- il y a 7 semaines
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h.
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00:01Bonsoir à tous, bienvenue dans le grand débrief d'Objectif Élisée 2027 avec comme premier invité, vous l'avez suivi
00:07pendant 1h20 sur l'antenne de CNews avec Laurence Ferrari, Bruno Rotaillot.
00:11Et pour donc débriefer le grand oral de Bruno Rotaillot, les rédactions sont évidemment à nouveau réunies, le JDD avec
00:17Jules Torres, CNews avec Juan Uzaï, Europe 1 avec Jacques Serret et Frontières ainsi que l'infiltré avec Eric Tegner.
00:27Bonsoir à tous les 4 messieurs. Déjà avant même de réécouter Bruno Rotaillot, je vais vous demander un sentiment sur
00:32la manière dont vous avez trouvé l'ancien ministre de l'Intérieur ce soir. Jules Torres.
00:36Concerné, constant et c'est vrai qu'on a affaire à un homme d'Etat, il faut quand même le
00:39dire, c'est l'ancien ministre de l'Intérieur et quand on voit avec ce début de campagne présidentielle,
00:44des candidats à la présidentielle qui ne connaissent pas Georges Pompidou ou Valéry Giscard d'Estaing, certains candidats qui essayent
00:51de faire des grandes tournées de bistrot,
00:52certains candidats qui essayent de livrer des frites alors qu'on sait très bien qu'ils ne le font jamais,
00:57il y a une sorte de sincérité chez Bruno Rotaillot qu'il faut reconnaître.
01:00Il y a une maîtrise des dossiers qu'il faut reconnaître sur tout un tas de sujets, que ce soit
01:03le pouvoir d'achat, l'économie, l'immigration, l'école ou même la politique politicienne
01:08ou même sur l'intelligence artificielle, j'ai trouvé sa réponse très intéressante. Donc il a le mérite au moins
01:13de placer le débat à une certaine hauteur.
01:14Vous avez raison, c'est vrai que ce matin on a commenté la tournée des 1000 bistrots de Gabriel Attal,
01:19ça fait 4 bistrots par jour,
01:21mais c'est vrai qu'on a l'impression que c'est de la com pour la com et puis
01:24je ne parlerai même pas des propos de Marine Tondelier
01:25qui ne connaissait pas Georges Pompidou et qui n'avait pas grand chose à dire sur tous les autres présidents
01:30de la République,
01:31François Mitterrand, le général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing.
01:34Eric Tegner, votre sentiment après cette 1h20 d'émission avec Bruno Rotaillot ?
01:39Je l'ai trouvé plutôt très bon, c'est-à-dire qu'il m'a rappelé un peu cette droite
01:42civilisationnelle qu'avait développée François Fillon en 2017,
01:45mais pour le coup je trouve qu'il a été très bon pour montrer un visage un peu différent.
01:50Effectivement, il a fendu l'armure, c'était la question de François-Olivier Gisberg,
01:54et là-dessus c'est intéressant, c'est-à-dire cette capacité d'assumer une forme de radicalité, il a
01:58quand même prononcé le mot,
01:59je trouve que ça a de l'intérêt quand on est un ancien ministre d'Emmanuel Macron d'aller sur
02:03ce terrain de la radicalité
02:04sans chercher uniquement à rassurer, tout en étant capable évidemment de montrer un visage différent.
02:08Et je trouve qu'il y avait cette vision aussi d'un homme qui était incarné,
02:11c'est-à-dire qu'on va souvent avoir tendance dans le débat public à le caricaturer,
02:14parce qu'on va dire, ah c'est le Vendéen, il y a une forme de détestation un petit peu
02:19de certaines terres de l'Ouest,
02:20et il a pu montrer finalement que lui était pleinement incarné, tout en étant moderne,
02:24parce que sur l'intelligence artificielle c'est intéressant.
02:26Moi il m'a fait penser que c'était le visage inversé, le miroir inversé, pardon, d'Edouard Philippe.
02:31Edouard Philippe, rappelez-vous, il a été interviewé il y a quelques semaines sur une chaîne YouTube
02:36par un homme qui est très porté sur les nouvelles technologies,
02:39il a dit l'intelligence artificielle, je ne connais pas vraiment, je suis un petit peu perdu, etc.
02:43Et donc Bruno Retailleau a su montrer que c'était un homme moderne.
02:46On va rentrer dans le détail dans un instant, et les propositions de Bruno Retailleau,
02:49et sa proposition très forte ce soir au micro de Laurence Ferrari,
02:51c'est évidemment la fin du droit du sol, et à une question de Louis Dragnel d'Europe 1,
02:56quand on lui demande quel quota, quel chiffre pour l'immigration,
02:59il dit je ne crois pas à l'immigration zéro, mais je veux l'immigration la plus basse possible.
03:03On va décortiquer tout ça dans un instant, mais votre sentiment, Johan, sur le grand oral de Bruno Retailleau ?
03:08Écoutez, je dois dire que je l'ai trouvé plutôt convaincant, et effectivement il apparaît sincère.
03:12Il apparaît sincère, ça c'est quand même une qualité en politique.
03:15Tous les candidats n'apparaissent pas sincères au début de campagne d'élection présidentielle.
03:20Donc le fait d'apparaître sincère est déjà un point, me semble-t-il, extrêmement positif.
03:24Et si vous me pardonnez, il était constant, c'est-à-dire qu'il disait la même chose,
03:27Laurence lui a passé des archives sur l'immigration, il disait exactement la même chose il y a plus de
03:3220 ans.
03:32C'est vrai, moi ce qui m'intéresse le plus dans cette élection,
03:34et ce qui intéresse beaucoup les Français, avec le pouvoir d'achat naturellement,
03:37mais ce sont les questions régaliennes, les questions qui concernent la sécurité ou l'insécurité en l'occurrence,
03:43qui concernent l'immigration, qui semble à peu près hors de contrôle actuellement.
03:48Sur ces questions-là, je le trouve effectivement solide,
03:50je trouve que ses premières propositions sont à la hauteur,
03:54et il me semble que c'est ce qu'attendent en partie les Français.
03:57Alors, il n'est pas le seul à faire ce genre de propositions,
03:59les électeurs auront le choix entre plusieurs candidats naturellement,
04:02mais sur ces questions-là, il me semble plutôt bien placé.
04:05Jacques Serret d'Europe 1, votre sentiment ?
