- il y a 2 jours
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00:04Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Patrice Huiband. Bonjour, monsieur.
00:10Bonjour.
00:11Patrice Huiband est Saint-Syrien, breveté de l'école de guerre. Vous avez été officier dans l'armée de terre,
00:17aux fonctionnaires et cadres dans le secteur privé. Vous êtes aujourd'hui enseignant à Sciences Po dans l'économie et
00:22la défense
00:23et vous êtes le président du mouvement Nouvel Essor Français. Vous avez récemment publié une tribune dans Atlantico,
00:29intitulée « Comment la France peut redevenir la troisième puissance mondiale en lâchant la bride » sous le coup de
00:37ces PME.
00:38Alors, première contrainte qui pèse sur les PME françaises, vous l'expliquez, c'est ces fameux prélèvements obligatoires
00:45dont la France est pas loin d'être peut-être la record man des pays de l'OCDE. Comment cela
00:50affecte leur compétitivité à ces entreprises, à nos PME ?
00:55Oui, c'est-à-dire que même si on prend en compte les aides publiques aux entreprises que les PME
00:59ont du mal à mobiliser,
01:00faute de compétences juridiques et administratives pour remplir les serres phares,
01:04on a à peu près 20% de la valeur ajoutée en moyenne des entreprises françaises qui sont prélevées,
01:10contre 17-18% en moyenne Union européenne, OCDE.
01:14Alors, 2-3 points, ça peut sembler pas grand-chose, mais enfin, 2-3 points de PIB en France, c
01:20'est 100 milliards d'euros.
01:21Donc, c'est l'écart qu'on peut mesurer entre les prélèvements obligatoires sur les entreprises françaises,
01:25en particulier les PME, avec les standards des pays de l'OCDE et de l'Union européenne.
01:31Est-ce que vous connaissez la situation des entreprises exportatrices françaises par rapport à leurs voisines européennes ?
01:38Oui, c'est-à-dire qu'en fait, ce qui explique notre déficit commercial abyssal par rapport aux autres pays
01:44de l'Union européenne,
01:44qui sont à peu près à l'équilibre, voire en fort excédent comme l'Allemagne ou l'Italie,
01:48c'est la faiblesse de nos entreprises de taille intermédiaire.
01:52Vous savez, on a les TPE, PME, ETI, nous, on parle de PME au sens générique, les moins de 5
01:56000 salariés.
01:57Et donc, on a autant de grands groupes que les Allemands, on a 3 fois moins d'entreprises de taille
02:01intermédiaire,
02:02donc des grosses PME exportatrices que les Allemands et 2 fois moins les Italiens.
02:05C'est ce qui explique d'ailleurs ce décrochage économique dans notre pays par rapport aux standards OCDE et de
02:12l'Union européenne.
02:12– Et cette différence avec l'Allemagne et l'Italie, est-ce une évolution ou est-ce que la France
02:17a toujours eu moins de ces entreprises ?
02:20– Non, puisque jusqu'aux années 2000, on était en excédent budgétaire,
02:23donc ça montre bien qu'il y a un affaiblissement du cœur du réacteur économique en France,
02:27les PME, les moins de 5 000 salariés, qui représentent 70% des actifs du secteur privé
02:31et 70% du produit intérieur brut, donc la richesse qui est dégagée chaque année sur notre territoire.
02:37– Depuis 2000, vous dites ?
02:38– Oui, c'est-à-dire que le décrochage en termes de balance commerciale date des années 2000.
02:43Alors certes, il y a…
02:44– Est-ce que c'est peut-être l'introduction de l'euro qui a pu favoriser le décrochage ?
02:48– Oui et non, puisque les autres pays sont soumis aux mêmes règles que nous.
02:51Donc je répète, je dis bien que l'Union européenne, on est très critique et une forte contrainte,
02:55mais néanmoins, si l'Union européenne était le problème avec des majuscules de la France,
03:00tous les pays de la zone euro seraient dans la même situation que nous,
03:02sauf que nous, sur le plan économique, déficit commercial, difficulté de nos PME,
03:08manque de grosses PME exportatrices, on voit bien qu'on a des surcontraintes
03:14qui pèsent sur les entreprises françaises par rapport aux autres, à leurs homologues européennes.
