- il y a 2 mois
Sonia Mabrouk, journaliste, animatrice de “100 % Mabrouk” sur BFMTV, répond aux critiques internes et pour la première fois sur France Inter ce jeudi. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-jeudi-27-aout-2026-2802060
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00:00À 7h48, Benjamin Duhamel, votre invité et journaliste.
00:04Bonjour Sonia Mabrouk.
00:05Bonjour à vous.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:08C'est la première fois que vous prenez la parole au micro d'un autre média que le vôtre
00:11depuis que vous avez quitté avec Fracas CNews en février dernier.
00:14On va bien sûr en parler.
00:15Mais on va d'abord tenter de faire le bilan de cette première semaine dans votre nouvelle maison.
00:20Sur BFM TV, nos confrères du Parisien ont révélé hier des critiques de la rédaction
00:24sur vos deux premières émissions 100%.
00:26Mabrouk, la société des journalistes a pointé un déséquilibre dans vos plateaux
00:30refusant que BFM TV devienne, je cite, une pâle copie d'une chaîne d'opinion.
00:35Quant au syndicat maison dont la CGT, il vous reproche, ouvrez les guillemets, d'importer la ligne CNews.
00:41Quel accueil Sonia Mabrouk, ce sont des cadeaux de bienvenue ça ?
00:43Quel démarrage que le vôtre, surtout Benjamin Duhamel.
00:46Moi j'ai noté aussi une appétence de la part du public, ce qui n'est pas anodin quand on
00:51fait ce métier.
00:52On ne fait pas une émission pour soi mais pour le public.
00:54Je ne rappellerai pas les chiffres d'audience parce que ce n'est pas la quantité qui compte.
00:57On va parler de la qualité.
00:58Malgré tout, je note au passage qu'être leader hier à la fois sur toutes les chaînes info et les
01:04chaînes TNT,
01:05c'est une marque de confiance qui est importante aussi pour le public.
01:08Parlons maintenant de l'attention que portent les syndicats.
01:10Moi j'en suis ravie.
01:11Je préfère toujours l'attention à l'indifférence.
01:15Je préfère les conversations franches à la couardise.
01:18Je crois que je ne suis pas la première à avoir eu un communiqué cinglant de la SDJ.
01:23Vous avez connu aussi ces affres-là et je vois que vous en sortez très bien.
01:26Comment ça ?
01:27Ici même, Radio France.
01:29On ne va pas faire pour le souci.
01:30L'idée ce n'est pas de discuter de moi.
01:32Non pas du tout.
01:32Dans le cas d'espèce, moi ce n'était pas sur le contenu de l'émission qui était faite.
01:35Je dis que tout simplement cela arrive à des journalistes et comme vous, accordez-moi
01:40quand même la possibilité de discuter, de dialoguer, d'ajuster.
01:45J'entends tout ce qui est dit, j'entends aussi ce qui est dit par une grande partie
01:47de la rédaction des journalistes de BFM TV et qui saluent, en tout cas, ses premiers
01:53pas, trois soirs quand même.
01:54Oui, c'est vrai, trois soirs.
01:55C'est un court bilan.
01:56Et on commence à faire ce bilan.
01:57Simplement, vous évoquez les syndicats, la société des journalistes, c'est une partie
02:01de la rédaction et ce sont quand même des mots qui existent.
02:04Voilà, vous reprochez, craindre que BFM et votre émission deviennent une pâle copie
02:09d'une chaîne d'opinion.
02:10Qu'est-ce que vous leur répondez ?
02:11Je vais vous parler de BFM TV il y a quelques semaines avant d'intégrer cette belle rédaction,
02:17sans tout dévoiler des discussions que j'ai pu avoir.
02:19Un patron du service public, ici nous sommes dans une très belle et grande maison du service
02:23public, est venu me voir pour me faire la proposition de rejoindre le service public.
02:27Il est venu à plusieurs reprises.
02:28Je parle de la télévision.
02:29Je n'ai pas vu en lui poindre l'inquiétude de saignoiriser le service public.
02:33Je pourrais dire qu'il y a de la marche, pourtant, pardonnez-moi ce trait d'humour.
02:38Je crois qu'il a, pardonnez-moi là encore, mais c'est lui qui le dit, je suis mal à
02:42l'aise
02:43de parler de moi, mais il a souligné plutôt une journaliste rigoureuse et de qualité.