04:06Un sentiment d'un candidat totalement affirmé ce soir.
04:09C'est vrai qu'au sein du camp des Républicains,
04:12ils sont un certain nombre à mettre la pression sur Bruno Retailleau,
04:15à le pousser vers Édouard Philippe qui lui tend les bras,
04:18et d'ailleurs ce soir, il a répondu à Édouard Philippe en mode
04:21« Non, il n'ira pas à cette fameuse réunion qu'Édouard Philippe appelle de ses voeux vers la Toussaint
04:26».
04:27Et ce soir, Bruno Retailleau s'est affirmé sur ce point dans le sens où
04:31il place très clairement une barrière, une frontière avec Édouard Philippe,
04:35ses noms, il l'affirme très clairement, il ne le rejoindra pas, il ne le rejoindra jamais,
04:40et il veut aller au bout.
04:42Et lorsqu'on écoute bien Bruno Retailleau ce soir, il le dit,
04:46il croit véritablement en ses chances, il s'imagine au second tour de la présidentielle,
04:50donc c'est quelqu'un qui ira au bout pour lui,
04:52il n'est pas question d'une primaire de la droite et du centre,
04:54comme on peut l'entendre ici ou là, à ce stade, et c'est ce qu'il a dit chez
04:57nous.
04:57Et François-Olivier Gisbert lui dit « Vous avez changé entre le début de l'été et la fin de
05:01l'été ».
05:02Et Bruno Retailleau a dit « Oui, j'ai bouffé du lion ».
05:04Donc effectivement, il y a eu visiblement un changement de comportement en voulant fendre l'armure.
05:08Alors ça, c'est traditionnel, c'est obligé de fendre l'armure quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle.
05:12C'est comme le « J'ai changé ».
05:13Voilà, exactement.
05:14On va regarder l'émission dans les coulisses, son conseiller en communication lui a dit
05:17« Lâche-toi un petit peu ce soir ».
05:18Donc on voit qu'il a quand même respecté ce que lui a dit son conseiller en communication.
05:21Alors on va donc commencer à décortiquer ce qu'a annoncé Bruno Retailleau ce soir.
05:25La fin du droit du sol, c'est la grande annonce qui restera de cette émission sur CNews,
05:30Objectif Élysée 2027.
05:32Je prends cet engagement que ce sera les Français qui enfin définiront la politique migratoire
05:39et avec des idées très très fortes que les juges n'accepteraient pas,
05:44si on ne passe pas par le référendum et par le peuple, par exemple, de renoncer au droit du sol.
05:50Abrogation du droit du sol.
05:51Pourquoi est-ce qu'on a renoncé à l'abrogation du droit du sol, pardon, on a fait l'abrogation
05:57du droit du sol à Mayotte
05:58et pourquoi ce qui est bon à Mayotte ne le serait pas sur le sol national hexagonal ?
06:03Je propose qu'il n'y ait plus de Français automatiques.
06:06Parce que le droit du sol avait pour une contrepartie l'assimilation.
06:10L'assimilation à nos valeurs, l'assimilation à la République.
06:13Et ça n'est plus toujours le cas.
06:15Donc je pense qu'on ne peut pas devenir Français par hasard, en catimini, de façon automatique.
06:20Alors il y a deux annonces même.
06:21Il y a la fin du droit du sol et un référendum sur l'immigration.
06:25Alors j'entends déjà le Rassemblement National dire Bruno Retailleau reprend nos propositions.
06:30C'est à un moment qu'il le propose.
06:30Voilà, le référendum sur l'immigration est proposé depuis longtemps par le Rassemblement National.
06:34Comment vous jugez cette annonce de Bruno Retailleau qui veut la fin du droit du sol ?
06:38Certains veulent le mettre en place depuis un bon moment à Mayotte.
06:41Alors voilà, ça prend toujours du temps.
06:43Là, c'est sur tout le territoire national.
06:44Évidemment que Bruno Retailleau a raison d'aller sur cette question du droit du sol.
06:48Évidemment qu'il a raison de vouloir élargir le champ du référendum et de l'article 11
06:51pour que les Français sur ce sujet migratoire puissent avoir la liberté de choisir.
06:56Et en réalité, moi je trouve que c'est très intéressant parce qu'il a parlé dans la première partie
07:00notamment de cette émission
07:02du peuple, de la liberté du peuple de choisir.
07:05Et c'est vrai que depuis 40 ans, il y a cette question de l'immigration
07:07auxquelles on n'a jamais finalement posé la question aux Français.
07:10Donc il a envie de redonner la parole au peuple.
07:12Et sur cette question du droit du sol, Laurence Ferreri l'a très bien montré
07:15avec notamment des sondages de l'Institut CSA.
07:18Les Français, de 70% à 80%, sont favorables à la suppression du droit du sol,
07:23à la suspension de tout un tas d'immigration, notamment d'immigration extra-européenne.
07:29Il y a aujourd'hui dans notre pays 4,5 millions de titres de séjour alloués à des extra-européens
07:34puisque les Européens avec l'espace Schengen peuvent circuler librement.
07:37Donc la question, c'est le stock. Le problème, si on devait mettre un bémol,
07:41c'est que la suppression du droit du sol, elle ne change rien sur la question des entrées.
07:45Là, on parlait du stock, il faut parler des flux.
07:47Quand vous avez 500 000 personnes qui, chaque année, rentrent dans votre pays,
07:51supprimer ou non le droit du sol ne changera rien.
07:53Entrée légale.
07:54Entrée légale, vous avez raison, puisqu'il y a entre 800 000 et 1 million de clandestins.
07:58Donc, c'est une bonne proposition, mais elle doit en rentrer dans tout un processus
08:02et dans tout un projet de loi que Bruno Roteo propose, il faut avoir l'honnêteté de le dire,
08:06qui veut baisser l'immigration.
08:08Alors, justement, on va parler du chiffre, puisque Louis Dragnet lui a posé la question.
08:12Il ne veut pas d'immigration zéro. Il dit que c'est impossible.
08:14Contrairement au Rassemblement National ou à Reconquête.
08:15Contrairement à 50% des Français.
08:16Et vous avez raison, un Français sur deux.
08:18Mais il dit la plus basse possible sans la quantifier.
08:21Écoutez l'ancien ministre de l'Intérieur.
08:23L'immigration n'est pas une chance pour la France.
