- il y a 2 mois
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, le déplacement de Sébastien Lecornu à Mayotte où le sentiment d'abandon reste tenace.
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00:00qui vont m'accompagner pendant ces deux heures. Caroline Pilastre, bonjour.
00:02Bonjour Elodie, bonjour à tous.
00:03Éditorialiste et consultante à vos côtés, Arnaud Benedetti, bonjour.
00:07Bonjour.
00:07Politologue et Raphaël Saint-Ville, bonjour.
00:09Bonjour Elodie.
00:10Journaliste au JDD.
00:11On commence cette émission avec le voyage du Premier ministre qui débute aujourd'hui à Mayotte.
00:16On va faire le bilan après neuf ans de présidence Macron.
00:20Comment l'archipel s'est amélioré ou s'est détérioré ?
00:24On voit que la population en tout cas a connu une croissance sans précédent
00:28et que la pression migratoire est toujours aussi forte.
00:31On fait le point sur la situation avec Mathilde Dibanaise.
00:35Neuf années de présidence pour Emmanuel Macron.
00:38Et à Mayotte, le sentiment d'abandon reste tenace.
00:41En 2018, le chef de l'État promet un plan spécifique pour Mayotte.
00:45Plus d'un milliard d'euros sont annoncés pour renforcer les infrastructures,
00:49la sécurité et les services publics.
00:51L'année suivante, Emmanuel Macron fixe l'objectif de 25 000 reconduites à la frontière par an
00:56et lance le dispositif de Chicandra, avec plus de 1 500 militaires, policiers, gendarmes et douaniers mobilisés.
01:03Mais sur le terrain, l'immigration clandestine reste un problème majeur.
01:07En 2025, sur environ 329 000 habitants, entre 80 et 100 000 personnes sont en situation irrégulière.
01:13Les adultes qui vivent à Mayotte, eh bien la moitié, au moins, sont de nationalité étrangère.
01:19La situation est terrible, ce que nous vivons.
01:21Ce ne sont pas que des slogans, ce sont de véritables mots et ma UX que la population vit à
01:27Mayotte depuis des années.
01:28À cela s'ajoutent les violences et les affrontements entre bandes.
01:31À l'issue de deux quinquennats, rien n'a réellement changé pour les Mahorais.
01:35Politiquement, le constat est sévère pour le gouvernement.
01:38En 2024, l'ERN réalise une percée historique dans l'archipel.
01:42Aujourd'hui, Sébastien Lecornu est attendu à Mayotte pour parler reconstruction, immigration, sécurité et services publics.
01:49Alors une question se pose.
01:50Vient-il en Premier ministre ou en candidat à la présidentielle ?
01:54On va parler de ce déplacement à Mayotte avec Estelle Youssoufa.
01:58Bonjour, merci d'être avec nous sur CNews et sur Europe 1.
02:01Vous êtes députée Lyot, justement, de Mayotte.
02:05Ma première question, qu'est-ce que vous attendez et qu'est-ce que les habitants attendent, selon vous,
02:09de cette visite de Sébastien Lecornu pendant ces deux jours ?
02:13Je ne sais pas si on peut attendre quoi que ce soit de la visite du Premier ministre Lecornu.
02:19Il est aux affaires depuis plus d'un an.
02:22Il vient nous expliquer, après les débats budgétaires de l'année dernière,
02:27qui n'a dépensé que 56 millions d'euros décaissés par l'État pour la reconstruction de Mayotte
02:35qui attend depuis plus de 18 mois.
02:38Reconstruction de Mayotte qui a été chiffrée à plus de 4 milliards d'euros nécessaires.
02:43L'État vient, le chef du gouvernement, pour nous dire qu'on n'a dépensé que 56 millions.
02:48Votre sujet était très intéressant parce qu'il a rappelé que l'État, en 2018,
02:52avait promis 1,6 milliard pour Mayotte.
02:56Et dans ces 1,6 milliard, il y avait la promesse d'un deuxième hôpital,
03:00dont on n'a toujours pas vu la trace aujourd'hui, 8 ans plus tard.
03:05Il y avait la promesse d'un nouvel aéroport, dont on n'a toujours pas vu la trace 8 ans
03:09plus tard.
03:10Et sur ces 1,6 milliard, les rapports de la Cour des comptes et du Parlement
03:16avaient expliqué que cet argent n'avait pas été décaissé.
