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  • il y a 2 mois
Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie et des Finances et auteur d’un “Manifeste pour une autre France”, était l’invité du Face à Face sur BFMTV et RMC. Il évoque la présidentielle, la dette, les retraites ou encore la question de l'héritage.

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Transcription
00:00TV, bonjour Bruno Le Maire.
00:01Bonjour Apolline de Manueur.
00:02Merci d'être avec moi pour répondre à mes questions ce matin.
00:05Vous êtes l'ancien ministre de l'économie, évidemment.
00:07Vous êtes aussi auteur. Votre dernier livre, c'est Le temps d'une décision.
00:10Et puis désormais, vous êtes auteur aussi d'un manifeste.
00:12Vous venez de le publier. Ça s'appelle Pour une autre France.
00:16En préparant cette interview, pour tout vous dire,
00:18j'oscillais entre d'un côté une interview très sérieuse
00:21parce que vous êtes un homme sérieux, que vous avez fait des propositions
00:23très sérieuses, très travaillées, assez révolutionnaires pour certaines.
00:26Et en même temps, à chaque fois que j'écrivais une question,
00:28je me disais, mais pourquoi lui ?
00:31C'est-à-dire, pourquoi est-ce que Bruno Le Maire,
00:33qui a quand même été à la tête des finances de l'État pendant 7 ans,
00:36serait crédible pour faire la leçon et dire on change tout ?
00:40D'abord, je voudrais vous créer des mots de tête à Pour une autre.
00:43Vous inquiétez pas.
00:44Je vais essayer de répondre très clairement à votre question.
00:47Ça fait 30 ans que je suis dans la vie publique.
00:50J'ai occupé plein de fonctions, le ministère de l'Agriculture,
00:53le ministère des Finances.
00:55Et puis j'ai pris ma liberté.
00:57Je travaille pour ASML, le géant des semi-conducteurs.
01:01Je travaille pour l'aide sociale à l'enfance, côté Signe Gréco,
01:04qui est une chef de service exceptionnelle à l'hôpital Necker.
01:09Et j'ai du temps pour réfléchir et regarder où en est la France.
01:13Et je suis obligé de me dire, voilà, ça fait 30 ans que je me suis engagé
01:17à la vie publique. Et fin 2026, on en est où ?
01:208% de taux de chômage.
01:21On en est au bord du précipice.
01:23On n'en est pas là où on devrait être.
01:258% de taux de chômage, un déficit qui continue de progresser
01:28alors qu'il n'y a plus ni Covid, ni début de la guerre en Ukraine.
01:32Une désindustrialisation qui a repris depuis 2024,
01:35alors que si j'ai une fierté, c'est qu'on avait engagé la réindustrialisation du pays.
01:39Donc nous n'en sommes pas là où nous devrions être, nous les Français.
01:43Donc je prends toute ma liberté pour dire, des mesures ne suffiront pas.
01:50Un catalogue de propositions ne suffira pas.
01:52Il faut une nouvelle vision pour le pays, ce que j'appelle une autre France,
01:55qui nous permet de basculer du vieux modèle qui a échoué.
01:59Et j'ai participé à ça, j'ai voulu, j'ai essayé.
02:01Vous dites comment ? Il faut faire comme en 1958 ?
02:02Il faut recréer un modèle ?
02:03Il faut recréer un nouveau modèle dans un nouveau monde.
02:07Vous avez un monde qui est marqué par quoi ?
02:09Le retour de la brutalité sur la géopolitique.
02:12La transformation climatique qui nous prend tous deux coups,
02:15elle va beaucoup plus vite que prévu.
02:17Et une accélération technologique.
02:18Je suis aux premières loges en travaillant pour le premier producteur de semi-conducteurs en Europe
02:22et le seul géant technologique en Europe.
02:25On ne peut pas garder le vieux modèle.
02:27Il est en échec.
02:28Vous avez trois grandes priorités, on va y revenir.
02:31L'autorité, la prospérité, la souveraineté.
02:34La dette, c'est le mot.
02:36Il y a deux questions en particulier là en ce début, en cette rentrée politique.
02:40C'est la question du rapport à la dette et aussi la question du rapport à l'héritage.