03:19– Alors, autre contrainte que vous citez qui pèse sur nos PME,
03:23c'est le maquis des aides publiques avec 2300 dispositifs
03:28pour un total de 100 milliards d'euros environ d'aides directes hors prêts.
03:32Est-ce que nos PME sont favorisées ?
03:34– Justement, c'est là qu'est le problème, c'est-à-dire que dans un régime capitaliste,
03:37l'aide publique doit être l'exception, c'est devenu la règle.
03:39Plutôt que de baisser les taux, on a mité les assiettes fiscales et sociales,
03:44il y a des trous partout et qui s'en sort, ce n'est pas un jugement de valeur,
03:46c'est un fait, elle joue avec les règles du jeu.
03:49Ce sont les grandes entreprises qui ont les compétences juridiques et administratives,
03:52les services dédiés pour remplir les serfas.
03:55Et donc ces 100 milliards sont à 70% captés par les grands groupes,
03:58qui par ailleurs font leur croissance en dehors de la France,
04:01voire de l'Union européenne, et qui peuvent optimiser via leur filiale
04:05pour alléger ce fardeau des prélèvements obligatoires.
04:08Et en plus, elles bénéficient de ces aides publiques aux entreprises majoritairement.
04:13Alors, je répète, le cœur du réacteur économique, ce sont nos PME,
04:16avec 70% du PIB, 70% des actifs du secteur privé.
04:19Ce sont ces entreprises-là qu'il faut aider en priorité.
04:22Et si vous supprimez ces 2300 aides publiques aux entreprises
04:24et vous baissez de 100 milliards l'ensemble des taux sur toutes les entreprises,
04:28ça profitera mécaniquement davantage aux PME,
04:30tout en donnant un peu d'oxygène au budget de l'État,
04:34puisque ça fera quelques milliards d'économies en frais de gestion.
04:36On a un certain nombre de politiques publiques qui ont été mises en place.
04:39Depuis 2017, vous les citez, baisse de l'impôt sur les sociétés,
04:42allégement de cotisations sociales, réduction des impôts de production,
04:47cela a permis d'améliorer la compétitivité coût.
04:51Pourquoi vous dites que la France reste pénalisée ?
04:53En fait, c'est toujours pareil.
04:56On prend un pôle pour donner à Jacques,
04:58puisque le niveau de prélèvement obligatoire n'a pas diminué.
05:01Donc, ce qui fait qu'on a diminué l'impôt sur les sociétés.
05:04À côté de ça, on n'a pas vraiment diminué les impôts de production,
05:06contrairement aux promesses qui avaient été faites.
05:08Et vous avez des prélèvements locaux,
05:10comme les prélèvements pour la mobilité dans les territoires,
05:14qui ont augmenté pour favoriser la mobilité verte.
05:17Donc, finalement, quand vous faites la somme,
05:20il y a certains prélèvements qui ont diminué,
05:23mais d'autres qui, notamment au niveau local,
05:25qui ont le fameux versement transport,
05:27qui a changé de nom, je cherchais le vocable.
05:29Donc, le versement transport qui a augmenté dans les territoires,
05:32la discrétion aussi des collectivités.
05:34Et malgré ces handicaps, la France, on le sait,
05:38a dégringolé dans le classement des puissances mondiales.
05:41Elle reste néanmoins la septième puissance économique.
05:44Les graines du sursaut français, vous les citez,
05:47c'est le patriotisme et l'esprit entrepreneurial.
05:50Pour le premier, vous dites que le mot souveraineté
05:53est désormais sur toutes les lèvres.
05:55Mais le libre-échange reste bien le dogme de l'Union européenne.
06:00Où est-ce que vous voyez ce regain de souverainisme ?
06:02Non, mais c'est en tout cas dans le discours politique.
06:04C'était une évidence.
06:05C'était une annonce, non ?
06:06Voilà, mais on était plutôt classé extrême droite,
06:08ensuite à droite.
06:09Maintenant aussi, la gauche, on en part.
06:11En fait, tout dépend de ce que vous mettez derrière le terme de souveraineté,
06:14puisque la souveraineté européenne est un oxymore, ça n'existe pas.
06:17Même le Conseil d'État, qu'on ne peut pas être accusé d'être une officine nationaliste,
06:22a rappelé dans son étude de 2024 dédiée à la souveraineté,
06:25que la souveraineté, c'est la capacité d'un peuple à maîtriser son destin.
