- il y a 7 semaines
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00:00Europe 1, le journal de 20h.
00:03Et avec vous Maëlle Hassani et bonsoir.
00:06Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver en ce vendredi soir sur Europe 1 pour votre journal de 20h.
00:11Une demi-heure d'informations et vos rendez-vous quotidiens avec les signatures Europe 1.
00:16Celle qui vous réveille tous les jours entre 7h et 9h autour de Dimitri Pavlenko.
00:20Vincent Trémolet de Villers, directeur délégué du Figaro, revient aujourd'hui sur la réforme constitutionnelle
00:26voulue par Bruno Retailleau afin de redonner le pouvoir au peuple quitte à désavouer les juges.
00:31Dans l'enquête de la rédaction d'Europe 1, aujourd'hui le port du voile islamique alors que le RN
00:35veut l'interdire par référendum.
00:37Retour sur ce vêtement utilisé comme un véritable instrument de conquête par les frères musulmans.
00:43Laurent Tessier s'arrêtera quant à lui sur le procès pour diffamation intenté à deux élus et les filles par
00:48les organisateurs du canon français.
00:50Et puis la signature Europe 1 de ce vendredi, Catherine Ney nous raconte le Édouard Balladur qu'elle a connu.
00:56Mais tout d'abord c'est votre journal et elle a eu 1 milliard d'euros mis sur la table
01:00par le gouvernement
01:01pour aider les agriculteurs au sortir d'un été caniculaire marqué par la sécheresse.
01:06Insuffisant pour les syndicats mais difficile pour l'état de faire mieux compte tenu de l'état de nos finances
01:10publiques.
01:11Une nouvelle crise à gérer pour le Premier ministre.
01:14Autre profession en colère, les policiers.
01:16La réunion organisée aujourd'hui au ministère de l'Intérieur n'a pas permis de calmer la grogne des fonctionnaires
01:21qui réclament davantage de moyens.
01:22Une journée de mobilisation prévue le 15 septembre prochain.
01:25Un reportage à suivre.
01:27Dans ce journal également, le discours très remarqué de Jordan Bardella devant les militants du parti Reform UK en Angleterre.
01:33Et puis le début du top 14 de rugby ce week-end.
01:36Tout le monde rêve de détrôner enfin le stade toulousain.
01:39Quadruple tenant du titre.
01:41Europe 1.
01:44Un milliard d'euros mis sur la table pour les agriculteurs en pleine période de dizaines budgétaires.
01:49L'effort peut paraître colossal mais pour les syndicats c'est insuffisant pour sauver les dizaines de milliers d'exploitations
01:55en péril après un été marqué par les canicules et la sécheresse.
01:59Maxime Liévin est le président des jeunes agriculteurs d'Île-de-France.
02:03Dans les premières réactions, et je vous le dis d'autant plus parce qu'on a fait une visio nationale
02:08ce midi, mon ressenti était à peu près le même chez beaucoup.
02:12On a l'impression que c'est un peu un coup d'épée dans l'eau.
02:14On annonce un milliard d'euros pour le commande des mortels, c'est beaucoup.
02:17Quand on rationalise par rapport aux 350 000 exploitations en France, ça fait 2800 euros par exploitation.
02:24Ok, c'est une aide pour l'année en cours, on ne va pas cracher dessus, mais malheureusement ça ne
02:29sauvera pas les exploitations pour autant.
02:30L'agriculture est au bord du gouffre, malheureusement 2800 euros par exploitation, ce n'est pas ça qui va sauver
02:35ce qui est en train de tomber et les filières sont en train de tomber les unes après les autres.
02:39Maxime Liévin, président des jeunes agriculteurs d'Île-de-France, propos recueillis par Marius Druard.
02:45Et depuis la foire de Chalou en Champagne, le secrétaire général de la FNSEA, premier syndicat agricole, n'exclut pas
02:51de nouvelles manifestations dans les prochaines semaines.
02:54Autre profession en colère et autre appel à la mobilisation.
02:58Les syndicats de policiers annoncent des manifestations d'ampleur le 15 septembre prochain pour réclamer plus de moyens et alerter
03:05sur les conditions de travail des forces de l'ordre.
03:08Des actions sont déjà organisées depuis quelques jours, notamment à Marseille, où une grève du zèle est en cours depuis
03:13maintenant une semaine.
03:14Le reportage européen de Stéphane Burgatte.
03:16La base de leur métier, mais pas plus, finit les opérations coup de poing dans les cités, témoigne anonymement ce
03:21policier membre d'une brigade dans la région.
03:23Notre travail c'était de déblayer des cités, de travailler et d'impacter fort le trafic de stupes.
03:27Et là le fait qu'on n'y aille pas parce qu'on n'est pas écouté, ils vont comprendre
03:30comment ça se passe.