03:20Et on est aujourd'hui, 8 ans plus tard, avec les mêmes problématiques.
03:24Et le Premier ministre, qui opportunément vient une semaine après le candidat Édouard Philippe,
03:31il avait pris la décision à lancer cette venue à Mayotte
03:34après avoir appris que le candidat Édouard Philippe venait.
03:37Le même Premier ministre qui se fait subitement sonder
03:42pour apparaître dans les sondages pour les présidentiables,
03:46qui subitement fait dire à ses proches que c'est quand même dommage
03:50que Sébastien Lecornu ne se présente pas à l'élection présidentielle.
03:53Et le même Sébastien Lecornu, qui quand même, en 2018,
03:59était ministre de l'Outre-mer,
04:01et qui doit répondre du bilan catastrophique de l'État à Mayotte.
04:05– Ce n'est pas simplement ce que vous avez décrit
04:08comme une situation qui ne s'améliore pas, ça s'est empiré.
04:11Il y a plus de migrants à Mayotte
04:14depuis le début du mandat du président Macron.
04:17Il y a plus de bidonvilles.
04:20Il y a plus de coupures d'eau.
04:23Il y a moins de présence de l'État.
04:27Notre frontière est grande ouverte.
04:29On a maintenant ce qu'on n'avait pas il y a huit ans,
04:31c'est-à-dire un camp qui regroupe plusieurs milliers
04:34de demandeurs d'asile africains qui se sont installés sauvagement
04:38dans la mangrove pour former un camp abject.
04:41Je ne parle même pas des bidonvilles
04:43qui sont dans la capitale, à Mamoudzou,
04:46mais aussi en petites terres,
04:48qui sont disséminées et qui ont pris une importance colossale.
04:53Je ne sais pas vous dire
04:55l'état de colère dans laquelle nous sommes à Mayotte
05:01de constater que la classe politique
05:05ne prend notre île que pour un tremplin
05:08pour faire leur campagne présidentielle
05:10et que quand il s'agit de se mettre au travail,
05:12il n'y a personne.
05:13Le Premier ministre Lecornu va devoir quand même nous expliquer,
05:17parce que la visite d'Edouard Philippe
05:19a mis les pieds dans le plat par rapport à ses promesses,
05:22pourquoi est-ce que le gouvernement Lecornu
05:25refuse d'utiliser les nouvelles orientations européennes
05:31avec le pacte immigration
05:33qui a été voté par l'Union européenne
05:36et qui permet de créer, par exemple,
05:38un centre de rétention financé par la Franck
05:42dans les pays africains ?
05:44Vous voyez, ça, par exemple,
05:46ça ne fait pas partie de l'agenda
05:48du Premier ministre Lecornu
05:50ni de son ministre de l'Intérieur.
05:52Moi, ce que je souhaite,
05:54c'est que M. le Premier ministre,
05:56M. le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
05:59aillent voir sur le terrain à Mayotte
06:01les conséquences de leur inaction.
06:03Ce n'est pas la peine de venir faire du tourisme ministériel.
06:07Aller sur le terrain, aller dans le camp
06:10qui abrite des milliers de demandeurs d'asile africains
06:15qui sont à Tsunsou,
06:17aller regarder comment est-ce que la population
06:20vit coincée entre les bandes comoriennes
06:24et les affrontements avec les migrants africains,
06:26et comment est-ce que notre enfer,
06:28notre enfer quotidien,
06:30c'est des bouchons parce qu'il n'y a pas de route,
06:33c'est pas d'eau au robinet,
06:35c'est un désert médical
06:37où on a dix ans de moins d'espérance de vie
06:40que vous en métropole.
06:42C'est ça, la réalité à Mayotte.
06:45Et c'est des promesses,
06:47des promesses, des promesses.
06:49Des promesses et puis Estelle de Soufa,
06:51beaucoup d'abandon aussi,
06:52parce que vous avez rappelé
06:53tous les précédents,
06:56on vous a promis de naître beaucoup d'argent.
06:59Vous le dites vous-même, en fait,
07:00cet argent, vous n'en voyez pas la couleur
07:01et on n'en voit pas les effets.
07:03Vous venez de citer des cas concrets,
07:05des aires médicales,
07:06des routes qui deviennent impraticables.
07:08On a l'impression, et je le disais dans mon édito,
07:11que les politiques ont vraiment abandonné Mayotte.
07:13On n'imagine pas la situation de Mayotte
07:15dans un autre département en métropole.