06:28Or, il n'y a pas de peuple européen.
06:29Donc, il ne peut y avoir que des coopérations intergouvernementales.
06:32C'est ce qui a marché, c'était l'Europe de De Gaulle.
06:34C'est-à-dire, on est souverain, et sur quelques sujets sur lesquels nous n'avons pas la taille critique,
06:39ou peut-être pas la taille critique, le spatial, le quantique, l'intelligence artificielle, le numérique,
06:45peut-être l'industrie de défense, eh bien, ok, on fait des coopérations à la carte, en mode projet.
06:49C'est ce qu'on a fait comme Airbus.
06:51– Exactement, il y a Airbus, il y a le Transal franco-allemand, il y a l'Alpha Jet franco
06:54-britannique,
06:55il y avait le Concorde franco-britannique.
06:57Donc, c'est à la carte.
06:58Et l'Ocar, encore aujourd'hui, c'est une instance qui est intergouvernementale,
07:02l'organisme conjoint de coopération en matière d'armement.
07:04C'est une instance qui est intergouvernementale.
07:06Il y a même des pays qui ne sont pas de l'Union européenne,
07:08qui figurent dans un certain nombre de projets.
07:10Et donc, voilà, vous avez 4-5 pays qui se mettent d'accord pour faire l'hélicoptère TIG,
07:14un hélicoptère de combat, on se met d'accord sur le cahier des charges, et ensuite on y va.
07:21Il y a un coup de pied à la Commission européenne pour la remettre dans son lit de compétences,
07:24c'est-à-dire l'espace économique commun et la zone euro, point barre.
07:27Tout le reste, ce sont des compétences partagées,
07:28et là, il faut jouer des coups d'un Bruxelles pour défendre nos intérêts,
07:31ce que font bien mieux que nous, un certain nombre de nos partenaires au sein de l'Union.
07:36– Qui notamment ? – Les Allemands, la Pologne, le Danemark, l'Étaly.
07:40– Parce que Mme von der Leyen est Allemande ?
07:42– Oui, bien sûr, exactement.
07:44Donc, ça suffit d'être dominé.
07:48Là, on a le film La bataille de Gaulle,
07:50on a vu ce que c'était que le courage à l'époque.
07:51Ça s'est passé, ça s'est joué sur un fil, si vous voulez.
07:55Le fait d'arracher le siège au Conseil de sécurité,
07:58le fait d'avoir une zone d'occupation en Allemagne,
08:01de figurer parmi les vainqueurs,
08:03ça a été à l'arracher grâce à la ténacité de quelques hommes.
08:07Donc, aujourd'hui, ça fait mal au cœur de voir finalement
08:10qu'on se soumet à Bruxelles, qu'on se soumet à Berlin,
08:13qu'on se soumet à Washington.
08:14Et je dirais même que le macronisme, c'est le vichy du temps de paix.
08:18Le macronisme, c'est le vichy du temps de paix.
08:20C'est-à-dire, c'est une logique de soumission permanente.
08:22Je répète, à Berlin, à Bruxelles, à Washington,
08:25on nous explique qu'on est trop faible, on est trop petit,
08:26exactement comme à l'époque finalement.
08:28Ben non, on est battu, ils sont trop forts.
08:30Alors qu'on sait très bien que la puissance d'un État
08:32n'est pas du tout l'addition de la surface de son territoire
08:35et du volume de sa population.
08:36Si c'était le cas, la France serait derrière la Russie, l'Inde,
08:40le Brésil, l'Indonésie depuis des décennies.
08:41A contrario, Israël, même pas la taille des pays de la Loire.
08:4420 000 km², 10 millions d'habitants
08:46et considérés comme un des 10 pays les plus influents et puissants au monde.
08:49Vous voyez, et on peut même remonter jusqu'à la Grèce antique,
08:52il y a 2500 ans, et Athènes qui a fini par vaincre l'immense empire perse.
08:56Donc la puissance est avant tout une affaire de volonté.
08:59Et si les chefs s'assoient, les hommes se couchent.
09:00Mais si on a quelques individus qui se lèvent, ils vont les dépasser.
