00:30Au nord des Ronces, lĂ oĂč les pierres saignent, grondent les tambours, les cornes musurlent.
00:40Un blaireau borgne, un campagne l'encape, mÚne en silence une armée minuscule.
00:49On dit qu'au bout du champ, dressé dans la brume, se tient une forteresse au créneau de bitume.
00:58Gardé par un verlon, comme sans clochers, dont la peau porte des rues l'écorchée.
01:08Le blaireau casque rouillé, moustache en bataille, griffe une carte tordue, promet la ripaille.
01:17Le campagnol, salut, minuscule maréchal, sur un caillou branlant, trÎne un général.
01:27à l'assaut, à l'assaut, de la pierre et du verre, que résonnent nos noms jusque dans la poussiÚre.
01:36Blaireau, campagnol, légion qui s'élance, l'ombre tremble devant notre démence.
01:46Ă l'assaut, Ă l'assaut, que s'ouvre la pierre, nous gravons nos destins sur la telle du verre.
02:00DerriÚre eux s'avance colonne indisciplinée, une marée de pattes, d'antennes déchaßnées.
02:09Chaque brin d'herbe devient montagne à gravir, chaque goutte de rosée, un océan à franchir.
02:19Ils plantent des drapeaux dans des crocs de corneille, fonçonner les hauts bois taillés dans des groseilles.
02:28Les corbeaux s'écartent surpris par ce défilé d'armures en écailles, de graines recyclées.
02:38à l'assaut, à l'assaut, de la pierre et du verre, que résonnent nos noms jusque dans la poussiÚre.
02:47L'héros, campagnoles, légions qui s'élancent, l'ombre tremble devant notre démence.
02:57Ă l'assaut, Ă l'assaut, que s'ouvre la pierre, nous gravons nos destins sur la telle du verre.
03:10Les fourmis s'alignent, rang par rang, souffle coupé, silence brûlant.
03:20Une voix compte au bord du néant.
03:30Une fourmi, deux fourmis, deux fourmis, trois fourmis, les dix, les cent, les mille fourmis.
03:40Les dix mille fourmis, plus dix en furie.
03:44Les dix, quatre, cent, cinquante, six fourmis.
03:49Les dix, quarante, cinquante, six fourmis.
03:52Les dix, quarante, cinquante, six fourmis.
03:54Les dix, quarante, cinquante, six fourmis.
03:57On marche vers la nuit.
03:59à l'assaut, à l'assaut, de la pierre et du verre, que résonnent nos noms jusque dans la poussiÚre.
04:08L'héros campagnol, légion qui s'élance, l'ombre tremble devant notre démence.
04:18Ă l'assaut, Ă l'assaut, que s'ouvre la pierre.
04:22Nous gravons nos destins sur la telle du verre.
04:36Le sol se déchire, la tour se déploie.
04:41Le verre se soulÚve, cathédrale de soie.
04:46Ses yeux sont des puits, de saisons disparues.
04:51Dans ce décor, de monde perdu.
04:56Gardien des racines, des airs oubliés.
04:58Il gronde un langage que nul ne peut compter.
05:01Mais face Ă ces crocs de montagne en colĂšre, se dressent un muson.
05:06Une cape et la terre.
05:10Car sous chaque pierre, une armée patiente.
05:13Chaque grain de sable est une gorge ardente.
05:15Le verre anticure, le ciel se déforme.
05:17Le cri des fourmis devient une énorme, norme, norme.
05:27Ă l'assaut, Ă l'assaut, Ă l'assaut.
05:35Hurler vers la lumiĂšre.
05:39Que le verre dispone.
05:51Hey !
06:02Loin du combat, le risson, par seul accomplir sa mission.
06:07Retrouver le roi égaré, mais l'araigne, elle a devancé.
06:13Retrouver le roi égaré, mais l'assaut, à l'assaut, à l'assaut.
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