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  • il y a 7 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud s'intéresse au coup de gueule du combattant de MMA Matthieu Letho-Duclos.

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Transcription
00:00Respectez la France, vous avez peut-être vu cette information avec, alors je ne sais pas si on dit un
00:05boxeur pour la...
00:06Non, c'est un combattant de MMA.
00:07Un combattant de MMA.
00:09Donc vous allez voir d'abord son combat, vous allez le découvrir parce qu'il s'est fait un petit
00:14peu insulter, ce jeune homme.
00:18Et je vous propose de voir effectivement les images de son combat et je vais les commenter aussi pour Europe
00:261.
00:26Il s'appelle Mathieu Duclos et après son cas au premier round lors de l'UFC Paris face au Brésilien
00:34Luis Felipe Díaz,
00:37le combattant de MMA, Mathieu Leto Duclos a assumé un discours patriotique fort.
00:42La France avant tout a-t-il dit ? D'abord sur le ring.
00:47Dieu donne toujours ses plus durs combats, ses meilleurs guerriers.
00:50Coup de Jean-Pierre qui m'as associé à une image politique, je vais vous dire une seule chose pour
00:54vous dire ma vision.
00:54Non, je brûlerai sans éviter tous les pays du monde pour sauver la France.
00:58La France avant tous les amis, je vous aime tous.
01:01Alors, il a continué quelques minutes après son chaos au premier round, donc face à son adversaire.
01:07Il a assumé donc ce discours patriotique et je vous le propose de l'écouter en conférence de presse.
01:13Il y a beaucoup de gens qui m'associent politiquement.
01:15En fait, les gens sont très polarisés.
01:16Ils sont soit des extrêmes droites, soit des extrêmes gauches.
01:18Je vous explique, moi je ne demande pas grand-chose.
01:20Je demande que tu aimes la France, que tu respectes son identité, que tu respectes sa culture.
01:23Et en fait, j'ai l'impression que rien que demander ça, c'est déjà trop.
01:26Donc, tous les gens qui ne sont pas d'accord avec ça, vous n'avez pas de place en France.
01:28Et les autres, je vous aime tous.
01:30Alors, c'est intéressant parce qu'il y a un autre boxeur qui s'appelle Axel Sola,
01:35qui est un pratiquant français d'art martiaux mixte et victorieux, lui, de l'UFC, grâce à un chaos spectaculaire.
01:41Il a également gagné le respect du public, mais il a pris la défense de son adversaire du soir,
01:46cible de messages racistes sur les réseaux sociaux avant le combat.
01:48Et le Parisien, c'est intéressant, le Parisien a dit deux salles, deux ambiances à l'UFC Paris,
01:54alors que Mathieu Leto Duclos est illustré par des sorties ultra-nationalistes.
01:58Donc là, on considère que c'est une sortie ultra-nationaliste.
02:01C'est ça qui est fou.
02:03Ultra-nationaliste, il a simplement dit j'aime la France.
02:06Axel Sola a dénoncé les messages racistes reçus par son adversaire, Fares Iam,
02:10qui possède la double nationalité franco-algérienne.
02:12Donc moi, je suis toujours passionné par ça, parce que quelqu'un qui dit simplement ce qu'il a dit,
02:17c'est ultra-nationaliste.
02:20Et que si ce Fares Iam disait la même chose en Algérie, on exalterait justement Sabri Namedcheper.
02:25Exactement. Vous avez parfaitement raison, Sabri Namedcheper.
02:28Il a eu le tort de faire quelque chose que vous n'avez peut-être pas vu.
02:31Il s'est signé sur le ring.
02:34Donc c'est un scandale supplémentaire.
02:37C'est un hérétique.
02:39C'est pour ça que cette société devient un moine.
02:42Si tu dis simplement j'aime la France, t'es un ultra-nationaliste.
02:46Déjà, il a le droit de dire ce qu'il veut, mais vous avez coupé un passage dans l'extrait
02:50que vous avez passé,
02:50parce que le passage que vous avez coupé, je vais le dire en essayant de rester poli,
02:57il a dit, ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, allez vous faire...
03:01Ça, c'est pas ultra-nationaliste, c'est mal élevé, c'est grossier, c'est vulgaire,
03:05mais c'est pas ultra-nationaliste.
03:06Oui, mais d'accord, mais...
03:08Mais ça n'a rien à voir.
03:09Si, parce qu'il dit, ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, allez vous faire...