03:31Pas d'interpellation, rien du tout.
03:32Les clients vont revenir comme si on n'avait jamais fait notre travail, parce que ça va super vite.
03:35Car en plus du sous-effectif, le matériel manque ou bien laisse à désirer.
03:39On va utiliser nos deniers personnels pour avoir du matériel ou pour s'acheter des trucs qui vont être un
03:43peu mieux.
03:43Ça va être des chaussures, la boîte nous en fournit certes, mais des chaussures qui vont être un peu mieux,
03:47des jumelles, des lampes qui vont être de meilleure capacité.
03:50Dans les commissariats marseillais, les exemples ne manquent pas non plus, rapporte le référent unité des quartiers nord, Arnaud Blaise.
03:56On a des voitures qui sont pourries, on a des beaux locaux sur certains secteurs, mais on a des locaux
03:59pourris sur d'autres.
04:00Les collègues ne peuvent même pas se changer dans les vestiaires sous peine de voir des rats, des cafards, de
04:04la piste qui tombe des locaux de garde à vue du dessus.
04:06C'est complètement délabré.
04:07Le ras-le-bol monte.
04:08Mais il n'y a pas de juste retour.
04:09Les politiques se gargarisent de nos chiffres, c'est vrai que c'est nous qui faisons avancer tout le monde
04:12en fait finalement, mais nous on n'avance pas.
04:13On a ce sentiment d'injustice.
04:14Et ces policiers refusent d'être la variable d'ajustement des contraintes budgétaires.
04:19Marseille, Stéphane Burgatte, Europe 1.
04:20Un drame dans la petite commune de Plourin, les Morlaix dans le Finistère.
04:24Une femme tuée cet après-midi sur la voie publique par un homme qui s'est ensuite retranché dans un
04:29immeuble.
04:29Les forces de l'ordre tentent toujours d'interpeller le forcené.
04:32Le quartier est entièrement bouclé.
04:34La mairie appelle les habitants à rester calmes et à limiter les déplacements.
04:38Vous écoutez Europe 1, il est 20h05, condamné à jouer les seconds rôles dans la campagne présidentielle en France.
04:44Jordan Bardella traverse la Manche pour soigner sa stature internationale.
04:48Le président du RN accueilli en grande pompe aujourd'hui au congrès du mouvement pro-Brexit.
04:53Reform UK, dirigé par Nigel Farage.
04:56Et une prise de parole très remarquée, visiblement très appréciée, Alexandre Chauveau.
05:01Oui, un discours de 20 minutes et pour la première fois intégralement en anglais.
05:05Un gage de crédibilité donné par celui qui ambitionne d'être le Premier ministre français en cas d'élection de
05:10Marine Le Pen l'an prochain.
05:11Un discours axé sur la lutte contre l'immigration et notamment les traversées illégales de migrants dans la Manche.
05:16En cas d'arrivée du RN au pouvoir en 2027, Jordan Bardella promet d'y mettre fin.
05:22La destination des migrants clandestins qui entrent en France ne doit pas être le Royaume-Uni.
05:27Ils doivent être renvoyés dans leur pays d'origine.
05:32La Manche ne doit plus être une route migratoire vers Dour ou Folkestone.
05:38Où des milliers de personnes risquent leur vie entre les mains de réseaux criminels de passeurs avec la complicité de
05:45la gauche.
05:46Propos applaudis par les militants de réforme UK, le parti de Nigel Farage, le chef de file anti-immigration au
05:52Royaume-Uni.
05:53A 62 ans, l'homme qui avait fait campagne pour le Brexit rêve de devenir Premier ministre en 2029.
05:58Ce serait alors un appui de taille pour Jordan Bardella et le RN, toujours en quête d'alliés en Europe,
06:04dans la perspective de diriger la France dans un an.
06:06Alexandre Chauveau du service politique d'Europe 1.
06:09En Ukraine, une spectaculaire attaque russe en plein centre de Kiev.
06:13Le siège des services de sécurité ukrainiens touchés par un drone.
06:18Bilan 12 blessés, mais Moscou semble avoir raté sa cible, à savoir le chef du SBU qui n'était pas
06:23présent sur les lieux.
06:25Quelques semaines après la cyberattaque contre le fisc, un jeune homme de 18 ans mis en examen est placé en
06:29détention provisoire.
06:30Il est soupçonné d'être derrière ce vol de données de plus de 670 000 particuliers et professionnels.
06:36Le suspect est déjà connu de la justice pour d'autres attaques informatiques commises en 2023 et 2024.
06:42Aucune dégradation majeure signalée sur la tapisserie de Bayeux suite au transfert de l'œuvre millénaire vers le British Museum
06:48de Londres.
06:49Mais la ministre de la Culture, Catherine Péga, reconnaît tout de même une rupture de deux fils, constatée par des
06:54experts français et britanniques.