07:18Personne ne le supporterait.
07:19Et pourtant, ça a bien lieu en France, à Mayotte,
07:22avec des politiques qui passent,
07:25mais qui n'ont pas l'air de comprendre
07:26véritablement l'ampleur du désastre.
07:30En fait, si vous voulez,
07:31moi, quand le gouvernement va nous dire,
07:34le chef du gouvernement va nous dire
07:35« Ah bah oui, il n'y a pas d'argent,
07:36on va regarder les dossiers
07:38et on va voir comment est-ce qu'on met ça en œuvre. »
07:40Alors, je vais vous dire les choses,
07:42vraiment simplement.
07:46Il y a des hauts fonctionnaires à Mayotte.
07:48Si le Premier ministre considère
07:50qu'il faut qu'il se déplace lui-même à Mayotte
07:53pour regarder avec son gouvernement
07:55ce qui marche, ce qui ne marche pas dans les dossiers,
07:58à quoi sert la haute administration,
08:00où vont les impôts que l'on paye
08:02pour payer le préfet,
08:04les services préfectoraux
08:05et les services de l'État à Mayotte,
08:08mais aussi à Paris.
08:09Parce que visiblement,
08:10il n'y a pas de fax,
08:11il n'y a pas de Zoom,
08:12il n'y a pas d'email.
08:13Toutes les réunions qu'ils font
08:15ne servent à rien.
08:16De un.
08:17De deux,
08:18comment se fait-il
08:20que près d'un an
08:22après son accession au pouvoir,
08:24mais surtout
08:25après huit ans
08:26au sein du gouvernement,
08:28le Premier ministre,
08:30Sébastien Lecornu,
08:31viennent et nous disent
08:32« je constate que ça n'avance pas,
08:34il y a un problème
08:35avec les collectivités locales ».
08:37Tous les gouvernements successifs
08:39n'arrêtent pas de nous dire
08:40« il y a un problème
08:41avec les collectivités locales maoraises,
08:44elles ont des difficultés en ingénierie ».
08:46Ce n'est pas du tout
08:46un problème nouveau.
08:48Ces mêmes collectivités locales
08:50ont été détruites
08:51par le cyclone.
08:52C'est-à-dire que l'État
08:53a imposé
08:55à nos collectivités locales
08:56qui ont été détruites,
08:58des collectivités locales
08:59qui sont particulièrement pauvres,
09:02d'engager des dépenses
09:03et à ce jour,
09:05les communes de Mayotte
09:06n'ont toujours pas été remboursées
09:08des dépenses
09:09que l'État leur a demandé d'engager.
09:11Vous savez ce que ça veut dire ?
09:12Ça veut dire qu'en fait,
09:13nos mairies sont à sec,
09:16sont dans le trou financièrement,
09:18mais surtout qu'elles ne peuvent pas
09:19payer nos entreprises.
09:21C'est-à-dire qu'on a l'État
09:23qui fait de la trésorerie
09:24sur les collectivités locales maoraises
09:27et qui est en train de couler
09:29couler notre économie.
09:31Ce n'est pas juste,
09:32nous, notre quotidien
09:34qui est infernal
09:34et où on voit
09:36une violence
09:37qui est décuplée,
09:38on voit des migrants
09:39qui arrivent
09:41quotidiennement
09:42en bateau
09:43sur notre île.
09:45Ce n'est pas juste
09:46que nos enfants
09:47sont simplement
09:48en rotation
09:49avec quelques heures
09:52de classe
09:53par jour
09:53parce qu'il n'y a pas
09:54assez de place
09:55dans nos écoles.
09:56c'est aussi
09:57que l'État
09:58n'honore pas
09:59sa signature
10:01et n'honore pas
10:02ses engagements
10:03vis-à-vis
10:04des collectivités locales
10:05maoraises.
10:06C'est-à-dire que
10:06le gouvernement
10:09a pris des engagements,
10:12l'État a pris des engagements
10:13qui ont été validés
10:14par le Parlement
10:15avec non seulement
10:17la loi Mayotte
10:18qui promet
10:194 milliards
10:20pour la reconstruction
10:20de Mayotte
10:21et que le gouvernement
10:22se permet
10:22de décaisser
10:23sur 4 milliards
10:24que 56 millions.
10:2656 millions.
10:28Et on comprend
10:28évidemment votre colère.
