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  • il y a 2 mois
Alors qu’Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez avancent leurs pions, la droite peine à trouver une ligne commune pour l'élection présidentielle. Entre primaire, la concurrence du RN et la recomposition politique, ses candidats risquent-ils de se neutraliser ? Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-dimanche-30-aout-2026-6815615

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Transcription
00:00Et c'est un nouveau rendez-vous que nous vous proposons dans votre matinale.
00:03Oui, et va chaque dimanche, deux débatteurs, deux grands débatteurs nous rejoignent pour traiter de l'actualité.
00:08Nora Maddy. Bonjour Nora.
00:10Bonjour.
00:10Vous êtes autrice, journaliste, on vous connaît évidemment sur l'antenne de France Inter,
00:14et d'ailleurs même dans cette matinale face à vous Raphaël Dohan.
00:18Bonjour Raphaël.
00:18Bonjour.
00:19Vous êtes essayiste ancien haut fonctionnaire et on commence sans tarder avec un premier débat qui concerne la droite française.
00:25Oui, parce que nous vivons un week-end très politique, notamment à droite.
00:28Laurent Wauquiez fait sa rentrée aujourd'hui.
00:30Hier, David Lissnard insistait sur la nécessité d'organiser une primaire.
00:34Gabriel Attal et Edouard Philippe poursuivent leur campagne pendant que Bruno Retailleau, vendredi, réitérait sa volonté d'aller jusqu'au
00:40bout.
00:41Le baromètre IFOP fiducial crédite Edouard Philippe de 14,5% des votes derrière Marine Le Pen et Jean-Luc
00:47Mélenchon.
00:488% pour Gabriel Attal et 6% pour Bruno Retailleau.
00:51D'où cette question, est-ce que la droite a déjà perdu cette élection selon vous ?
00:55Qui commence ?
00:56Raphaël ?
00:57C'est Raphaël qui s'y colle.
00:58Je vais vous dire, au début de l'été, j'étais allé voir les deux films sur De Gaulle d
01:02'Antonin Baudry qui sont excellents.
01:03Et où on voit le 18 juin, Bir Hakeim, l'épopée de Leclerc, la libération de Paris.
01:07On en sort en se disant, la France ça peut faire des grandes choses quand même.
01:10Et je me souviens d'être sorti du cinéma, d'avoir regardé mon téléphone et de voir qu'un des
01:14grands candidats à la droite et du centre
01:16proposait, parce qu'il faisait chaud, c'était la canicule.
01:18Lequel pour le nommer alors ?
01:19Edouard Philippe, pour permettre aux Français de plus se baigner, de faire un grand plan baignade national.
01:24Et je me suis dit, en comparant ça à l'épopée gaullienne que je viens de voir au cinéma, je
01:28ne suis pas sûr que la droite ait encore une ambition à la hauteur de son héritage gaulliste qu'elle
01:32avait eu auparavant.
01:33Le problème c'est qu'ils font la course pour devenir potentiellement des canards sans tête.
01:37Parce que d'une part, ils peuvent arriver au second tour à se faire battre par Marine Le Pen, ce
01:40que tous les sondages disent aujourd'hui, même si ça ne veut pas dire que c'est effectivement ce qui
01:43se passera.
01:44Et en plus, rien ne garantit qu'ils auraient une majorité, même s'ils gagnaient.
01:47On pourrait très bien avoir la même situation qu'aujourd'hui.
01:49Donc ce n'est vraiment pas des perspectives très glorieuses pour la droite.
01:51Sur le plan des idées, Nora Mady, on a le sentiment qu'il y a peut-être à droite un
01:55problème de positionnement, même déjà dans les termes que l'on emploie.
01:59Edouard Philippe, Gabriel Attal sont-ils du centre, du centre droit, de la droite ? Comment est-ce que vous
02:04qualifiez vous-même leur positionnement ?
02:07Alors en l'occurrence, Edouard Philippe le dit lui-même, il est à droite.
02:10Il y a du côté de son équipe plutôt une propension à aller imaginer des alliances du côté de M.
02:17Retailleau, ce qui le classe à droite.
02:19M. Attal alors était effectivement un héritier peut-être du macronisme et effectivement dirige Renaissance.
02:26Donc de fait, où est-ce que ça le place ? C'est toujours l'éternelle question qu'on se
02:30pose depuis le début du macronisme.
02:31Est-ce que le macronisme, c'était censé être et à droite et à gauche ?
02:35Finalement, il s'est avéré dans l'exercice du pouvoir qu'on était plutôt à droite, centre droit à droite.
