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  • il y a 33 minutes
Les canicules et la sécheresse que la France connaît cet été remettent au cœur du débat des thématiques portés par les écologistes depuis de nombreuses années. Des sujets qui pourraient rythmer l'année 2027 et la campagne à venir. Delphine Batho, députée du groupe Ecologiste et Social des Deux-Sèvres, ancienne Ministre de l'Ecologie, et candidate à l'élection présidentielle, est l'invitée de Sébasiten Rouxel dans RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 10 août 2026.

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Transcription
00:00Sébastien Rouxel, RTL Matin.
00:03Elle est candidate à la présidentielle, députée des Deux-Sèvres au sein du groupe écologiste et social et ancienne ministre
00:08de la transition écologique.
00:09Delphine Bateau est l'invité de RTL Matin. Bonjour à vous.
00:12Bonjour.
00:13On va revenir dans un instant sur cette nouvelle canicule qui s'installe, mais je voudrais d'abord m'arrêter
00:17sur cette lettre envoyée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à son collègue de l'intérieur.
00:22Une lettre qu'on a découverte ce week-end et qui recense les graves défaillances dans la prise en charge
00:27des affaires de violences sur mineurs.
00:28Des plaintes égarées, parfois oubliées, un manque cruel d'enquêteurs. Comment est-ce que vous avez réagi en découvrant cette
00:34lettre ?
00:35Rien ne me surprend dans ce courrier. J'avais demandé l'examen des 70 000 plaintes en souffrance pour des
00:42violences sexuelles sur mineurs.
00:44C'est ce qui a été fait par le gouvernement.
00:47Et ça prouve que dans ce qui s'est passé pour le crime visant l'IANA,
00:54ce n'était pas qu'une affaire de dysfonctionnement ou de responsabilité individuelle.
00:59Il y a un dysfonctionnement aujourd'hui systémique de l'ensemble de la chaîne pénale, de la police, de la
01:04gendarmerie, de la justice,
01:06sur la prise en charge des violences sexuelles, sur la lutte contre les violences sexuelles.
01:10Et ce qui est important maintenant, une fois que le constat est fait,
01:13qui n'est pas une découverte parce que la misère des services de police en termes d'investigation,
01:18la façon dont les policiers sont accaparés par des tâches administratives et bureaucratiques complètement stupides,
01:24alors qu'ils aimeraient justement pouvoir faire un travail d'enquête et d'investigation,
01:28ce ne sont pas des choses qu'on découvre aujourd'hui.
01:30On ne découvre pas non plus le caractère totalement obsolète des logiciels de la police nationale.
01:36Donc ce qui est important maintenant, c'est que le nécessaire soit fait pour y remédier.
01:40C'est son propre bilan de ministre de l'Intérieur que tortue le garde des sous Gérald Darmanin.
01:44Ça c'est ce que dit, je ne me permets pas de le dire moi,
01:46c'est ce que dit l'Association nationale de la police judiciaire.
01:48Mais ils ont raison.
01:49Gérald Darmanin doit démissionner ?
01:51Écoutez, moi je ne suis pas là pour demander des démissions.
01:53Ce que je veux, c'est qu'on agisse.
01:55Et le sens de mon propos, c'est ce que j'avais dit quand j'avais demandé l'examen des
01:5970 000 plaintes,
02:00c'est que maintenant, le nécessaire soit fait.
02:03Delphine Bateau, c'est un été décidément hors normes qu'on est en train de traverser.
02:07On en est déjà à la cinquième canicule de l'année.
02:09On risque de dépasser à nouveau les 40 degrés cette semaine.
02:11Pourtant, il n'y a plus grand monde, visiblement, pour s'en émouvoir.
02:14Est-ce que cette banalisation, elle vous inquiète ?
02:18Nous sommes dans une situation d'état d'urgence écologique et agricole.
02:24Très grave.
02:27On est dans une situation d'effondrement de l'agriculture,
02:31avec des conséquences pour toutes les agricultrices et tous les agriculteurs,
02:34avec des conséquences pour toutes les Françaises et tous les Français,
02:36notamment en termes d'inflation sur les denrées alimentaires.
02:39On a des très graves inquiétudes pour l'eau potable.
02:43Et je vous avoue que dans cette situation,
02:46je ne comprends pas que le Premier ministre et les ministres soient en vacances.
02:51Alors, le gouvernement a quand même annoncé un plan pour les agriculteurs.
02:54Non, non. Le gouvernement a annoncé le 5 août que fin août,
02:57il y aurait un plan avec des mesures assez classiques
03:01pour les agricultrices et les agriculteurs,
03:03qui n'est pas du tout à la hauteur de ce qu'on vit dans les territoires ruraux,
03:07où les agricultrices et les agriculteurs sont dans la solitude,
03:11face à une situation catastrophique,
03:13où il n'y a plus de fourrage, par exemple,
03:15pour les élevages de chèvres dans le département des Deux-Sèvres.
03:20En tout cas, on a une crainte de pénurie imminente, en fait.
03:24Donc, on est dans une situation qui était extrêmement grave.
03:27Et donc, on n'est pas dans un été normal.
03:29Je sais ce que sont les sacrifices personnels
03:33que demande la vie politique.
03:36Mais quand on est en situation de responsabilité,
03:39dans la gravité de la situation qu'affronte le pays,
03:42on rentre au travail, on ne prend pas de vacances.
03:47Alors, Sébastien Lecornu a quand même fait des annonces.
03:50Il a demandé fin juillet à sa ministre de la Transition écologique
03:54de lui faire des propositions de mesures concrètes
03:57d'ici à début octobre pour accélérer la mise en œuvre du pays.
04:00Alors, c'est là qu'on ne se comprend pas.
04:01On ne peut pas attendre début octobre.
04:03En fait, chaque jour qui passe compte.
04:06Il y a des décisions immédiates à prendre.
04:09Il y a, par exemple, une bataille à mener à l'échelle européenne,
04:12puisque vous savez que la sécheresse touche l'ensemble,
04:15en particulier de l'ouest de l'Europe.
04:17Il n'y a plus d'eau dans le Danube, etc.
04:19Donc, il faut agir maintenant.
04:23On n'est pas du tout dans un calendrier.
04:25Parce que je vois très bien ce qui est en train de se passer.
04:27C'est le calendrier politique normal.
04:29C'est la semaine du 15 août.
04:30On ne règlera pas les problèmes de sécheresse du jour au lendemain, comme ça.
04:33Eh bien, excusez-moi, on peut prendre des décisions de sécurité nationale,
04:37là tout de suite, notamment en ce qui concerne l'eau potable.
04:39Les décisions ont été extrêmement tardives à enclencher ce qu'on appelle les mesures de restriction,
04:45les mesures de gestion de crise.
04:47Et mon inquiétude, si vous voulez, c'est qu'en permanence, on se rassure à bon compte
04:52sur « c'est la dernière vague de chaleur,
04:55finalement il va finir par pleuvoir et les niveaux d'eau vont revenir à la normale ».
04:59Pour l'instant, ce n'est pas ce qui se passe.
05:01Et donc, on doit prendre en compte des scénarios dégradés sur l'ensemble du mois d'août,
05:06éventuellement sur le mois de septembre,
05:08si on veut être sérieux pour protéger la sécurité du pays.
05:11Et encore une fois, sur l'agriculture, ça ne peut pas attendre la fin du mois d'août.
05:15Ce qui est assez paradoxal dans cette séquence,
05:17où les réchauffements climatiques n'ont peut-être jamais été aussi visibles pour la plupart des Français,
05:23c'est que les écologistes sont pris pour cibles par une partie de la classe politique,
05:26notamment à droite et à l'extrême droite.
05:27Le député RN Julien Audoul, par exemple, a accusé les militants écologistes
05:31d'être en partie responsables des feux de forêt en s'opposant au débroussaillage.
05:34Qu'est-ce que vous lui répondez ?
05:35Bon, d'abord, il n'y a pas de leçon à recevoir de la part de l'extrême droite
05:40qui est ouvertement climato-obscurantiste depuis des années.
05:44Il disait que les scientifiques exagéraient.
05:47Ça, c'est la première chose.
05:48La deuxième, c'est que sur le fond,
05:50aucune force politique en France n'a pris la mesure,
05:54n'a pris au sérieux l'étendue de ce que disaient les connaissances scientifiques
05:59sur le changement climatique.
06:01Et que Europe Écologie-Les Verts, qui a été durement sanctionnée
06:04sur le plan électoral lors des dernières élections,
06:08n'a pas démontré sa capacité, justement, à agir pour cette prise de conscience
06:13et a même donné le sentiment d'abandonner l'écologie
06:16en passant beaucoup de temps à parler d'autres choses
06:18et notamment de plein de questions politiciennes.
06:21Je me présente parce qu'il faut construire en France
06:26une écologie de gouvernement
06:28et que le pays doit choisir,
06:31lors de la prochaine élection présidentielle,
06:33un nouveau chemin.