02:44Sur la dette d'abord, Jean-Luc Mélenchon d'un côté qui dit qu'il faut brûler la dette.
02:49Alors une partie, il parle de celle qui est détenue par la BCE ou par la Banque de France.
02:54Et puis de l'autre côté, ceux qui disent non, non, il faut coûte que coûte revenir dans la trajectoire.
02:58Vous vous dites, attention, on est carrément au bord d'un moment où il y a une crise de souveraineté.
03:04La France pourrait être mise sous tutelle.
03:08Est-ce que vous vous inquiétez de ça ?
03:09Est-ce que c'est réaliste ?
03:10C'est bien sûr que je m'inquiète de ça.
03:13Les propositions de Jean-Luc Mélenchon, qu'il aille au bout de son raisonnement,
03:17qu'il ait le courage d'assumer ses positions, déchirer la dette française comme il le propose,
03:23brûler les titres de dette, c'est foutre le feu au pays et c'est sortir de la zone euro.
03:29Donc ça, c'est un choix, ça a le mérite de la clarté.
03:31Mais faisons preuve de clarté à un moment qui est si grave dans l'histoire de notre nation.
03:36C'est une sortie de l'Europe.
03:38Regardez ce qu'a donné le Brexit pour la Grande-Bretagne.
03:40Ça a écarté la Grande-Bretagne du jeu européen et ça a écarté la Grande-Bretagne du jeu international
03:46et ça a appauvri la Grande-Bretagne.
03:47Si on veut la même chose pour la France, on suit les recommandations de M. Mélenchon,
03:52on annule les dettes françaises et on sort de la zone euro.
03:57Parce qu'il est évident que nos partenaires de la zone euro sont bien gentils et ne remboursent pas leurs
04:00dettes.
04:01Ils sortent du club et ne sortent plus, ils ne participent plus à la zone euro.
04:08Est-ce que là-dessus, vous avez été ministre de l'économie, la dette n'a jamais été aussi énorme
04:11que l'heure ?
04:12J'ai dit à de multiples reprises que j'assumais mes responsabilités.
04:15Maintenant, j'aimerais qu'on regarde devant et qu'on regarde aussi, si je peux me permettre,
04:19on s'est débarrassé du ministre des Finances de l'époque.
04:21C'est lui le problème, c'est lui les 1000 milliards d'euros de dettes.
04:24On en est où aujourd'hui ?
04:26Pire.
04:261300 milliards d'euros de dettes, pire, je ne peux pas dire mieux que vous, pire.
04:30Est-ce qu'il y a quelque chose qui justifie ?
04:31Vous avez l'impression d'avoir été un peu le fusible confortable pour Emmanuel Macron ?
04:35Il y a un très bon philosophe français qui s'appelle René Girard qui disait que
04:39lorsque quelqu'un veut résoudre le problème et que les gens ne sont pas d'accord pour résoudre ce problème,
04:44on l'élimine, ça s'appelle le sacrifice réconciliateur.
04:47Donc la personne est éliminée mais le problème reste entier.
04:49Moi, mon sujet, c'est de régler le problème de finances publiques du pays.
04:54Quelques remarques là-dessus.
04:55D'abord, le sujet prioritaire, ce n'est pas la dette, c'est le déficit.
04:59C'est le déficit qu'il faut maîtriser.
05:00Parce que quand les marchés, nos prêteurs, voient que nous ne maîtrisons pas notre dépense publique
05:05et que les déficits augmentent, comme c'est le cas aujourd'hui,
05:08alors qu'il n'y a aucune raison pour le faire,
05:10eh bien ils nous font payer plus cher.
05:11Donc les taux d'intérêt explosent, 3,9%, 4%, 4,1%,
05:16peut-être bientôt 4,5%, voire 5% de taux d'intérêt.
05:20Ça pèse sur la charge de la dette,
05:22donc c'est autant d'argent en moins pour les hôpitaux, pour les écoles, pour les collèges.
05:27Puis ça pèse ensuite sur votre capacité d'emprunt quand vous voulez acheter un logement.
05:31Comment on fait pour réduire ce déficit ?
05:33Regardez ce que j'ai écrit.
05:34Vous proposez, vous, des mesures d'urgence, des indexations de tout.
05:37Il faut activer le frein d'urgence.
