00:09Bonjour à tous, bonjour à toutes. Bienvenue pour ce nouveau numéro de Parole Directe.
00:16Aujourd'hui, l'émission s'intéresse aux classes UPI, unités pédagogiques d'intégration.
00:23Ces classes permettent de scolariser en milieu scolaire ordinaire des élèves atteints de handicap.
00:31Dans quelques minutes, je recevrai pour répondre à mes questions Thierry Delahera, professeur d'une classe UPI au collège Jean
00:42Rostand de Biarritz.
00:43Mais auparavant, je vous propose de rejoindre Gérard Cazou, principal du collège.
00:53Monsieur Cazou, bonjour, merci beaucoup à vous d'avoir accepté de répondre à mes questions.
00:59Alors, quelle a été votre réaction quand on vous a annoncé que dans le collège que vous alliez diriger se
01:07trouvait une UPI ?
01:08Bonjour Hugues, quand j'ai demandé cet établissement, il y a bientôt deux ans, je savais qu'il y avait
01:13une UPI, je savais aussi qu'il y avait une SEGPA, je savais que c'était un collège, et le
01:18collège doit être le reflet de la vie.
01:21Cette UPI ne m'a posé aucun problème dans la mesure où j'estime que c'est du devoir de
01:25l'éducation nationale et de tous citoyens.
01:28J'ai bien dit de tous citoyens de venir en aide à ceux qui n'ont pas bénéficié des mêmes
01:32chances que les autres et qui ont une forme de handicap ne leur permettant pas de vivre de façon tout
01:36à fait ordinaire.
01:38Le collège doit donner lui aussi son maximum pour faire que leur scolarité soit la plus proche de celle d
01:43'un enfant du même âge qu'eux.
01:44Quel conseil pourriez-vous donner à des directeurs d'école ou des principaux comme vous si jamais ils hésitent à
01:52accueillir des classes spécialisées dans leur loco ?
01:55Je crois que les chefs d'établissement sont des gens suffisamment intelligents, qui feront preuve d'un accueil et d
02:00'une intelligence assez grande, pour faire que dans leur établissement tous les enfants présentant un handicap, et un accueil à
02:06leur forme justement particulière.
02:08Aujourd'hui, ça ne pose plus aucun problème, si ce n'est peut-être dans quelques établissements très particuliers, ou
02:14pour quelques formes de handicap, non compatibles avec une vie en société très facilitée.
02:19Pour ceux qui aident les jeunes comme vous, dans l'établissement scolaire, je crois que ça ne pose pas vraiment
02:24de problème.
02:25Aujourd'hui, il y a quand même des petites choses qu'il faudrait encore améliorer, dans la configuration des locaux.
02:32On vit tous avec un mode de déplacement facilité, sur nos jambes.
02:36On est content de pouvoir monter les escaliers.
02:39On est content de pouvoir les descendre, de sauter.
02:42Mais certains n'ont pas la même chance.
02:45Donc il faut que l'on pense à adapter les locaux à leur mobilité qui parfois est plus limitée que
02:50celle que l'on attend d'un enfant de 10 à 15 ans.
02:53Je crois que la société doit faire un effort pour s'adapter.
02:58Il n'y a pas que l'école qui a besoin de faire des progrès.
03:01Je pense qu'on a tous besoin de travailler dans le même sens, pour permettre à ces jeunes d'avoir
03:07accès au cinéma, à la bibliothèque, au théâtre.
03:10Et pourquoi pas, à certaines installations sportives.
03:14On peut même imaginer des adaptations pour qu'ils aillent en piscine.
03:19Nous sommes à présent en liaison avec Thierry Delaira, le professeur de la classe UPI du collège Jean-Rostand de
03:29Biarritz.
03:30Il nous répond depuis sa salle de classe.
03:33Thierry, bonjour.
03:34Merci beaucoup à vous d'avoir accepté mon invitation.
03:39Alors dites-nous, depuis combien de temps cette structure est-elle ouverte ?
03:45Bonjour Hugues. Cette classe a été ouverte voilà plus de 10 ans.
03:48Elle était à l'origine une classe délocalisée de l'école du CRM à Ustaritz.
03:53L'enseignant était rattaché à l'école du centre Eroritz à Ustaritz, le personnel d'accompagnement également.
04:00Depuis l'année 2004, cette classe délocalisée a été transformée en UPI, unité pédagogique d'intégration,
04:07devenant indépendante du CRM Eroritz.
04:10D'ailleurs, la personne qui vient aider les jeunes ne fait plus partie du personnel de la caisse primaire d
04:14'assurance maladie,
04:15mais a été recrutée par l'Éducation nationale.