09:04Deuxième sursaut que vous citez pour la France,
09:06l'explosion de l'entrepreneuriat.
09:08Comment se manifeste-t-elle ?
09:10Alors, il y a déjà le statut d'entrepreneur en 2010.
09:14Alors, ça a déjà fortement augmenté la création d'entreprise.
09:16Avec bien rénovélie, je pense.
09:17Voilà, 300 000 à peu près, on a fortement augmenté.
09:19Mais il y a eu un boom pendant la crise de la Covid.
09:22On est aujourd'hui à peu près à plus d'un million.
09:24Alors, vous allez me dire, oui, il y a beaucoup de destruction.
09:26Mais enfin, c'est quand même bien de voir qu'il y a une appétence pour l'entrepreneuriat,
09:29en dépit de tous les boulets au pied qu'on met à nos entrepreneurs.
09:33Ça veut dire en creux.
09:33Si on raisonne en creux, pour être un petit peu optimiste quand même,
09:35pour l'avenir de notre pays, on n'a pas le choix d'être optimiste.
09:38Sinon, on ne se lève pas le matin, on se roule en boule.
09:40Donc, c'est de se dire que si on lâche l'abri sur le coup
09:43de cette appétence entrepreneuriale,
09:45on est capable de doubler l'Allemagne en 10-15 ans,
09:47ce qui, dans l'inconscient collectif, fait toujours du bien,
09:49en forme de thérapie de groupe.
09:50Et même celui-ci, au troisième rang mondial,
09:52qui est pour moi le rang naturel de la France à plein potentiel.
09:56Est-ce que cette explosion, Patrice Huiband, de l'entrepreneuriat,
09:59comme vous dites, elle n'est pas alimentée
10:02par les créations de ces micro-entreprises ?
10:05Bien sûr.
10:06De livreurs, Uber, qui créent leur entreprise
10:09pour la fermer six mois plus tard.
10:11Est-ce que l'entrepreneuriat en France, c'est vraiment solide ?
10:14Non, mais je suis d'accord.
10:15Mais d'un autre côté, c'est quand même,
10:16le nombre de créations d'entreprises est nettement supérieur
10:18à d'autres pays européens, à la plupart des pays européens.
10:20Donc, ça montre bien quand même qu'il y a,
10:22oui, cette graine de l'appétence entrepreneuriale.
10:24Moi, je me souviens, il y a 30 ans, vous voyez,
10:25c'était un autre phénomène.
10:26Il y a une trentaine d'années, dans les années 90,
10:28on nous disait, dans les discours convenus,
10:32c'était de dire, les Français n'ont pas la bosse du commerce,
10:35contrairement aux anglo-saxons, ils sont feignants,
10:37ils veulent tous être fonctionnaires, et notamment profs.
10:39Et c'est vrai qu'il y avait des taux de sélection
10:41dans les concours administratifs assez ahurissants.
10:43Et aujourd'hui, c'est l'inverse.
10:46Il n'y a plus beaucoup de Français qui veulent devenir fonctionnaires.
10:48Alors, profs, je ne vous en parle pas,
10:49c'est un autre sujet d'ailleurs pour l'avenir du pays,
10:51notamment en sciences, dans le secondaire,
10:52il y a parfois plus de place que de candidats
10:55dans les concours pour être profs de maths, par exemple.
11:00Et en revanche, il y a beaucoup de gens,
11:03qu'ils soient diplômés ou pas,
11:04qui veulent créer leur entreprise.
11:06Donc, c'est plutôt bon signe.
11:07Et je répète surtout qu'on voit un peu le parcours du combattant
11:10que c'est pour créer une entreprise.
11:11Alors, peut-être pas pour créer une micro-entreprise en trois clics,
11:13mais ensuite, dès que vous avez les franchises fiscales et sociales
11:16qui tombent au bout de quelques années,
11:18là, ça devient vite, c'est très compliqué de pérenniser une entreprise.
11:21Donc, je répète, si on lâche l'abri sur le coup
11:22de cette appétence entrepreneuriale,
11:24et si aussi on remet, évidemment, de l'ordre dans le pays,
11:26au niveau sécurité, justice, immigration,
11:28on peut opérer un sursaut historique.
11:30– Et parmi les forces productives que vous voulez libérer,
11:35vous proposez des mesures, trois.