08:26Désormais, c'est devenu une charge.
08:28Le peuple français a le droit de choisir qui il souhaite accueillir sur son sol.
08:33Ce n'est pas seulement le droit du sol.
08:35Je soumettrai un projet de loi.
08:37Il y aura plusieurs dizaines d'articles.
08:39Si on veut réduire l'immigration, ce n'est pas seulement l'immigration légale,
08:42c'est aussi l'immigration illégale et légale.
08:45Pourquoi ? Parce que l'immigration légale débouche souvent sur l'immigration légale.
08:50Et la philosophie aussi, c'est qu'on arrête les pompes aspirantes.
08:53Un modèle social qui est le plus généreux vis-à-vis des étrangers.
08:57Donc l'aide médicale obligatoire, qui est un scandale.
09:00C'est 100% de remboursement aux clandestins.
09:03Par réduire ensuite l'ensemble des grands canaux.
09:07Les étudiants, par exemple l'étranger.
09:09Le droit d'asile.
09:10Le regroupement familial.
09:11Et on encouragera les retours.
09:13Vous, vous aimeriez quoi comme chiffre ?
09:15Comme ordre de grandeur ?
09:15Le plus faible possible.
09:17Je ne crois pas à l'immigration zéro.
09:19Je ne crois pas à l'immigration zéro.
09:20Il faut être beaucoup, beaucoup plus strict.
09:22Voilà.
09:22Il ne croit pas à l'immigration zéro, mais il dit le plus faible possible.
09:26L'immigration la plus basse possible, Eric Tegner.
09:28Alors sur ce sujet, ce qui est un peu dommage, c'est qu'il y a un problème de pédagogie.
09:31C'est-à-dire que l'immigration zéro, ça ne veut pas dire qu'on ne veut aucune nouvelle immigration.
09:35Ça veut dire qu'en termes de stock, comme le disait Jules Torres...
09:38Et je rappelle à chaque fois, c'est le mot du ministère de l'Intérieur.
09:41Parce que c'est une question de calcul, évidemment.
09:43On est dans une logique également économique.
09:45C'est le bloc central qui dit que c'est pour l'économie.
09:47Donc il faut pouvoir compter.
09:48Ce qui se passe aujourd'hui, c'est que chaque année, on a à peu près 700 000, en effet,
09:51de titres de séjour qui sont renouvelés.
09:54Parmi une partie de ces titres de séjour, certaines personnes ne travaillent pas.
09:57Il y a aujourd'hui en France 1,3 million d'étrangers qui sont inactifs.
10:01Si on considère qu'il faut une immigration économique, même en partant de ce principe-là,
10:05dans ce cas-là, ça veut dire que c'est 1,3 million de personnes.
10:07Il faut leur dire, écoutez, vous avez six mois pour trouver un emploi.
10:09Sinon, on ne renouvelera pas votre titre de séjour et on vous renverra chez vous.
10:13C'est quelque chose de logique.
10:14Et dans le même temps, on peut tout à fait dire, on a besoin d'ingénieurs indiens.
10:17On a besoin, par exemple, d'ingénieurs américains.
10:19Il n'y a pas de problème.
10:19Mais à la fin, on va quand même arriver sur une immigration, non pas à zéro,
10:23mais une immigration négative.
10:25Donc je trouve qu'il faut sortir justement de cette logique idéologique.
10:28Ça, c'est le concept d'Éric Zemmour.
10:29Il l'avait dit d'ailleurs sur cette antenne, l'immigration négative.
10:31C'est-à-dire que c'est quand vous expulsez aussi un certain nombre de personnes
10:36qui n'ont plus de titre de séjour, qui ont un titre de séjour qui arrive à l'expiration,
10:39qui sont au chômage, comme ça se fait aux États-Unis par exemple ou au Canada,
10:43qui sont pourquoi pas délinquantes aussi, donc qui se mettent en dehors de la loi.
10:47Et puis évidemment, les clandestins que vous expulsez également.
10:50C'est ça qu'il entend par l'immigration négative, Éric Zemmour.
10:53Et Emmanuel Macron.
10:53Et en ne faisant évidemment entrer personne et en ne régularisant absolument personne.
10:57Oui, mais on peut tout à fait faire un mix des deux.
10:59Vous savez, Emmanuel Macron, il y a quelques mois, a fait un accord avec les Indiens,
11:02avec Naranda Modi, en disant finalement,
11:04toutes vos grandes écoles, notamment d'ingénieurs, on va leur proposer des visas.
11:07J'ai envie de dire, aujourd'hui, à un moment, on voit d'ailleurs dans le classement PISA
11:10qu'il y a un vrai problème sur les sciences, l'apprentissage de l'ingénierie,
11:14y compris de l'ingénierie nucléaire, parce qu'étant donné qu'on a complètement cassé
11:17le système nucléaire, beaucoup de jeunes étudiants ne veulent pas aller dans ces filières.
11:21On a besoin parfois, pourquoi pas, de Marocains.
11:23Mais à la fin, parce qu'on va finalement beaucoup plus s'expulser de gens
11:26qui, encore une fois, refusent de travailler, parce qu'il y a de l'emploi qui est disponible.
11:30Tous les jours, il y a des entrepreneurs qui le disent.
11:32Donc pourquoi ces gens qui sont venus en France, qui ont eu un titre de séjour
11:35parce qu'on considérait qu'il fallait les faire travailler, ne veulent pas reprendre un emploi ?
11:39Donc c'est encore une fois une question de l'équilibrage.
11:41Et je trouve que Bruno Retailleau, en effet, manque d'une autre mesure
11:44qui puisse montrer véritablement qu'il est prêt à aller jusqu'au bout.
11:47Yohan Isai, Bruno Retailleau, il est ferme sur l'immigration.
11:50Il dit que c'est une charge, ce n'est plus une chance.
11:52Il l'avait dit quand il était ministre de l'Intérieur, que ce n'était pas une chance
11:54dans l'une de ses premières interviews comme ministre de l'Intérieur à Place Beauvau.
11:58Mais il ne croit pas à l'immigration zéro.
12:00Il y a cette pondération de la part du candidat à l'élection présidentielle des Républicains.
12:04Oui, d'abord, les mots me semblent juste.
12:07Dire que l'immigration n'est plus une chance pour la France aujourd'hui,
12:10ça demande, disons-le, une forme de courage politique quand même.