10:30C'est tellement
10:31de mépris,
10:33c'est tellement
10:35de manque
10:36de considération
10:37pour les Mahoraises
10:38et les Mahorais
10:38que je ne comprends pas
10:39comment le Premier ministre
10:41ose mettre les pieds
10:42à Mayotte
10:42face à pareille indigence
10:44de la part
10:45de ses services.
10:46Et on va continuer
10:47à faire de la politique
10:49sur notre dos.
10:50Et on suivra justement
10:51la visite du Premier ministre
10:52et les potentielles annonces
10:54qu'il pourrait faire.
10:55Merci Estelle Youssoufa
10:56d'avoir été avec nous.
10:59Caroline,
10:59la députée,
11:00vient de citer
11:02ces écoliers
11:03qui ne peuvent pas
11:04avoir cours
11:04toute la journée
11:05parce qu'il n'y a pas
11:06assez de profs.
11:06Un seul hôpital
11:08avec donc 10 années
11:09d'espérance de vie
11:10en moins
11:10pour les Mahorais.
11:12Certaines routes
11:12qui deviennent impraticables.
11:1430% de la population
11:15qui n'a pas de robinets
11:16avec de l'eau potable.
11:17Je le redis une fois de plus
11:18mais on est en France
11:20et on a abandonné
11:21complètement Mayotte
11:22sur la lutte
11:23contre l'immigration
11:24clandestine
11:25et sur le mode de vie
11:26aussi et le niveau
11:27de pauvreté
11:27dans l'archipel.
11:28Ce qui se passe à Mayotte
11:30est un scandale absolu.
11:31Ces citoyens
11:32sont traités
11:32comme des sous-citoyens.
11:33Aucun d'entre nous
11:34n'accepterait ça.
11:35Vous l'avez très bien dit
11:36dans votre édito
11:37entre autres.
11:37Mais c'est le tiers monde.
11:39Dans ces cas-là,
11:40pourquoi avoir accepté
11:41que ce soit
11:41un département français
11:42s'ils ne sont pas traités
11:43comme nous tous ?
11:45Je trouve ça lamentable.
11:46Et puis surtout,
11:47vous savez,
11:48ce qui m'écœure,
11:48parce que je ne vais pas revenir
11:49sur la liste exhaustive
11:51de tout ce qu'il y a à faire
11:52et tout ce qu'il reste à faire,
11:53mais quand vous faites
11:54des propositions
11:55à des humains
11:56qui manquent de tout,
11:57qui ont subi
11:58ce qu'ils ont subi
11:58depuis des années,
12:00à qui on dit
12:00on va mettre plus de budget,
12:01vous allez être considérés
12:03comme tous les autres français
12:05et à qui on ne respecte pas
12:07cette parole donnée,
12:08c'est une honte,
12:09en fait, humainement.
12:10Donc moi,
12:11je comprends ce désespoir.
12:12Et surtout,
12:12il faut que la majorité,
12:14entre guillemets,
12:15en tout cas,
12:15le gouvernement actuel,
12:17les précédents,
12:17et ceux à venir,
12:19se rendent compte
12:20de cette misère
12:21et se rendent compte
12:22que si ça continue,
12:25cela va exploser,
12:26en fait,
12:26de toute part,
12:27et cela s'entend.
12:28Et quand j'entends
12:29également le Bloc central,
12:32essentiellement,
12:33être étonné
12:33que beaucoup d'entre eux
12:35aient voté,
12:36enfin qu'essentiellement,
12:36la population ait voté
12:37pour Marine Le Pen,
12:38mais écoutez,
12:39qu'est-ce que vous vouliez
12:40qu'ils fassent ?
12:41Puisque de toute manière,
12:42les autres ont été
12:43incapables et impuissants
12:45étatiquement parlant.
12:46Donc ils veulent des solutions
12:47et ils veulent absolument
12:49que cela devienne pérenne
12:50et être traités
12:51comme des humains
12:51et des citoyens
12:52à part entière.
12:53C'est vrai que la visite,
12:54elle va être forcément compliquée,
12:55Raphaël Saint-Ville,
12:56pour Sébastien Lecornu.
12:57Hier, il écrivait
12:58une lettre au maire
12:59en disant
12:59« Je ne vais pas venir
13:00avec des promesses supplémentaires,
13:02on va d'abord regarder
13:03ce qui n'a pas fonctionné ».