11:38La première, supprimer les 2300 aides publiques aux entreprises
11:43et réduire, évidemment, les prélèvements obligatoires
11:45qu'on citait en début d'entretien.
11:47Vous dites que les entrepreneurs ne demandent qu'à vivre de leur travail.
11:52et, en fait, avoir les mêmes contraintes que leurs concurrents européens.
11:56Est-ce qu'il est question à l'Union européenne
11:58d'une harmonisation fiscale dont on parle depuis des décennies ?
12:02– Ah non, moi, je ne veux pas de l'harmonisation fiscale
12:03parce que là, justement, on est dans une voie fédérale.
12:05Donc, je répète que la Commission doit s'occuper du marché unique
12:08et de la zone euro.
12:10Et le reste, on lâche l'abri sur le coup des États souverains.
12:12Sinon, on va transformer nos dirigeants démocratiquement désignés
12:15en boîte aux lettres.
12:16C'est ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
12:17C'est pour ça qu'il y a un renversement de tendance
12:20avec des gouvernements de droite, d'extrême droite
12:22et l'euroscepticisme qui gagne
12:23parce que les peuples ont l'impression d'être dessaisis de leur liberté.
12:27Je répète que notre Constitution et les autres Constitutions européennes,
12:29c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple.
12:32Voilà.
12:32Donc, si vous désignez des députés…
12:33– Elle a été amendée 25 fois, la 5e.
12:35– Oui, mais ça, en revanche, n'a pas été amendée.
12:37C'est l'article 2.
12:38Mais si vous désignez des chefs d'État, chefs de l'État
12:43et des députés qui n'ont pas la main sur le guidon,
12:46quel est l'intérêt d'aller voter ?
12:47On le voit aujourd'hui.
12:49Donc, non, je pense qu'en revanche, il y a des solutions à notre main,
12:53notamment la suppression, vous l'avez dit,
12:55des aides publiques aux entreprises.
12:56Donc, ça permettrait de baisser de 100 milliards à l'euro près les taux.
12:59Et ce n'est pas des impôts de taxes cotisations.
13:01Et ce n'est pas révolutionnaire.
13:02Même le MEDEF le demande.
13:04Vous voyez ?
13:04Même le MEDEF le dit.
13:06Ils sont prêts au Bing Bang.
13:07Même si certains vont peut-être être perdants,
13:08quelques grandes entreprises vont être perdantes,
13:10mais globalement, l'économie française va mieux s'en sortir
13:12parce que les grandes entreprises emploient de moins en moins en France.
13:14Et c'est logique,
13:15puisqu'elles font leur croissance sur des marchés
13:18donc extra-français et extra-européens
13:20et donc vont plutôt embaucher à l'extérieur
13:22et d'autant moins en France
13:24que les contraintes sont quand même plus fortes
13:25que dans les autres pays européens.
13:27Après, il y a deux autres mesures qu'on propose.
13:29C'est la fin des surtranspositions.
13:30L'Italie, depuis des années, a voté.
13:32Pas de surtransposition des directives.
13:34Comment vous expliquez l'esprit français
13:36de vouloir être plus royaliste que le roi ?
13:38Ben voilà, je ne sais pas.
13:39C'est peut-être aussi.
13:40On a un peuple, enfin pas un peuple,
13:42des dirigeants qui ont un prisme plutôt juridique que national.
13:45Est-ce qu'on n'a pas des dirigeants
13:46qui sont fascinés par l'Allemagne ?
13:48Oui, bien sûr.
13:49Depuis des années, ce qui était le cas de Giscard d'Estaing.
13:51Bien sûr.
13:52C'est-à-dire que pour bien diriger la France,
13:54pour être fort avec l'effort
13:56et bienveillant envers les faits,
13:57pour protéger le peuple français
13:58et réformer l'État,
14:00et notamment l'arrière boutique,
14:01il faut se heurter à des lobbies extrêmement puissants,
14:03des minorités qui font la laine sur le dos des Français.
14:04Donc il faut être très courageux.
14:05Et pour être courageux, il faut être habité par quelque chose.
14:08Habité par le service de la France.