05:39Aide sociale, barème de l'impôt sur le revenu, ça revient en quelque sorte à une année blanche ?
05:42Il faut une règle, un frein d'urgence et une méthode.
05:46La règle, elle a été proposée par Thierry Breton, je le rejoins parfaitement.
05:50Il faut une règle d'or sur l'équilibre des comptes publics de niveau constitutionnel.
05:54Pour qu'elle s'impose à tous les partis politiques, je le redis,
05:57j'en ai été le témoin, si vous n'avez pas cette règle constitutionnelle.
06:00De toute façon, les partis politiques ne veulent pas le rétablissement des comptes.
06:04Donc il faut leur imposer par la constitution.
06:07C'est la règle d'or.
06:08Deuxième chose, il faut une méthode.
06:10La méthode, c'est d'avoir un ministre des Finances, je l'ai proposé dans mon texte,
06:14qui est un droit de veto sur toutes les propositions de dépenses des ministres.
06:17Ils veulent toujours faire une annonce le matin pour dire qu'ils ont dépensé tant, ici ou là.
06:21Il faut réduire le pouvoir d'amendement des parlementaires.
06:24J'ai fait sept budgets.
06:25À sept budgets, les parlementaires m'ont proposé des dépenses supplémentaires.
06:29Donc réduisons la capacité.
06:32Bien sûr, c'est toujours des propositions de dépenses supplémentaires.
06:35C'est ce qui se passe en Grande-Bretagne.
06:36On limite le droit d'amendement des parlementaires pour éviter les dépenses.
06:40Et puis, il faut activer le frein d'urgence.
06:43Et ce frein d'urgence, il doit être efficace et juste.
06:48Équitable.
06:49Ça veut dire quoi ?
06:50Ça veut dire que oui, il faut désindexer les pensions de retraite.
06:54Les minima sociaux.
06:56Le barème de l'impôt sur le revenu.
06:58Préservez évidemment les petites retraites.
07:00C'est quoi les petites retraites ?
07:01Ça s'arrête où ?
07:02Mais les petites retraites, quand vous avez touché 1 200, 1 300 euros par mois de retraite,
07:06il est évident que désindexer votre pension peut vous mettre dans une situation extraordinairement difficile.
07:10Donc on préserve celle-là, mais pour les autres ?
07:12Je laisse ça aux spécialistes, qu'il y ait une discussion, un dialogue.
07:14Mais le seul frein d'urgence qui est à disposition du gouvernement
07:18pour nous permettre d'éviter d'aller dans le mur dans lequel nous allons tout droit en klaxodant,
07:22c'est la désindexation des minima sociaux, du barème de l'impôt sur le revenu et des pensions de retraite.
07:29C'est revoir toutes les allocations qui sont aujourd'hui accordées aux étrangers en situation illégale
07:35pour lesquelles nous payons aujourd'hui des montants qui peuvent être extraordinairement élevés.
07:40Là aussi, c'est une question de justice.
07:41Vous ne pouvez pas dire aux retraités français, attendez, on va faire un effort.
07:44Vous allez payer pour cet effort, mais en matière de politique migratoire,
07:48d'aide aux étrangers en situation illégale, attention, on ne touche rien.
07:52Il faut là aussi que l'on révise l'intégralité des prestations qui sont accordées.
07:55Vous voulez aussi bouger l'âge de la retraite, 65 ans, et introduire de la capitalisation ?
08:00Je rajoute juste une troisième chose sur le frein d'urgence, parce que c'est très important en matière d
08:03'équité.
08:04Et je rassure votre éditorialiste, je n'ai jamais été socialiste et je n'ai pas vocation à devenir socialiste,
08:11mais je pense qu'il est très important qu'on demande aux plus grosses fortunes une contribution.
08:15Et que cette contribution, ça puisse être pour le financement, par exemple, de nouveaux services d'urgence dans les hôpitaux,
08:21ou d'écoles, ou de rénovation des universités.
08:24Mais sur le modèle d'une forme de mécénat ?
08:25Par exemple, c'est ce qui a été fait pour Notre-Dame, beaucoup de très grandes fortunes ont contribué.
08:30Qu'est-ce que ça donnera ?
