir »,
10:48« L'interdit »,
10:49tout un tas de personnalités
10:51du monde artistique,
10:53du monde intellectuel,
10:56témoignent dans ce documentaire
10:57de la manière dont ils transgressent.
11:00Et puis là, il y a le fameux passage
11:02de Benoît Jacot
11:04qui vous fait ouvrir les yeux
11:06sur votre propre histoire.
11:08Judith Godrech, on l'écoute.
11:10Judith Godrech a 15 ans
11:12quand vous la rencontrez.
11:13Pourquoi est-ce que votre vie
11:14a comme basculé ce jour-là ?
11:16C'est parce qu'il y a pour commencer
11:17ce désir qui était là manifesté
11:19très radicalement, très violemment
11:21par une très jeune femme
11:22de commencer quelque chose,
11:24à savoir d'être actrice.
11:26Pour le coup, Judith a braqué mon désir.
11:29En commençant à vivre avec Judith Godrech
11:31alors qu'elle était encore mineure,
11:33c'était clairement une transgression pour vous ?
11:35Oui, c'est forcément une transgression
11:37parce que je ne sais plus,
11:38ne serait-ce qu'au regard de la loi
11:40telle qu'elle se dit,
11:42on n'a pas le droit, en principe.
11:44Mais ça, elle n'avait rien à foutre
11:45et même elle, ça l'excitait beaucoup, je dirais.
11:47Faire du cinéma est une sorte de couverture
11:50pour des mœurs de ce type-là.
11:52Et en même temps, on peut sentir
11:54qu'il y a une certaine estime
11:55ou une certaine admiration
11:56pour ce que d'autres
11:58aimeraient sans doute bien pratiquer aussi.
12:01Je précise que depuis octobre 2025,
12:04Gérard Miller, psychanalyste,
12:05est mis en examen pour viol et agression sexuelle.
12:08Il y a des jeunes femmes
12:09qui ont témoigné, notamment des mineurs,
12:11avoir été agressées pendant des séances
12:13d'hypnose qu'ils pratiquaient.
12:16Ces mots-là, ils vous ont réveillés,
12:18ils vous ont sortis de la culpabilité,
12:23ils vous ont sortis de ce que vous avez voulu romantiser,
12:27de l'histoire que vous vous étiez racontée,
12:30de cette grande histoire d'amour.
12:35Ils sont très intéressants à réécouter aujourd'hui
12:37et à confronter avec vos mots
12:39ce que vous publiez dans ce livre
12:41Judith Gaudrèche et qu'inlassablement
12:43vous avez emmené de micro en micro
12:46en disant
12:47comment pouvez-vous le croire ?
12:52Comment pouvez-t-il y croire ?
12:53Comment pouvez-vous, vous tous, le croire
12:55qu'une jeune fille de 14 ans,
12:57qu'une petite fille de 14 ans
12:59a vu un homme de 40 ans
13:01et s'est dit
13:01je vais braquer son désir ?
13:04Oui, et vous voyez,
13:05quand j'entends ces mots,
13:06je me dis tiens, alors maintenant
13:07et deux ans plus tard,
13:09après avoir en effet
13:10après que cet entretien
13:14entre ce documentaire de Gérard Miller
13:16et cette interview de Benoît Jacot
13:18soit apparue dans ma vie
13:20et déclencher un tel bouleversement
13:23dans ma vie
13:24et un tel choc,
13:25justement je me dis
13:26ben voilà, on entend deux hommes
13:27qui sont en train de se réjouir
13:29dans une conversation absolument mondaine
13:33et de se galvaniser l'un l'autre
13:35de cette idée de la transgression
13:37de la transgression
13:39et aussi de l'inversion des rôles
13:42c'est-à-dire, et bien non
13:44d'abord, ce n'est pas une enfant
13:46qui veut séduire un adulte
13:47et puis même, si même un enfant
13:49un jour voulait, pensait être amoureux
13:52comme on peut se dire
13:53quand on est enfant
13:54de John Travolta
13:56qui était un adulte
13:57quand j'étais petite
13:58ça ne veut pas dire d'abord
13:58qu'un adulte doit passer à l'acte
14:01c'est l'adulte
14:03qui met toujours les limites
14:04et non pas l'enfant
14:05qui connaît les limites
14:06et puis par ailleurs
14:08absolument pas
14:08ça n'est pas
14:09l'inversion des rôles
14:10va très très loin
14:11puisque c'est même
14:12justement
14:12limite
14:14Benoît Jacot
14:15est en train de dire
14:16qu'il était victime
14:18et surtout
14:20c'est intéressant
14:20parce qu'il emploie le mot loi
14:22et il emploie la loi
14:23il se moque de la loi
14:24et c'est à cet endroit-là
14:26précisément
14:27que dans ma détermination
14:30dans ma colère
14:33et moi j'ai voulu
14:35invoquer la loi
14:37et le remettre lui
14:39à l'endroit de la loi
14:40et qu'il aille face
14:43qu'il aille
14:44comment dire
14:44qu'il se retrouve face
14:45à la loi
14:46à l'autorité
14:47et qu'il aille
14:48se galvaniser
14:50et faire des blagues
14:51en parlant
14:52d'un enfant de 14 ans
14:53qui est d'une enfant
14:54de 14 ans
14:54qu'il rencontre
14:55devant
14:56un juge
14:58Vous diriez
14:59depuis que vous témoignez
15:00depuis deux ans
15:02que vos parents
15:02ont été roulés
15:03dans la boue
15:04Qu'est-ce que vous leur accordez
15:07une très belle place
15:10dans ce livre ?