03:13Oui.
03:14Et vous n'avez pas votre place en France.
03:17Et pour le coup, c'est ça qui a un peu choqué, c'est-à-dire qu'il dit à
03:21la fois,
03:22la France est très polarisée, extrême droite,
03:24moi, il a le droit de dire ce qu'il veut, on est très d'accord.
03:27Et d'ailleurs, au passage, c'est assez étonnant,
03:29tout le milieu du MMA et des combats assez, comment dire...
03:33Violents.
03:34Violents et très politisés.
03:36Tous les combattants sont, en général, très politisés.
03:41Mais ce qui a choqué, c'est qu'ils puissent dire,
03:43si vous n'êtes pas d'accord avec moi, allez vous faire voir et vous n'aimez pas la France.
03:47Je trouve que ce n'est pas très malin de dire ça.
03:48Vous avez parfaitement raison.
03:50Ce n'est pas très malin.
03:50Est-ce que vous pouvez comprendre son exaspération ?
03:52Que, simplement, le drapeau français soit devenu un symbole fasciste.
03:56Le drapeau français.
03:57Quand vous voyez ce que ça a symbolisé à travers l'histoire,
04:00le symbole, quand même, d'un grand pays, d'une grande civilisation, d'une grande culture,
04:04qui, en tant que tel, est devenu fasciste.
04:06Parler de la France est fasciste.
04:08Moi, je comprends son exaspération.
04:10Après, il y a des verbes du premier groupe que je n'aurais pas employés,
04:12contrairement à ce monsieur.
04:13Mais, quand même, moi, je comprends l'exaspération.
04:15Il y en a marre de s'excuser.
04:17Il y en a marre de s'excuser de la France.
04:20Il y a des zones d'ombre, mais c'est un immense pays.
04:22Et, en effet, ceux qui le contestent n'ont pas leur place en France.
04:25Qu'ils soient fiers d'être français.
04:28Qui représente les couleurs de la France.
04:30Je ne crois pas que le drapeau français soit devenu un symbole de fascisme.
04:35Demandez à M. Ciotti, qui essaye de faire le lever.
04:38Dans les manifs, il est à drapeau.
04:39Thomas Bonnet.
04:40Ce drapeau a été arraché dans les manifestations des militants.
04:44C'est l'émotion que Mélenchon vient de le rétablir dans ses...
04:47Oui, oui.
04:49Après, il ne suffit pas de se rouler ou de se draper dans un drapeau tricolore
04:53pour aimer la France.
04:55Aimer la France, ce n'est pas forcément...
04:57Non, mais c'est un bon début.
04:59Même si ce n'est pas la fin de l'histoire, c'est un bon début.
05:01C'est très américain, ça.
05:03C'est très...
05:06Le flag...
05:06Dans vous les pays, quasiment.
05:07Le flag crowd.
05:08Je suis d'accord.
05:09C'est un truc...
05:10Mathias, Mathias, c'est dans tous les pays du monde.
05:13Dans tous les pays du monde.
05:15Vous allez...
05:15C'est un anormaux.
05:16Voilà, vous allez en Allemagne.
05:17Moi, quand je faisais la Coupe du Monde en Allemagne, je me souviens, il y avait des drapeaux allemands
05:21absolument partout.
05:23Il n'y a que nous qui avons ce rapport difficile.
05:25Non, mais la haine de soi a atteint un tel point que maintenant, on est obligé d'écouter
05:30les combattants de MMA pour avoir un discours, même pas ultra-nationaliste, un discours
05:35normal.
05:36Il y a des raisons d'être fier, d'être français.
05:38Je le dis, je le répète.
05:39C'est intéressant d'ailleurs, parce que M.
05:41Falissard, qui est avec nous, qui parle d'écran total, mais qui est pédopsychiatre,
05:45c'est peut-être intéressant le rapport que vous avez sur cette France qui se déteste
05:48aujourd'hui, vous qui êtes psychiatre ?
05:50L'oïcophobie.
05:53Alors, c'est la haine de soi, dit Éric Nolot.
05:57Oui.
05:59Vous savez, en fait, c'est compliqué de faire société.
06:02Voilà.
06:02C'est quand on est ensemble, en fait, on est en compétition pour des boulots, pour des
06:07partenaires, etc.
06:09Il faut trouver quelque chose qui nous rassemble.
06:11Et l'identité, donc être français, ok, ça peut nous rassembler.
