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  • il y a 7 semaines
Le rappeur Toam affirme avoir été v**lé par une femme

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Transcription
00:00On va parler du jeune rappeur Toham.
00:02Toham affirme avoir été victime d'un viol commis par une femme connue,
00:08dont il ne veut pas d'ailleurs divulguer l'identité.
00:11Il révèle toutefois qu'une procédure judiciaire est en cours.
00:14Alors il a choisi de raconter publiquement, le chanteur,
00:18son histoire sur les réseaux sociaux cette semaine.
00:20Un appel qui a été, en tout cas un message qui a été largement relayé.
00:24Il est vrai qu'il est rare quand même d'entendre un homme parler de son propre viol.
00:28C'est ce dont on va parler avec notre invitée Catherine Solano dans un tout petit instant.
00:33Je vous propose de découvrir les messages qu'on a extraits de son compte Instagram,
00:38où il dit « j'ai été violée par une femme ».
00:40Et il y a donc une procédure, il y a un an et demi, il a eu une relation de
00:42trois mois,
00:43donc il explique un petit peu le contexte.
00:46Alors ça va peut-être un petit peu vite pour pouvoir les lire,
00:49mais il dit « il y a une partie de lui qui est partie, qui a été dépossédée.
00:53Outre l'acte sexuel et le viol lui-même,
00:57il y avait tout un contexte de violence psychologique dans lequel il a été entraîné,
01:01assez rapidement d'ailleurs.
01:03Mais évidemment, Catherine Solano, vous êtes sexologue,
01:07merci d'avoir répondu à notre invitation pour tenter d'y voir plus clair.
01:10On va clarifier tout de suite.
01:11Le viol d'un homme par une femme, c'est une réalité,
01:15c'est quelque chose que vous avez déjà entendu dans le cadre de vos consultations ?
01:19Oui, ça existe. Un viol, c'est une pénétration sexuelle,
01:22donc une fellation imposée, c'est un viol.
01:25Même une pénétration vaginale ou anale, ça peut se faire si on stimule le sexe masculin,
01:32parce que notre sexe, qu'on soit homme ou femme, il est fait pour réagir.
01:35Mais là, vous parlez dans le cadre d'un homme.
01:36Mais qu'une femme impose ce genre de choses à un homme.
01:39Alors moi, ce que je vois en consultation, là, c'est un viol,
01:43mais il y a un phénomène d'emprise, comme vous dites.
01:46Et les personnes qui vivent ça ne vont pas tellement voir un sexologue,
01:50mais plutôt un psychologue.
01:52Et donc, moi, ce que je vois plutôt, c'est des hommes adultes
01:54qui ont été agressés par une femme enfant.
01:57Mais je n'en vois pas souvent, mais j'en ai vu plusieurs dans ma carrière.
02:00D'accord. Mais sans vouloir être graphique,
02:03il n'y a pas que des hommes qui sont des prédateurs ou des addicts sexuels,
02:07c'est aussi aux féminins.
02:09Là, quand même, je parle à la praticienne.
02:10Ça arrive, mais on estime que, si vous voulez,
02:12dans les condamnations pour viol, il y a 99% d'hommes et 1% de femmes.
02:18Donc, alors, ceci dit, c'est très difficile d'analyser les chiffres,
02:22parce que les hommes, en général, quand ils ont subi une agression sexuelle,
02:26apparemment, ils osent encore moins en parler que les femmes.
02:28Parce qu'il y a le côté viril, vous voyez, d'être un homme,
02:32c'est encore plus honteux, on a l'impression qu'ils sont extrêmement fragiles,
02:35et au niveau virilité, c'est très difficile d'en parler.
02:39Voire même, quelquefois, on va leur dire,
02:41« mais tu plaisantes ».
02:43Enfin, vous voyez, on a l'impression...
02:45Ça fait rire, même, parfois.
02:47Oui, ça peut faire rire.
02:48Tout à fait, parce qu'on a l'impression,
02:50dans notre société, qu'un homme, c'est toujours prêt.
02:53Il sera toujours content d'avoir un rapport sexuel.
02:56Or, c'est faux.
02:57D'ailleurs, rappelez-vous, pardon, qu'en 2024,
02:59qu'il a fallu attendre 2024 pour que le hashtag MeToo
03:03devienne aussi un hashtag MeToo pour les garçons.
03:05C'était le comédien Aurélien Vic qui avait révélé avoir été abusé.
03:09Et d'un coup, il y a eu une vague de MeToo garçons,
03:12d'hommes qui ont été abusés sexuellement.
03:13Stéphane, il a fallu du temps avant qu'ils prennent la parole
03:16et qu'ils osent le faire.