06:55La broderie sera exposée outre-manche à partir du 10 septembre et jusqu'en juillet 2027.
07:01Et puis ce sera l'événement sportif du week-end, le grand retour du top 14, saison 2026-2027 à
07:06suivre en intégralité sur les antennes de Canal+.
07:09Premier match dès demain et un choc dimanche soir entre La Rochelle et le quadruple tenant du titre le stade
07:15toulousain.
07:15Que nombre de concurrents rêvent de détrôner, Axel May ?
07:18Au petit jeu des pronostics, Toulouse et ses quatre boucliers de Brennus consécutifs fait évidemment figure de favori.
07:24Mais Montpellier, finaliste malheureux en juin dernier, a de l'ambition à revendre le capitaine Léninouchi.
07:30L'objectif de la saison c'est de faire mieux. Donc faire mieux en top 14 c'est être champion.
07:34Après est-ce qu'on le sera ? Je ne sais pas parce qu'il y a très d'autres
07:36équipes qui se votent pour ça.
07:37Oui c'est sûr que le favori ce sera Toulouse et je pense que pendant encore très longtemps ça sera
07:41Toulouse.
07:41C'est énervant un peu ?
07:42Non ils sont meilleurs. Justement ça permet aussi à tous les autres clubs d'élever leur niveau et pouvoir essayer
07:47de les concurrencer sur une saison.
07:48Parmi les principaux concurrents, l'Union Bordeaux-Bègue, le double vainqueur de la Coupe d'Europe en titre mais jamais
07:53sacré en France.
07:54La section paloise dont l'effectif compte plusieurs internationaux comme l'Elié Théo Atisogbé,
07:59le stade français, demi-finaliste la saison dernière ou pourquoi pas Toulon qui a recruté l'expérimenté Gaël Ficou en
08:04provenance du Racine 92.
08:06Quant à La Rochelle, autre outsider, le club de Charente-Maritime pourra tester son niveau dès dimanche en recevant Toulouse.
08:12Bref, une densité qui fait dire à beaucoup que le top 14 est le meilleur championnat du monde.
08:17Axel May, vous écoutez Europe 1, il est 20h09, place à la météo avec vous Marlène Duray.
08:23Au programme demain Marlène, du soleil et de la chaleur et des températures toujours étouffantes dans le sud.
08:29Oui, on peut le dire caniculé. Alors c'est vrai qu'on peut peut-être se réveiller sous les nuages.
08:32On a un petit front qui a ramené beaucoup de nuages aujourd'hui près de la Manche et de la
08:36Belgique.
08:36Tout ça va s'enfoncer au fil des heures et tout en se filochant.
08:40Et on va retrouver donc des nuages notamment de l'Alsace à la Vienne en passant par le sud de
08:44la Lorraine,
08:45une bonne partie de la Bourgogne-Franche-Comté, le Berry, mais tout ça va se disloquer.
08:48Un peu de grisaille aussi près de la Manche, dans le sud-ouest, voilà.
08:50Donc du soleil mai, mais il y a effectivement cette canicule toujours en cours avec une vigilance orange dans 6
08:56départements.
08:56La Drôme, l'Ardèche, le Gard, les Rôles, l'Aude, les Pyrénées-Orientales.
09:00Et puis demain, le Vaucluse viendra s'ajouter à partir de midi à cette liste.
09:06Avec des minimales évidemment qui afficheront des températures très élevées jusqu'à 26 par exemple à Perpignan et à 7.
09:13Et des maximales qui flirteront avec les 39 ou 40 degrés.
09:16Donc en particulier entre le Languedoc et le Vaucluse.
09:19Température qui baisse un petit peu dans le nord-est demain après-midi.
09:22Mais c'est temporaire puisque à nouveau dimanche, les températures seront en hausse.
09:26Journée très chaude quand même pour cette journée dimanche.
09:28Merci beaucoup Marlène Duré, 20h10.
09:31Dans un instant, place à l'édito politique de Vincent Trémolet de Villers sur Europe 1.
09:38Europe 1.
09:40Europe 1.
09:41Le journal de 20h.
09:43Maëlle Sagné.
09:45Merci d'être à l'écoute d'Europe 1 en ce vendredi soir.
09:48Et vous le savez, tous les jours, à cette heure-ci, vous retrouvez les signatures Europe 1.
09:52Celle qui vous réveille aux côtés de Dimitri Pavlenko entre 7h et 9h.
09:56Et aujourd'hui, le directeur délégué de la rédaction du Figaro, Vincent Trémolet de Villers,
10:00nous parle de la proposition très commentée de Bruno Rotaillot.
10:04Une révision constitutionnelle pour permettre notamment au peuple d'avoir le dernier mot sur l'application des lois.