06:15Être Gascon, je suis Gascon, ça me permet de me représenter.
06:19Être noir, être musulman, être catholique, ce sont des identités qui nous permettent
06:23quelque part de faire groupe et de nous retrouver.
06:26Et ça suscite des débats, voilà.
06:28Et vous l'avez là aujourd'hui.
06:30Moi, ce qui m'étonne quand même, c'est que ce monsieur s'exprime après avoir reçu
06:33des coups sur la tête, il a le droit de ne pas parler comme un agrégé de philosophie
06:36et de dire des choses qui ne sont pas forcément raisonnables.
06:39Et ce n'est pas grave, voilà.
06:41Ce n'est pas vraiment ma question, la haine de soi, moi, ça m'a.
06:43Ce qui m'intéresse, c'est la haine de soi.
06:44Qu'est-ce qui fait qu'en France, aujourd'hui, nous avons développé, depuis plus de 50 ans,
06:51une culpabilité sur notre histoire, une forme de haine de soi, au point de refuser
06:57les identités qui étaient très puissantes dans notre éducation d'enfants,
07:04Napoléon, Jeanne d'Arc, le roman national, etc.
07:08Et ce refus de ce que fut la France.
07:11Pourquoi ?
07:11Alors, vous savez, d'abord, quand on va à l'étranger, vous parliez de l'Allemagne tout à l'heure,
07:15quand on va à l'étranger, quand même, notre réputation, c'est d'être hyper fière de nous.
07:20Les Français, en général, sont chauvins, considèrent que la France,
07:22c'est le plus grand pays du monde, etc.
07:24Ils ont raison.
07:24Je ne pense pas, en fait.
07:26Lucide.
07:26C'est simplement de la lucidité.
07:28C'est un constat.
07:28Au fond de nous, nous pensons ça.
07:31Oui.
07:31Et quand ça n'est pas totalement conforme à la réalité,
07:35il y a ce qu'on appelle un renversement des émotions.
07:37Finalement, je ne peux pas m'aimer à la hauteur de ce que je suis.
07:41Eh bien, je trouve que je suis misérable.
07:43C'est quelque chose que je fais d'un mécanisme psychologique assez banal.
07:45Bon, moi, je ne suis pas très convaincu par ce que vous dites, mais je ne suis pas psychiatre.
07:48Vous avez le droit.
07:51Donc, Mathias Leboeuf.
07:52Vous avez évoqué Napoléon, Jeanne d'Arc.
07:57Versailles Gettori.
07:58Non, je n'ai pas parlé de Versailles Gettori.
07:59Non, mais enfin bon.
08:00J'aurais pu.
08:00J'aurais pu.
08:02On peut...
08:02Moi, j'aime passionnément la France, mais le récit de Jacques de Bainville et la conception
08:07de l'histoire de Jacques de Bainville avec le grand récit national...
08:11Jacques de Bainville.
08:12Jacques de Bainville, oui, pardon.
08:13Jacques de Bainville.
08:13Le grand récit national avec l'homme ou la femme providentielle, le héros historique.
08:18On peut être critique vis-à-vis de ça sans pour autant détester la France.
08:22On peut détricoter ou critiquer ou déconstruire le récit national.
08:27Ce n'est pas pour autant qu'on déteste la France.
08:30Ce n'est pas la même chose que la haine de soi.
08:31Ce n'est pas la même chose.
08:32Je vous dis que l'histoire de Bainville, pour moi, elle est complémentaire de celle de Michelet.
08:37Je pense qu'il y a de la vérité dans les deux.
08:39Et que, par exemple, sur la Révolution française, je pense que la vérité est une synthèse de Bainville et de
08:43Michelet.
08:44Il y a François Furet.
08:46Vous avez dit déconstruire le récit national.
08:48Qu'est-ce que vous proposez à la place ?
08:50Le déconstruire, ce n'est pas le déconstruire pour le plaisir de le déconstruire.
08:53C'est que le récit national et l'histoire se construisent en permanence.
08:57Et on amende en permanence le récit.
09:01Moi, personnellement, et à un certain nombre d'historiens,
09:05le héros providentiel qui vient sauver et qui vient écrire l'histoire du pays,
09:09et d'un pays de...
09:11Bon, voilà, ça peut être critiqué.
09:13On n'a pas tous la même conception de l'histoire.
09:15Mais ce que je voulais dire, c'est que ce n'est pas pour autant qu'on déteste la France.

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