03:17Oui, mais c'est vrai que c'est souvent agressé par des hommes.
03:19Il n'y a pas eu beaucoup de témoignages d'hommes
03:21agressés par des femmes.
03:22Et pourtant, ça existe.
03:24On a dans nos cabinets des témoignages
03:25de plus en plus importants.
03:27Alors, est-ce que c'est plus fréquent,
03:28au même titre que la délinquance féminine
03:30a doublé ces dernières années ?
03:32Est-ce que les agressions sexuelles sur les hommes
03:34de la part des femmes augmentent ?
03:37C'est possible.
03:38Ou est-ce parce que les hommes, aujourd'hui,
03:40s'autorisent davantage à porter plainte ?
03:43C'est en fait la question du consentement.
03:45Et la question du consentement, elle apparaît...
03:48Moi, je vois ça beaucoup chez les ados,
03:50où les ados se sentent beaucoup plus en difficulté,
03:53les ados garçons, de dire non que les filles.
03:56Les filles, aujourd'hui, et c'est heureux,
03:57on leur apprend à dire non.
03:58On n'a pas encore éduqué les garçons.
04:00On n'a pas appris aux garçons à dire non.
04:02Et il y a des garçons, ils se sentiraient presque gais
04:05s'ils refusaient une avance d'une fille,
04:07même si la fille ne lui plaît pas.
04:09Revenons à vos consultations.
04:10Après, bien sûr, je sondrai l'avocate.
04:12C'est difficile à avouer, comme elle le disait, Catherine,
04:16c'est stigmatisant parce que c'est associé à la honte,
04:20parce que c'est rare, etc.
04:21Même dans le secret du cabinet,
04:23est-ce que vous avez des confessions
04:25et des, je ne sais pas moi, des torrents de larmes,
04:27des hommes qui craquent à cause de ça ?
04:29Oui, ils pleurent ou ils ne pleurent pas,
04:31mais ils le reconnaissent avec difficulté.
04:33Mais c'est parfois des agressions sexuelles.
04:36Ce n'est pas toujours des viols, ça peut être des attouchements,
04:38mais c'est aussi des relations sexuelles imposées sous la menace.
04:42Sous la menace, sous l'agression verbale.
04:45Il y a aussi des empris psychologiques de femmes sur des hommes.
04:49Et même au sein du couple,
04:51on parle de viol maintenant au sein du couple,
04:53au sein du couple, il y a parfois des relations sexuelles
04:55qui sont imposées à l'homme.
04:57Et les hommes ne vont évidemment pas oser se plaindre,
04:59parce que comme vous l'avez dit,
05:01l'homme est censé être toujours prêt et disponible,
05:05et c'est à la femme de disposer.
05:07Donc c'est toute une éducation qui est d'ailleurs en train de se faire,
05:10j'ai l'impression quand même, auprès des enfants,
05:12sur cette notion de consentement,
05:13où on apprend aussi aux garçons à imposer le consentement.
05:19– On associe trop la libido à un homme,
05:24comme si c'était une libido permanente,
05:26mais c'est quoi un viol ?
05:27Vraiment, pour que les gens comprennent,
05:28une femme qui va imposer une relation sexuelle à un homme,
05:32même si on comprend qu'il y a la contrainte psychologique,
05:35ça passe par quoi ?
05:35C'est-à-dire qu'elle le force ?
05:37Est-ce qu'un homme peut avoir une érection,
05:40pardon de parler de manière un peu plus claire, forcée ?
05:43– Justement, c'est ça qui est difficile,
05:45c'est qu'un homme, s'il a des stimulations sexuelles,
05:48surtout s'il est jeune,
05:49il va avoir très facilement une érection,
05:51même s'il n'a pas de désir.
05:52On peut très bien avoir une excitation sans désir.
05:55Et donc, très souvent, même dans sa tête,
05:57il se dit, mais si j'ai eu une érection,
06:00c'est sans doute que dans le fond, j'en avais envie,
06:02mais que je ne me l'avouais pas.
06:04Et en plus, les agresseurs,
06:05je ne sais pas si les agresseurs se font trop ça,
06:07mais ils vont dire, tu vois, tu en avais envie en fait.
06:09Et donc, il va se dire, j'en avais peut-être envie inconsciemment.
06:13– Mais de la même manière que des femmes
06:16qui peuvent être excitées,
06:18malheureusement,
06:19lorsqu'elles sont violées,
06:21mais ça, on ne le dit pas assez,
06:22mais il faut le dire.
06:23– Le physiologique n'est pas toujours en phase avec le psychique.