10:09Quitte à désavouer le Conseil constitutionnel.
10:12C'est le retour de l'éternel débat entre juges et politiques, Vincent.
10:16Je dirais plutôt que l'on aborde enfin le sujet primordial de l'élection présidentielle.
10:21Celui qui est au cœur de la crise démocratique, c'est-à-dire la suprématie de l'autorité judiciaire sur
10:26la souveraineté populaire.
10:27Les citoyens élisent des députés.
10:29Ces derniers font des lois pour améliorer la vie des citoyens.
10:32Et les cours suprêmes.
10:33Et la première d'entrée, le Conseil constitutionnel, casse allègrement ce travail législatif.
10:38Nous l'avons vu récemment sur la loi immigration, nous l'avons vu sur la justice des mineurs,
10:42sur la durée de rétention des clandestins, sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
10:47De la même façon, selon notre sondage au Doxa Backbone Consulting que l'on publie aujourd'hui dans le Figaro,
10:53ils sont 7 Français sur 10 à vouloir un référendum sur l'immigration.
10:57Mais quand bien même le président de la République souhaiterait organiser cette consultation,
11:02il lui faut l'accord préalable quand l'État n'aura pas du Conseil constitutionnel.
11:06Il est donc urgent que le pouvoir reprenne le pouvoir.
11:09Et par un curieux alignement d'agenda, Bruno Rotaillot a détaillé au Figaro ces mesures
11:14le jour même où Richard Ferrand, le président du Conseil constitutionnel,
11:18prononçait un grand discours à la Sorbonne en défense de l'État de droit.
11:22Bruno Rotaillot, Richard Ferrand, c'était au fond la souveraineté du peuple contre le pouvoir des juges.
11:27Tous les débats qui nous occupent nous ramènent à cette dialectique.
11:30Mais alors que disent l'un et l'autre ?
11:31Qu'ils n'ont pas la même définition de la démocratie.
11:34Pour Bruno Rotaillot, la République, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
11:38Et pour Richard Ferrand, on pourrait dire que c'est le pouvoir des juges,
11:40contre la volonté populaire, mais pour le bien du peuple.
11:43Rotaillot fait partir le pouvoir d'en bas.
11:46Ferrand considère qu'une élite éclairée est dépositaire de ce pouvoir.
11:50Écoutez bien, Dimitri, cette phrase du discours du président du Conseil constitutionnel,
11:54elle dit tout, j'ouvre les guillemets.
11:56Face à des enjeux complexes, nous dit Richard Ferrand, une demande populaire grandit,
12:01celle de réponses simples, rapides, immédiates.
12:04Or, la démocratie n'est pas une machine à produire des réponses miraculeuses.
12:09La démocratie n'est pas une machine à produire des réponses.
12:13Une telle affirmation résume la mort d'une partie de nos élites,
12:17mais aussi le gouffre qui les sépare de l'immense majorité des Français.
12:22Comment s'étonner que l'opinion se radicalise
12:24quand l'un des dignitaires d'un courant politique qui gouverne depuis dix ans
12:27nous explique que la démocratie n'est pas là pour produire des réponses ?
12:31Mais reconnaissez Vincent que la campagne présidentielle,
12:33elle produit souvent des réponses qui, dans l'exercice du pouvoir,
12:37deviennent inapplicables.
12:38C'est exactement pour cela que la réforme institutionnelle
12:40que propose Bruno Rotaillot devrait être le cœur du débat.
12:42Le candidat LR nous dit, je veux redonner aux Français le pouvoir de choisir,
12:47pour que l'État retrouve le pouvoir d'agir.
12:50Comment ? D'abord par un pacte constitutionnel
12:52qui permettra d'élargir le référendum à tous les sujets.
12:54Ce sur quoi les députés votent, les Français pourront être consultés.
12:58Ensuite, par la création d'un bouclier constitutionnel
13:02chargé de nous protéger des interprétations abusives
13:04des juridictions européennes et internationales.
13:07Et enfin, Rotaillot veut permettre aux Français de censurer la censure.
13:11En d'autres termes, le Conseil constitutionnel censure une loi.
13:14Eh bien, le Président de la République peut dans l'année
13:16soumettre cette loi aux parlementaires réunis en Congrès
13:18ou aux Français par référendum
13:21pour que les électeurs aient le dernier mot.
13:24En France, la seule course suprême, c'est le peuple, disait De Gaulle.
13:27Rendre le pouvoir au peuple, ce n'est pas menacer l'État de droit,
13:30c'est le sauver de ceux qui veulent en faire un carcan idéologique
13:34et une protection morale pour se maintenir aux affaires
13:36contre la volonté populaire.
13:41Vincent Trémolet de Villers, l'édito politique avec nos amis du Figaro,
13:45à retrouver tous les matins à 7h50 sur Europe 1.