02:41Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ?
02:43Ça dit surtout à quel point la droite telle qu'on se la représente est dans une forme d'impasse
02:49et se cherche.
02:49Parce que tiraillé d'un côté par l'extrême droite, vous évoquiez un instant, Eva, l'état des sondages.
02:55De fait, il y a une forme d'écrasement complet de la part du Rassemblement national qui a grand remplacé,
03:02si vous me permettez l'expression, la droite classique.
03:05Mais parce qu'en fait, la droite se cherche entre une droite identitaire qui est aujourd'hui incarnée aussi par
03:10M. Retailleau.
03:11Et on l'a entendu, on l'a suivi quand il était au ministère de l'Intérieur, entre M. Attal
03:16qui, cet été encore, alors qu'il y avait des incendies en Gironde,
03:20la France était traversée par des incendies historiques et une canicule historique, une sécheresse, était plutôt axée sur des propositions
03:28sur les gens du voyage,
03:29dans un espèce de décalage absolument complet avec l'actualité.
03:34C'est M. Philippe qui est aussi allé et à Mayotte et à La Réunion marteler un programme qu'il
03:40dit complètement à droite.
03:41Alors, je vais peut-être citer François Baroin. C'est peut-être celui finalement qui en parle le mieux.
03:45Quand il dit comment renverser la table, il disait je ne vois pas comment on fait avec ceux qui ont
03:49mis la nappe.
03:50Donc, ça dit quelque chose en fait de l'incapacité peut-être pour ceux qui sont aujourd'hui censés incarner
03:56cette droite de se positionner eux-mêmes.
03:58On a envie de dire, écoutez, rangez votre chambre parce que pendant ce temps-là, que ce soit à droite
04:02et à gauche d'ailleurs,
04:03dans une forme de miroir renversé, du côté de M. Mélenchon et du côté de Mme Le Pen, eux, ils
04:09avancent.
04:09La droite se cherche, dit Nora Amadi, sur le plan des idées, on l'a bien compris, sur le plan
04:13de la méthode également.
04:15Laurent Wauquiez propose d'organiser une grande primaire.
04:18Il se perçoit d'ailleurs peut-être lui-même comme le grand rassembleur de la droite du centre
04:23et peut-être d'une partie de l'extrême droite, Raphaël Dohan, cette idée de la primaire
04:29qu'Edouard Philippe voudrait lui écarter, est-ce qu'elle vous semble être efficace sur le plan stratégique ?
04:34Sur le plan théorique, ce serait efficace.
04:36Si la droite avait un moyen d'éliminer tous les candidats au fin,
04:39elle enlève évidemment beaucoup de risques de ne pas passer au second tour.
04:42Mais le problème, c'est qu'il y en a qui n'ont pas envie d'en faire une.
04:44Et s'ils ne sont pas dedans, ça ne sert à rien.
04:45Évidemment, quand on est le favori comme Edouard Philippe, on n'a pas envie de faire une primaire
04:48qui risquerait de faire émerger d'autres candidats.
04:50Pour David Lissnard, par exemple, qui propose fortement la primaire,
04:53c'est une question aussi de notoriété pour gagner, que les Français le connaissent mieux,
04:56de passer par la primaire.
04:57Et là, évidemment, pour Edouard Philippe, ce n'est pas son intérêt.
05:00Donc je ne pense pas que ça arrivera.
05:02Et par conséquent, c'est une mauvaise solution, puisqu'elle ne peut pas être réalisée.
05:05Et puis il y a un autre problème qui serait que quel est le champ de cette primaire,
05:08puisqu'en fait, je reviens sur ce que Nora a dit,
05:10effectivement, il y a aussi la question du RN qui est évidemment centrale.
05:13Et j'avais vu un sondage Cluster 17 récent qui montre que pour deux tiers des Français,
05:18le RN fait partie de la droite.
05:19Déjà, ça peut bousculer un peu la manière dont les hommes politiques de droite eux-mêmes voient la droite.
05:24Et le sondage précisait que 50% des électeurs LR sont d'accord.
05:29Et encore plus chez le RN.
05:30Quand vous dites de droite, c'est-à-dire que le RN n'est pas d'extrême droite.
05:33C'est d'abord et en tout un parti de droite.
05:34Et même 50% des électeurs LR considèrent que le RN appartient au même camp politique que LR.
05:40Mais alors justement, à propos de LR, dans cette multitude de candidatures,
05:43il y a une question qui se pose quand même.
