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  • il y a 2 semaines
Le mardi 05 octobre 2004, PAROLE DIRECTE consacrait un numéro aux classes U.P.I.
Ces classes sont des Unités Pédagogiques d’Intégration. Elles permettent de scolariser des élèves en situation de handicap.

Thierry DE LA HERA, était mon invité principal. Il est le professeur de l’U.P.I du collège JEAN ROSTAND, à Biarritz.
De plus, d’autres personnes qui côtoient la classe au quotidien, ont apporté leur témoignage, afin d’agrémenter l’émission.

Vous le remarquerez, certains des témoignages sont lus, par une voix synthétique.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:09Bonjour à tous, bonjour à toutes. Bienvenue pour ce nouveau numéro de Parole Directe.
00:16Aujourd'hui, l'émission s'intéresse aux classes UPI, unités pédagogiques d'intégration.
00:23Ces classes permettent de scolariser en milieu scolaire ordinaire des élèves atteints de handicap.
00:31Dans quelques minutes, je recevrai pour répondre à mes questions Thierry Delahera, professeur d'une classe UPI au collège Jean
00:42Rostand de Biarritz.
00:43Mais auparavant, je vous propose de rejoindre Gérard Cazou, principal du collège.
00:53Monsieur Cazou, bonjour, merci beaucoup à vous d'avoir accepté de répondre à mes questions.
00:59Alors, quelle a été votre réaction quand on vous a annoncé que dans le collège que vous alliez diriger se
01:07trouvait une UPI ?
01:08Bonjour Hugues, quand j'ai demandé cet établissement, il y a bientôt deux ans, je savais qu'il y avait
01:13une UPI, je savais aussi qu'il y avait une SEGPA, je savais que c'était un collège, et le
01:18collège doit être le reflet de la vie.
01:21Cette UPI ne m'a posé aucun problème dans la mesure où j'estime que c'est du devoir de
01:25l'éducation nationale et de tous citoyens.
01:28J'ai bien dit de tous citoyens de venir en aide à ceux qui n'ont pas bénéficié des mêmes
01:32chances que les autres et qui ont une forme de handicap ne leur permettant pas de vivre de façon tout
01:36à fait ordinaire.
01:38Le collège doit donner lui aussi son maximum pour faire que leur scolarité soit la plus proche de celle d
01:43'un enfant du même âge qu'eux.
01:44Quel conseil pourriez-vous donner à des directeurs d'école ou des principaux comme vous si jamais ils hésitent à
01:52accueillir des classes spécialisées dans leur loco ?
01:55Je crois que les chefs d'établissement sont des gens suffisamment intelligents, qui feront preuve d'un accueil et d
02:00'une intelligence assez grande, pour faire que dans leur établissement tous les enfants présentant un handicap, et un accueil à
02:06leur forme justement particulière.
02:08Aujourd'hui, ça ne pose plus aucun problème, si ce n'est peut-être dans quelques établissements très particuliers, ou
02:14pour quelques formes de handicap, non compatibles avec une vie en société très facilitée.
02:19Pour ceux qui aident les jeunes comme vous, dans l'établissement scolaire, je crois que ça ne pose pas vraiment
02:24de problème.
02:25Aujourd'hui, il y a quand même des petites choses qu'il faudrait encore améliorer, dans la configuration des locaux.
02:32On vit tous avec un mode de déplacement facilité, sur nos jambes.
02:36On est content de pouvoir monter les escaliers.
02:39On est content de pouvoir les descendre, de sauter.
02:42Mais certains n'ont pas la même chance.
02:45Donc il faut que l'on pense à adapter les locaux à leur mobilité qui parfois est plus limitée que
02:50celle que l'on attend d'un enfant de 10 à 15 ans.
02:53Je crois que la société doit faire un effort pour s'adapter.
02:58Il n'y a pas que l'école qui a besoin de faire des progrès.
03:01Je pense qu'on a tous besoin de travailler dans le même sens, pour permettre à ces jeunes d'avoir
03:07accès au cinéma, à la bibliothèque, au théâtre.
03:10Et pourquoi pas, à certaines installations sportives.
03:14On peut même imaginer des adaptations pour qu'ils aillent en piscine.
03:19Nous sommes à présent en liaison avec Thierry Delaira, le professeur de la classe UPI du collège Jean-Rostand de
03:29Biarritz.
03:30Il nous répond depuis sa salle de classe.
03:33Thierry, bonjour.
03:34Merci beaucoup à vous d'avoir accepté mon invitation.
03:39Alors dites-nous, depuis combien de temps cette structure est-elle ouverte ?
03:45Bonjour Hugues. Cette classe a été ouverte voilà plus de 10 ans.
03:48Elle était à l'origine une classe délocalisée de l'école du CRM à Ustaritz.