02:46Donc il ne s'agissait pas de saignoiriser le service public, comme il ne s'agit pas de
02:49saignoiriser BFM.
02:51Et comme il ne s'agit pas, je l'entends parfois, que je sois BFMisé.
02:54Je ne sais pas ce que c'est.
02:55J'ai la faiblesse de croire que j'essaie de faire bien mon métier, comme vous autour de cette table.
02:59Et Sonia Mabouk, on est là encore dans une discussion sur les faits ce matin, puisque
03:04c'est d'ailleurs aussi l'objectif de la chaîne sur laquelle vous travaillez, de mettre
03:06les faits en avant.
03:08La Société des journalistes, elle vous reproche particulièrement la présence sur vos deux
03:11premières émissions de deux invités.
03:13Pour la première, l'entrepreneur Sophie de Menton.
03:15Et pour la deuxième, l'essayiste Céline Pinard, ancienne chroniqueuse de CNews.
03:19Les deux ont eu des propos passés particulièrement polémiques.
03:22La direction de BFMTV a reconnu qu'il s'agissait d'erreurs et que ces personnes, elles ne reviendraient
03:27pas à l'antenne.
03:28Est-ce que vous reconnaissez que c'était effectivement une erreur de les faire venir ?
03:31Absolument pas.
03:31La direction de BFMTV n'a pas employé ce mot.
03:33Elle a précisé.
03:34Non, non, elle l'a précisé.
03:35Écoutez, je suis un peu plus en contact avec la direction.
03:38Ce n'était pas une erreur.
03:40Vous savez, des invités, par essence, ce sont des invités.
03:43Ce sont des invitations ponctuelles.
03:44Sophie de Menton est une chef d'entreprise.
03:47Céline Pinard est une essayiste qui a commencé, faut-il aujourd'hui, se justifier et rappeler
03:51le parcours de chacun.
03:52Au parti socialiste dans les années 90, elle a publié de nombreux ouvrages.
03:56D'ailleurs, elle pourrait être tout à fait votre invitée.
03:58Je sais que vous n'avez pas d'exclusives en matière d'invités.
04:01Je vais simplement terminer ma phrase parce que je ne veux pas aussi abandonner les personnes
04:06et qu'on puisse dire tout et n'importe quoi à leur sujet.
04:08Quand elles ont des propos qui choquent, je suis là pour être garde-fous.
04:14Elles n'ont tenu aucun propos choquant sur cette antenne.
04:18Moi, je ne suis pas pour faire des listes d'invités.
04:20Et je place au-dessus de tout la liberté de choix des invités.
04:24Et personne ne fait de liste.
04:25Là encore, si on reste sur les faits, la Société des journalistes a bien dit que la direction
04:29avait reconnu que c'était une erreur, qu'elle ne reviendrait pas.
04:31s'appuyant sur des propos passés.
04:33Dans le cas d'Espèce, Sophie de Monton qui avait considéré que Nafi Satou Diallo, violée par Dominique Sroskan,
04:38c'était la meilleure chose qui avait pu lui arriver.
04:40Et Céline Pina, dans le cas d'Espèce, faisant une comparaison entre Zoran Mamdani, le nouveau maire de New York,
04:44et le 11 septembre 2001.
04:46Est-ce qu'elle pourrait revenir sur votre plateau, cette personnalité ?
04:49Ce matin, je suis invitée à votre plateau, je suis invitée ponctuelle.
04:52Je vais rassurer ceux qui nous écoutent, s'il y a une inquiétude autour de cette table,
04:55je ne vais pas devenir chroniqueuse sur France Inter.
04:58D'accord.
04:59Ça a l'air de vous rassurer.
05:01Pourquoi pas ? Vous savez, il y a des chroniqueurs divers.
05:03Je ne sais pas si tout le monde sera d'accord.
05:04Je vois des haussements d'épaule autour de cette table.
05:06Non, plus sérieusement.
05:08C'est une invitée, elle est venue ponctuellement.
05:11Elle pourrait revenir, mais ce n'est pas du tout une chroniqueuse.
05:13Il y a, vous savez, une variété d'invités, d'opinions,
05:17et je compte les représenter dans cette émission.
05:20Donc, au fond, à ceux qui, peut-être, ont vu dans ces déclarations de la direction sur le thème,
05:24elles ne reviendront pas.