08:31Ça donnera ce sentiment très profond que toute la collectivité française, toute la nation,
08:38a compris la gravité du moment, refuse de mettre son destin dans les mains de ses créanciers,
08:44et dit tous ensemble, nous allons redresser nos comptes pour retrouver notre liberté.
08:48Et chacun en tirera un bénéfice, puisque ça vous permettra ensuite de retrouver des marges de manœuvre
08:52pour investir dans les nouvelles technologies, dans la lutte contre le réchauffement climatique,
08:57et dans les services publics prioritaires qui sont l'hôpital et l'école.
09:00Pour relancer aussi la société, il y a la question de l'héritage.
09:05Est-ce qu'il faut ? Mathilde Panot, hier un matin, disait à partir de 12 millions, on prend tout.
09:09Marie-Lise Léon, la CDT, elle dit qu'il faut taxer dès le premier euro de la succession.
09:14Qu'est-ce que vous en pensez ?
09:15C'est étonnant cette manière qu'on a dans le débat public français de poser des mauvaises questions
09:19et donc d'apporter des mauvaises réponses.
09:21Pour vous, ce n'est pas la question de la succession ?
09:23Oui, il y a un vrai sujet sur les héritages.
09:26Un vrai sujet sur les héritages, c'est les classes moyennes qui payent trop de droits de succession.
09:31C'est ça le vrai sujet.
09:32Le vrai sujet, c'est quand vous avez gagné correctement votre vie,
09:36mais vous n'êtes pas millionnaire,
09:37et que vous arrivez à la retraite,
09:39que vous avez un certain pécule,
09:43une maison, un appartement,
09:45et qu'il faut transmettre à vos enfants,
09:48vous ne pouvez pas le faire.
09:49Ou alors, lorsque vous le ferez après votre décès,
09:52les droits de succession vont être très élevés.
09:53Les droits de succession en France sont parmi les plus élevés
09:55en part de la fiscalité de tous les pays européens.
09:58Donc moi, mon vrai sujet,
09:59ce n'est pas à nouveau d'aller dire
10:01on va aller taxer les riches,
10:02ceci, cela, pour récupérer un milliard ou deux,
10:04alors même qu'aujourd'hui,
10:05on a 160 milliards de déficit à trouver.
10:07Mon vrai sujet, c'est de l'efficacité pour lutter contre la dérive des comptes
10:12et de la justice pour tous ceux qui bossent,
10:14qui travaillent et qui n'en peuvent plus,
10:16au moment de l'héritage, les classes moyennes,
10:18qu'on leur demande un effort encore plus important.
10:21Je propose par exemple,
10:22ça me paraît plus intéressant,
10:23de regarder comment est-ce que vous pouvez transmettre de votre vivant
10:27davantage d'argent.
10:28À vos enfants, à vos neveux, à vos nièces,
10:31libre de droit, libre de taxes, libre de frais.
10:34Vous en avez parlé avec Édouard Philippe,
10:36Gabriel Attal, Bruno Retailleau,
10:38est-ce que vous travaillez ensemble ?
10:40Est-ce que vous vous dites,
10:41tiens, il y a une idée même peut-être d'une grande primaire du centre ?
10:44Est-ce que vous travaillez sur ces questions avec eux ?
10:46Ou est-ce que vous travaillez dans votre coin ?
10:47Je ne travaille pas du tout dans mon coin,
10:48mais je travaille d'abord avec les gens que j'ai rencontrés,
10:51avec les Français, pas avec les partis politiques.
10:54Ensuite, c'est quoi les conditions d'une victoire
10:56pour nous tous collectivement ?
10:58La première condition, c'est l'offensive.
11:00Moi, je suis à l'offensive, matin, midi et soir,
11:03pour proposer une vision nouvelle du modèle français.
11:06Il est en situation d'échec, il faut le refonder.
11:09Ça ne veut pas dire qu'ils ne le sont pas aussi,
11:10c'est-à-dire qu'ils sont tous sur le terrain,
11:11chaque jour, il y a des propositions.
11:12Aujourd'hui, Édouard Philippe et Gabriel Attal
11:14font des propositions sur l'école.
11:15Mais c'est très bien, je dis simplement,
11:17que nous devons être beaucoup plus radicals,
11:20beaucoup plus offensifs,
11:21et présenter surtout une vision globale.