06:26– Et puis, il y a une deuxième chose,
06:28c'est que quand on subit une agression sexuelle,
06:30il y a ce qu'on appelle une colonisation traumatique.
06:33C'est-à-dire que le mental de l'agresseur
06:35est injecté dans votre cerveau,
06:37et donc, après l'agression,
06:39souvent, vous allez avoir des excitations
06:40en repensant à l'agression,
06:42parce que votre agresseur avait cette excitation.
06:45– Et donc, c'est un transfert de fantasmes.
06:47– Un transfert de fantasmes.
06:49Et donc, vous vous dites,
06:50sans doute que c'est aussi moi qui suis en cause.
06:53Et ça, on n'en parle pas assez,
06:54parce que souvent, c'est horrible
06:56pour les personnes qui sont agressées sexuellement.
06:58Stéphane Clerget.
06:59– Oui, oui, c'est très, très important
07:00ce qu'il vient d'être dit de là.
07:02C'est absolument fondamental
07:03et c'est complexe à comprendre,
07:05surtout au niveau de la justice.
07:07Mais c'est d'autant plus vrai
07:08que le garçon est jeune
07:10et qu'il ne connaît pas bien ses désirs,
07:13ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas.
07:14Et encore une fois,
07:15il n'a pas été éduqué à écouter ses besoins,
07:17ses envies, ses désirs.
07:20– Là, on parle d'un...
07:22Je vous précise quand même le profil de ce rappeur.
07:25C'est un jeune rappeur d'origine polynésienne.
07:28Effectivement, il a une intaine d'années.
07:30Donc, il y a quelque chose de cet ordre-là.
07:32Allez-y, maître, je vous en prie.
07:32– Oui, je voulais réagir.
07:34On a eu l'analyse de cette sexologue sur notre plateau,
07:39l'analyse du psychiatre.
07:41Alors, sur le plan juridique,
07:43un viol, le viol d'un homme par une femme,
07:46c'est tout à fait possible.
07:47La définition du viol n'est pas genrée.
07:50Je rappelle la définition,
07:52c'est tout acte de pénétration sexuelle,
07:56notamment bucco-génital et bucco-anal,
08:00effectué par un cuidam sur un autre cuidam,
08:04avec violence, contrainte, menace ou surprise.
08:09Donc, dans ce cas de figure,
08:11le rappeur, je crois, a dénoncé des violences physiques
08:14et des violences psychologiques,
08:16donc de la contrainte.
08:17À partir du moment où il n'y a pas de consentement,
08:21libre, volontaire et éclairé,
08:22il peut y avoir viol.
08:24– C'est-à-dire qu'est-ce qu'une femme en l'espèce,
08:25je ne sais pas s'il y a eu beaucoup de procès de la sorte déjà,
08:28s'il y a de la littérature là-dessus,
08:29est-ce qu'une femme en cours et à l'arrivée,
08:33écope de la même peine qu'un homme pour le même qualificatif ?
08:35J'entends bien.
08:37Et absolument, vous avez des exemples.
08:39– Non, alors, pour répondre à votre question,
08:42j'ai également fait une petite recherche.
08:45Il n'y a pas de cas de jurisprudence
08:47où une femme a été condamnée pour le viol d'un homme.
08:51Ça n'existe pas.
08:52– Ah, il y a autant qu'il n'y en a pas.
08:53– Mais non, le problème, il est autre.
08:57C'est-à-dire qu'il y a très peu de plaintes d'hommes pour viol
09:01à l'encontre d'une femme.
09:02Donc en fait, il y a très peu de plaintes, très peu de signalements,
09:05donc forcément, in fine, il y a très peu de condamnations.
09:10– Et peut-être parce que c'est plus difficile à prouver aussi.
09:12– Ce n'est pas plus difficile à prouver,
09:14c'est une question de stéréotypes de genre.
09:16C'est-à-dire que c'est le tabou des tabous.
09:19Un homme, imaginez un homme qui pousse la porte d'un commissariat
09:22pour dire « ma compagne m'a violée ».
09:25Déjà, les officiers de police judiciaire,
09:28ils vont prendre cette plainte avec beaucoup de circonspections,
09:32en réalité.
09:34Donc déjà, une femme, c'est compliqué,
09:37mais un homme, c'est encore plus compliqué.
09:39– Même aujourd'hui, en 2026,
09:40c'est quelque chose à quoi vous avez été confronté,
09:42ou en tout cas dont vous avez parlé avec des collègues ?
09:43– Non, je n'ai jamais été confronté à cette situation,
09:45mais c'est vrai que la libération de la parole
09:48va faire qu'on va en avoir de plus en plus,
09:50parce que des emprises psychologiques,
09:52on en le voit effectivement.