14:09Si vous n'êtes pas habité par le service de la France,
14:11par une cause qui vous dépasse,
14:12ben forcément vous allez favoriser vos intérêts de l'instant,
14:16favoriser vos intérêts personnels,
14:17les intérêts des copains
14:18et pas les intérêts de la France.
14:19Ce qui fait que s'il suffisait d'être surdiplômé
14:21pour bien diriger le pays,
14:22ça serait la première puissance européenne
14:23depuis au moins 40 ans.
14:24Sauf que quand vous mettez vos compétences
14:27et votre expérience au service,
14:29en priorité de vos intérêts,
14:30les intérêts de vos copains
14:31et pas au service des intérêts supérieurs
14:33de la nation, de la patrie, de la République,
14:35il ne faut pas s'étonner qu'on en soit là.
14:37C'est ce qu'on ressent bien
14:38quand on voit les silmes,
14:40la bataille de Gaulle,
14:41puisqu'ils sont au nombre de deux.
14:42Et puis vous dites aussi
14:43qu'il faut investir massivement dans la recherche.
14:46Mais quelle recherche ?
14:46Alors je terminais juste dans les aides publiques.
14:48Les surtranspositions,
14:49on se remet sur le droit européen,
14:50y compris le Code du Travail.
14:51Et on donne les clés aux partenaires sociaux
14:53qui font partie de l'équation du sursaut,
14:55mais à l'échelle de la branche.
14:56Il faut décentraliser notamment
14:58le Code du Travail.
15:00Aujourd'hui, plus personne
15:01n'y comprend quoi que ce soit.
15:02Et tous les pays
15:03qui s'en sortent mieux que la France
15:05en Europe,
15:06au sens géographique,
15:06la Suisse, les Pays-Bas,
15:08le Danemark,
15:09c'est des pays
15:10où le Code du Travail,
15:11ce sont des bornes,
15:12pas dépassées,
15:13pour éviter les excès,
15:14quelques centaines de pages.
15:15Et le centre de gravité
15:17du dialogue social,
15:18c'est la branche.
15:18Donc il faut faire la même chose.
15:19Et enfin, dernier point,
15:21proposition,
15:21c'est la commande publique.
15:22On l'a évoqué.
15:25Alors qu'on est soumis
15:26aux mêmes contraintes
15:26que les autres pays européens,
15:27on n'a pas plus de 50%
15:29des achats publics
15:29qui sont fléchés
15:30vers les entreprises françaises.
15:31On est à 70%
15:33en moyenne européenne,
15:33voire plus,
15:34en Italie et en Allemagne.
15:35Donc vous voyez,
15:36il y a des pays
15:37qui vont mieux que nous.
15:38Donc voilà,
15:38trois mesures concrètes
15:39qui permettraient déjà
15:41de redresser la barre.
15:42Et sur la recherche,
15:43comment l'orienter ?
15:44La recherche,
15:44vous avez raison.
15:45Donc il ne suffit pas
15:46de travailler
15:47la compétitivité prix.
15:48Après,
15:48on ne va pas se niveler
15:50par le bas
15:50vis-à-vis de l'Asie du Sud-Est
15:52ou même de l'Est de l'Europe.
15:53Donc il faut innover.
15:54Il faut innover.
15:55On est à 2,2 points de PIB
15:57en recherche.
15:59Les pays les plus dynamiques
16:00sur le temps long,
16:00Corée du Sud,
16:01Allemagne,
16:01États-Unis,
16:02sont entre 3,5 et 5 points de PIB.
16:04Donc vous voyez,
16:04il y a vraiment
16:05un gros problème là-dessus.
16:07Et l'État doit intervenir
16:08là où le privé
16:09ne sait pas faire,
16:10ne peut pas faire,
16:10ne doit pas faire.
16:11Rechercher pour chercher,
16:12mis à part quelques grands groupes,
16:13il n'y a que l'État
16:14qui peut le faire
16:14sans avoir de débouchés immédiats.
16:16Chercher pour chercher,
16:17les innovations de rupture,
16:18notamment par notre base
16:19industrielle de défense.
16:20Vous savez,
16:21les entreprises de défense,
16:22c'est à peu près,
16:23on a à peu près 2%
16:26des entreprises
16:27qui sollicitent
16:28le crédit impôt recherche,
16:29qui sont des entreprises
16:30de défense,
16:30mais représentent
16:31près d'un quart
16:31des chercheurs du secteur privé
16:32et près d'un quart
16:33des dépenses de R&D
16:34du secteur privé.