05:25Ils se sont dit, en fait, Sonia Mabrouk, ce n'est peut-être pas autant une femme libre qu'on
05:27ne le pensait.
05:28En fait, vous êtes libre et vous pourrez accueillir sur vos plateaux qui vous voulez.
05:32Mais vous avez un doute ?
05:33Ah non, moi, je n'en avais pas.
05:34Moi non plus.
05:35Mais, justement, certains se posaient la question.
05:36Pas du tout, mais je suis totalement dans l'échange avec ces personnes.
05:39J'avoue que c'est aussi une rédaction, vous la connaissez, elle est multiple, elle est diverse.
05:43Et j'ai toujours cru en une phrase que j'aime beaucoup, qui résume ma manière d'appréhender les choses.
05:47C'est le philosophe britannique Roger Scroton qui dit que la vraie conversation, c'est la civilisation.
05:52Je crois à la civilité, je crois à l'échange, futile rugueux et parfois tendu.
05:56Sonia Mabrouk, il y a ceux qui sont sur votre plateau, et puis il y a aussi votre style que
06:00vous assumez,
06:01celui de porter des convictions, de les montrer à l'antenne.
06:05Moi, j'ai regardé vos émissions depuis trois jours.
06:09J'ai notamment entendu cette phrase que vous avez prononcée lundi.
06:11Vous disiez « la dette brûle et la France insoumise regarde ailleurs ».
06:14Est-ce qu'on peut, et c'est une question de principe quand on fait ce métier,
06:19est-ce qu'on peut afficher autant ces convictions et dans la même émission faire des interviews de responsables politiques
06:24?
06:24Absolument pas, c'était une question, puisque vous avez très bien entendu,
06:28et je vous remercie d'être aussi attentif à chaque mot qui est prononcé.
06:31Ce n'était pas prononcé comme une question ?
06:32En tous les cas, cela a été posé ainsi à tous les invités.
06:36Encore avant-hier, nous avons eu…
06:37Vous avez pensé que la France insoumise regardait ailleurs.
06:39À moins que vous vouliez sonder ce matin mon cœur, et au-delà, ça va être compliqué.
06:44Mais nous avons vu, par exemple, Henri Guénaud, qui a tout à fait affirmé
06:47qu'il était possible d'annuler partie de la dette.
06:49Donc toutes les opinions sont représentées.
06:52Très honnêtement, ce procès d'intention…
06:55Ce n'est pas un procès.
06:56Vous avez par exemple signé par le passé des éditos dans le JDD,
07:00où vous donniez votre avis.
07:01Mais qu'est-ce que vous appelez donner votre avis ?
07:03Pour moi, qui viens d'un autre pays de l'autre côté de la Méditerranée,
07:06dire que la France, sa culture, est-ce qu'elle incarne ?
07:09C'est ce que j'ai toujours dit.
07:10Et vous pouvez ressortir toutes mes phrases dans ce journal ou un autre.
07:14Ça ne me paraît pas avoir une opinion.
07:15Ou alors, c'est un projet qui est partagé par des millions de Français, je m'en réjouis.
07:19Par exemple, le 17 novembre 2004, l'État de droit est devenu l'État des juges.
07:22Dans le journal du dimanche, ça, c'est donner un avis.
07:24Pardonnez-moi, quand il y a certaines décisions sur lesquelles on s'assoit sur la volonté populaire,
07:28c'est une véritable question qui se pose.
07:31Moi, sur BFM, ça aurait pu être sur le service public, si évidemment j'avais accepté cette proposition,
07:35je compte porter le fer dans l'appelé, avec toujours des invités différents pour y répondre.
07:40Il n'y a pas de questions taboues, en réalité.
07:42Ça, Sonia Marbeau, on est tout à fait d'accord.
07:44Mais ma question au fond, c'est est-ce que vous mettez un peu d'eau dans votre vin en
07:47arrivant sur BFM TV ?
07:49Est-ce qu'il n'y a pas d'invités qui sont, pardonnez-moi, proscrits quelque part ? Moi, non.
07:54Je crois nulle part. En tout cas, pas sur ce plateau.
07:56Donc vous pourriez tout à fait recevoir demain matin Céline Pina à ma place, qui a écrit des livres.
08:01Je ne suis pas certain de l'intérêt éditorial d'inviter Céline Pina.
08:05Mais vous, vous parlez d'intérêt éditorial. Moi, je parle de liberté.