11:25Une présidentielle, ce n'est pas prendre le sujet éducation,
11:29puis le sujet finance publique,
11:31puis le sujet défense,
11:33et à chaque fois apporter ses propositions
11:35sur tel ou tel sujet.
11:36C'est-à-dire, c'est quoi notre vision globale du pays ?
11:39Quand je dis les trois priorités,
11:40c'est la prospérité, l'autorité
11:42et l'intégration européenne.
11:44Sur la prospérité, c'est quoi le problème ?
11:46On le voit tous, il est très simple.
11:48Tous ceux qui travaillent payent tout.
11:51Et ceux qui bossent n'en peuvent plus
11:52de payer en charge, en cotisation, en impôts,
11:55des sommes qui sont de plus en plus importantes.
11:57Dans les années 70, quand vous gagnez 100 euros,
12:00vous en gardiez 70.
12:03Aujourd'hui, quand vous gagnez 100 euros,
12:05au niveau du salaire moyen,
12:07vous en gagnez à peu près 50.
12:10Vous en gardez à peu près 50, 54 très exactement.
12:12Qu'est-ce que ça veut dire ?
12:14Ça veut dire que dans les années 70,
12:15en une génération,
12:17vous pouviez doubler votre niveau de vie.
12:19Aujourd'hui, il faut attendre les calendes grecques
12:21pour arriver à améliorer votre niveau de vie.
12:23Donc le vrai sujet de fond,
12:24sur ce premier thème de la prospérité,
12:27c'est de dire, désormais,
12:29notre modèle social ne sera plus financé par le travail.
12:32Ça va servir à quoi ?
12:33Est-ce que vous voulez être influenceur de ces présidentielles
12:36ou est-ce que vous voulez être candidat ?
12:37Je n'ai vocation ni à être socialiste,
12:39ni à être influenceur.
12:41Je suis engagé dans le débat politique,
12:43mais ma singularité, c'est que je mets le pays,
12:45la France,
12:46avant ma personne.
12:48Ma personne, elle ne compte pas beaucoup dans cette histoire.
12:50Non, non, je ne dis pas tout, je ne suis pas candidat.
12:53Ce n'est pas du tout mon calendrier.
12:55Ce n'est pas du tout mon calendrier.
12:57Et je dis simplement que nous sommes dans une élection grave.
13:01C'est une question de calendrier,
13:03et c'est une question d'écoute des Français.
13:05Les Français ne sont pas dans la campagne présidentielle.
13:07Vous y êtes.
13:08Les responsables politiques y sont, c'est normal.
13:10Moi, je crois qu'ils le sont.
13:11C'est légitime.
13:12Je pense qu'ils commencent à regarder progressivement.
13:15Mais nous n'avons aucune chance
13:17de desserrer l'étau entre le Rassemblement national
13:21et la France insoumise
13:23si notre proposition se résume à un combat de coq entre les personnes.
13:28Et c'est le cas ?
13:28Aucune chance.
13:29Et c'est le cas ?
13:30Donc, il est urgent de revenir à un débat collectif
13:34entre nous, sur ce que nous voulons pour le pays.
13:36Je viens de vous demander si vous baissiez ensemble,
13:37mais vous avez énormément de choses avec les Français.
13:38Non, mais quand vous préparez quelque chose,
13:40quand vous réfléchissez,
13:41que vous avez 30 années d'espense derrière vous,
13:43c'est du silence, c'est du retrait.
13:46C'est réfléchir à ce que vous voulez dire pour les Français.
13:48Et ça donne le manifeste que j'ai publié,
13:50qui est consultable sur mon site Internet,
13:52www.uneautrefrance.fr.
13:55Je le dis pour tous ceux qui voudraient le lire.
13:57Uneautrefrance.fr
13:58Uneautrefrance.fr
14:00Mais je le redis,
14:01la seule façon pour nous d'écarter le spectre d'un deuxième tour
14:05entre le Rassemblement National et l'EFI,
14:07ce n'est pas d'être contre,
14:09c'est d'être pour.
14:10C'est de montrer qu'on a envie.
14:12On a envie vraiment de proposer quelque chose de radicalement différent.