05:45Et vous avez cité cet homme tous les deux, Bruno Rotaillot.
05:48Il sert à quoi aujourd'hui ?
05:49Est-ce qu'il est là parce qu'il n'est pas pensable que LR n'est pas un candidat
05:53?
05:53Ou parce qu'il représente réellement, comme vous voulez peut-être le dire Raphaël, un segment de l'électorat ?
05:59Il représente probablement un petit segment de l'électorat.
06:02Il représente aussi le parti lui-même.
06:04Les membres du parti n'ont pas envie que leur propre camp ne soit pas représenté à l'élection présidentielle.
06:09Mais c'est vrai qu'il plafonne.
06:10Je pense d'ailleurs qu'il a plutôt raté sa sortie du gouvernement.
06:12Qu'il aurait pu avoir peut-être une chance s'il était sorti beaucoup plus tôt.
06:15Dès le moment où on commençait par exemple à avoir des dissensions entre Bruno Rotaillot et Emmanuel Macron sur les
06:20questions d'immigration.
06:21Il aurait pu démissionner sur un sujet cher à la droite et en profiter.
06:24Mais comme il a attendu que se présente l'arrivée de Bruno Le Maire au gouvernement pour démissionner,
06:29c'était ça quand même son prétexte pour démissionner.
06:32Je pense qu'il a raté ses chances.
06:32Bruno Rotaillot, dont Jordan Bardella explique.
06:36Nora m'a dit qu'il ne passera certainement pas Noël.
06:39Écoutez, c'est le risque.
06:40C'est le risque, mais ça dit aussi quelque chose de la place des partis aujourd'hui.
06:44Quand on attend potentiellement, enfin c'est annoncé ce matin par nos collègues de France Info TV,
06:51que M. Olivier Faure va peut-être se présenter, que M. Rotaillot donc représente l'air.
06:57Il y a quelque chose d'une forme de résurgence des partis qui se doivent d'exister dans un moment
07:05où depuis Emmanuel Macron, la possibilité d'une excroissance comme ça subite d'un individu
07:11qui ne serait pas accroché à un parti a permis à chacun de s'imaginer la possibilité d'un quart
07:16d'heure warolien.
07:16Ce qui fait qu'on a une explosion du nombre de candidats putatifs, que ce soit à droite et à
07:22gauche,
07:22et avec l'impossibilité de trouver un moyen pour ces partis d'organiser soit des primaires.
07:29Donc là, est-ce qu'on aura affaire à une primaire sauvage qui finira par les sondages, par des partagés
07:34?
07:34Quoi qu'il en soit, les autres avancent.
07:36Et c'est ça qui est terrible.
07:37C'est-à-dire que cette perte de temps fait que de toute façon, ça renforce d'un côté Jean
07:43-Luc Mélenchon,
07:44de l'autre côté Marine Le Pen, et là-dedans, est-ce que ça ne dit pas quelque chose de
07:49l'affaiblissement
07:50presque chronique des partis depuis une quinzaine d'années ?
07:54Moi, je pense que c'est là qu'il faut aller chercher quelque chose.
07:56C'est-à-dire qu'on n'est pas dans une candidature de témoignage avec Bruno Retailleau,
08:01mais c'est nécessaire pour que ce parti existe.
08:04Qu'est-ce qu'il pèse encore dans le champ politique,
08:07quand il a été aspiré, si je puis dire, à la fois par le centre-droit,
08:10à la fois par le Rassemblement national ?
08:12Comment on fait exister d'un point de vue programmatique,
08:15mais même d'un point de vue d'incarnation ?
08:18C'est là qu'en fait, on est peut-être en train d'assister à quelque chose
08:23de la mort de deux grands partis de gouvernements historiques,
08:26le PS à gauche, les LR à droite,
08:28et une recomposition qui n'en finit pas, qui a démarré en 2017 avec Emmanuel Macron.
08:33Donc, ce sera un débat qu'on va réitérer tout au long de l'année, grâce à vous, le dimanche.
08:38Pour ouvrir notre deuxième débat, je vous propose un son.
08:43Vous n'avez pas de son ? Clémence Guettet, qui racontait au micro de France Inter,
08:48elle venait défendre devant Benjamin Duhamel, la députée insoumise,
08:51venait de publier un essai pour une politique de l'amitié.
08:54Clémence Guettet qui s'empare du sujet de l'amitié,
08:57qui s'empare du sujet de la famille, avec les autres membres de LFI,
09:00qui s'empare de ces thèmes donc pour en faire des sujets politiques.
