Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Claude Moniquet explique la menace sérieuse de Vladimir Poutine de saisir des navires occidentaux : « Vladimir Poutine ne parle pas pour ne rien dire».

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Claude Moniquet est avec nous, spécialiste terrorisme et renseignement.
00:03Bonjour Claude.
00:05Alors cette menace est-elle sérieuse ?
00:07Est-ce qu'il faut parler désormais d'escalade ?
00:10Alors Michael, il faut toujours prendre très au sérieux les propos de Vladimir Poutine.
00:14Il ne parle pas pour ne rien dire en règle générale.
00:18Oui, c'est une menace sérieuse.
00:19Maintenant, il faut la relativiser.
00:21D'abord, c'est une réponse effectivement aux saisies que l'Union européenne a pour appliquer ses sanctions,
00:26que plusieurs marines nationales de l'Union européenne, dont la marine française, ont opéré ces derniers mois
00:32et qui ont frappé plusieurs pétroliers de la flotte fantôme.
00:36La flotte fantôme, c'est cet ensemble de plusieurs centaines de bateaux qui sont en très très mauvais état,
00:42presque des épaves achetées par la Russie, qui naviguent sur des pavillons de complaisance
00:46et qui livrent du pétrole russe partout dans le monde pour échapper aux sanctions.
00:50Et face à cette menace pour son économie, Vladimir Poutine a déclaré hier
00:54« Oui, mais nous pouvons faire la même chose à n'importe quel moment, n'importe où dans le monde,
00:59y compris, disait-il, dans la zone pacifique. »
01:01Donc, c'est une menace sérieuse.
01:03Maintenant, il ne faut pas penser que demain, la flotte russe va se lancer partout dans le monde
01:07à la chasse aux bateaux européens.
01:10Mais il est tout à fait possible qu'on assiste dans les semaines, les jours à venir
01:14à une ou deux saisies symboliques de navires européens,
01:18de préférence loin des zones où le temps est la plus présente.
01:21– Mais est-ce que la Russie pourrait aller plus loin, Claude ?
01:25– C'est la grande crainte de l'OTAN.
01:28Effectivement, depuis longtemps maintenant, depuis quatre ans,
01:31l'Europe vit sur l'idée qui est acceptable de notre point de vue,
01:35mais qui n'est pas du tout du point de vue russe,
01:36que nous ne sommes pas co-billigérants dans la guerre en Ukraine.
01:40La réalité, c'est que nous livrons des armes sans lesquelles l'Ukraine
01:43ne pourrait pas combattre la Russie.
01:45Et la réalité, c'est que nous livrons tous les jours du renseignement à l'Ukraine
01:49et que nous entraînons ces soldats et ces officiers.
01:52Donc oui, évidemment, du point de vue russe,
01:54je ne discute pas du bien-fondé de cette position,
01:56mais du point de vue russe, évidemment, nous sommes des co-billigérants.
01:59Et un scénario qui est pris très au sérieux à l'OTAN,
02:02ce serait de voir, à un moment donné, dans les trois à quatre ans à venir,
02:06avant 2030 en tout cas,
02:08de voir la Russie tenter une opération sur un pays satellite,
02:13enfin périphérique de l'OTAN, par exemple sur un pays balte,
02:16ça fait très peur aux baltes, saisir du territoire
02:19et exercer un chantage face à l'Europe en disant maintenant
02:22vous arrêtez de soutenir l'Ukraine et de vous mêler de nos affaires
02:25et nous vous rendons ce territoire, ou bien ce sera l'escalade.
02:30Merci beaucoup Claude Moniquet.
Commentaires

Recommandations