14:15On ne va pas se contenter d'une mesure ici ou là.
14:17Vous trouvez que là, chacun desserre ou resserre les boulons ?
14:20Ce n'est pas à la hauteur à vos yeux.
14:23Je trouve que pour le moment,
14:23on a du temps encore devant nous.
14:25Je veux dire, s'il y a un candidat qui émerge à la fin de l'année,
14:27vous vous dites, d'ici la fin de l'année, d'ici quoi ?
14:30D'ici Noël, il faut que l'un de nous, c'est-à-dire le centre,
14:35ait vraiment réussi à sortir du peloton.
14:37Bien sûr.
14:37Et ça formera une équipe.
14:39Enfin, personne ne pense une seconde.
14:41Enfin, je l'espère que tout le monde a suffisamment de lucidité
14:44pour comprendre qu'il n'y aura pas de sauveur.
14:47Que c'est une équipe qui sauvera le pays.
14:49Et que par conséquent, ce qui compte,
14:51ce n'est pas de se mettre soi-même en avant.
14:53C'est-à-dire, voilà la vision que je propose.
14:54Mais pourquoi vous ne faites pas une primaire ?
14:55À partir de là.
14:56David Lysnard dit, faisons une grande primaire.
14:58Ça, c'est la responsabilité des partis.
15:04Je ne suis pas chef de parti.
15:06Vous leur poserez la question.
15:07Si nous avons une vision qui est claire,
15:09on s'y retrouve tous.
15:09Puisque vous le voyez bien,
15:10Gabriel Attal est dans un parti,
15:12Edouard Philippe est dans un autre,
15:13Bruno Retailleau encore un autre,
15:14alors qu'en réalité, ils ont pas mal en commun, vous aussi.
15:17Mais bien sûr.
15:18Mais regardons chacune des visions que proposent.
15:20Si vous laissez les partis décidés, ça ne marchera jamais.
15:22Mais je reviens au fond,
15:24parce que je pense que ces histoires de partis,
15:26d'arrière-cuisine,
15:27quand vous allez au restaurant,
15:28on n'a pas envie de voir ce qui se passe dans les arrières-cuisines.
15:29On a envie de voir ce qu'il y a dans votre assiette.
15:31Qu'est-ce que vous mettez dans l'assiette des Français ?
15:32Moi, je leur dis, un,
15:35nous allons financer le modèle social
15:37par la taxation de la consommation,
15:39la taxation des importations,
15:40la taxation des géants du numérique.
15:42Et du coup, on va pouvoir alléger massivement
15:44les charges qui pèsent sur les salaires
15:46pour qu'à la fin du mois,
15:47vous ayez un salaire net plus élevé
15:49et que le travail, enfin, paye dans le pays.
15:51Est-on d'accord ?
15:51Oui ou non ?
15:52Pour le moment, je n'ai vu personne...
15:53Gabriel Attal le dit, par exemple.
15:55Il fait beaucoup, il faut que le travail paye.
15:57Je crois que Edouard Philippe le dit aussi.
15:58Je suis d'accord, mais...
15:59Je pense que Bruno Retailleau également...
16:00La poigne de Malherbe...
16:02Comment ?
16:02Enfin, l'argent, il ne tombe pas du ciel.
16:06C'est là que c'est difficile, Bruno.
16:08Oui, mais...
16:09Comment est-ce que vous allez faire pour...
16:11Je repose ma question.
16:12Pour sortir de l'image de celui
16:14qui a quand même dilapidé une partie de l'argent public ?
16:16Comment le faites-vous pour basculer
16:17d'un financement sur le travail
16:19au financement sur une autre base
16:21pour que le travail paye dans d'autres pays ?
16:23Je fais ma proposition.
16:25Je mets carte sur table.
16:26Que chacun mette carte sur table.
16:27Et ensuite, on regardera tous entre nous
16:29ce qui convainc le plus les Français.
16:31Même chose sur l'autorité de l'État.
16:33J'ai proposé une réforme totale
16:35de l'organisation du pays.
16:36État, région, bloc communal.
16:39Les départements qui fusionnent avec les régions.
16:41Dix ministres, pas un de plus.
16:42La réduction du nombre de parlementaires.
