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  • il y a 20 minutes
Sandrine Rousseau, députée "Écologiste et Social" de Paris, était invitée sur le plateau de BFMTV, ce lundi 17 août. Elle s'est notamment exprimée sur la gestion de crise du gouvernement, concernant les nombreux incendies qui ont touché la France cet été. 

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Transcription
00:00Il y a eu des annonces aujourd'hui faites par le Premier ministre, il y a environ 100 millions d
00:03'euros d'après le chiffrage du gouvernement,
00:04des annonces pour les entreprises, pour aider au chômage partiel, pour les particuliers, pour reloger également ceux qui n'ont
00:10plus de logements.
00:12100 millions d'euros, des mesures également pour la reconstruction de la forêt.
00:15100 millions d'euros, est-ce que vous estimez, malgré les critiques qu'on vient d'entendre de votre part,
00:19que tout ça est à la hauteur ?
00:20Alors 100 millions d'euros c'est l'État, parce qu'après les assurances vont mettre aussi, et puis il
00:25va y avoir tout un tas d'autres argents.
00:27État, collectivité, 100 millions d'euros.
00:28Il y a aussi des réductions d'impôts, donc ce sont des coûts qui vont s'additionner.
00:34100 millions d'euros, ça montre exactement que ne pas anticiper le réchauffement climatique, ne pas anticiper les événements extrêmes,
00:43coûte beaucoup plus cher que de les anticiper.
00:46Et en fait c'est tout le sujet aujourd'hui des politiques publiques, c'est qu'à force de se
00:49mettre la tête dans le sable comme des autruches sur le réchauffement climatique,
00:54de ne pas vouloir voir, de ne pas vouloir entendre, de ne pas vouloir lire les publications des chercheurs et
01:00chercheuses,
01:01eh bien on se retrouve avec un coût immense.
01:04Parce que moi j'avais lu aussi que l'ensemble de la canicule et des feux allait coûter jusqu'à
01:0815 milliards d'euros à nos dépenses.
01:10Ce sont les chiffres donnés par Monique Barbu qui dit qu'elle a cité les chiffres de l'INSEE, l
01:14'INSEE dit qu'on n'a pas pour l'instant évalué ce coût, ce qui ne veut pas dire que
01:17ça n'atteindra pas ça.
01:18C'est extrêmement cher, de toute façon ça coûtera extrêmement cher.
01:20J'entends ce que vous dites sur la nécessité de préparer, de se préparer à ces phénomènes à répétition.
01:27Il y a une question qui se pose par exemple, c'est la question du débroussaillage.
01:31Pourquoi ça vous fait sourire ?
01:32Ça me fait sourire parce qu'au moment où il y avait la canicule, on m'a posé la question
01:35de la climatisation.
01:36Au moment où il y avait le feu, on pose la question des canadaires et maintenant on pose la question
01:39du débroussaillage.
01:40Mais vous voyez bien qu'on n'est que dans des petites mesures d'adaptation.
01:42Pourquoi ?
01:43On n'est pas sur un questionnement systémique de ce qui a généré ce feu extrême.
01:47Je vous pose la question parce qu'il y a une loi en France, ce n'est pas une question
01:50anecdotique.
01:51Le débroussaillage c'est une loi qui régulièrement, pas partout mais régulièrement, est attaquée, y compris en justice,
01:57par des associations qui défendent l'environnement au nom de la défense de la biodiversité.
02:01Est-ce qu'il ne vaut pas mieux, par exemple dans le cas des pare-feux, supprimer un peu de
02:05forêt et supprimer un peu de biodiversité avec, pour protéger le reste ?
02:10Ou est-ce que c'est une question de principe ?
02:12Ce qui nous a manqué en tous les cas sur ces feux, c'est des zones humides.
02:17Ce sont des haies qui retiennent l'humidité du sol.
02:20Ce sont en effet des zones défrichées mais avec des animaux pour ne pas abîmer la biodiversité.
02:27Et ce sont aussi un changement d'agriculture puisque c'est un lieu de sylviculture intensif.
02:33Donc en fait il y avait une seule essence.
02:35Le pain des Landes.
02:36Le pain qui était extrêmement inflammable, planté en ligne et sans aucun coupe-feu.
02:42Donc évidemment que ça...
02:43Il y a des coupe-feux, il y a des pare-feux qui ont été installés ces dernières années et
02:47ils ont plutôt bien fonctionné dans ce cas-là.
02:49Oui mais en fait là vous voyez bien qu'on ne peut pas juste dire que la solution à ces
02:54feux-là c'est juste du débroussaillage.
02:55C'est-à-dire qu'en fait il va falloir aussi interroger le principe de l'agriculture intensive et monoculture
03:02et que là en l'occurrence ça fait partie du sujet.
03:05Mais on peut aussi interroger le nombre de canadaires, on peut aussi interroger le fait qu'on est poussé à
03:12l'arrachage des vignes qui sont aussi des pare-feux naturels.
03:15Parce qu'en fait les vignes sont des endroits où le feu peut ralentir.
03:18Et on a entendu les vignerons de la région de Bordeaux le dire.
03:20Et les zones humides, et je rappelle quand même que dans la loi du plomb il y a une autorisation
03:25à dégrader davantage les zones humides
03:27alors que ce sont des zones absolument indispensables pour retenir l'humidité du sol.
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