08:08Je place la liberté au-delà de ce que vous appelez un intérêt éditorial.
08:11Moi, le seul intérêt, c'est de faire vivre un débat démocratique, d'avoir une conversation saine, d'avoir des
08:15échanges féconds.
08:16C'est le plus important.
08:17Quand il y a des propos qui sortent du cadre, dans le cadre de mon émission, je joue mon rôle
08:21de garde-fou.
08:22Un dernier mot, Sonia Mabrouk, pour parler de votre ancien employeur.
08:25Je rappelle que vous avez quitté la chaîne CNews en février avec Fracas,
08:29parce que vous étiez en désaccord avec le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne après sa condamnation définitive.
08:33CNews qui, depuis, est en difficulté, puisqu'on parle d'audience.
08:37BFM a repris le leadership sur les chaînes info, talonnée par LCI.
08:40Comment est-ce que vous expliquez qu'au fond, votre ancien employeur, que votre ancienne chaîne soit en difficulté ?
08:46Ce n'est pas lié à mon débat.
08:48À mon départ, ce serait me faire trop d'honneur.
08:50Si je puis dire trop d'honneur, je n'ai pas d'impact sur ces audiences.
08:54C'est un peu lié aussi à votre départ.
08:55C'est certainement lié à un véritable trou d'air.
08:57Moi, je comprends que certains téléspectateurs aient eu un doute quand même sur une affaire aussi importante,
09:02sur un sujet aussi central.
09:04Malgré tout, moi, je garde pour CNews une véritable affection.
09:08J'y ai beaucoup d'amis. C'est une chaîne aussi qui m'a vue grandir.
09:12Et je n'ai pas l'habitude de crasher dans la soupe quand je quitte un média,
09:16un groupe qui a été très souvent dans l'œil du cyclone.
09:19Vous considérez que l'appellation chaîne d'opinion par rapport à BFM TV...
09:22C'est vous qui l'avez dit, d'ailleurs.
09:23Moi, j'avais dit chaîne d'opinion.
09:24Vous aussi, vous avez des opinions.
09:25Oui, de dire que CNews est une chaîne d'opinion.
09:28Oui.
09:28Mais vous savez, Sonia Mambou...
09:29Non, non, mais...
09:30Moi, j'avais du mal, pardonnez-moi.
09:31Quand je vous pose une question, me renvoyez à moi vers une question,
09:34est-ce que vous êtes choquée par ceux qui disent que CNews est une chaîne d'opinion ?
09:37Ça ne vous a pas échappé que je suis journaliste et intervieweuse.
09:39Donc, ça m'arrive aussi de renvoyer les choses pour que l'interlocuteur s'explique.
09:43Vous m'avez fait une liste de mes déclarations.
09:45Je me permets de faire une liste des vôtres.
09:47Vous avez dit vous-même que CNews est une chaîne d'opinion.
09:49Voilà une opinion que vous avez donnée dans l'espace public.
09:53Je ne crois pas...
09:53Je ne crois pas que ce soit une opinion politique, Sonia Mambouk.
09:55Un petit peu quand même.
09:56Quand on dit que CNews est une chaîne d'opinion,
09:57je pense que vous pensez derrière que c'est une opinion d'un certain camp.
10:00Moi, je ne crois pas profondément à ce qu'Alain Fickelkraut appelait le campisme.
10:03C'est-à-dire chacun et quand on est dans son camp.
10:05Je crois à l'intelligence d'abord de ceux qui nous regardent,
10:08qui nous écoutent, qui ont le choix aujourd'hui.
10:10Et je suis pour un pays où on a le choix, voyez-vous,
10:12de regarder CNews, BFM, d'écouter France Inter ce matin.
10:15Et je suis très heureuse d'avoir été notre invité.
10:17Et il n'y a pas d'exclusif et on invite donc Sonia Mambouk au micro de France Inter.
10:19Ah oui, vous n'avez pas l'impression que c'est le loup dans la bergerie ?
10:23Décidément, vous me prêtez des opinions.
10:25Ou alors je suis aujourd'hui l'agneau dans la tanière des loups.
10:27Merci beaucoup Sonia Mambouk d'être venue au micro de France Inter.
10:29Et merci Benjamin Duhamel.
10:31On se retrouve tout à l'heure à 8h20 pour le grand entretien.