16:45La suppression du 49-3
16:46pour éviter de donner
16:47un sentiment de brutalité aux Français
16:49quand on adopte une loi.
16:51Un Premier ministre qui est chef d'équipe
16:52m'a mis des finances
16:53qui a un droit de veto, je le redis,
16:55sur les dépenses publiques.
16:57C'est un programme.
16:58Mais ce n'est pas une question de programme.
17:00C'est une vision pour le pays
17:01qui doit permettre au pays
17:02d'être plus efficace.
17:04Qu'on se dise qui est responsable de quoi.
17:06Pourquoi vous ne l'assumez pas ?
17:09Pourquoi je n'assume pas quoi ?
17:10En réalité, quand vous dites
17:11on verra lequel d'entre nous convainc le mieux,
17:13ça veut bien dire qu'en réalité
17:14vous êtes dans la course.
17:15Mais ce n'est pas du tout une course.
17:17Enfin, un pigne de malherme.
17:19Non mais ce n'est pas une course.
17:20Non mais ne faisons pas les hypocrites.
17:22Ce n'est pas une course
17:23au sens où effectivement
17:24ce n'est pas une course de petits chevaux.
17:25Mais malgré tout, c'est une élection.
17:27Vous êtes un homme politique
17:28suffisamment aguerri
17:30pour savoir qu'en réalité
17:30ce qui se joue,
17:31et c'est du débat des idées,
17:32je ne dis pas que ce n'est pas
17:33un débat des idées,
17:34mais c'est un débat d'idées.
17:35Et celui qui aura les idées
17:37les plus convaincantes pour son camp
17:39les portera.
17:40Bien sûr.
17:42Je ne disais pas ce que je dis
17:43à une histoire de course de petits chevaux.
17:45Ce n'est pas du tout le cas.
17:46Ce que je veux simplement dire
17:46c'est que vous mettez
17:48des propositions très concrètes,
17:50très solides.
17:52Chacun peut être d'accord, pas d'accord.
17:53Mais comme hier,
17:54vous avez des idées claires.
17:56Ces propositions,
17:57elles sont là pour défendre
17:58une vision de long terme du pays.
18:00Et je le redis,
18:01faire basculer le pays
18:02d'un vieux modèle qui a échoué
18:03jusqu'à un nouveau modèle.
18:05La deuxième chose
18:08qui me paraît totalement essentielle,
18:10ce n'est pas une élection
18:11comme les autres.
18:13J'aimerais juste
18:14qu'on mette un peu de gravité là-dedans.
18:16Et vous n'allez pas me faire dire
18:17tiens, je vais réfléchir,
18:18je vais être candidat.
18:18C'est trop grave.
18:20Qu'est-ce qui se passe actuellement
18:21à Pauline de Malherbe
18:22dans notre pays ?
18:23Ce qui se passe dans notre pays,
18:24c'est que nous sommes
18:25à deux doigts
18:26d'avoir une élection
18:27où vont se confronter
18:29pour la première fois
18:29depuis 1958
18:31des visions de la société
18:32qui sont irréconciliables.
18:34On n'est même pas en 1981
18:36où il s'agissait de savoir
18:36si on allait taxer un peu plus
18:38les uns,
18:38taxer un peu moins les autres,
18:39quel modèle est économique.
18:40– À l'époque,
18:40c'était quand même considéré
18:41comme un retour non.
18:43– Non, mais là,
18:43Apolline de Malherbe,
18:44c'est des visions de la société
18:46qui sont totalement incompatibles.
18:48La vision de la France insoumise,
18:49c'est une vision communautariste,
18:52haineuse du pays,
18:53qui va susciter l'hostilité
18:54entre les Français.
18:55Le Rassemblement national,
18:57c'est une vision
18:57de la République étriquée,
18:58où les libertés publiques
18:59sont réduites.
19:00Donc les gens ont peur,
19:02ils sont inquiets.
19:03Donc nous,
19:04notre devoir,
19:04les partis de gouvernement,
19:06c'est d'abord
19:07de faire émerger
19:08une autre vision
19:09de la société
19:10dans laquelle
19:11on montre aux Français
19:12que ce XXIe siècle
19:13qui commence,
19:14mais ça tombe bien,
19:15on a tout pour y réussir.
