00:00Europe 1.
00:01Elliot de Valais-Vous.
00:02Et à 12h18 sur Europe 1, le débat se poursuit sur le scandale du péris scolaire
00:06puisque Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire sont visés par une plainte.
00:09Elliot.
00:10Merci d'être avec nous en direct sur Europe 1
00:13avec un numéro si vous souhaitez réagir à 0182 20 39 21.
00:18Nos deux éditorialistes sont là, Sébastien et Antoinette.
00:21Sébastien Ligné et Antoinette.
00:23André, rédacteur en chef du service politique du journal du dimanche.
00:27Et notre invité à midi 20, Jean-Christophe Boyer, avocat de l'association L'Enfant Bleu.
00:33Avant de vous redonner la parole, maître,
00:35je voudrais qu'on donne la parole à ceux qui ont le courage de témoigner.
00:38Et dans ce scandale absolu, vous avez des destins brisés,
00:42des histoires évidemment familiales dramatiques.
00:46Caroline est en direct avec nous.
00:48Bonjour, Caroline.
00:49Bonjour, Elliot.
00:51Bonjour, maître.
00:52Merci de nous appeler au 01 80 20 39 21.
00:56Vous êtes une mère de famille dont l'enfant, dites-vous, a été agressé sexuellement.
01:02Est-ce que vous pouvez nous raconter, s'il vous plaît ?
01:05Écoutez, un jour, un soir, elle est rentrée du centre aéré.
01:09J'ai trouvé une tâche de sang dans sa pulette.
01:12C'était une enfant de 3 ans.
01:15Une griffure au sein du vagin.
01:17Et un bleu entre le vagin et la mousse.
01:21Et quand j'ai essayé de comprendre, ma fille m'a dit devant la pédiatre,
01:26un monsieur qui a fait des bêtises avec ma culotte,
01:29une enfant de 3 ans ne peut pas en faire le crâne.
01:32Surtout qu'on ne regarde pas les médias à la maison avec nos enfants.
01:36On n'a pas la télévision, ce genre de choses.
01:40Et le périscolaire m'a dit, écoutez, c'est une chute de vélo.
01:45De toute façon, on avait un dream et une culotte.
01:49Je peux entendre la chute de vélo pour le bleu,
01:51mais la griffure au sein du vagin nez.
01:53Et le sang non plus.
01:56J'ai amené la culotte à la police.
02:00La police m'a convoquée avec ma fille.
02:03Ma fille ne m'a pas voulu leur parler.
02:05On n'était pas dans une salle Mélanie ou Mélodie ou je ne sais pas quelle salle.
02:09Ça a été fait en dépit du bon sens.
02:12Ensuite, on est allé voir la médecine judiciaire.
02:16J'ai dû rappeler moi-même pour savoir où on était.
02:19Ils m'ont dit, il n'y a pas eu pénétration, madame.
02:21On est neuf policiers et il y a 18 plaintes graves en ce moment.
02:26Donc, on ne peut pas traiter votre cas.
02:29Ça s'est passé par...
02:30Pardonnez-moi de vous couper...
02:31En janvier dernier.
02:32En janvier dernier.
02:33Ça s'est passé où ?
02:33Dans les Yvelines.
02:35Donc, en fait, parce qu'on parle beaucoup du scandale du périscolaire à Paris,
02:39mais c'est un scandale national, malheureusement.
02:43Donc, vous, ça s'est passé dans les...
02:44J'ai écrit au procureur de Versailles qui n'a jamais répondu.
02:48Jamais il vous a répondu ?
02:50Non.
02:50Et je n'ai jamais eu le paquet, comme quoi ma plainte était fermée.
02:53J'ai dû faire appel à un avocat qui m'a dit, la plainte est fermée, il faut aller au
02:57pémal.
02:58Entre-temps, dans la ville, tout le monde en a parlé.
03:01Ma fille s'est fait littéralement engueuler par des parents d'élèves.
03:05Je me suis fait engueuler.
03:06Je me suis fait traiter de folle, comme quoi je cherchais les problèmes.
03:12C'était dans un établissement...
03:13Vous voulez vous être la victime et vous devenez réellement une victime après l'agression sexuelle,
03:19une victime d'assilement moral.
03:21Les gens que vous jugent, vous regardent, ils vous pointent du doigt.
03:25Et le parquet ne fait rien.
03:27Que ce soit le parquet de Paris, le parquet de Versailles, le parquet de Nanterre.
03:30Il y a des pleins de parcours dans toute la France.
03:32Personne ne fait rien.
03:33On clôture tout.
03:34Aujourd'hui, c'est une victime à deux vitesses.
03:37Je comprends que des gens se vengent eux-mêmes.
03:39Je vous le dis honnêtement.
03:40Je ne le ferai pas, mais je comprends.
03:42Aujourd'hui, je reconnais la vie de ma fille.
03:45Parce que j'espère qu'à trois ans, dans trente ans, elle ne s'en souviendra plus que je puisse
03:49être psychiatrisée.
03:51C'est ça.
03:54On est des victimes monstrueux.
03:55Et quand vous savez que vous avez des scandales sexuels avec des enfants,
03:59avec des personnalités publiques et politiques,
04:01d'anciens présidents, dans des pays étrangers,
04:05on est un pays qui va à volo.