15:11Oui
15:12ou en tout cas
15:12j'ai découvert
15:15parce qu'en fond
15:16vous savez
15:19moi aussi
15:20je suis quelqu'un
15:20qui
15:21comment dire
15:22je parle
15:23les choses m'arrivent
15:25c'est comme si
15:27les choses
15:27oui mais
15:28j'ai décidé
15:29j'ai décidé
15:30j'ai accepté
15:31d'aller parler au César
15:32j'ai fait ce discours
15:33etc
15:33mais dans le fond
15:34à chaque étape
15:35à chaque moment
15:36de
15:36de
15:37de
15:37de ces deux années
15:39depuis ma prise de parole
15:40et depuis cette plainte
15:42j'ai à faire face
15:44à des
15:45à des menaces
15:46à des agressions
15:47et à
15:48et à
15:49à différents
15:50comment dire
15:51à différentes
15:52différentes
15:53réactions de l'opinion publique
15:55on va dire
15:56et c'est vrai que
15:56et c'est vrai qu'il y a
15:58pourquoi les parents
15:58de Judith Godrèche
15:59n'ont-ils rien dit
16:00pourquoi les parents
16:01de Judith Godrèche
16:02n'ont-ils rien dit
16:03vous l'écrivez
16:03vous l'écrivez
16:04vous l'écrivez
16:04pas autant de fois
16:05qu'on vous l'a seriné
16:06mais presque
16:07oui parce que
16:08je me suis posé la question
16:09pourquoi ce réflexe
16:11c'est à dire que
16:11la réaction par exemple
16:12face à
16:13notre entretien aujourd'hui
16:15peut-être que sur les réseaux sociaux
16:17pardon
16:17la réaction immédiate
16:19sera de dire
16:20et les parents
16:21et moi je me dis
16:21mais attendez
16:23vous venez d'entendre
16:24par exemple
16:24ou d'entendre
16:25Benoît Jacot
16:26ou de lire une enquête
16:28dans le monde
16:29ou de etc
16:30et votre réaction
16:31c'est pas de dire
16:32mais tu te rends compte
16:33ce qu'il lui a fait ce type
16:34mais tu te rends compte
16:35ce type de 40 ans
16:37avec cet enfant de 14 ans
16:38non non
16:38c'est de détourner
16:40l'attention
16:41qui devrait être
16:42entièrement
16:43ancrée
16:44tournée
16:44pointée
16:45se face à face
16:47avec l'agresseur
16:49c'est à dire
16:50pourquoi détourner
16:51le sujet
16:53et se tourner
16:54vers les parents
16:54et surtout
16:55alors qu'en plus
16:56alors quand il s'agit
16:57de la mère
16:57c'est à dire
16:58je trouve ça
16:59doublement violent
17:04que de dire
17:04au lieu d'ancrer
17:06on va dire
17:06sa révolte
17:07son
17:08son
17:09son
17:09son
17:10son
17:10son
17:10son
17:11son
17:11oui
17:11la réalité
17:13c'est que le coupable
17:13c'est l'agresseur
17:14et le premier responsable
17:16le responsable
17:17des agressions sexuelles
17:19dont je suis victime
17:20c'est
17:21ce sont mes agresseurs
17:23et donc
17:24par votre mère
17:25voilà
17:26qui est brûlée en place publique
17:27voilà
17:28et pourquoi la société
17:30à un endroit
17:31où une partie de la société
17:33patriarcale
17:34a besoin de protéger
17:35cette image
17:36de l'homme
17:39de l'artiste
17:41de celui
17:43qui
17:44d'une certaine manière
17:45représente une forme
17:47de pouvoir
17:47d'autorité
17:49justement
17:49qu'on ne veut pas
17:50remettre en question
17:51cette autorité-là
17:52est celle
17:53et vous savez
17:54il y a ce mot
17:55quand on porte plainte
17:56qu'on découvre
17:57il y a
17:58et pardon
18:00je vais peut-être
18:00mal le dire
18:01mais il y a
18:01c'est-à-dire qu'il y a
18:02viol avec autorité
18:04c'est-à-dire qu'il y a
18:04quelque chose
18:05de l'ordre de
18:05ils étaient également
18:07ils étaient
18:08des réalisateurs
18:09donc j'étais
18:10j'étais
18:11dans une position
18:12vous savez
18:13je travaillais
18:15quoi en fait
18:15c'est-à-dire qu'il y a aussi
18:16ce rapport à l'autorité
18:18lié au métier
18:19même si vous êtes
18:20un enfant
18:20ça paraît étrange
18:21de dire ça
18:22j'avais un métier
18:23j'étais un enfant
18:24je travaillais
18:24j'étais actrice
18:25et c'est pour ça aussi
18:27qu'il me semble
18:29fou
18:31de déplacer
18:32le
18:32le
18:33le problème
18:34même si le problème
18:35n'est pas le mot
18:36mise au point
18:37parfois très très
18:39très émouvante
18:40c'est ce livre
18:41prière de remettre en ordre
18:42avant de quitter
18:43les lieux
18:44et c'est Judith Gauderèche
18:45la preuve
18:46elle n'a pas fini
18:47d'en parler
18:47aux éditions du Seul
18:50merci Judith Gauderèche
18:51d'être revenue
18:52deux ans après
18:53sur France Inter
18:54merci
18:54merci
18:55merci
18:55merci
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