09:54Alors certes, ça ne débouchait pas forcément sur des viols,
09:57mais ça va certainement montrer,
10:00en tout cas à certains hommes,
10:01qu'ils sont des victimes.
10:03Donc oui, je pense que…
10:04– Des pervers narcissiques, il y a des femmes aussi.
10:05– Oui, bien évidemment.
10:06– Un peu moins que les hommes, mais ça existe.
10:07– Ça existe, donc forcément,
10:09comment les enquêteurs vont s'adapter
10:11à ces nouveaux délits,
10:14ces nouveaux crimes
10:15qui vont leur être racontés,
10:18en tous les cas dans les différentes plaintes
10:19qu'ils vont recevoir.
10:20– Est-ce que c'est des choses,
10:21dans le cadre de consultations,
10:23peut-être que vous avez eues entre couples,
10:24parce que vous êtes sexologue,
10:25donc vous recevez des couples en coaching,
10:27j'imagine, de thérapie sexuelle,
10:29quand ça ne va pas,
10:31qui ressortent,
10:32ou que vous pouvez soupçonner
10:33dans certaines consultations ?
10:35– Disons que j'ai déjà eu des couples
10:37où il y avait une femme très agressive
10:39envers son mari,
10:40mais je n'ai pas eu d'hommes adultes
10:43me disant avoir été violés,
10:44mais par contre, des adolescents
10:46qui ont été violés.
10:47– Par une femme ?
10:48– Par une femme, plus souvent par des hommes.
10:52– On parle vraiment du cas de femmes.
10:54– Des agressions,
10:55et il faut voir aussi que,
10:58c'est ce que vous disiez
10:59par rapport à la police,
11:01la police va dire,
11:02mais vous aviez une érection,
11:03donc vous aviez envie,
11:04enfin si on creuse un petit peu,
11:05ce n'est pas tellement connu,
11:06et ce que je voudrais dire quand même,
11:08c'est qu'il y a pas mal d'enfants
11:09et d'adolescents hommes
11:10qui sont agressés sexuellement,
11:12et quand c'est par une femme,
11:13ça a des conséquences dramatiques,
11:15parce que souvent aussi,
11:17les ados,
11:17ils prennent ça comme une initiation,
11:19ils se disent,
11:19c'était ma première fois,
11:20on entend souvent,
11:21c'était ma première fois,
11:22vous creusez,
11:22vous dites,
11:23ah bon ?
11:24Et moi,
11:25j'ai déjà entendu des hommes me dire,
11:27j'ai 30 ans,
11:28je n'ai jamais eu de rapport sexuel
11:31avec une femme,
11:31ni avec un homme d'ailleurs,
11:32je n'ai jamais eu de rapport sexuel depuis,
11:34j'en suis incapable.
11:35Ah oui, d'accord,
11:36ça les a marqués,
11:37ah ben ça marque durablement,
11:38il ne faut pas croire.
11:39D'accord,
11:39vous dites,
11:39je n'ai jamais eu de relation sexuelle,
11:41de consenti,
11:42depuis cette agression,
11:43et depuis ce viol.
11:44Depuis cette agression,
11:44exactement.
11:45C'est très important.
11:46Parce qu'il y a un vécu de passivité,
11:47qui est encore plus dur à vivre pour un homme,
11:50parce qu'il n'a tellement pas été...
11:51Parce qu'il a intégré des codes en fait.
11:53Mais oui,
11:54et souvent effectivement,
11:56ces initiations,
11:57c'est souvent avec des femmes
11:58beaucoup plus âgées,
11:59qui peuvent parfois avoir l'âge de leur mère.
12:02Moi, les histoires que j'ai pu entendre,
12:03c'est d'ailleurs souvent des femmes
12:04dans l'entourage familial.
12:05Par exemple,
12:06des marraines,
12:07ou parfois des tantes.
12:08Donc il y a une dimension aussi
12:09parfois incestueuse
12:10qui en rajoute sur le traumatisme.
12:12Et que l'on ne soupçonne pas de l'extérieur,
12:14parce qu'on a un petit préjugé tout de même,
12:16que les femmes sont très maternelles,
12:18très affectueuses.
12:19Et donc c'est difficile de déceler
12:20lorsque ça dérape
12:21d'une affection qui pourrait être
12:23attribuée à la maternité.
12:24Elle pourrait être au-dessus de tout soupçon.
12:26Bon, merci beaucoup.
12:28C'était très intéressant,
12:29Catherine Solène,
12:30d'avoir votre regard de spécialiste
12:32sur cette affaire
12:34qu'on suivra avec attention là encore.

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