13:49L'autre thème qui s'est imposé en ce début de campagne cette semaine,
13:52c'est l'interdiction du port du voile.
13:54Le RN veut un référendum sur le sujet.
13:56Certains craignent l'avènement d'une police du vêtement
13:59et pourtant le voile islamique est bien plus qu'un vêtement.
14:02Il s'agit aussi d'un instrument de conquête de l'Occident
14:05utilisé par les frères musulmans et c'est l'objet de l'enquête
14:08de la rédaction en ce vendredi sur Europe 1.
14:11L'enquête du vendredi de la rédaction d'Europe 1.
14:14Il s'est retrouvé au cœur de l'actualité toute la semaine,
14:16le voile islamique réintroduit dans le débat public
14:19par le Rassemblement National qui promet de l'interdire
14:22sous peine d'amende.
14:24Alors faisable ou pas, la question se pose
14:26au vu de son expansion dans les rues du pays
14:29mais aussi sur les plages, comme on a pu le voir cet été
14:31à Palavas-les-Flots, sous l'impulsion notamment des frères musulmans
14:35matrice historique de l'islam politique.
14:37Bonjour William Olinier.
14:38Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
14:40William, spécialiste sécurité-défense d'Europe 1.
14:42Le voile pour les frères musulmans,
14:44c'est un instrument de conquête de l'espace public
14:46mais pour islamiser la société,
14:48la confrérie a aussi d'autres méthodes.
14:51Oui, le frérisme, c'est un projet global,
14:53pas uniquement vestimentaire.
14:55Les frères musulmans font du prosélytisme partout
14:58où ils peuvent le faire, à l'école, au tribunal,
15:00dans les associations, les organisations sportives.
15:03Leur stratégie, c'est le grignotage permanent,
15:05une pieuvre qui plante ses tentacules partout,
15:08se fondre dans le paysage pour s'y imposer sans être vu.
15:11C'est comme cela qu'ils ont fait du voile
15:14un habit du quotidien sur notre territoire.
15:16Mais alors concrètement,
15:17comment les frères musulmans font-ils
15:18pour infiltrer leurs idées partout ?
15:21Eh bien les réseaux sociaux et les influenceurs,
15:23Dimitri, pour capter l'audience de la jeunesse,
15:26les vidéos de mode pudique pullulent sur les réseaux sociaux.
15:29On apprend aux femmes musulmanes comment s'habiller,
15:32un style vestimentaire qui privilégie les coupes amples,
15:36longues, larges, pour ne pas montrer les formes de leur corps.
15:39Les grandes marques de prêt-à-porter aussi s'y mettent.
15:42Autre type de contenu, on en a parlé sur Europe 1 la semaine dernière,
15:46la romance halal, vous savez,
15:48ces livres compatibles avec les valeurs de l'islam
15:51et qui rejettent les grands classiques français
15:53parce que soi-disant, ils mettent en avant des histoires d'amour
15:57qui ne correspondent pas aux préceptes de Mahomet.
16:00En fait, c'est tout un écosystème islamique
16:02qui est en train de se mettre en place.
16:04Le grand public ne le sait pas forcément, William,
16:07mais tout cela ne pourrait pas voir le jour
16:08sans l'infiltration de l'administration
16:10et des cercles de décision.
16:12Et c'est d'ailleurs théorisé par les penseurs du courant frériste,
16:16il faut conquérir le pouvoir par l'intérieur, par le bas.
16:19Les frères musulmans présentent des candidats communautaires aux élections,
16:22notamment municipales.
16:23Exemple, Samy Débat, ancien proche de Tariq Ramadan,
16:27à la tête d'une liste d'Union de la Gauche en mars dernier
16:29à Garges-les-Gonesse.
16:30Autre constante, ils poussent leurs enfants
16:33à intégrer les concours de la fonction publique.
16:35Ils les envoient suivre des études de médecine,
16:38devenir enseignants universitaires.
16:39La mouvance s'organise aussi en filière.
16:42D'après les informations d'Europe 1,
16:44le renseignement a ces dernières années
16:45mis en lumière un réseau d'avocats français,
16:48tous engagés dans la défense de dossiers
16:51qui impliquaient les frères musulmans.
16:52Un réseau d'entraide juridique
16:54qui a été mis en oeuvre lors de l'expulsion
16:56de l'imam Hassanik Youssef en 2022.
16:59Certains parviennent à occuper des fonctions stratégiques
17:02au sein de l'appareil d'État.
17:03Europe 1 avait révélé en début d'année
17:04qu'un collaborateur d'une ancienne ministre
17:07avait dû démissionner.
17:08La raison, il visait un poste de directeur adjoint de cabinet,
17:11un emploi qui nécessitait une habilitation au secret.
17:14Et c'est lors du criblage de ce candidat
17:16que les services de renseignement
17:18se sont rendus compte qu'ils jouaient double jeu
17:21et qu'il était en réalité radicalisé.
17:23Un profil détecté.
17:25Mais combien ont été ignorés
17:26et se trouvent aujourd'hui dans les méandres de l'administration
17:29avec un but ?
17:30Faire en sorte que la France devienne un pays charia compatible.
17:34Europe 1, le journal de 20h, Maëlle Sani.
17:38L'enquête de la rédaction d'Europe 1,
17:40c'est tous les vendredis à 7h40.
17:43Place maintenant à l'édito de Laurent Tessier.
17:45Laurent nous a déjà parlé à plusieurs reprises du canon français.
17:49Ces banquets qui s'installent dans toute la France
17:51pour réunir les amoureux de notre terroir
17:53et partager un moment festif.
17:54Trop blanc, pas assez nouvelle France compatible
17:57aux yeux de l'extrême gauche
17:59qui tente systématiquement de faire interdire ces événements.
18:02Mais hier, ce sont deux députés LFI
18:04qui étaient jugés pour diffamation
18:05à l'encontre des organisateurs du canon français.
18:08Les organisateurs des banquets géants du canon français
18:10ne se laissent plus marcher dessus.
18:13Ces événements qui mettent en avant
18:15notre gastronomie française,
18:16nos agriculteurs,
18:17des personnes qui viennent simplement s'amuser,
18:19faire la fête avec du fromage,
18:20de la charcuterie,
18:21du vin,
18:21danse et chante.
18:27Mais ça ne plaît pas à la France insoumise.
18:29Deux députés d'Ille-et-Vilaine,
18:31Marie Messmer et Mathilde Higné,
18:32n'avaient pas apprécié la tenue d'un banquet
18:34l'an dernier près de Rennes.
18:36Une tribune, je les cite,
18:37pour la promotion de l'idéologie d'extrême droite.
18:39Chantée du Michel Delpes,
18:40Joe Dassin est devenu suspect
18:42et ces deux députés ont été jugés hier
18:44devant le tribunal correctionnel de Tours
18:46après une plainte des organisateurs des banquets.
18:48Ils avaient raconté en avril dernier
18:49tout ce qu'ils subissaient.
18:50Des gens ont essayé de brûler un événement.
18:52Des députés et journalistes
18:54recadrent des vidéos
18:55pour faire croire à des saluts nazis.
18:57Nous recevons des centaines
18:58d'insultes, de menaces
19:00et menaces de mort sur les réseaux sociaux.
19:02Le jugement sera rendu le 12 novembre.
19:03Le canon français a raison
19:04de ne plus se laisser piétiner
19:06car c'est un festival d'attaques
19:07contre ces banquets géants ces derniers mois.
19:09Des pétitions, des demandes d'interdiction,
19:11des fausses informations.
19:12Ces élus et les filles
19:13n'ont vraiment que ça à faire.
19:14Et faire des saluts nazis,
19:15proférer des insultes racistes,
19:16misogynes, homophobes,
19:18agresser les passants.
19:19Je n'attends rien de ceux
19:20qui déroulent eux-mêmes
19:21le tapis rouge au fascisme
19:23en faisant virer des humoristes
19:24tout en laissant le canon français
19:26semer la terreur dans le pays.
19:27Le grand danger en France pour eux
19:28ce n'est pas l'islamisme,
19:29le trafic de drogue, non.
19:30C'est le canon français pour les filles.
19:32Manger du pâté,
19:32s'est semé la terreur dans le pays.
19:34Rien que ça.
19:34Des banquets géants attaqués aussi
19:36cet été dans l'espace médiatique.
19:37France Inter,
19:38le millionnaire Mathieu Pigasse.
19:39On connaît tous le canon français
19:41et cette espèce de relance fasciste
19:43pour dire le moins.
19:44Ouais, ouais, on peut siffler.
19:45A-t-on affaire à des événements
19:46clairement identitaires,
19:47volontairement excluants ?
19:49Question, faut-il interdire
19:50le canon français ?
19:52Des banquets attaqués aussi
19:53par des artistes
19:54comme le rappeur Aurel San.
19:55Dans ma ville,
19:56il y a plein de fachos,
19:56rêve qui s'étouffe
19:57pendant leur banquette sale pauvre.
19:58Je retiens aussi le mépris
19:59de certains élus.
20:00Voilà ce qu'a écrit hier
20:01le député et les filles
20:02de Loire-Atlantique,
20:03Andy Carbra,
20:04sur le canon français.
20:05Je cite,
20:05leur France rabougrie
20:07réduite à Michel Sardou
20:08et aux cochons grillés
20:09n'est pas la nôtre.
20:10La France rabougrie,
20:11on ne peut pas faire plus méprisant.
20:12Alors comme apparemment
20:13je fais partie d'une France rabougrie,
20:15musique pour l'insoumis Andy Carbra.
20:19Pour le député insoumis
20:20Andy Carbra,
20:21oui, la France rabougrie
20:22continuera de chanter
20:23ses chansons populaires.
20:32En fait,
20:32c'est simple à comprendre,
20:33ces élus veulent interdire
20:34tout ce qui ne leur plaît pas.
20:35Ça va des banquets géants
20:36à la présence,
20:37nous en parlions hier
20:38sur Europe 1,
20:38d'un éditorialiste de droite
20:39sur France Inter.
20:40Voilà leur nouvelle France,
20:41alors laissez-nous tranquille,
20:42laissez-nous chanter,
20:43laissez-nous danser avec Dimitri.
20:51L'édito de Laurent Tessier
20:52tous les matins
20:53à 6h15 et 7h20
20:55sur Europe 1.
20:56Retrouvons à présent
20:57votre signature
20:58Europe 1 du vendredi,
21:00Catherine Ney.
21:01Catherine,
21:01vous revenez sur la carrière
21:03d'Edouard Balladur,
21:04l'ancien Premier ministre
21:05décédé en début de semaine.
21:06Oui,
21:07il est mort le 31 août,
21:08il avait 97 ans,
21:10il n'était pas malade,
21:11mais il ne voulait plus vivre
21:12depuis le décès de son épouse
21:14le 31 décembre 2025.
21:16Il y a eu 8 mois,
21:17jour pour jour.
21:18Il était trop malheureux
21:19comme il me l'avait écrit.
21:21Après 70 ans de vie commune,
21:23il s'était marié à Saint-Amour
21:24dans le Jura.
21:25Ils ont eu 4 fils.
21:26Il me racontait pas peu fier
21:27que lorsqu'ils étaient nourrissants,
21:29c'est lui qui donnait
21:29le premier biberon
21:30et changeait les couches
21:31à 5h du matin.
21:32Vous savez,
21:32les femmes en font toute une histoire,
21:34mais c'est très facile,
21:35me disait-il de sa voix flûtée.
21:37Réveillé à 4h tous les jours,
21:39il lisait des livres,
21:40des livres,
21:41l'histoire de France,
21:41de l'Europe.
21:42On ne peut pas faire de politique
21:43si on ne connaît pas l'histoire,
21:44me disait-il.
21:45Souvenir d'un voyage à Prague.
21:47J'avais eu droit
21:47à l'histoire de la maison Hasbourg,
21:49l'une des dynasties
21:49les plus puissantes de l'Europe
21:51sur plus de 6 siècles.
21:52Et il me parlait d'eux
21:53comme s'il les avait connues
21:54personnellement.
21:55Mais moi,
21:55ce que j'aimais chez lui,
21:56c'était cet humour froid
21:57et lumineux.
21:58Baladur ne s'esclaffait pas.
21:59Non, il s'amusait intérieurement.
22:02Vous voyez,
22:03plissait les yeux,
22:03une légère inflexion de la voix.
22:05Vous croyez qu'un tel
22:06va dire cela.
22:07Vous trouvez que Giscard
22:08est intelligent ?
22:09Il était comme ça.
22:10Moi, je riais beaucoup.
22:11Pour Edouard Baladur,
22:13Catherine,
22:14au commencement,
22:14était Georges Pompidou,
22:16Premier ministre.
22:16Oui,
22:16Énarc est conseiller d'État.
22:18Il est entré à Matignon
22:19comme conseiller social ponctuel.
22:21Il arrive à 9h15,
22:22précise,
22:23et repart avant les autres.
22:24C'est qu'il doit se ménager.
22:25On apprend qu'adolescent,
22:26il a passé deux ans
22:27dans un sanatorium.
22:28Mais il s'est fait remarquer
22:29très vite,
22:30car c'est un esprit organisé,
22:31solide,
22:32subtil,
22:32qui s'est ramené
22:33à un dossier à l'essentiel.
22:34Comme d'habitude,
22:35vous avez raison,
22:36notre Georges Pompidou
22:36en marge de ses notes,
22:37toujours courtois,
22:39un peu distant,
22:39caustique.
22:40C'est le collaborateur préféré
22:41de Georges Pompidou
22:42qui aimait beaucoup
22:43Jacques Chirac,
22:44sa vitalité,
22:44son activité dépendante.
22:46Mais il était encore là
22:47à minuit,
22:48il en faisait toujours
22:49un peu trop.
22:50Les deux hommes
22:51avaient au fond
22:51le comportement
22:52de leur physiologie.
22:54Baladur n'était pas du tout
22:55tenté par la politique.