09:04Raphaël Douai, est-ce qu'ils ont raison de faire ça ?
09:06Je pense que dans leur propre intérêt, ils ont plutôt tort.
09:09Je m'explique, en soi, proposer une politique de l'amitié,
09:12ça pourrait être assez inoffensif, relativement adolescent,
09:15mais pas forcément un peu adolescent dans l'esprit.
09:18On arrête d'avoir des amis, Raphaël Douai, après l'adolescence ?
09:20Non, pas du tout, mais l'idée de dire, je me souviens de Geoffroy de Laganerie,
09:22par exemple, qui est une des inspirations de ce texte,
09:24disait qu'il faudrait qu'on puisse divorcer de ses parents.
09:26Je trouve que c'est vraiment une idée d'adolescent rebelle de 15 ans,
09:28mais bon, dans la loi, vous voyez.
09:29Mais surtout, le problème, c'est la manière dont ils présentent cette politique de l'amitié,
09:33c'est qu'ils le font en présentant ça comme une sorte de contre-modèle
09:36au discours nataliste que porterait supposément le centre ou la droite ou l'extrême droite.
09:42Alors que justement, il y a une vraie question de fond qui se pose sur la démographie française
09:45et qui n'est pas une question de morale ou de culture, même de gauche ou de droite.
09:49C'est-à-dire qu'on a un vrai problème où on a plus de décès que de naissances depuis
09:532025 en France.
09:54C'est la première fois que ça arrive depuis 1944 quand même.
09:56Et ça veut dire surtout que plus on laisse cette situation de baisse de la fécondité se prolonger,
10:01plus le modèle social est en danger.
10:03Parce que ça veut dire que peut-être qu'en 2100, il y aura un tiers de plus de 70
10:07ans dans la population française.
10:08Et pour ça, le modèle social français ne tient pas celui auquel pourtant sont attachés les militants et les cadres
10:13de LFI.
10:14Donc vous nous dites, Raphaël Doran, dans le fond, les responsables politiques feraient mieux de s'occuper de familles, de
10:20natalité, bien plus que d'amitié ?
10:22Exactement. C'est-à-dire que si on est LFI, on défend la jeunesse, on défend des politiques de jeunesse,
10:27on devrait faire en sorte qu'il y ait des jeunes.
10:29Or en fait, en condamnant ce genre de politique, finalement, ils en arrivent à une société où il n'y
10:33aura plus que des vieux qui ne voteront pas LFI.
10:34Grande erreur, Nora m'a dit, je sens que vous êtes prête là. Allez-y.
10:38Non, non, mais moi, je voudrais quand même répondre.
10:42C'est assez intéressant que Clémence Guettet s'empare de cet endroit qui est cette idée de politiser l'amitié.
10:48C'est absolument pas nouveau.
10:50C'est-à-dire que là, il surfe sur quelque chose qui a quand même démarré il y a 4
10:54-5 ans.
10:55Il y a eu énormément d'essais, énormément de débats.
10:57Moi, je me souviens d'un échange vraiment lumineux avec Céline Siamak et la réalisatrice qui fonde son existence autour
11:04de l'amitié, qui a décidé d'en faire le centre de sa vie.
11:07Et il y a quand même quelque chose d'assez nouveau ces dernières années.
11:10Donc, évidemment qu'il y a une cible potentielle à aller chercher à cet endroit-là.
11:15Donc, il y a une visée électoraliste.
11:17Ne soyons pas naïfs, évidemment.
11:19Cible restreinte, tout de même, on peut l'imaginer.
11:20Oui, évidemment que c'est une cible restreinte.
11:23Après, il y a quand même quelque chose d'assez disruptif à aller percuter l'organisation historique de la famille
11:29nucléaire en se disant qu'il y a peut-être autre chose à imaginer.
11:32Et là, j'ai envie de dire, pourquoi pas ?
11:34Pourquoi pas ? Testons.
11:35Je vais aller sur ce que nous disait Raphaël à l'instant.
11:38Quand, effectivement, on a un problème de dénatalité en France.
11:41Quand on a une explosion du nombre de divorces.
11:44Est-ce que la cellule familiale nucléaire telle qu'on la pense aujourd'hui est véritablement le socle de nos
11:49existences ?
11:49On voit bien que ce n'est plus le cas.
11:51Alors, soyons imaginatifs, soyons créatifs, on voit de plus en plus de systèmes de famille, on fait famille autrement, notamment
11:59par des formes de coparentalité, qui impliquent des amis, littéralement.