06:34Celui que je propose est de construire une république terrestre,
06:37de renouer avec l'histoire de notre pays,
06:40de sa grandeur,
06:41et de devenir le premier pays au monde
06:43à organiser de façon sérieuse
06:46une qualité de vie
06:47par l'adaptation au changement climatique
06:50afin d'assurer notre sécurité,
06:51notre sécurité alimentaire,
06:53mais aussi de préserver la beauté de la France.
06:55On a quand même le sentiment
06:56que cette parole écologiste,
06:58elle porte de moins en moins bien
07:00alors que les événements climatiques
07:02sont là, en train de se produire sous nos yeux.
07:04Est-ce que l'une des raisons,
07:05ce n'est pas parce que le discours,
07:07parfois, qui va avec cette parole,
07:08est effrayant ?
07:09Par exemple, vous êtes l'une des rares candidates
07:11à parler ouvertement de décroissance.
07:13Comment est-ce que vous voulez convaincre
07:15celui ou celle qui nous écoute ce matin
07:17et qui a déjà du mal à joindre les deux bouts ?
07:19La question, c'est qu'est-ce qui est le plus important
07:21dans la vie ?
07:22Et ce qui est le plus important dans la vie,
07:23c'est de rester vivant,
07:25c'est d'avoir à manger,
07:26d'avoir à boire,
07:27de vivre dans un territoire habitable
07:29dans lequel la température est supportable.
07:31Et donc, mon propos,
07:33c'est de dire que plutôt que de courir
07:35derrière des indicateurs totalement obsolètes
07:37comme celui du PIB,
07:39on doit aujourd'hui donner la priorité
07:43à cette sécurité collective.
07:45Oui, mais celui qui a déjà du mal
07:47à payer ses factures à la fin du mois,
07:48ce n'est pas un indicateur national,
07:49c'est très concret.
07:50Excusez-moi, qu'on appelle ça la robustesse,
07:53ça implique par exemple
07:54de diminuer notre consommation d'énergie,
07:56ça implique par exemple
07:57d'être moins dépendant
07:58de chaînes d'approvisionnement
07:59du bout du monde.
08:00Donc, ça consiste à organiser
08:02la solidité de notre nation
08:04dans un contexte de changement climatique.
08:07Bon, il y a un sujet en tout cas
08:08sur lequel vous avez été entendu,
08:09c'est celui du démarchage téléphonique.
08:11La loi que vous avez initiée
08:14entre en vigueur demain,
08:15à partir de demain,
08:17les entreprises n'auront plus le droit
08:18de nous appeler
08:18si on n'a pas donné
08:19notre consentement au préalable.
08:21Ça veut dire que les appels
08:22intempestifs pour nous vendre
08:23du double vitrage,
08:24c'est terminé,
08:25c'est l'histoire ancienne ?
08:26En tout cas,
08:27c'est maintenant la loi de la République
08:28que c'est illégal.
08:30Ça a été un combat parlementaire
08:32acharné de plus de 7 ans
08:34pour parvenir à cette interdiction
08:36du démarchage téléphonique commercial
08:38non consenti.
08:38Et donc, ça veut dire
08:40que si vous continuez
08:41à recevoir ce harcèlement
08:43qui est un symptôme
08:44de la société de surconsommation
08:46qui nous considère
08:47comme des clients 24 heures sur 24,
08:49c'est une arnaque
08:50et vous pouvez le signaler
08:52à Signal Conso
08:53sur le site de la DGCCRF
08:55et je souhaite que le gouvernement
08:56consacre tous les moyens nécessaires
08:57au respect de cette loi
08:59qui est une petite bonne nouvelle
09:00parce que c'est vraiment exaspérant
09:02et insupportable
09:03ce démarchage téléphonique.
09:04Pour autant,
09:05ça n'arrêtera pas
09:06les entreprises
09:06qui appellent depuis l'étranger.
09:09Ce sera illégal
09:10et donc le nécessaire
09:12doit être fait
09:12aussi avec les opérateurs téléphoniques
09:15pour que ces appels
09:16qui constituent des arnaques
09:17soient bloqués
09:18sur un plan technique.
09:19D'ailleurs, mon consentement,
09:20comment je le donne ?
09:21C'est une case
09:22que je coche
09:22par inadvertance sur Internet ?
09:24Non, justement,
09:24de façon libre et éclairée,
09:26la loi est extrêmement claire
09:27de ce point de vue.
09:29Donc, non, non,
09:30il n'y a pas
09:30d'entourloupe
09:32avec le truc, vous savez,
09:33écrit en tout petit
09:35qu'on coche
09:36sans même s'en rendre compte.
09:37Merci beaucoup,
09:38Delphine Pateau,
09:38d'avoir été.
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