12:12Alors à droite, c'est un vocabulaire qui est de plus en plus présent.
12:16Mais quand même...
12:17Oui, tout le monde ne l'emploie pas.
12:18Non, naturellement.
12:20Renaud Retailleau a dit ce soir, la droite, ce n'est pas la gauche, sauf Xavier Bertrand, bien sûr.
12:24Mais ça signifie donc quand même que sur le plan sémantique, les mots sont là.
12:30Maintenant, dans les actes, ces propositions semblent correspondre à ce qu'ils présentent verbalement.
12:36Mais le fait quand même qu'ils restent extrêmement prudents, qu'ils disent qu'il n'y aura pas d
12:41'immigration zéro,
12:42je n'y crois pas, qu'ils refusent de quantifier le nombre d'immigrés qu'ils souhaitent accueillir chaque année,
12:48peut avoir un côté un peu inquiétant parce que les électeurs peuvent se dire,
12:52bon, s'ils refusent d'avancer un chiffre, c'est parce que ce chiffre sera peut-être trop élevé.
12:56Donc voilà, je mettrai un petit bémol quand même.
12:59Peut-être faudrait-il qu'il soit plus précis sur certains aspects de manière à rassurer un électorat de droite
13:04qui, lui, est vraiment opposé à toute immigration,
13:08tant il a l'impression d'avoir été submergé par une immigration hors de contrôle.
13:12Et c'était la question de Louis Dragnel, du bilan de Bruno Rotaillot au ministère de l'Intérieur
13:17et de, ce n'est pas d'ailleurs une sensation, que ça n'a pas changé la donne pour la
13:20politique migratoire globale.
13:22Évidemment, ce n'était pas lui le Premier ministre, évidemment, ce n'était pas lui le Président de la République,
13:25mais la politique migratoire de la France n'a pas changé et n'a pas été modifiée du tout au
13:30tout
13:30par son passage au ministère de l'Intérieur.
13:32Non, mais il s'en a expliqué, il s'est défendu sur ce plan en expliquant que, justement,
13:35pour maîtriser et avoir toutes les clés, il fallait aussi contrôler le flux des entrées
13:40et ça passait là, par le Quai d'Orsay, et qu'à l'époque où Bruno Rotaillot était ministre de
13:43l'Intérieur,
13:44c'était Jean-Noël Barraud, qui est d'ailleurs toujours au ministère des Affaires étrangères.
13:47Avec la problématique quand même que si on compare exactement les différents ministres de l'Intérieur,
13:52Gérald Darmanin a fait mieux que Bruno Rotaillot.
13:54C'est-à-dire qu'il y a une possibilité quand même de faire mieux, même avec ce qui lui
13:57aurait été donné.
13:58Moi, ce qui me dérange, c'est que j'ai commencé en disant en effet que ce qui était intéressant
14:01dans ce qu'a pu dire Bruno Rotaillot, c'est que ça me rappelait Fillon en 2017.
14:04La problématique, c'est que Fillon en 2017 expliquait qu'il fallait voter pour lui,
14:08Bruno Rotaillot également, parce qu'il disait que finalement,
14:11si on laissait l'immigration aller dans le même sens que ce qu'a fait par exemple François Hollande
14:14entre 2012 et 2017, le pays ne serait plus le même.
14:17Il s'avère que dix ans après, c'est deux millions d'étrangers supplémentaires sur notre territoire.
14:21Donc on ne peut pas se contenter de reprendre le programme de François Fillon il y a une dizaine d
14:25'années.
14:25Il faut partir du principe également qu'il y a une population qui est bien plus importante encore qu'auparavant.
14:30Et donc forcément, la radicalité dont il parle ce soir, elle doit se traduire en termes de projet.
14:35Jules, sur les titres de séjour et le bilan de Bruno Rotaillot au ministère de l'Intérieur.
14:38Oui, d'abord c'était extrêmement compliqué parce qu'en effet, il n'avait pas, il faut le dire,
14:42il faut être honnête là-dessus, toutes les mains libres.
14:45Il avait un président de la République qui ne voulait pas par exemple dénoncer les accords de 1968.
14:51Il avait un Premier ministre qui était plus occupé à faire des rôdes montades sur la submersion migratoire,
14:56mais ne pas agir.
14:58Donc c'est vrai que c'était compliqué.
14:59Bruno Rotaillot, quand il est au ministère de l'Intérieur, il y a des bons et il y a des
15:02mauvais chiffres.
15:02Les mauvais chiffres, c'est quoi ?
15:03C'est le record de premier titre de séjour sur l'année 2025.
15:07Ce n'est évidemment pas quelque chose de formidable pour le bilan de Bruno Rotaillot.
15:10En revanche, surtout sur un certain nombre d'expulsions, et notamment les expulsions temporaires,
15:15là il était avec des très bons chiffres.
15:17Sur la baisse des naturalisations, il avait des bons chiffres.
15:20Sur la baisse des régularisations, là aussi, il avait des bons chiffres.
15:23Mais le problème, il est bien au-delà de ça.
15:25C'est-à-dire que les naturalisations, c'est pour ça que l'exemple du droit du sol est un
15:28bon exemple.
15:28Il faut évidemment revenir sur le droit du sol.
15:30Mais le droit du sol aujourd'hui concerne, je crois, 35 268 personnes chaque année.
15:35Donc vous avez beau dire qu'on supprime le droit du sol et le double droit du sol,
15:39c'est quand vous avez un parent né étranger, né en France, qui est étranger.
15:45Là, vous êtes automatiquement français dès que vous naissez.
15:47Le droit du sol simple, c'est quand vous avez deux parents étrangers, vous êtes français à partir de 18
15:53ans.
15:53Donc là aussi, c'est une question d'expulsion ensuite.
15:55Parce qu'on est dans un pays qui expulse très peu, qui a beaucoup de mal à expulser.
15:59Donc il faudra voir si on y arrive ensuite.
16:00C'est pour ça que la proposition de Jordan Bardella a aussi été critiquée avec Nigel Farage.
16:04C'est que, très bien, nous reprenons des ressortissants qui voudraient aller au Royaume-Uni.
16:08Encore faut-il les expulser.
16:09C'est toute la question.
16:10Est-ce qu'on va arriver un jour, quel que soit le gouvernement,
16:13à expulser des personnes qui n'ont rien à faire chez nous ?