13:04On a l'impression
13:05que c'est presque
13:05une sorte d'audit,
13:06en fait,
13:07fait par le Premier ministre
13:08sur place.
13:08Mais la colère
13:10des Mahorais,
13:11des élus,
13:11des citoyens,
13:13Sébastien Lecornu,
13:13il va forcément
13:15s'y confronter
13:16parce que,
13:16comme je le disais,
13:17ils sont épuisés
13:18de ces visites
13:18où à chaque fois,
13:19ils font les mêmes demandes
13:20et à chaque fois,
13:21les mêmes demandes
13:21n'aboutissent pas.
13:23Honnêtement,
13:23c'est une mission
13:24presque suicide
13:25qu'entreprend
13:27Sébastien Lecornu
13:28en allant à Mayotte
13:30parce que,
13:30lorsqu'on écoute
13:31le réquisitoire implacable
13:33d'Estelle Soufa,
13:35on s'aperçoit
13:35que lui qui veut faire
13:37un audit
13:38de ce qui a dysfonctionné,
13:39en réalité,
13:40c'est d'abord
13:40l'État
13:41qui a dysfonctionné
13:42sur les 674 millions
13:46qui sont inscrits
13:47au budget en 2026
13:49pour Mayotte,
13:50seuls 56 millions
13:51ont été décaissés.
13:52Donc,
13:53il y a un retard
13:53à l'allumage
13:54qui est considérable
13:55et puis surtout,
13:56alors même que
13:57l'une des questions
13:58prioritaires
13:59pour les Mahorais
14:00est cette question
14:01de l'immigration
14:02incontrôlée
14:03qui,
14:04finalement,
14:04ne fait que
14:05aggraver
14:06la situation
14:08des habitants,
14:09il arrive
14:10sans solution
14:12et d'une certaine
14:13manière,
14:14dépossédé
14:14de toute possibilité
14:15de pouvoir
14:17faire la moindre
14:18prenaise
14:18promesse
14:19lorsqu'Emmanuel Macron,
14:20le premier,
14:21alors que le règlement
14:22retour qui a été
14:23voté au Parlement
14:24européen
14:25et qui s'applique,
14:26devrait s'appliquer
14:27à tous les États
14:28européens,
14:29fait le choix
14:29unilatéral
14:30de renoncer
14:31à la possibilité
14:32de pouvoir
14:33créer un hot spot
14:34dans un pays
14:36africain,
14:37il se prive
14:37de la possibilité
14:38de régler
14:39en partie
14:40ce problème
14:41des demandeurs
14:41d'asile
14:42qui,
14:43finalement,
14:44ne fait
14:45qu'aggraver
14:46la situation
14:47des Mahorais.
14:49Et puis,
14:50Arnaud,
14:50la difficulté
14:51de faire des promesses
14:52même pour les candidats,
14:53en réalité,
14:54il y a tellement
14:54tout à faire,
14:55en fait,
14:55tout à refaire,
14:56tout à repenser
14:57à Mayotte
14:58que les promesses,
15:00elles sont toujours
15:01éloignées
15:01des attentes
15:02des Mahorais
15:03et les Mahorais
15:03ne sont pas dupes.
15:04Aucun homme politique
15:05ne peut leur garantir
15:06que demain,
15:07ils auront l'avis
15:08d'un habitant
15:09de n'importe quel
15:10département français
15:11autre que Mayotte.
15:12Il faut rappeler surtout
15:13que Mayotte
15:14a voulu rester français.
15:15C'est quand même
15:16quelque chose
15:17qui est absolument
15:18essentiel.
15:19Je rappelle
15:19qu'il y a eu
15:21deux référendums,
15:22je crois,
15:22en 1976
15:23et en 1978,
15:25il me semble,
15:26de mémoire,
15:26enfin,
15:26j'en suis tout à fait sûr,
15:27mais en tout cas,
15:29Mayotte fait partie
15:30dans l'archipel
15:31des Comores
15:32du seul territoire
15:33qui a fait le choix
15:34de la France.
15:35Et aujourd'hui,
15:36voilà la façon
15:37dont l'État
15:38en France
15:39traite les populations
15:40de Mayotte.
15:42En fait,
15:43M. Lecornu,
15:44dont il faut rappeler
15:45qu'il avait quand même
15:46été lui-même
15:46ministre de l'Outre-mer
15:48en son temps,
15:49ne peut ignorer
15:50la situation
15:51sur le terrain.