04:18Comment ça fait-il qu'il y ait eu autant de changements ?
04:21En fait, c'est une volonté de l'Éducation nationale d'intensifier le rythme de création des UPI.
04:26Il s'avérait que les classes délocalisées, telles qu'existaient auparavant,
04:30pouvaient être transformées en UPI à peu de frais,
04:33si ce n'est le recrutement de personnel d'accompagnement en dehors du cadre des centres.
04:37Combien en existe-t-il dans le département ?
04:41Environ une dizaine.
04:42En ce moment, combien d'élèves accueillez-vous dans cette classe ?
04:46En ce moment, nous accueillons 10 élèves, c'est-à-dire le maximum,
04:49puisque le maximum des élèves a été fixé par la circulaire du 21 février 2001,
04:54qui codifie le fonctionnement des UPI, et ce maximum est de 10 élèves.
04:58Les inscriptions se déroulent comment pour venir dans cette classe ?
05:02Pour intégrer cette classe, le dossier de l'élève doit passer devant une commission.
05:07Il existe deux types de commissions, soit une CCPE,
05:10qui est une commission de circonscription du prêt élémentaire et élémentaire,
05:13qui va se charger des orientations effectuées entre le primaire et le secondaire,
05:17par exemple d'une CLIS vers une UPI et les CCSD,
05:20qui sont des commissions de circonscription du second degré,
05:22plus spécialement chargées des orientations à l'intérieur du collège.
05:26En venant vous rencontrer pour préparer cette émission,
05:31j'ai remarqué que vos élèves avaient 16 ans, 17 ans.
05:36Alors, jusqu'à quel âge pouvez-vous les accueillir ?
05:39Le texte prévoit un accueil de 11 ans à 16 ans.
05:42Dans les faits, on n'a pas encore d'élèves qui arrivent ici avant 13 ans
05:46et qui repartent souvent après 16, 17, 18, 19, voire 20 ans.
05:51Mais ces prolongations nécessitent une dérogation qui doit être fournie par l'inspecteur d'académie
05:55et qui se justifie par des raisons de retard scolaire ou de poursuite d'apprentissage.
05:59Que faut-il faire comme études pour devenir professeur spécialisé ?
06:07Il faut d'abord passer un concours de professeurs d'école
06:09qui est ouvert aux personnes qui ont un niveau d'études Bac plus 3,
06:12équivalent à une licence, exercée dans une classe ordinaire durant 3 ans,
06:16puis ensuite partir faire une année d'alternance entre formation théorique sur l'IUFM
06:20et les activités pratiques dans une classe.
06:23Cette année d'études en alternance sera suivie d'une année pratique de stage sur une classe
06:27et c'est dans cette classe qu'aura lieu l'examen pratique
06:29que feront passer deux inspecteurs,
06:31dont un inspecteur éducation nationale spécialisée
06:34et des collègues professeurs des écoles spécialisées.
06:36Vous venez de le dire, vous êtes professeur des écoles,
06:40alors comment ça se fait que ce soit vous qui êtes-il choisi
06:45pour vous occuper d'une classe qui se trouve dans un collège
06:50et pas plutôt directement un prof de collège ?
06:54Parce que l'enseignement spécialisé sur les collèges
06:56est une partie réservée aux professeurs des écoles spécialisées,
06:59que ce soit sur les SECPA ou sur les UPI.
07:01Le rôle de l'enseignant spécialisé sur l'UPI
07:04étant de coordonner les actions d'intégration
07:06et également de donner des cours
07:08et de faire acquérir des compétences de cycle 2, cycle 3 voire plus.
07:11Thierry, vous le disiez,
07:13l'une de vos missions est de coordonner
07:16les actions d'intégration de vos élèves
07:19au sein des classes ordinaires.
07:23Justement, je vous propose
07:24le témoignage de Yon, l'un de vos élèves,
07:28et il nous parle de cette question dans son témoignage.
07:35La scolarité à l'UPI, je la vis, très bien, depuis maintenant ça va.
07:39Quand j'étais plus petit ça n'allait pas trop
07:41quand j'étais en primaire à Bayonne.
07:43Mais là depuis que je suis à l'UPI au collège ça va,
07:46j'accepte mon handicap.
07:48Et heureusement qu'il y a l'intégration quand même
07:50pour voir autre chose que les institutions de rééducation.
07:53Je n'ai rien contre.
07:54Mais c'est qu'à force d'y être depuis tout petit
07:57on commence à s'enlacer,
07:58c'est assez étouffant comme milieu.
07:59Les cours en classe ordinaire,
08:02cela me fait sortir de l'UPI un peu,
08:04je rencontre des personnes valides.
08:06L'histoire et tout ça, se passe bien,
08:08j'apprends des choses.
