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  • il y a 11 heures
L'invité de Nicolas CROZEL - ICI Loire Océan

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Transcription
00:00A 8h moins le quart, on revient sur cette mobilisation aujourd'hui, Nicolas Creusel dans le secteur des énergies renouvelables avec votre invité.
00:07Des salariés de ces entreprises, de l'éolien, du solaire, vont manifester tout à l'heure à Paris, à l'Assemblée et à Montpellier,
00:15pour ceux qui sont dans le sud de la France, pour faire un petit coup de pression, mettre la pression sur le gouvernement,
00:20alors que c'est filière des ENR. Les énergies renouvelables naviguent à vue depuis plus de deux ans,
00:25ils attendent la feuille de route du gouvernement. Bonjour Mathieu Blandin.
00:28Bonjour. Vous êtes vous directeur de la stratégie éolien offshore chez Val-Emo à Nantes, Val-Emo qui fait de la maintenance, c'est ça ?
00:35C'est ça, pour tout ce qui est central de production d'énergie renouvelable, terrestre et marine.
00:39Et vous faites donc partie de ces salariés, de ces cadres aussi, puisque vous êtes directeur, qui se mobilisent aujourd'hui.
00:45Vous serez tout à l'heure devant l'Assemblée nationale, vous n'en pouvez plus d'être dans le flou, on peut résumer ça comme ça ?
00:50Oui, alors là on pense voir le bout du tunnel, donc on est plutôt rassuré des informations qu'on a pu obtenir
00:56des rendez-vous de la semaine dernière avec le Premier ministre et le ministre de l'Industrie.
01:00Mais effectivement, depuis trois ans, et particulièrement les 18 derniers mois depuis la dissolution,
01:04c'est devenu très très compliqué de ne pas avoir cette programmation pluriannuelle de l'énergie qui ne fixe un cadre.
01:09Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que vous, vous êtes un secteur privé évidemment,
01:13mais qui répondez à des appels d'offres, et des appels d'offres qui sont générés par une stratégie de l'État.
01:17Si l'État dit on développe l'éolien par exemple en mer, on va faire des plans, etc.
01:22C'est ça tout l'enjeu ?
01:24C'est exactement ça, c'est-à-dire qu'un certain nombre d'opérateurs privés de différentes tailles,
01:27sur un ensemble de chaînes de valeurs, vont intervenir depuis le développement jusqu'à la maintenance,
01:31en passant par la construction, et vont intervenir sur la base d'appels d'offres que va lancer l'État
01:36pour des renouvelables terrestres, le solaire, l'éolien par exemple, l'hydroélectricité,
01:39ou des renouvelables en mer comme l'offshore ou l'hydrolien.
01:42Et donc si on n'a pas ces appels d'offres, ce cap, évidemment c'est très compliqué pour nos entreprises.
01:47Qu'est-ce qui explique selon vous que pendant deux ans et demi, du coup, il n'y ait plus rien eu ?
01:51Parce que quand même, Emmanuel Macron a été très fier de venir, il y a trois ans,
01:54inaugurer à Saint-Nazaire le premier parc offshore.
01:56Il a fait de la transition climatique et énergétique des thèmes importants de ses mandats.
02:02Qu'est-ce qui fait que tout a été d'un coup stoppé ?
02:05Alors je pense que la filière, elle a été victime, en fait, elle a été prise en otage, en fait,
02:09d'une situation dans laquelle, effectivement, le gouvernement voulait aller de l'avant.
02:13C'est ce qu'il a exprimé la semaine dernière.
02:15Mais il n'avait pas une majorité à l'Assemblée nationale, notamment suite à la dissolution il y a 18 mois.
02:19Et donc du coup, à cause des menaces de censure, il n'a pas pu prononcer cette programmation.
02:26Et donc voilà, les entreprises sont désormais en difficulté et ont décorché des PSE.
02:29Et oui, des plans sociaux, vous, depuis deux ans et demi, ce flou, si on prend l'exemple de votre entreprise,
02:34alors vous avez, vous je crois, échappé à ce stade chez Valémo à un PSE,
02:38mais vous avez 150 collaborateurs.
02:40Vous avez quand même vu des conséquences directes sur des carnets de commandes qui se vident ?
02:44Oui, alors on les a vus, déjà, chez certains de nos clients.
02:47On pense à Nantes, à General Electric, où il y a eu un PSE assez violent.
02:51Malheureusement, dans l'éolien terrestre, dans le photovoltaïque également,
02:55donc chez certains de nos confrères et consœurs, on a également eu des départs.
02:59Donc on a une plaie qui s'est ouverte.
03:02Et là, l'objet, c'est absolument d'éviter l'hémorragie au niveau de l'emploi,
03:06de cicatriser et donc du coup de se projeter vers l'avenir,
03:08en tenant les objectifs et les plannings qui ont été fixés.
03:11La situation dont on a beaucoup parlé ici de General Electric à Saint-Herblain, à Montoir,
03:16c'est une illustration, selon vous, de ce flou ?
03:20Parce que pendant ce temps-là, ailleurs sur la planète, ça continue,
03:23le développement se poursuit et vous êtes sur un secteur qui est globalisé, évidemment, mondialisé.
03:28Oui, c'est une illustration.
03:29C'est-à-dire, faute de perspectives industrielles de long terme,
03:32faute de respect des calendriers dans la parution des appels d'offres
03:35et dans la désignation des lauréats,
03:37au bout d'un moment, les industriels ne peuvent plus continuer à investir à l'aveugle
03:41et donc font des choix et qui peuvent être très dommageables pour nos économies locales.
03:46On entendait tout à l'heure le témoignage d'un de vos confrères dans ce secteur
03:50qui disait qu'à deux ans, il n'y avait plus rien.
03:52Il avait des carnets de commandes pour les deux prochaines années,
03:54puis après, plus rien.
03:55Donc forcément, ce flou-là le mettait en danger.
03:58Vous disiez, vous avez bon espoir de voir le gouvernement dévoiler son jeu
04:03dans les prochains jours maintenant,
04:04d'où ce coup de pression aujourd'hui.
04:06Mais pour autant, on a l'impression, ce qui semble se dessiner,
04:09c'est quand même un plan moins ambitieux que ce qu'on a pu connaître par le passé.
04:13C'est l'inquiétude que l'on a, nous, au niveau des salariés des entreprises,
04:17puisqu'en fait, on est directement impacté par l'activité.
04:20On la voit bien venir ou ne pas venir, d'ailleurs.
04:22Donc effectivement, ce qu'on attend de cette programmation pluriannuelle de l'énergie,
04:25c'est qu'elle soit ambitieuse pour les renouvelables,
04:27c'est-à-dire que le photovoltaïque ou l'agrivoltaïsme, notamment, se développe fortement.
04:31L'éolien terrestre également, c'est-à-dire qu'on est ce qu'on appelle du repowering,
04:35donc de nouvelles puissances qui soient en plus des puissances installées,
04:39et pas en soustraction.
04:40Et puis également, sur l'éolien...
04:41C'est un peu compliqué, la puissance installée par rapport à la soustraction.
04:44En gros, on en rajoute, et pas qu'on joue sur un jeu de système de vases communicants.
04:48Exactement, voilà. Et puis sur l'éolien offshore, là, c'est ce qu'on appelle l'appel d'offre numéro 9,
04:52et puis l'appel d'offre numéro 10, que ce soit lancé.
04:54Pour des nouveaux parcs.
04:55Pour des nouveaux parcs, ainsi que l'hydrolien, puisque c'est quand même également une filière
04:59qui bénéficie de beaucoup d'atouts en France, et notamment d'un point de vue industriel.
05:04Dans un secteur, dans un contexte, pardon, de crise en ce moment,
05:07le repli sur ce qu'on sait faire, c'est-à-dire le nucléaire, vous l'avez vécu là, en gros ?
05:12En tout cas, politiquement, je veux dire.
05:14Oui, alors, on sait faire du nucléaire, on sait aussi faire des renouvelables, en fait,
05:18depuis une dizaine d'années.
05:19Stratégie de prudence, peut-être, sur les... Non ?
05:21On ne sait pas s'il y a une stratégie de prudence.
05:23Ce qui est important, fondamentalement, c'est de décarboner à la fois nos productions d'énergie
05:28et de décarboner les usages. Et ça, ça passe par un mix énergétique.
05:31Et 2027, la présidentielle, on sait par exemple que si c'est le Rassemblement National
05:34qui arrive au pouvoir, il ne vaut plus d'éoliennes, le renouvelable, ce n'est pas sa priorité.
05:38Ça joue aussi, ça ? Plus on va avancer vers cette élection-là ?
05:40Exactement, on va se retrouver vers une nouvelle fenêtre d'incertitude.
05:42Donc, on souhaite que les appels d'offres soient lancés,
05:45que les lauréats soient désignés pour avoir des choses engagées
05:48avant cette période d'incertitude.
05:50Parce qu'évidemment, on a un fort risque de trumpisation, on va dire, de la France
05:53et on voit ce qui se passe aux Etats-Unis.
05:54On n'a certainement pas envie de le vivre chez nous sur ces sujets-là.
05:57Merci beaucoup d'être venu ce matin nous expliquer ce sujet complexe
06:00mais que vous avez très bien expliqué, Mathieu Blandin,
06:03directeur de la stratégie éolien offshore chez Val-les-Maux à Nantes.
06:06Vous serez tout à l'heure avec tout le secteur mobilisé sous les fenêtres de l'Assemblée Nationale.
06:11Bonne journée.
06:11Merci.
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