16:15Et depuis les accords du Touquet, est-ce qu'on a envie de jouer les gardes-côtes pour les Anglais
16:20qui ne nous rendent pas beaucoup de services en ce moment ?
16:22Il faut aussi dire les choses.
16:23Il y a une forme de réciprocité qui devrait se mettre en place.
16:25Le voile.
16:26Alors là, très intéressant, puisque évidemment...
16:27Il a été très bien interrogé sur le sujet.
16:29Je vous remercie, je vous reviendrai demain matin.
16:32Puisque le voile est évidemment au cœur de l'actualité,
16:35suite à la proposition de Jean-Philippe Tanguy,
16:37puis après ça a été précisé par Jordan Bardella,
16:39l'interdiction du voile par le truchement d'un référendum.
16:42Et si les Français votent pour son interdiction,
16:45des amendes seront délivrées aux femmes qui ne respecteraient pas
16:47cette interdiction du voile islamique et qui décideraient de le porter.
16:51Je rappelle que Bruno Rotaillot a été le ministre de l'Intérieur qui a dit
16:53« abat le voile » et il a jugé dans le même temps
16:56la proposition du Rassemblement national à la fois populiste et inapplicable.
17:01Et je rappelle que Bruno Rotaillot est le même homme
17:02qui dit que le Conseil constitutionnel entrave la démocratie
17:05et qui veut des référendums quand une loi est censurée
17:07par le Conseil constitutionnel.
17:09Donc on l'a interrogé effectivement là-dessus.
17:11Je vous propose de l'écouter.
17:12Il n'y a pas pire chose que d'édicter une règle
17:16dont on sait qu'elle ne sera pas respectée.
17:17En revanche, qu'est-ce qu'on fait ?
17:19Un, on réduit l'immigration.
17:21Parce qu'on sait très bien que c'est l'immigration
17:25qui alimente ce séparatisme.
17:27Parce que le voile est aussi un signe, un signal de séparatisme
17:32en même temps que de soumission de la femme.
17:35Deuxième chose, on interdit le voile
17:36là où c'est déjà possible, où on peut le faire.
17:39J'ai parlé par exemple du sport, c'est symbolique.
17:42J'ai parlé de l'école, en tout cas des accompagnatrices scolaires.
17:46L'université ?
17:46J'ai parlé de l'université.
17:48Et troisième chose, on combat le voile
17:52en s'attaquant à ceux qui veulent voiler les femmes.
17:55Et notamment aux frères musulmans.
17:57Je pense que le voile, je viens de le dire,
17:59c'est un double symbole.
18:01C'est un signe qui dit qu'on n'est pas comme vous,
18:04de séparatisme.
18:05Et c'est surtout un symbole qui veut inférioriser
18:07le statut de la femme.
18:09Et on sait parfaitement que,
18:10alors toutes les femmes qui portent le voile
18:12ne sont pas des islamistes ou des terroristes, si vous voulez.
18:15Mais tous les islamistes, vous voyez,
18:17veulent que les femmes soient voilées.
18:19En revanche, je ne suis pas prêt à faire n'importe quoi,
18:23à dire n'importe quoi.
18:24Je ne suis pas prêt non plus à interdire
18:26dans l'espace public des cornettes ou des kippas.
18:29Voilà, alors là, je lui ai demandé
18:30si c'était pour lui la même chose,
18:31les kippas et les religieuses.
18:32Et il a répondu, malgré tout, non.
18:34Mais effectivement, c'est comme sur l'immigration zéro
18:37qu'il refuse.
18:38Il y a une nuance de la part de l'ancien ministre
18:39de l'Intérieur et candidat à l'élection présidentielle,
18:41Eric, c'est qu'il dit que ce n'est pas applicable.
18:44Et il dit même, je ne ferai pas n'importe quoi,
18:46sous-entendu qu'interdire le voile
18:47dans l'espace public serait une mesure
18:50du n'importe quoi.
18:51Alors, pardon, mais moi, je n'appelle pas ça une nuance.
18:53C'est-à-dire que, de fait,
18:54il accepte de le critiquer dans le débat médiatique,
18:57très bien, mais c'est un homme politique,
18:58in fine, il permet cela.
19:00Donc, il est sur la même ligne que la gauche.
19:02Parce qu'à un moment, on attend du politique,
19:03quand même, qu'il fasse passer des agressifs.
19:05Non, parce qu'il n'est pas sur la ligne de la gauche
19:07parce qu'il veut l'interdire à l'université,
19:09il veut l'interdire dans le sport.
19:10Mais je vais prendre le cas du sport, c'est intéressant.
19:12Oui, mais l'université, par exemple,
19:13la gauche, elle n'est pas pour interdire le voile à l'université.
19:15C'est intéressant, Gauthier.
19:16Et je rappelle que le voile, il a totalement sa place
19:19à l'heure où on se parle à l'université.
19:21Bruno Retailleau explique que la proposition du RN est démago.
19:23Parce qu'en gros, il dit que ça va être impossible
19:25de faire appliquer les choses.
19:27Vous voulez quoi ?
19:27Vous voulez que dans le sport, ça soit le coach
19:29qui s'occupe de, finalement, de dire à quelqu'un
19:31d'enlever le voile ?
19:32Vous croyez vraiment que ce n'est pas aussi démago
19:34si jamais on raisonne de la même façon ?
19:36Vous voulez quoi ?
19:36Vous voulez un policier qui, à chaque fois,
19:38va accompagner les matchs de foot le dimanche
19:40ou le samedi, etc., dans tous les quartiers de France ?
19:42Oui, c'est ça l'énorme problématique que j'ai aujourd'hui.
19:45C'est-à-dire qu'à un moment, il y a juste un message.
19:47C'est-à-dire, est-ce qu'on considère que le voile
19:49est islamiste dans la portée qu'il a ?
19:52C'est-à-dire qu'il est là dans une logique de prosélytisme ?
19:54Est-ce qu'il est dangereux pour le pays ?
19:56Et à partir de ce moment-là, pardon,
19:57soit on l'autorise partout, y compris dans les conseils municipaux,
20:01soit on l'interdit.
20:01Parce que, moi, je trouve que quand on utilise
20:03l'argument de la stigmatisation, pardon,
20:05moi, je trouve ça plutôt scandaleux de se dire
20:07qu'on accepte finalement qu'une femme soit voilée
20:09dans l'espace public, que des gens aillent la voir
20:11pour lui dire qu'il faut finalement qu'elle soit élue
20:13au conseil municipal, et que le jour elle rentre
20:15au conseil municipal, il faille lui demander
20:17d'enlever le voile alors qu'elle a été élue pour cela.