16:34Donc en investissant
16:35dans la défense,
16:37on va stimuler l'innovation
16:38et ça rapporte même
16:39en données publiques
16:41puisqu'en fait,
16:41on estime qu'un euro
16:42investi dans la défense française
16:44qui est une industrie
16:45encore florissante
16:46et non délocalisée,
16:47ça ramène 1,3,
16:481,9 euros
16:49en points de PIB
16:50et donc en recettes fiscales.
16:52Donc il y a ça,
16:53il y a la recherche,
16:54il y a la commande publique,
16:55on l'a évoqué
16:56et puis aussi le crédit d'impôt,
16:57c'est-à-dire que ponctuellement,
16:58si on veut orienter
16:59la consommation des Français,
17:00on appuie sur un bouton à Bercy,
17:01on va octroyer un crédit d'impôt
17:03pendant un an
17:03pour changer votre voiture
17:05ou votre chaudière.
17:06Vous voyez,
17:06donc ça,
17:06c'est les trois leviers
17:07à disposition de l'État
17:08qui sont classiques.
17:10Recherche fondamentale,
17:11la commande publique
17:12et éventuellement
17:13des crédits d'impôt
17:14pour orienter la consommation.
17:15Et puis vous avez cette phrase
17:16pour terminer,
17:17Patrice Huiband,
17:18aucune fatalité
17:19ne condamne la France
17:20au déclin.
17:21Mais certains de vous diront
17:22que le déclin,
17:24c'est toute l'Europe
17:24qui est dedans
17:26et puis même,
17:27certains ajouteront
17:28tout l'Occident.
17:29C'est vrai,
17:29c'est vrai
17:30et je répète,
17:31il n'y a aucune fatalité
17:31au déclin,
17:32le pire n'est jamais certain,
17:33le meilleur n'est jamais acquis.
17:35La France est un vieux
17:35et grand pays,
17:36on a vécu des périodes difficiles,
17:37du 171,
17:38du 1740,
17:39mais aussi le traité de Troie,
17:401420,
17:40on l'oublie complètement
17:41mais la couronne de France
17:42devait passer
17:43sous la couronne d'Angleterre
17:45et il a fallu
17:46un petit miracle,
17:47la Providence
17:47puisque le roi d'Angleterre
17:49est décédé avant le roi de France
17:50pour que ça ne se produise pas
17:51mais la Providence
17:52ne sera pas toujours là
17:53pour nous sauver.
17:54Donc comme il y a
17:55plus de 80 ans,
17:56il faut être déterminé
17:58et quelques individus déterminés
18:00peuvent changer
18:00le destin d'une nation.
18:02Une France qui passe
18:03du pétainisme au gaullisme,
18:05ça arrive très vite ?
18:07Non, attendez,
18:08c'est d'avoir la soumission
18:09des chefs.
18:10Je veux dire,
18:10les Français n'ont pas voté
18:11pour leur représentant
18:13qui ont donné
18:13plein pouvoir
18:14à Maréchal Pétain.
18:15Le petit juillet 40.
18:15Mais qui pouvait,
18:16à l'époque,
18:17franchement,
18:17mettez-vous la place des Français,
18:18c'était un héros,
18:19qui pouvait penser
18:19que le Maréchal allait trahir ?
18:21Franchement,
18:21c'est comme si dans les années 60,
18:22il y avait eu une invasion soviétique,
18:23on se serait tous mis
18:24derrière le général de Gaulle.
18:25Et puis après,
18:27petit à petit,
18:27les Français ont ouvert les yeux
18:29et se sont rendus compte
18:29que ce gouvernement
18:30n'était pas là
18:31pour les protéger
18:31mais plutôt pour les aliéner
18:38j'aurais tendance à dire
18:39il faut se mobiliser
18:41agriculteurs,
18:42employeurs,
18:42investisseurs,
18:43chercheurs,
18:44ouvriers,
18:45employés,
18:45hauts fonctionnaires,
18:46fonctionnaires,
18:47artisans,
18:47commerçants,
18:47tous à nos postes
18:48pour sauver la France
18:49et ça commencera déjà
18:50par changer de gouvernement.