12:03Et il n'y a rien, finalement, de plus stable qu'une forme d'amitié qui aurait commencé dans la
12:10vingtaine.
12:10Et des gens, et j'espère Raphaël que vous avez des amitiés autour de vous, des gens que vous comptez
12:16dans vos existences depuis 20 ans, 25 ans.
12:20Est-ce que finalement, il n'y a pas plus de risque, pardon, que vous divorciez, je vous le renvoie,
12:25que que vous quittiez vos propres amis ?
12:27Donc, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à imaginer, des droits nouveaux ?
12:30Moi, je pense à ces femmes qui se sont installées, notamment à Montreuil, dans une maison de Baba Yaga, parce
12:36qu'elles avaient décidé de vivre autrement que seules.
12:39Parce qu'aujourd'hui, effectivement, on a une explosion du nombre de gens.
12:43C'est quasi un foyer.
12:44C'est quatre ménages français sur dix qui sont constitués aujourd'hui d'une seule personne.
12:48Les familles monoparentales le recherchent.
12:51On parle des mamans solos, notamment depuis les Gilets jaunes.
12:54On les a vues devenir un objet politique et elles le demandent.
13:00Donc, il y a peut-être quelque chose de forme de solidarité à créer.
13:03Et en fait, pourquoi pas ?
13:05Puisque de facto, cela s'impose à nous.
13:06C'est l'idée d'ailleurs de Clémence Guettet.
13:09Les amis, ce sont les personnes autour de nous que l'on choisit.
13:12La famille, ce sont les personnes dont on hérite.
13:15On n'a pas forcément le choix, Raphaël Doran.
13:16Oui, alors c'est ce qu'on dit.
13:18Je ne suis pas sûr que ce soit si vrai que ça.
13:19D'ailleurs, d'abord, les gens choisissent une partie de leur famille.
13:21Est-ce que vous ne choisissez pas vraiment ceux avec qui vous choisissez de passer du temps dans votre famille
13:24?
13:24C'est la chanson, on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses parents.
13:26Et les amis, c'est pareil.
13:27Les amis, finalement, vous vous les faites par les hasards de la vie aussi.
13:29Vous vous rencontrez dans la même classe, vous n'avez pas forcément choisi.
13:31Enfin bon, on pourrait discuter sur cette question-là.
13:33Si, on les choisit, ces amis.
13:34Je ne suis pas sûr que ce soit si simple que ça.
13:35Mais surtout, à la limite, les différentes formes familiales.
13:38Ou alors, c'est bien triste pour vous si vous ne les avez pas choisi.
13:39Les différentes formes familiales, on peut en discuter.
13:42Moi, je n'ai pas de problème avec aucune des formes de famille d'ailleurs.
13:44Simplement, il se trouve qu'aujourd'hui, on voit que l'évolution de la société fait qu'on fait de
13:50moins en moins d'enfants.
13:51Donc, la question pour moi, c'est surtout, est-ce qu'on peut essayer d'inverser cette tendance
13:54pour que plus tard, on ait une société où on n'est pas, encore une fois, que des vieux
13:57et où les autres soient pressurés par un système social qui ne peut plus fonctionner à cause de ça ?
14:02Raphaël, je voudrais juste vous citer une des mesures que Clémence Guettet élabore dans son projet, dans son livre.
14:08Elle dit, en cas de maladie, il y a une solution qui existe.
14:10Élargir le congé de proches aidants.
14:12On pourrait imaginer que des salariés souhaitant accompagner leur ami malade
14:17bénéficient d'un aménagement de leur temps de travail.
14:19Vous êtes d'accord avec ça ?
14:20Oui, c'est concret.
14:21Ce ne serait pas une révolution dans le droit, parce qu'il y a déjà un statut de proche aidant,
14:24comme vous le savez, qui simplement ne recouvre pas exactement toutes les situations
14:29que Clémence Guettet voudrait y inclure.
14:31Par exemple, si vous avez des liens étroits et stables, c'est ce que dit la loi aujourd'hui,
14:37avec une personne, vous pouvez en faire, ça peut être un ami évidemment,
14:40vous pouvez déjà en faire un proche aidant quand vous avez certains handicaps.
14:44Encore faut-il que le milieu professionnel accepte ça.
14:47Oui, mais en fait, encore une fois, c'est des choses qui sont déjà prévues dans la loi.
14:49Là, Clémence Guettet, elle propose seulement, mais on ne sait pas très bien d'ailleurs,
14:52puisqu'elle n'a pas encore proposé son projet de loi, de détendre, de cocher quelques cases en plus.