20:19Vous voyez ? Soit on est pour le voile,
20:22soit on est contre le voile.
20:23Soit on dit finalement à tous les musulmans
20:25qui peuvent pratiquer leur culte
20:27comme ils le souhaitent partout et qu'ils ne sont pas
20:29des citoyens de seconde zone, soit on explique
20:31qu'on a un pays aux racines chrétiennes
20:33et qu'à un moment, il y a des pratiques qu'on ne tolère pas.
20:36Alors, il a quand même dit, abat le voile
20:37quand il était ministre de l'Intérieur,
20:39il veut l'interdire dans un certain nombre d'endroits,
20:41il ne veut pas l'interdire dans la rue.
20:42Yoann Uzaï.
20:43Je note quand même une petite incohérence selon moi
20:45parce qu'il dit que le voile est un outil...
20:49Utilisé par les islamistes pour gagner du terrain.
20:52Voilà, naturellement, utilisé par les islamistes,
20:54c'est un outil d'asservissement de la femme.
20:59Donc, si le voile est effectivement tout cela,
21:01il faut l'interdire partout.
21:02Si le voile est ce que dit Bruno Retailleau,
21:05il n'a sa place nulle part dans la société française.
21:09Alors, j'entends ce qu'il dit aussi.
21:11J'entends que ce soit compliqué de l'interdire
21:12dans l'espace public, comme le souhaite
21:14le Rassemblement National et Reconquête,
21:16que ça ne sera pas simple pour les policiers.
21:18Mais si vraiment le voile est ce que décrit Bruno Retailleau,
21:21il faut se donner les moyens,
21:23tous les moyens pour pouvoir l'interdire
21:26parce qu'évidemment, tout cela n'a pas sa place,
21:28ne correspond pas du tout aux valeurs qui sont les nôtres.
21:30Et si le voile est cela, nous ne pouvons pas l'accepter.
21:34Il ne va pas assez loin Bruno Retailleau,
21:35Jules Torres sur le voile ?
21:36Non, je pense qu'il ne va pas assez loin.
21:38Et d'ailleurs, je note que votre dernière relance,
21:40c'était philosophiquement.
21:41Vous lui demandez si philosophiquement,
21:43il est favorable ou défavorable au voile.
21:45Il vous dit évidemment qu'il est défavorable
21:47pour toutes les raisons que Johan et Eric viennent dénoncer.
21:50Je vous lui demandais si philosophiquement,
21:50il voulait que ça disparaisse de la rue et de tout l'espace public.
21:53Et donc, il répond à la positive.
21:56Et je me suis dit, en écoutant cette relance
21:58et en écoutant sa réponse,
21:59je pense qu'Éric Zemmour aura répondu la même chose.
22:01Et je pense qu'Éric Zemmour, lui, il le fait,
22:04il propose cette interdiction.
22:05Donc, je trouve en effet qu'il y a une sorte de petite incohérence
22:07qui d'ailleurs ne repose pas sur des éléments
22:10que je trouve plausibles,
22:11dans le sens où Bruno Retailleau a quand même passé
22:13la première demi-heure à nous expliquer
22:14qu'il fallait absolument réformer la Constitution,
22:17qu'il fallait, quand les sages du Conseil Constitucional,
22:19je mets des sages avec des grands guillemets
22:20puisque c'est comme ça qu'on les appelle.
22:23Mais quand ils vous censurent une loi,
22:24c'est le peuple qui décide.
22:26Donc, s'ils censurent la loi sur le voile ?
22:27Donc, j'entends bien.
22:28On fait comme si la loi de 1905
22:31était une loi contre toutes les religions.
22:32Non, c'était une loi contre la religion catholique.
22:35La loi de 2004 et de 2010 sur les signes religieux
22:38n'était pas contre les signes religieux,
22:40mais contre le voile intégral.
22:41Donc, une nouvelle loi pourrait tout à fait être portée,
22:44sans le dire, contre une religion,
22:46mais contre un outil.
22:47C'est pour ça que le Rassemblement National,
22:48je trouve, a raison de parler de voile islamiste.
22:51Ça ne veut pas dire que toutes les femmes
22:52qui portent le voile sont des islamistes,
22:54mais qu'en tout cas...
22:54C'est les mots de Marine Le Pen
22:55et de Jean-Philippe Tanguy sur le hijab.
22:57Tous les islamistes et tous les frères musulmans
22:58veulent que les femmes,
22:59notamment en Occident, se voilent.
23:01C'est pour ça que je trouve
23:02qu'en effet, il y a une petite incohérence
23:04de Bruno Rotaillot là-dessus.
23:05Jacques Serret.
23:05Non, votre question était parfaite là-dessus, Gautier,
23:08parce que là, je pense en effet
23:10que vous avez levé, en effet,
23:12une forme d'incohérence chez Bruno Rotaillot,
23:13en tout cas sur ce point
23:15où c'est difficilement compréhensible
23:17entre philosophiquement ce qu'il défend,
23:20ce qu'il attaque
23:21et cette mesure qu'il ne veut pas voir appliquée
23:25sur ce point-là.
23:26Mais après, ce qui aussi peut bouger,
23:30c'est que Bruno Rotaillot évolue.
23:33En effet, on a pu entendre
23:36les archives de Bruno Rotaillot.
23:38Il n'a pas changé de ligne,
23:39mais typiquement sur le droit du sol.
23:41Il y a encore quelques années,
23:42la suppression du droit du sol,
23:43c'est un point qu'il ne souhaitait pas.
23:46C'est-à-dire qu'il y a aussi des bougées,
23:48il y a aussi une forme de prise de conscience
23:50chez ses responsables
23:52et les élus républicains.
23:54Donc, peut-être que dans les prochaines semaines,
23:56les prochains mois,
23:57sur cette question-là,
23:58sur le vol,
23:59sur le voile,
24:00il peut y avoir des bougées côté républicain.
24:02Le mot que l'Arcom sanctionne
24:03à hauteur de 200 000 euros
24:04quand il est utilisé par Eric Tegner,
24:07le mot de barbare,
24:08a été utilisé à nouveau par Bruno Rotaillot.