15:54Il y va un peu
15:55comme le greffier
15:56de l'inaction
15:58du mandat
15:59d'Emmanuel Macron
15:59sur ce territoire.
16:01Mais d'ailleurs,
16:01il y a un vrai problème,
16:02j'allais dire,
16:03dans le bilan
16:03d'Emmanuel Macron
16:04dans sa relation
16:05à l'Outre-mer.
16:06Parce que,
16:08quand on regarde
16:08à peu près
16:09la situation
16:09dans l'Outre-mer
16:10aujourd'hui,
16:11c'est une situation
16:11qui est tendue
16:12partout.
16:13Bien évidemment,
16:14de manière beaucoup
16:14plus dramatique,
16:15voire tragique,
16:16à Mayotte,
16:17en raison notamment
16:18de la question
16:19migratoire,
16:20de l'absence
16:20d'infrastructure,
16:21de la question
16:22de l'eau
16:22qui n'est pas réglée
16:23depuis 2017.
16:24C'est-à-dire que ça fait
16:24dix ans,
16:25dix ans,
16:26qu'Emmanuel Macron
16:27est élu,
16:27dix ans que cette question
16:29de l'eau n'a toujours
16:30pas été réglée.
16:31Donc,
16:31on voit bien que là,
16:32il y a un échec total
16:33sur toute la ligne.
16:34Ensuite,
16:35en effet,
16:35on peut s'interroger
16:36sur ces visites.
16:37Estelle Youssoufa,
16:37tout dit dans son réquisitoire,
16:39elle est la voix de Mayotte
16:40depuis maintenant
16:41plusieurs années
16:41à l'Assemblée nationale.
16:43Elle ne cesse
16:43d'alerter
16:44et elle n'est pas entendue.
16:46La réalité,
16:47c'est qu'aujourd'hui,
16:48il y a une campagne
16:49présidentielle
16:49qui se profile
16:54d'Emmanuel Macron
16:54ne peut ignorer
16:55la situation.
16:56Donc,
16:56il propose en effet
16:57des solutions de fermeté,
16:59un durcissement encore
17:00du droit du sol,
17:01selon quoi il a parfaitement raison
17:02concernant
17:03les nouvelles populations
17:04qui arrivent à Mayotte.
17:06Mais,
17:07globalement,
17:07en effet,
17:08c'est l'échec
17:09de dix années
17:10de macronisme
17:11qui s'exprime
17:12de manière
17:13presque incandescente
17:14dans un territoire
17:15qui est laissé à l'abandon
17:16et qui est soumis
17:17de la part
17:18de l'archipel des commerces,
17:19ça n'a pas été dit quand même,
17:20d'une forme de guerre hybride
17:21à travers l'arme migratoire
17:23pour essayer
17:24de récupérer
17:25la souveraineté
17:26sur Mayotte.
17:28D'ailleurs,
17:28je note que,
17:28dans cette zone
17:29que constitue
17:31l'océan Indien,
17:32la France
17:32n'est pas capable
17:33de,
17:34alors qu'elle a des positions
17:35extrêmement importantes,
17:36je rappelle qu'on a
17:36la Réunion,
17:37que Madagascar
17:38est une île
17:40qui parle français,
17:41que vous avez
17:42l'île Maurice
17:43qui continue
17:44à parler français,
17:45la France est totalement
17:46absente
17:46dans cette zone-là.
17:47Et donc,
17:48on peut s'interroger
17:49en effet sur,
17:50non seulement
17:50la politique diplomatique
17:51d'Emmanuel Macron,
17:52mais aussi la politique
17:53vis-à-vis de ce territoire
17:55et plus largement
17:55des Outre-mer.
17:56Et on va suivre
17:57le déplacement
17:57de Sébastien Lecornu,
17:59évidemment,
18:00sur CNews
18:01avec un certain nombre
18:02de conférences
18:02de presse,
18:03on suivra
18:04les annonces
18:05ou l'analyse
18:05du Premier ministre.
18:07On va marquer
18:07une pause
18:08et puis on reviendra
18:10sur Ceuta
18:11cette fois
18:12puisque hier,
18:13les populations locales
18:15ont souhaité
18:15descendre dans la rue
18:16une nouvelle fois
18:17pour manifester
18:18leur mécontentement,
18:19leur crainte,
18:20leur peur aussi
18:21de l'insécurité.
18:22On sera sur place
18:23avec nos correspondants.
18:24Restez avec nous.