00:00Bonjour, nous, résidents du Gabon, avons décidé d'engager ce mouvement,
00:07non pas parce que nous refusons de travailler,
00:10encore moins parce que nous estimons qu'un médecin devrait être au-dessus de la loi.
00:14Nous sommes médecins, nous savons que notre profession implique des responsabilités
00:19et que tout acte médical peut faire l'objet d'une évaluation lorsqu'un événement grave survient.
00:26Mais nous sommes également des médecins en formation.
00:30Et aujourd'hui, le problème que nous dénonçons est précisément celui-là.
00:34Quel est le statut du résident au Gabon ?
00:37Quelles sont ses responsabilités ?
00:39Quelles sont les limites de son autonomie ?
00:41Qui est responsable de sa supervision ?
00:44Quelle protection lui est accordée lorsqu'un événement indésirable survient dans le cadre de sa formation ?
00:51Aujourd'hui, ces réponses ne sont pas suffisamment claires,
00:54alors même que les résidents constituent une part essentielle du fonctionnement quotidien de nos hôpitaux.
01:00Nous assurons les gardes, nous recevons les urgences, nous surveillons les patients,
01:05nous prenons des décisions médicales.
01:08Nous sommes souvent les premiers médecins au contact du malade,
01:12parfois dans des conditions extrêmement difficiles.
01:15Manque de personnel, plusieurs urgences simultanées, insuffisance de plateau technique,
01:20difficulté d'accès aux produits sanguins ou à certains médicaments et équipements.
01:27Lorsque tout se passe bien, le système fonctionne grâce, entre autres, à ce travail.
01:32Mais lorsqu'un événement dramatique survient, nous refusons que toute cette organisation disparaisse soudainement de l'analyse
01:40et qu'un résident puisse se retrouver seul face à la justice,
01:44comme si toute la prise en charge reposait exclusivement sur lui.
01:48Nous ne sommes pas en train de dire qu'un résident ne doit jamais répondre de ses actes.
01:53Nous demandons une responsabilité juste, proportionnée et partagée selon le rôle réel de chacun.
02:00Lorsqu'une prise en charge implique un résident, un spécialiste, une équipe paramédicale,
02:07un service hospitalier, une organisation institutionnelle,
02:11on ne peut pas analyser un décès uniquement à travers les actes d'une seule personne,
02:17sans examiner l'ensemble de cette chaîne.
02:20L'affaire de notre collègue est l'élément déclencheur de notre mouvement,
02:24mais notre revendication la dépasse largement.
02:27Ce qui nous inquiète aujourd'hui, c'est que plusieurs médecins ou résidents
02:32se retrouvent confrontés à des situations judiciaires liées à leur exercice professionnel,
02:37alors que notre cadre de responsabilité et de protection reste insuffisamment défini.
02:43Et cette situation crée quelque chose de très dangereux pour le système de santé,
02:47c'est la peur de soigner.
02:49Comment demander à un résident de prendre en charge une urgence,
02:53à 3 heures du matin, parfois avec des moyens insuffisants,
02:57tout en lui faisant comprendre que s'il prend une décision et que l'évolution est défavorable,
03:01il peut se retrouver seul à en assumer toutes les conséquences.
03:05Nous voulons continuer à apprendre, nous voulons continuer à soigner,
03:09nous voulons continuer à prendre nos responsabilités,
03:12mais nous voulons le faire dans un cadre qui protège également celui qui soigne.
03:16C'est pourquoi notre mouvement demande essentiellement trois choses.
03:21La clarification du statut juridique du résident au Gabon,
03:25la définition claire de ses responsabilités et de celles de ses superviseurs
03:31et la mise en place d'un cadre de protection médico-légale adapté aux médecins en formation.
03:37Concernant notre collègue résidente,
03:40nous demandons que son dossier soit traité avec dignité, équité
03:43et dans le respect de la présomption d'innocence.
03:45Nous ne demandons pas que la justice ne fasse pas son travail,
03:52nous demandons justement qu'elle puisse le faire,
03:55mais en prenant en considération l'ensemble des responsabilités et des circonstances
03:59ayant entouré cette prise en charge.
04:01Notre mouvement n'est donc pas un mouvement contre les patients,
04:05ni contre nos supérieurs hiérarchiques, ni contre les enseignants,
04:08et encore moins contre la justice.
04:10C'est un appel aux autorités sanitaires, universitaires et judiciaires
04:15pour qu'on donne un cadre clair pour exercer aux résidents
04:20et qu'on assume leurs responsabilités sans être abandonnés lorsqu'il y a un événement dramatique.
04:26Parce qu'on ne peut pas demander aux résidents d'être étudiants lorsqu'ils revendiquent ses droits,
04:32médecins autonomes lorsqu'ils font fonctionner l'hôpital,
04:36mais seuls lorsqu'un incident malheureux survient.
04:40C'est pourquoi nous, résidents du Gabon,
04:43nous demandons la liberté pour notre collègue et un cadre juridique.
04:48Nous vous remercions.
04:49Libérez ! Libérez ! Libérez ! Libérez !
05:19Libérez !
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