03:53L'enseignant était rattaché à l'école du centre Eroritz à Ustaritz, le personnel d'accompagnement également.
04:00Depuis l'année 2004, cette classe délocalisée a été transformée en UPI, unité pédagogique d'intégration,
04:07devenant indépendante du CRM Eroritz.
04:10D'ailleurs, la personne qui vient aider les jeunes ne fait plus partie du personnel de la caisse primaire d
04:14'assurance maladie,
04:15mais a été recrutée par l'Éducation nationale.
04:18Comment ça fait-il qu'il y ait eu autant de changements ?
04:21En fait, c'est une volonté de l'Éducation nationale d'intensifier le rythme de création des UPI.
04:26Il s'avérait que les classes délocalisées, telles qu'existaient auparavant,
04:30pouvaient être transformées en UPI à peu de frais,
04:33si ce n'est le recrutement de personnel d'accompagnement en dehors du cadre des centres.
04:37Combien en existe-t-il dans le département ?
04:41Environ une dizaine.
04:42En ce moment, combien d'élèves accueillez-vous dans cette classe ?
04:46En ce moment, nous accueillons 10 élèves, c'est-à-dire le maximum,
04:49puisque le maximum des élèves a été fixé par la circulaire du 21 février 2001,
04:54qui codifie le fonctionnement des UPI, et ce maximum est de 10 élèves.
04:58Les inscriptions se déroulent comment pour venir dans cette classe ?
05:02Pour intégrer cette classe, le dossier de l'élève doit passer devant une commission.
05:07Il existe deux types de commissions, soit une CCPE,
05:10qui est une commission de circonscription du prêt élémentaire et élémentaire,
05:13qui va se charger des orientations effectuées entre le primaire et le secondaire,
05:17par exemple d'une CLIS vers une UPI et les CCSD,
05:20qui sont des commissions de circonscription du second degré,
05:22plus spécialement chargées des orientations à l'intérieur du collège.
05:26En venant vous rencontrer pour préparer cette émission,
05:31j'ai remarqué que vos élèves avaient 16 ans, 17 ans.
05:36Alors, jusqu'à quel âge pouvez-vous les accueillir ?
05:39Le texte prévoit un accueil de 11 ans à 16 ans.
05:42Dans les faits, on n'a pas encore d'élèves qui arrivent ici avant 13 ans
05:46et qui repartent souvent après 16, 17, 18, 19, voire 20 ans.
05:51Mais ces prolongations nécessitent une dérogation qui doit être fournie par l'inspecteur d'académie
05:55et qui se justifie par des raisons de retard scolaire ou de poursuite d'apprentissage.
05:59Que faut-il faire comme études pour devenir professeur spécialisé ?
06:07Il faut d'abord passer un concours de professeurs d'école
06:09qui est ouvert aux personnes qui ont un niveau d'études Bac plus 3,
06:12équivalent à une licence, exercée dans une classe ordinaire durant 3 ans,
06:16puis ensuite partir faire une année d'alternance entre formation théorique sur l'IUFM
06:20et les activités pratiques dans une classe.
06:23Cette année d'études en alternance sera suivie d'une année pratique de stage sur une classe
06:27et c'est dans cette classe qu'aura lieu l'examen pratique
06:29que feront passer deux inspecteurs,
06:31dont un inspecteur éducation nationale spécialisée
06:34et des collègues professeurs des écoles spécialisées.
06:36Vous venez de le dire, vous êtes professeur des écoles,
06:40alors comment ça se fait que ce soit vous qui êtes-il choisi
06:45pour vous occuper d'une classe qui se trouve dans un collège
06:50et pas plutôt directement un prof de collège ?
06:54Parce que l'enseignement spécialisé sur les collèges
06:56est une partie réservée aux professeurs des écoles spécialisées,
06:59que ce soit sur les SECPA ou sur les UPI.
07:01Le rôle de l'enseignant spécialisé sur l'UPI
07:04étant de coordonner les actions d'intégration
07:06et également de donner des cours
07:08et de faire acquérir des compétences de cycle 2, cycle 3 voire plus.
07:11Thierry, vous le disiez,
07:13l'une de vos missions est de coordonner
07:16les actions d'intégration de vos élèves
07:19au sein des classes ordinaires.
07:23Justement, je vous propose
07:24le témoignage de Yon, l'un de vos élèves,
07:28et il nous parle de cette question dans son témoignage.
07:35La scolarité à l'UPI, je la vis, très bien, depuis maintenant ça va.
07:39Quand j'étais plus petit ça n'allait pas trop
07:41quand j'étais en primaire à Bayonne.
07:43Mais là depuis que je suis à l'UPI au collège ça va,
07:46j'accepte mon handicap.
07:48Et heureusement qu'il y a l'intégration quand même
07:50pour voir autre chose que les institutions de rééducation.