08:09La professeure est sympa,
08:11elle nous aménage les cours,
08:12les autres élèves sont sympas.
08:14Moi, je trouve que c'est une bonne chose l'UPI et tout ça,
08:17cela peut être que du bénéfice.
08:22Voilà pour ce témoignage.
08:24Thierry, j'ai une question qui m'interpelle.
08:27En arrivant il y a quelques jours pour vous rendre visite,
08:32j'ai remarqué que ce collègue n'était pas franchement beaucoup adapté.
08:38Alors, comment ça se fait que votre classe ait été installée dans cet établissement ?
08:45C'est vrai qu'il y a un paradoxe
08:46parce que nous accueillons des élèves à mobilité réduite
08:49alors que le collège n'est pas ou très peu accessible.
08:51En fait, ça s'explique par l'historique de la création de cette classe.
08:55Au départ, seul le collège Jean Rostand s'est montré volontaire
08:59à accueillir cette classe et apporter l'expérience.
09:02C'est pourquoi c'est le collège qui a été choisi.
09:05Il faut dire que nous espérons prochainement des travaux
09:08qui mettront toutes les classes et tous les organismes administratifs
09:11et autres du collège apporter des jeunes à mobilité réduite.
09:13On l'évoquait tout à l'heure, certains de vos élèves ont 16 ans, 17 ans ou même parfois plus.
09:21Alors, pour certains d'entre eux, vous avez commencé à chercher des établissements
09:28type lycée professionnel ou autre.
09:31Oui, le rôle de l'UPI, c'est d'intégrer des jeunes au collège.
09:35Alors, nous veillons à ce que cette intégration ne s'arrête pas à la fin du collège
09:39mais qu'elle se poursuive au-delà.
09:41Nous allons démarcher entre guillemets les lycées ou les organismes
09:44qui peuvent accueillir ces élèves pour qu'ils reçoivent une autre formation.
09:48Si elle peut être plus axée vers le professionnel,
09:51c'est encore mieux pour que cette intégration se poursuive au-delà de la scolarité dans le secondaire.
09:56Merci Thierry d'avoir répondu à mes questions.
10:00Et quant à vous, chers auditeurs, je vous propose le témoignage de Mme Guerra-Gara,
10:06professeure d'histoire-gréo au collège Jean Rostand.
10:10Elle reçoit trois élèves de l'UPI dans sa classe.
10:16Quand M. Delaira m'a annoncé l'intégration de trois garçons de l'UPI
10:20au risque de vous décevoir, je me suis posé des questions très pratiques.
10:25Est-ce que j'aurai assez de tables ?
10:27Combien sont-ils dans cette classe ?
10:30Rien de particulier, exactement la réaction que j'ai lorsque l'administration du collège m'annonce
10:36la venue d'élèves supplémentaires en cours d'année, fuyant la Côte d'Ivoire, par exemple.
10:42Les accueillir est tout simplement naturel.
10:45Je sais que M. Delaira les connaît, et sait quel niveau de collège ils peuvent suivre.
10:50Il y a dix ans déjà, un élève de l'UPI assistait à mes cours, accompagné en permanence de son
10:55auxiliaire de vie,
10:57une jeune femme qui prenait des notes à sa place.
11:00Chacun d'eux est différent, je suis heureuse de voir, qu'ils font des efforts, suivent, progressent, car je ne
11:06les ménage pas.
11:07Ils ont pu constater, que le rythme est rapide en troisième.
11:12Enfin, cela m'amuse de voir, le rituel des salutations et poignées de main, au début et à la fin
11:17de chaque cours.
11:19Les autres élèves, sont contents de les revoir.
11:22J'apprécie aussi leur réaction, leur surprise devant les gamineries de leurs camarades car, ils sont plus mûr qu'eux,
11:29et plus sages.
11:30De mon point de vue, l'intégration est une expérience réussie.
11:34C'est un droit légitime qu'ils ont acquis.
11:37Une interrogation ?
11:39Je n'aurais sans doute pas eu la même réaction, ou le même sentiment,
11:43s'il s'agissait d'intégrer des élèves handicapés sur le plan intellectuel, enfants trisomiques par exemple.
11:51Ainsi se termine cette émission.
11:54Je vous remercie de l'avoir suivie.
11:57A très vite pour un nouveau numéro de Paroles directes.
12:02Sous-titrage Société Radio-Canada
12:02Sous-titrage Société Radio-Canada
12:04Sous-titrage Société Radio-Canada
12:07Sous-titrage Société Radio-Canada
12:13Sous-titrage Société Radio-Canada
12:14Sous-titrage Société Radio-Canada
12:15Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires