00:00A 8h moins le quart, l'invité d'ici Loire-Océan, c'est le maire de Vertoux, Rodolphe Amaian,
00:04président de l'association des maires de Loire-Atlantique, avec vous Nicolas Creusel.
00:07Merci d'être là, bonjour Rodolphe Amaian.
00:09Bonjour à vous.
00:10La cellule investigation de Radio France dévoile ce matin une enquête sur les violences sexuelles
00:14dans les services de périscolaire des 20 plus grandes villes de France,
00:17avec la révélation du nombre de cas de suspension ou de renvoi d'animateurs pour des affaires de ce type.
00:22Ça fait écho évidemment à ce qui s'est passé à Paris,
00:25mais le périscolaire c'est un service qui est organisé partout dans les villes moyennes,
00:28les plus petites, c'est un casse-tête pour les maires de communes plus petites,
00:32le recrutement de ces animateurs et leur contrôle.
00:36Alors, nonobstant le sujet qui nous anime aujourd'hui,
00:39de toute façon c'est un métier en tension, le métier d'animateur,
00:43le métier d'encadrant sur les enfants est un métier en tension,
00:47c'est un métier difficile avec des contraintes dans ce métier,
00:52les horaires atypiques, les coupures dans la journée,
00:57et voilà, donc de toute façon c'est déjà un métier en tension sur lequel on a du mal à
01:02recruter.
01:04Évidemment ces affaires et cette suspicion vient complexifier nos recrutements
01:12et donc l'organisation de ce service.
01:16Dans notre enquête à Nantes, il ressort que 4 intervenants ont été suspendus
01:20ou renvoyés l'année dernière pour des suspicions d'atteinte sexuelle,
01:234 sur plus de 2000 personnels qui interviennent.
01:26La ville affirme passer au crible les casiers judiciaires à chaque recrutement
01:31et même ensuite pendant l'année.
01:32Est-ce que les communes plus petites ont les moyens de regarder les casiers judiciaires ?
01:36D'abord, permettez-moi d'avoir une pensée, parce qu'on a cette discussion évidemment,
01:42mais permettez-moi d'avoir une pensée pour les familles et les enfants.
01:44Qui vivent ces situations et qui sont toujours des situations sensibles
01:53sur lesquelles il faut prendre beaucoup de pincettes
01:57et évidemment que les plus petites communes ont moins de moyens,
02:04moins de services pour faire en sorte que l'honorabilité,
02:11c'est en tout cas comme ça qu'on le dit, de nos encadrants, soit vérifiée.
02:17Mais je tiens à dire quand même qu'elles font le job.
02:22D'abord parce que sécuriser les enfants, c'est notre vocation,
02:27c'est ce qu'on fait tous les jours dans tous les services de la ville.
02:31Et qu'il faut aussi sécuriser le service public.
02:36Et que si vous ne faites pas ça, vous ne sécurisez pas le service public.
02:39Or, la demande des habitants, c'est aussi d'assurer ce service public.
02:43Vous avez des maires qui, à l'association des maires,
02:45se tournent vers vous pour vous demander conseils, aide, formation ?
02:48On a eu effectivement des discussions autour de ça.
02:52Alors après, chacun met en place des dispositifs qui lui semblent lui convenir.
02:57Mais effectivement...
02:58Donc il peut se permettre d'avoir, en fonction de la taille de sa commune, ses moyens.
03:01Et c'est pour ça que l'AMF national, et notamment en mai dernier,
03:07a demandé à ce qu'un cadre ferme, et un cadre légal évidemment,
03:12mais un cadre ferme soit posé, pour savoir exactement jusqu'où on va.
03:18Parce que les plus grosses communes ont sans doute un peu plus de moyens
03:21pour aller trouver des informations, en tout cas vérifier exactement plus loin.
03:26mais il ne s'agirait pas qu'il y ait une espèce de vérification à double vitesse.
03:33Donc c'est ça qu'on essaie de mettre en œuvre.
03:36Et vous demandez de l'aide de l'État.
03:39L'État a une part de responsabilité, selon vous,
03:41sur justement ce flou artistique qui peut régner parfois ?
03:45En tout cas, nous ce qu'on demande, c'est un cadre légal fort.
03:49Alors je sais qu'il y a plusieurs textes qui sont en discussion,
03:52on ne va pas y revenir, mais il faut évidemment que l'État prenne sa part,
04:00ou en tout cas le législateur prenne sa part,
04:02dans la pose de ce cadre légal,
04:05qui doit être un cadre objectif,
04:07et qui doit permettre effectivement de rassurer l'ensemble des intervenants
04:12et les professionnels qui encadrent
04:14et les familles qui laissent leurs enfants.
04:18On va le dire quand même, dans l'immense majorité des cas,
04:20tout se passe bien.
04:20Évidemment.
04:21C'est important de le dire quand même,
04:22parce que là on pointe quelques cas spécifiques
04:24et puis un climat particulier à Paris.
04:27Malgré tout, est-ce qu'il y a des parents que cette ambiance-là,
04:29cette affaire parisienne a inquiété,
04:31qui vous le disent, vous avez ces remontées-là en tant que maire ?
04:34J'ai ces remontées-là en tant que maire, mais aussi en tant que père.
04:38Il faut être exact.
04:40On est toujours inquiets quand ça touche nos enfants.
04:43Et donc, c'est des discussions qui animent effectivement
04:48les discussions entre parents d'élèves,
04:51mais aussi en dehors des parents d'élèves,
04:53au marché de Vertoux, de temps en temps,
04:55ou dans les lieux où on discute de la vie de la commune.
05:00Et donc, il faut pouvoir rassurer.
05:02Et pour ça, il faut mettre en place ce cadre légal.
05:06Merci beaucoup Rodolphe Vermeillon d'être venu ce matin.
05:08Je rappelle que vous présidez l'association des maires de Loire-Atlantique
05:11et que vous êtes le maire de Vertoux,
05:12où, vous l'avez signalé, il y a un très beau marché
05:14tous les samedis et tous les dimanches.
05:16Merci beaucoup à vous.