19:16C'est un siècle
19:17de nouvelles technologies,
19:18on n'a jamais été aussi bons
19:19sur l'intelligence artificielle,
19:21les nouvelles technologies,
19:23les technologies de rupture
19:24que la France.
19:25C'est un siècle
19:25où on va avoir besoin
19:26d'énergie décarbonée.
19:28la France a le nucléaire.
19:29C'est un siècle
19:30où on va avoir besoin
19:31de créateurs
19:32et de gens inventifs.
19:34Il n'y a pas un peuple
19:34plus imaginatif
19:35et créatif
19:36que les Français.
19:37Il faut simplement
19:38que nous changions
19:39notre modèle institutionnel,
19:41politique,
19:41économique,
19:42social,
19:43comme je le propose
19:43dans mon texte,
19:44pour que tous
19:45ces atouts français
19:45soient valorisés.
19:47Vous aviez cru au macronisme
19:49le macronisme
19:50proposait une révolution.
19:51Qui pourrait le porter ?
19:52Le macronisme
19:52proposait une révolution.
19:55Il promettait une révolution.
19:56Bien sûr.
19:57Je n'emploie pas
19:58ce terme de révolution.
19:59Je ne pense pas
20:00qu'il soit approprié.
20:01On allait très loin
20:02dans l'idée
20:02d'un nouveau modèle.
20:03Mais je pense
20:04que nous ne sommes pas
20:05allés assez loin
20:08dans la reconstitution
20:10de ce modèle,
20:10la refondation
20:11de ce modèle.
20:12Et c'est l'expérience
20:12que je tire,
20:13c'est la question
20:13que vous me posez
20:14qui est une question
20:14extrêmement importante.
20:16On a fait
20:16des bonnes choses.
20:17La réforme de la fiscalité,
20:19l'allègement de la fiscalité
20:21sur les entreprises,
20:22la manière dont on a
20:23protégé face au Covid,
20:25la relance
20:25de l'apprentissage,
20:27la création d'emplois,
20:29la réindustrialisation
20:29que j'ai portée
20:30pendant sept ans
20:31qui a donné des résultats.
20:32On a ouvert des usines
20:33de batteries électriques,
20:33on a réduit
20:34les impôts de production.
20:35Tout ça allait
20:36dans la bonne direction.
20:37Qu'est-ce qui a manqué ?
20:37C'est une question
20:38que je me pose
20:38depuis deux ans.
20:39Ce qui a manqué,
20:40c'est qu'on n'a pas
20:41transformé la structure.
20:43Et donc,
20:43si vous gardez
20:44la même structure
20:44de décision,
20:45si vous gardez
20:46des gouvernements pléthoriques,
20:47si vous gardez
20:48un État
20:48dans lequel il y a
20:50un ministre,
20:50une agence,
20:51une autorité administrative
20:52indépendante,
20:53tout le monde fait
20:53la même chose,
20:54personne ne sait
20:54qui est responsable de quoi,
20:55personne ne sait
20:56qui décide.
20:57Si vous continuez
20:59à massacrer
21:00les gens qui bossent,
21:01parce qu'il n'y a pas
21:01d'autre mot,
21:02en leur piquant autant de fric
21:03à la fin du mois,
21:04si bien qu'ils n'arrivent
21:05pas à s'y retrouver,
21:06si vous continuez
21:07à avoir un pays
21:09dans lequel,
21:09lorsque vous roulez
21:10à 10 km heure
21:11au-dessus de la limite,
21:12vous êtes immédiatement sanctionné,
21:13il y a un radar
21:13et la monde arrive tout de suite,
21:15mais vous pouvez être
21:15un violeur
21:16et rester en liberté
21:17pendant six mois
21:18et vous n'êtes même pas
21:19placé en garde à vue.
21:20Ça ne peut pas marcher.
21:21Nous ne sommes pas allés
21:22à la racine
21:25du problème français
21:26qui est un modèle obsolète.
21:28Merci Bruno Le Maire.
21:29Un modèle obsolète.
21:30Vous proposez une autre France
21:31et on peut retrouver
21:32votre manifeste
21:33donc sur votre site.
21:34Merci à vous.
21:35Il est 8h51
21:36sur RMC BFM TV.

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