18:52Et votre mouvement
18:52nouvel et sort français,
18:54qui est avec vous ?
18:55Pourquoi avoir créé ce mouvement ?
18:56Eh bien écoutez,
18:57moi je suis très politique
18:58mais je suis comme beaucoup de Français,
19:00je suis déçu
19:00et donc plutôt que de me retirer
19:03complètement du débat politique
19:04comme 65% des Français
19:07qui ne s'occupent
19:08de leurs affaires personnelles
19:10déjà un peu compliquées
19:11à gérer
19:11vu le contexte économique,
19:13nous on s'est dit non,
19:14on va essayer de faire quelque chose,
19:15on va faire ce que les partis
19:16ne font pas,
19:17c'est travailler.
19:17Parce que vous savez,
19:18des candidats,
19:18il y en a plein.
19:19En revanche,
19:20des candidats qui ont des choses
19:21concrètes à proposer,
19:22il n'y en a pas,
19:22pas vraiment.
19:23Parce que nos partis politiques
19:24se sont transformés
19:25avec le quinquennat
19:26et l'inversion de calendrier
19:28en écurie à égaux.
19:29C'est un peu le concours
19:29de beauté permanent.
19:30Pour Farqua,
19:30on n'en sait rien,
19:31sachant que gouverner la France,
19:32ça ne s'approvise pas du tout.
19:34CF le général de Gaulle
19:35qui a redressé la France
19:36en 58,
19:37en six mois,
19:38en tant que dernier président
19:39du conseil de la quatrième,
19:40il a signé,
19:41tenez-vous bien,
19:42plus d'une ordonnance par jour.
19:43Mais pour être capable
19:44de signer plus d'une ordonnance
19:45par jour,
19:46ça veut dire que sans faire
19:46trop de bêtises,
19:47ça veut dire qu'on a travaillé avant.
19:48Vous avez prononcé
19:49le discours de Bayeux
19:50à quelques années.
19:50Bayeux,
19:51le discours de Saint-Étienne
19:51avec l'intéressement
19:52et la participation ensuite.
19:54Tout ça était quand même
19:55bien dans sa tête,
19:56bien calé.
19:56Et donc nous,
19:57on a fait ce produit,
19:58on le teste,
19:59on le reteste
19:59et maintenant,
20:00en mode Jean Moulin,
20:01mais sans risquer ma peau,
20:02je n'ai pas de mérite,
20:02je vais tirer la manche
20:03de ceux qui croient en la France,
20:04qui disent au moins croire en la France.
20:06Donc ça va,
20:07je dirais,
20:08des chevets de mentiste
20:09de Natacha Polony,
20:11Arnaud Montebourg
20:11jusqu'au RN,
20:12en passant par les centristes
20:14non-macronistes,
20:14en passant par les républicains,
20:16en passant par tous ceux
20:18qui ont des vérités
20:19de faire primer
20:20la souveraineté nationale
20:21et populaire.
20:22Vous savez,
20:22populaire,
20:23ça reste plutôt à gauche,
20:24la souveraineté nationale
20:24plutôt à droite,
20:25mais tout ça,
20:26c'est l'article 2 de la Constitution,
20:27on redonne les clés du camion
20:28au peuple français
20:29et on discute avec tous ces gens-là.
20:31Ceux avec qui on ne discute pas,
20:33ce sont ceux qui,
20:33de notre point de vue,
20:35détruisent la nation
20:36qu'elle est crainte
20:36indépassable de notre démocratie
20:38par le communautarisme en interne,
20:40par la soumission
20:40aux droits supranationales,
20:41donc les macronistes.
20:44Les communautaristes,
20:44donc c'est la France insoumise
20:46et puis ceux qui jouent
20:47des deux côtés,
20:48on va dire,
20:48c'est Europe Écologie Libère
20:49qui sont à la fois
20:50communautaristes et supranationaux.
20:54On tire la manche,
20:55on distribue nos idées
20:56et on espère que ça permettra
20:57d'élever un peu le niveau.
20:59Merci à vous, Patrice Huiband.
21:01Vous êtes, je le rappelle,
21:05breveté de l'école de guerre
21:06et Saint-Syrien.
21:07Merci à vous, monsieur.
21:08Merci, merci de votre invitation.
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