07:53Je n'ai rien contre.
07:54Mais c'est qu'à force d'y être depuis tout petit
07:57on commence à s'enlacer,
07:58c'est assez étouffant comme milieu.
07:59Les cours en classe ordinaire,
08:02cela me fait sortir de l'UPI un peu,
08:04je rencontre des personnes valides.
08:06L'histoire et tout ça, se passe bien,
08:08j'apprends des choses.
08:09La professeure est sympa,
08:11elle nous aménage les cours,
08:12les autres élèves sont sympas.
08:14Moi, je trouve que c'est une bonne chose l'UPI et tout ça,
08:17cela peut être que du bénéfice.
08:22Voilà pour ce témoignage.
08:24Thierry, j'ai une question qui m'interpelle.
08:27En arrivant il y a quelques jours pour vous rendre visite,
08:32j'ai remarqué que ce collègue n'était pas franchement beaucoup adapté.
08:38Alors, comment ça se fait que votre classe ait été installée dans cet établissement ?
08:45C'est vrai qu'il y a un paradoxe
08:46parce que nous accueillons des élèves à mobilité réduite
08:49alors que le collège n'est pas ou très peu accessible.
08:51En fait, ça s'explique par l'historique de la création de cette classe.
08:55Au départ, seul le collège Jean Rostand s'est montré volontaire
08:59à accueillir cette classe et apporter l'expérience.
09:02C'est pourquoi c'est le collège qui a été choisi.
09:05Il faut dire que nous espérons prochainement des travaux
09:08qui mettront toutes les classes et tous les organismes administratifs
09:11et autres du collège apporter des jeunes à mobilité réduite.
09:13On l'évoquait tout à l'heure, certains de vos élèves ont 16 ans, 17 ans ou même parfois plus.
09:21Alors, pour certains d'entre eux, vous avez commencé à chercher des établissements
09:28type lycée professionnel ou autre.
09:31Oui, le rôle de l'UPI, c'est d'intégrer des jeunes au collège.
09:35Alors, nous veillons à ce que cette intégration ne s'arrête pas à la fin du collège
09:39mais qu'elle se poursuive au-delà.
09:41Nous allons démarcher entre guillemets les lycées ou les organismes
09:44qui peuvent accueillir ces élèves pour qu'ils reçoivent une autre formation.
09:48Si elle peut être plus axée vers le professionnel,
09:51c'est encore mieux pour que cette intégration se poursuive au-delà de la scolarité dans le secondaire.
09:56Merci Thierry d'avoir répondu à mes questions.
10:00Et quant à vous, chers auditeurs, je vous propose le témoignage de Mme Guerra-Gara,
10:06professeure d'histoire-gréo au collège Jean Rostand.
10:10Elle reçoit trois élèves de l'UPI dans sa classe.
10:16Quand M. Delaira m'a annoncé l'intégration de trois garçons de l'UPI
10:20au risque de vous décevoir, je me suis posé des questions très pratiques.
10:25Est-ce que j'aurai assez de tables ?
10:27Combien sont-ils dans cette classe ?
10:30Rien de particulier, exactement la réaction que j'ai lorsque l'administration du collège m'annonce
10:36la venue d'élèves supplémentaires en cours d'année, fuyant la Côte d'Ivoire, par exemple.
10:42Les accueillir est tout simplement naturel.
10:45Je sais que M. Delaira les connaît, et sait quel niveau de collège ils peuvent suivre.
10:50Il y a dix ans déjà, un élève de l'UPI assistait à mes cours, accompagné en permanence de son
10:55auxiliaire de vie,
10:57une jeune femme qui prenait des notes à sa place.
11:00Chacun d'eux est différent, je suis heureuse de voir, qu'ils font des efforts, suivent, progressent, car je ne
11:06les ménage pas.
11:07Ils ont pu constater, que le rythme est rapide en troisième.
11:12Enfin, cela m'amuse de voir, le rituel des salutations et poignées de main, au début et à la fin
11:17de chaque cours.
11:19Les autres élèves, sont contents de les revoir.
11:22J'apprécie aussi leur réaction, leur surprise devant les gamineries de leurs camarades car, ils sont plus mûr qu'eux,
11:29et plus sages.
11:30De mon point de vue, l'intégration est une expérience réussie.
11:34C'est un droit légitime qu'ils ont acquis.
11:37Une interrogation ?
11:39Je n'aurais sans doute pas eu la même réaction, ou le même sentiment,
11:43s'il s'agissait d'intégrer des élèves handicapés sur le plan intellectuel, enfants trisomiques par exemple.
11:51Ainsi se termine cette émission.
11:54Je vous remercie de l'avoir suivie.
11:57A très vite pour un nouveau numéro de Paroles directes.
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