22:56Oui,
22:56Georges Pompidou
22:57écarté de Matignon
22:58après mai 68
22:59par le général de Gaulle.
23:01Oui,
23:01alors Edouard Baladur
23:03dans sa retraite
23:03qui sera courte,
23:04huit mois
23:05puisqu'il entre à l'Elysée.
23:06Alors,
23:07Baladur est secrétaire général
23:08adjoint de Michel Jobert.
23:09Mais c'est la maladie
23:10de Georges Pompidou
23:11qu'il faut longtemps cacher.
23:12Les ministres ne doivent pas
23:13savoir combien il s'ouvre
23:14et surtout la dernière année
23:15quand Jobert
23:16entre au gouvernement.
23:17Baladur devient
23:18le régent du palais
23:19et c'est à lui
23:20que les ministres s'adressent
23:21et c'est à lui
23:22qu'il tranche à sa manière.
23:24En êtes-vous sûr ?
23:25Mais cher ami,
23:26vous allez nous fâcher
23:27avec tout le monde.
23:28Et donc,
23:28il a eu cette dernière année
23:29la révélation du pouvoir.
23:31Il a découvert l'ampleur
23:32de son empire.
23:34Néanmoins,
23:34c'est une période
23:35très douloureuse.
23:36Il était l'homme de confiance
23:38de Georges Pompidou
23:39dans les derniers moments.
23:40Et pendant la période
23:41de Giscard,
23:42il passe au privé.
23:43Ah ben oui,
23:43parce que personne
23:44ne lui fait de proposition.
23:45Jacques Chirac,
23:46Premier ministre,
23:47va bientôt démissionner,
23:48se présente à la présidentielle
23:49en 80.
23:50C'est Mitterrand
23:50qui est élu.
23:51Il s'est séparé
23:52de Pierre Juillet,
23:53Marie-France Garraud
23:54et les deux hommes
23:55vont se revoir déjeuner.
23:57Jacques Chirac
23:57lui demande
23:58de faire des notes
23:59puis lui téléphone
24:00et de plus en plus
24:02et devient presque son mentor.
24:04Les élections de 86
24:05seront perdues par la gauche.
24:06Il faut s'y préparer,
24:07baladurer.
24:07Le théoricien de la cohabitation
24:09et bien ils vont s'y préparer
24:10à deux.
24:11Chirac,
24:11lui, ne veut s'occuper
24:12que de la politique
24:13écorangère
24:13comme quoi il va se mettre
24:15à dos Mitterrand
24:16qui ne le supportera plus.
24:17Baladure,
24:18lui, ministre d'Etat,
24:19de l'économie,
24:19est une sorte de premier ministre bis.
24:21On l'appelle d'ailleurs
24:22le roi du Pérou.
24:23Il s'occupe des affaires intérieures.
24:25Deux ans plus tard,
24:26Chirac est battu,
24:27Mitterrand réélu.
24:31Et la vie continue.
24:32Et bien oui,
24:33Baladure a pris goût
24:34à la politique.
24:34Alors lui,
24:35il se prépare
24:36à une nouvelle cohabitation
24:37car la gauche
24:37sera battue,
24:38dit-il,
24:38en 93
24:39et il y a un pacte.
24:40Chirac à l'Elysée,
24:41lui à Matignon.
24:42Premier ministre,
24:43c'est lui.
24:44Baladure découvre
24:45la popularité.
24:4775% d'opinion favorable.
24:48Il symbolise
24:49le retour à l'ordre
24:50dans la maison,
24:51la politesse,
24:51l'honnêteté,
24:52la modération des sentiments,
24:53la compétence.
24:54On va l'aimer
24:55jusqu'en février 95.
24:58Mais en mars,
24:59il dévisse.
25:00D'abord,
25:00il a raté
25:00sa déclaration
25:01de candidature.
25:02Et puis le 10 mars,
25:03le canard enchaîné
25:04dévoile
25:05qu'il a payé
25:067 millions de francs
25:07d'impôts
25:08pendant deux ans
25:09parce qu'il avait
25:10justement liquidé
25:11ses valeurs mobilières
25:12avant d'entrer
25:12au gouvernement
25:13par honnêteté.
25:14Il est riche ?
25:15Quelle horreur !
25:16Et bien Chirac le devance.
25:17Baladure ne sera jamais président.
25:19Signature européenne du vendredi,
25:20Catherine Ney
25:21et notez que lundi,
25:22vous retrouverez
25:23Philippe Vall
25:24à 8h30
25:25sur Europe 1.
25:26C'était donc
25:27vos signatures
25:28européennes
25:29en ce vendredi.
25:30Je vous souhaite
25:30une très bonne soirée.
25:32Dans un instant,
25:32c'est le journal permanent
25:34juste avant
25:35le studio des légendes.
25:36Bonne soirée
25:37sur Europe 1.