24:10Donc, on va dire tout de suite à l'Arcom,
24:11ce n'est pas nous,
24:12c'est Bruno Rotaillot
24:13qui a parlé de la fabrique des barbares
24:15et il avait employé ce mot
24:16effectivement pour qualifier les émeutiers
24:17suite au débordement,
24:19c'est un doux euphémisme,
24:21au heure,
24:23mais attention aux échauffeurs,
24:26vous pourriez fâcher la préfecture de police
24:28et le nouveau ministre de l'Intérieur.
24:29Donc, le mot de barbare
24:31utilisé suite aux émeutes
24:33post-victoire du PSG.
24:34A écouter à nouveau Bruno Rotaillot
24:36sur la fabrique des barbares.
24:37Ce que je fais aussi,
24:38je supprime le JAP,
24:40c'est-à-dire le juge d'application des peines
24:43parce qu'on est le seul pays européen
24:45avec l'Italie
24:46à avoir un juge
24:47qui va réformer,
24:48qui va changer la décision
24:50du juge du tribunal.
24:51Non, le juge qui juge au tribunal,
24:54il prend une sanction,
24:55elle doit être appliquée.
24:57Je pense qu'il faut une grande fermeté
24:58tout simplement parce que...
24:59Vous supprimeriez le juge d'application des peines ?
25:00Je viens de le dire.
25:01Je supprimerai.
25:02Ça fait plusieurs années
25:03que je l'ai proposé.
25:04Mais tout simplement,
25:05on vit dans une société
25:06qui est hyper violente.
25:07Et moi, je veux casser
25:09la fabrique des barbares.
25:11Ce mot de barbare
25:12qu'il a d'ailleurs utilisé plusieurs fois
25:13à la question de Charlotte Dornelas,
25:15mais il l'a réutilisé ensuite
25:16dans un autre échange.
25:19Donc, c'est un terme
25:20qu'il utilise à plusieurs reprises,
25:21le terme de barbare
25:22et qu'il l'assume.
25:23Parce que c'est très figuratif,
25:24mais on voit tout de suite l'image.
25:26Mais il y a des comportements
25:28de barbare.
25:28Quand vous cassez tout
25:29sur votre passage,
25:30quand vous vous emprônez
25:31aux policiers,
25:32quand vous leur tirez dessus
25:33aux mortiers d'artifice,
25:34quand vous les blessez,
25:35quand, je rappelle,
25:36vous faites exploser
25:37une bombe agricole,
25:38quand vous voyez une maman
25:39policière à l'hôpital
25:40qui passe son anniversaire
25:41à la fête des mères
25:42à l'hôpital,
25:42avec des morceaux de verre
25:44à l'intérieur de la bombe,
25:45c'est évidemment
25:47un comportement de barbare.
25:48Vous maltraitez des bébés dauphins,
25:50on peut considérer
25:51que c'est un comportement barbare.
25:52Et je crois qu'on a vu ça
25:53dans l'actualité récente.
25:54La question de la fabrique
25:55des babards,
25:55elle est très intéressante.
25:57C'est-à-dire qu'il faut
25:58se donner les moyens.
25:59Et est-ce que Bruno Roteau
26:00se donne les moyens ?
26:01Moi, je trouve ça très intéressant.
26:02Il a cité, je crois que c'était
26:03dans l'échange avec Charlotte Dornelas,
26:05la question de la justice des mineurs.
26:06Et là encore,
26:07on retourne sur le même sujet.
26:08C'est la question de la justice
26:10et du gouvernement des juges.
26:11Quand Gabriel Attal
26:13veut proposer une petite loi
26:15sur la justice des mineurs
26:16l'année dernière,
26:16vous avez un conseil constitutionnel
26:18qui censure cette loi
26:20avec trois jurisprudences,
26:21une loi de 1908
26:22sur l'autorité pénale,
26:23une loi de 1912
26:24sur les tribunaux pour enfants
26:25et l'ordonnance de 1945.
26:27Donc, on peut se dire quand même
26:28qu'à un moment donné,
26:30cette jurisprudence,
26:31elle est beaucoup trop grande
26:32et que les enfants
26:33ou les adolescents
26:35ou les adolescents
26:36de 1908, 1912 et 1945
26:38ne sont pas tout à fait les mêmes
26:40que ceux de 2026
26:41qu'on a pu voir notamment
26:42après la victoire
26:43du Paris Saint-Germain.
26:44Donc, le sujet,
26:45c'est d'arrêter d'accueillir
26:46des formes de population
26:47et de tradition
26:48qui, bien souvent,
26:50parfois,
26:51de manière pas forcément majoritaire,
26:53bien sûr,
26:54peuvent avoir
26:54des comportements de barbares.
26:56Ça, c'est la première des choses.
26:57Et ensuite,
26:57de sanctionner
26:58ceux qui, sur notre sol,
27:00sont des barbares
27:00ou agissent comme des barbares.
27:01Il a quand même un mérite,
27:02Bruno Retailleau,
27:03c'est d'imposer des mots
27:04dans l'espace public.
27:06Le mot de mexicanisation,
27:08souvenez-vous
27:08ce qu'il a pris dans la figure.
27:09Quand il a dit
27:10il faut changer
27:11l'état de droit,
27:12on l'a dit non,
27:13l'état du droit,
27:14pas l'état de droit.
27:15Quand il a parlé,
27:15évidemment,
27:16du mot barbare,
27:17quand il l'a dit,
27:18on l'a rappelé
27:18que l'immigration
27:19n'était pas une chance
27:20pour la France.
27:20Donc, il impose des termes.
27:22Et le terme de barbare,
27:23c'est lui qui l'a imposé.
27:24Gérald Darmanin,
27:25c'était l'ensauvagement,
27:26donc sauvage.
27:27Jean-Pierre Chauffetement,
27:28c'était les sauvageons.
27:29Et Bruno Retailleau,
27:30c'est les barbares.
27:30Oui, un mot
27:31qui est sans doute
27:32partagé par une très grande
27:33majorité des Français.
27:35En réalité,
27:35même si ça ne plaît pas
27:36à l'ARCOM,
27:37ce mot,
27:37j'imagine qu'il est repris
27:38très largement
27:39par les Français
27:41au quotidien.
27:42Un mot quand même
27:43pour dire
27:43que la proposition
27:45qu'il fait sur le juge
27:45d'application des peines
27:46me semble être
27:47la suppression
27:49du juge d'application
27:50des peines
27:50qui sont en fait
27:51des juges à défaire
27:52les peines.