14:56Ce n'est pas non plus la révolution qu'elle promet par ailleurs.
14:58Mais on reviendra peut-être sur la question du pacte samical qui est, je trouve, plus intéressante.
15:01Sur l'idée, Nora m'a dit, effectivement, de faire évoluer le droit français,
15:05très centré depuis Bonaparte, mais pas seulement, d'ailleurs, sur la famille.
15:09Votre point de vue ?
15:11Moi, je trouve que c'est plutôt intéressant, parce que c'est quelque chose aujourd'hui qui s'impose à
15:16nous.
15:17On le voit de plus en plus.
15:19Des logiques de coparentalité, je le dis, sensiblement.
15:24Alors, j'ai peut-être une bulle de filtre autour de moi, c'est certain.
15:27Comme nous tous.
15:28Je le vois de manière de plus en plus systématique.
15:30Des gens qui décident par amitié, en fait, de vivre ensemble, d'acheter ensemble, de construire.
15:37Enfin, pourquoi pas ?
15:38C'est comme l'héritage.
15:39Ça fait partie des propositions.
15:42On est aujourd'hui, quand on est un tiers, complètement en dehors de la famille,
15:45on hérite, mais le taux de succession, en fait, est à 60%.
15:50Il y aurait sans doute quelque chose à imaginer, de telle sorte à pouvoir cimenter ces liens
15:55et à minima les reconnaître dans le droit, puisqu'ils s'imposent et qu'ils existent.
16:00Et sur le pacte amitié, alors, d'un mot court ?
16:03Moi, je suis assez d'accord à l'idée qu'il puisse y avoir quelque chose, une forme de reconnaissance
16:08et qui puisse permettre, en fait, une forme de protection.
16:12Aujourd'hui, on le voit, de plus en plus de femmes décident de vieillir ensemble,
16:16d'acheter ensemble, de telle sorte, en fait, à avoir des lieux communs, pouvoir s'entraider.
16:21Pourquoi pas ?
16:22Enfin, ce n'est pas un droit.
16:23Je ne voudrais pas qu'on tombe dans cette idée qu'on a eue pendant le mariage pour tous ou
16:26le pacte,
16:27souvenez-vous, que ce droit-là viendrait se substituer à celui des familles.
16:31Non, c'est un droit qui s'ajoute.
16:32Il n'y a pas de concurrence à mettre en place.
16:35Ce n'est pas une opposition qu'il faut créer.
16:36Raphaël Doran, quelques secondes.
16:38Alors, moi, je trouve ça amusant, le pacte amical, parce qu'il y a déjà une proposition qui avait été
16:40proposée en 2022 par LFI.
16:42Donc, on a déjà le texte qu'il propose de faire sur le pacte amical.
16:45Et ce qui est amusant, c'est que le cœur de ce texte, c'est de faire que vous pouvez
16:48désigner un ami comme héritier
16:49au même titre, avec les mêmes droits que votre enfant.
16:52Et donc, ça veut dire que, potentiellement, comme ils ne mettent pas de limite au nombre de pactes amicaux que
16:56vous pouvez faire,
16:56et que ça peut inclure votre famille, vous pouvez faire un pacte amical avec votre neveu, avec votre cousin, avec
17:00votre frère,
17:01ça veut dire qu'en fait, si vous avez un million d'euros à léguer, vous pouvez faire dix pactes
17:04amicaux avec toutes vos familles,
17:06et vous pouvez léguer un million d'euros sans payer de droits de succession du tout, grâce aux abattements de
17:09100 000 euros que chacun peut avoir.
17:10Mais il n'y a que vous qui imaginez ça.
17:12Finalement, si vous êtes vieux et riche, vous devriez voter à LFI pour avoir le pacte amical.
17:16On va finir là-dessus, ce premier débat.
17:17Merci beaucoup, Nora Amadi, Raphaël Dohan.
17:20On vous retrouve dimanche prochain pour évoquer l'actualité de la semaine.
17:23Le samedi à 8h20, également, vous découvrirez un nouveau duo de débatteurs qui nous accompagnera tout au long de la
17:29saison.
17:29Gilles Wittgenstein dialoguera avec Emmanuel Mignon.
17:32Et autre nouveau rendez-vous à ne pas manquer, c'est l'émission politique dominicale Franjeux,
17:37émission présentée par Benjamin Duhamel et retransmise sur France 2 et France Inter.
17:41Rendez-vous à 13h20.

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