04:07N'importe qui fait n'importe quoi.
04:09Récemment, une petite fille handicapée s'est fait agresser sexuellement par un chauffeur de taxi.
04:14C'est n'importe quoi.
04:16Je suis dégoûtée de ce pays.
04:18Je regrette une chose,
04:19c'est pas pouvoir aller faire étudier mes enfants dans un autre pays
04:22et quitter la France.
04:24C'est une dégoûte, j'avais dit.
04:26Et pourtant, j'en étais fière.
04:28On entend et on comprend évidemment
04:30votre émotion et votre colère.
04:32Je rappelle que
04:36en janvier dernier,
04:38vous dites que votre fille a été agressée sexuellement à l'école.
04:42Votre enfant de 3 ans
04:44qui présentait, lorsqu'elle est rentrée à la maison,
04:46des blessures,
04:47une griffure non-loi du vagin
04:49et un bleu au niveau de l'anus.
04:51Elle a témoigné en disant,
04:53elle vous a dit,
04:53un monsieur a fait des bêtises
04:57au niveau de ma culotte.
04:58Est-ce qu'elle a...
05:00Déjà, comment elle va aujourd'hui ?
05:01Puisque c'est neuf mois plus tard.
05:03Est-ce qu'elle vous en reparle ?
05:28Caroline, si vous me permettez,
05:30parce que je vous entends très mal.
05:32On va faire une courte pause dans un instant.
05:35Je vais vous reprendre après la pause.
05:38Et on va essayer d'avoir une connexion plus fluide avec vous
05:41pour essayer de tout comprendre.
05:43Parce qu'il y a des...
05:45Malheureusement, je n'arrive pas à tout saisir.
05:47Mais on a compris, évidemment,
05:49la substantifique moelle
05:50qui est là aussi dramatique.
05:52C'est-à-dire que vous avez un enfant
05:54qui va voir sa maman en disant,
05:56il y a un monsieur qui a fait des bêtises
05:59lors d'un temps du périscolaire.
06:03Et dans le combat que va mener sa mère,
06:05il y a les pressions des parents d'élèves.
06:09On va la prendre pour une folle.
06:11Mal accompagné, mal soutenu
06:13et plein de classes et sans suite.
06:14Maître Boyer,
06:15j'imagine que ce genre de cas,
06:18ça n'a rien d'exceptionnel.
06:19Vous n'êtes pas surpris
06:20lorsque vous entendez ce témoignage ?
06:21Sincèrement, je pourrais même vous dire
06:23que c'est parfois décourageant
06:25parce que ce n'est pas notre quotidien,
06:27mais quand vous voyez la longueur des procédures,
06:29je suis déjà venu une fois
06:30le dénoncer à votre antenne.
06:34Madame vit des choses qui sont horribles
06:35et si vous regardez un petit peu les choses
06:41techniquement parlant,
06:42pourquoi tout le monde se retourne contre elle ?
06:45Parce que l'entourage ne voit pas de réponse du régalien.
06:48Et comme les gens ne sont informés de rien,
06:50qu'est-ce que vous pouvez penser d'un voisin
06:52qui accuse quelqu'un
06:52et quand on voit qu'il n'y a pas d'enquête,
06:54qu'il n'y a pas de poursuite policière,
06:57les gens humainement pensent que
06:59tout ça c'est du vent
07:00et qu'elle raconte n'importe quoi.
07:02Et elle subit une seconde violence
07:04qui est un effet induit
07:06par l'absence d'une réponse du régalien.
07:08Le procureur de la République,
07:10je ne connais pas le dossier,
07:11mais s'il ne répond pas,
07:13c'est parce que pour répondre,
07:15il faut que ses yeux et ses oreilles,
07:17c'est-à-dire les enquêteurs lui ramènent
07:20des informations suffisantes pour décider quelque chose.
07:22Et si vous n'avez pas assez d'officiers de police judiciaire,
07:25si vous n'avez pas assez d'enquêteurs,
07:29si vous n'avez pas assez de personnes formées,
07:31si vous n'avez pas assez de salles, Mélanie,
07:33vous ne remontez aucune information de qualité.
07:37Et sur, elle l'a très bien dit,
07:39et très justement,
07:40sur la masse des plaintes qui sont déposées,
07:43le nombre d'enquêteurs que vous avez d'officiers de police judiciaire,
07:46avant de se poser la question des magistrats,
07:48n'arrivent pas à les traiter dans les temps.
07:50Donc on classe sans suite,
07:51parce qu'on n'a pas le temps de traiter,
07:52et on en arrive à des situations catastrophiques.
07:54Médie 26 sur Europe 1,
07:56Caroline, vous m'entendez ?
07:57Oui, tout à fait.
07:58Je vous entends beaucoup mieux.
08:00Et tant mieux,
08:01parce qu'on va pouvoir échanger avec vous
08:02juste après la pause.
08:03Restez avec nous, chère Caroline,
08:05et merci de témoigner sur notre antenne.
08:07A tout de suite.
08:08Et on attend aussi vos témoignages
08:09comme celui de Caroline au 01-80-20-39-21.
08:12Vous pouvez aussi réagir
08:14et poser vos questions sur WhatsApp
08:1601-80-20-39-21.
08:18A tout de suite sur Europe 1.