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«Le plus inquiétant reste la dette publique abyssale du pays», a analysé Bernard Cohen-Hadad, président du cercle de réflexion Étienne Marcel, au sujet du déficit commercial de la France qui se dégrade.

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Transcription
00:00Alors, il faut être prudent, Marine Sabourin, parce qu'on a effectivement un déficit commercial de 6,9 milliards en
00:07mai et au premier semestre.
00:09Mais sur l'année 2025, on fait moins 10 milliards, enfin, on fait mieux de 10 milliards par rapport à
00:15l'année 2024.
00:16Donc, il y a des secteurs qui vont bien.
00:19Néanmoins, on reste quand même un mauvais élève, pour vous dire, c'est que par rapport à la Covid-19
00:25et à la fin de la Covid, on est très, très, très, très mauvais.
00:29Alors, comment on en est arrivé à cette situation, Bernard, selon vous ?
00:34Alors, sur la balance commerciale, puisque c'est là, on a une baisse des exportations, notamment en matière militaire et
00:40électronique.
00:41Et puis, on a une faiblesse récurrente, ce qu'on appelle les secteurs de produits bruts, notamment d'agri-agroalimentaire,
00:48où on est vraiment en solde négatif.
00:51Et c'est ça aussi qui nous draine vers le bas, nous tire vers le bas.
00:54Et donc, ce n'est pas bon, y compris en matière de visibilité extérieure.
00:58Ce qui nous sauve, néanmoins, c'est le fait qu'on reste dans un espace européen où certains font beaucoup
01:04moins bien que nous.
01:05Justement, il y a quelque chose d'important à noter.
01:07C'est que pour la première fois depuis des décennies, en 2025, le solde commercial de l'agriculture a failli
01:13être en déficit.
01:15Il est en déficit même sur certains produits.
01:18Je vous disais qu'il était en solde négatif.
01:19On a, comment dirais-je, une progression de plus de 0,2, donc ce n'est pas bon.
01:24Mais ce qui m'inquiète le plus, je ne sais pas si vous avez prévu d'y venir, c'est
01:27aussi la dette publique qui devient abyssale.
01:31On est à 3 536 milliards d'euros de dette publique.
01:35Et ça, en France, ce n'est vraiment pas bon du tout.
01:39Alors, un mot effectivement sur cette situation, puisqu'on a des pays européens qui sont en excédent.
01:44Qu'est-ce qu'ils ont mieux réussi que nous ?
01:47Alors, souvent, ce qu'ont fait les pays, et on évoque l'Allemagne ou la Pologne, la République tchécoslovaque,
01:54c'est qu'ils ont pris sur des dispositifs extrêmement draconiens sur la suppression de la dette,
02:03baisse des dépenses publiques, ce qu'on appelle des stocks pour récupérer de l'argent ici ou là,
02:10et puis une aide aux entreprises afin de ne pas augmenter les charges qui pèsent les entreprises, voire les baisser.
02:16Nous avons fait tout le contraire, puisque nous avons privilégié une politique de l'offre
02:21qui était ouverte, comment dirais-je, à la dépense, surtout la dépense publique,
02:26en ayant tendance à aussi limiter les aides aux entreprises.
02:30Une partie de l'électorat et surtout une partie de la classe politique considèrent que les entreprises restent les vaches
02:37à lait.
02:37Un mot, Bernard, sur le taux de chômage qui a encore augmenté au deuxième trimestre.
02:42Il dépasse maintenant largement les 8% de la population active.
02:45Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
02:47On est au-dessus de la moyenne.
02:49On fait partie des mauvais élèves.
02:52La moyenne européenne est 6%.
02:54L'Allemagne fait beaucoup moins.
02:56Elle est à 3,8%.
02:57La Pologne, 3%.
02:58La République tchécoslovaque fait 3,1%.
03:02En revanche, l'Espagne fait beaucoup moins bien que nous puisqu'elle fait 10,3% et la Pologne, 10
03:08,6%.
03:09Il y a une baisse, bien entendu, de l'emploi qui est liée à la situation géopolitique et aussi à
03:17la situation interne en France.
03:19Il ne vous aura pas échappé, Marine Saint-Burin, qu'on vit dans une période de turbulence politique depuis la
03:24dissolution de l'été 2024.
03:27Trois gouvernements en moins de 18 mois, ce n'est quand même pas très rassurant pour les chefs d'entreprise.
03:32Et puis, il y a la fin de l'année avec une politique budgétaire qui verra certainement des hausses d
03:37'impôts ciblées, voire des gels d'aide pour les entreprises.
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