27:53Quand vous passez
27:53devant le juge
27:54d'application des peines,
27:55il est là pour vous dire
27:56que vous avez été condamné
27:57à 18 mois de prison,
27:58vous n'irez pas en prison
27:59et voilà comment
28:00les choses vont se passer.
28:02Donc, il me semble
28:02que cette proposition
28:03est extrêmement intéressante
28:05parce qu'elle est de nature
28:06effectivement
28:06à ramener
28:08peut-être davantage
28:09une sorte de crainte
28:10de la justice,
28:11à ramener peut-être
28:12un peu plus
28:12d'autorité
28:14et de bon sens
28:15dans la justice française
28:16qui en a tant besoin
28:17en ce moment.
28:18Eric ?
28:19Je vais vous dire
28:19ce que j'ai trouvé intéressant
28:20c'est que Bruno Retailleau
28:21en utilisant ce mot barbare
28:23assume de mener
28:24une bataille sémantique
28:25et politique.
28:26On parle beaucoup
28:27en ce moment
28:27du fait que Jean-Luc Mélenchon
28:28prend le leadership
28:29c'est-à-dire qu'il arrive
28:30à imposer ses thèmes,
28:31il est clivant,
28:32il va jusqu'au bout,
28:33il a une vision etc.
28:35Et je trouve intéressant
28:36que Bruno Retailleau
28:36choisisse de faire
28:37la même chose
28:38même s'il est aujourd'hui
28:39à 7 et 8%.
28:40Et je trouve également
28:41c'est ma petite touche
28:43là-dessus que
28:43je félicite évidemment
28:45Laurence Ferrari
28:45c'est-à-dire que ce soir
28:46je trouve que
28:47ça a permis de faire du fond
28:48c'est-à-dire que cette émission
28:50on a retrouvé du fond
28:51et moi je trouve que
28:52c'est ce qui manquait
28:53depuis cet été
28:53c'est-à-dire qu'on se retrouve
28:54avec des candidats
28:56à la présidentielle
28:56qui font des catalogues
28:58de propositions
28:59ou alors qui se contentent
29:00de lancer des anathèmes
29:01alors qu'à aucun moment
29:02ils acceptent d'expliquer
29:03que voilà pourquoi on le fait
29:05voilà les termes qu'on dit
29:06ça c'est ce qui est
29:07un barbare etc.
29:08Et ça remet les choses
29:09parce que
29:09pourquoi je dis ça ?
29:10Parce qu'en 2017
29:12une partie des français
29:13ils se sont trompés
29:14ils ont voté
29:14d'une certaine façon
29:15pardon pour la mauvaise personne
29:17parce qu'ils pensaient
29:18qu'Emmanuel Macron
29:18était à l'image
29:19de tout ce que
29:20les magazines expliquaient de lui
29:21et au final
29:22ça a duré pendant 10 ans
29:23et aujourd'hui
29:23c'est une catastrophe
29:24économique
29:25identitaire
29:25civilisationnelle
29:26et migratoire
29:26et donc c'est important
29:28en 2027
29:28d'avoir un débat
29:29où on va confronter
29:30des projets civilisationnels
29:31et je trouve que c'était
29:32ce qui était intéressant ce soir
29:33Jacques vous avez rappelé
29:34dans votre première intervention
29:35qu'il a dit non
29:36à Edouard Philippe
29:36qui appelle la droite
29:38et le centre
29:38à se retrouver
29:39à la Toussaint
29:40pour la fête des morts
29:41il a dit
29:42drôle de date
29:44écoutez Bruno Rotaillot
29:45qui dit non merci
29:46c'est drôle la Toussaint
29:48quand même
29:48comme choix de date
29:50le 11 novembre
29:51la victoire
29:52l'armistice
29:52non je n'irai pas
29:54pourquoi ?
29:54c'est une réunion
29:55pour les macronistes
29:56entre les macronistes
29:58et s'il y a des LR
29:59qui vont ?
30:00s'il y a des LR qui vont ?
30:01je suis le candidat
30:02LR choisi
30:03démocratiquement
30:04par
30:05à 74%
30:06par les militants
30:07LR
30:08voilà donc
30:09ceux qui iront
30:10ne représenteront pas
30:10LR
30:11voilà puisque
30:12effectivement
30:13le rassemblement national
30:14j'ai vu encore
30:14Sébastien Chenu
30:15ce soir
30:16dit Bruno Rotaillot
30:17prépare son ralliement
30:17à Edouard Philippe
30:18donc là
30:19c'est très clair que non
30:20Laurent Wauquiez
30:21a essayé
30:22puis il a un peu
30:22rétro-pédalé
30:23en disant
30:24il faut rejoindre
30:24Edouard Philippe
30:25on verra
30:25si à la Toussaint
30:26des cadres
30:27des républicains
30:28quittent Bruno Rotaillot
30:29pour Edouard Philippe
30:30en 12 secondes
30:31je veux
30:31oui mais il y a
30:32une vraie question
30:32sur la question
30:33des débauchages
30:34et c'est évident
30:34qu'il faut quand même
30:36le dire
30:36chez LR
30:37il y a des trentenaires
30:38il y a des quadras
30:39ils n'ont jamais été ministres
30:41et il y en a qui ont envie
30:42d'être ministres
30:42depuis un moment
30:43donc il y en a
30:44qui vont être débauchés
30:44mais il faudra
30:45prendre la cassette
30:46c'est-à-dire que Bruno Rotaillot
30:47a dit
30:47Edouard Philippe
30:48ne fera pas les réformes
30:50on sera là pour regarder
30:51Objectif Élisée
30:522027
30:53le débrief est terminé
30:54l'émission de Laurence Ferrari
30:56revient évidemment
30:57très vite sur l'antenne
30:58de CNews
30:59CNews qui a donc lancé
31:01d'ailleurs je le dis
31:01en premier
31:02son grand rendez-vous
31:03pour la présidentielle
31:052027
31:06c'est aussi ici
31:06que ça se passera
31:07c'est d'abord ici
31:08que ça se passera
31:09surtout ici
31:10que ça se passera
31:11très belle soirée
31:12avec Mickaël Dorian
31:13à demain 11h
31:14pour 100% Frontières
31:15à demain 11h
31:17pour 100%