00:10Bonjour à tous, bonjour à toutes, heureux de vous retrouver pour ce tout nouveau numéro de Parole Direct.
00:17Dans cette émission, je recevrai un ou plusieurs invités qui me parleront de leur passion, de leur métier ou encore
00:26de leur projet.
00:27Et cette semaine, je reçois pour cette première Guy Jimenez, un auteur de roman pour la jeunesse.
00:35Il nous répondra depuis le collège Jean Rostand de Biarritz, où il travaille depuis ce matin à l'élaboration d
00:45'un roman de science-fiction,
00:47avec des jeunes de classe UPI, unité pédagogique d'intégration, mais aussi des élèves de SECPA, section d'enseignement professionnel
00:59adapté.
01:00Mais tout de suite, avant de le rejoindre, je vous propose d'entendre le témoignage de Yon, l'un des
01:08élèves de la classe UPI,
01:10qui nous explique ce qu'il pense de ce projet d'écriture.
01:19Je trouve que le projet d'écriture, c'est bien parce que cela nous ouvre des portes vers la littérature.
01:25Et je pense qu'on fait des progrès au CNED quand on a des rédactions ou des dictées.
01:29Enfin, ça ne m'a pas empêché d'avoir un 0 sur 10 en dictée.
01:33Mais je trouve que ça permet de voir la SECPA une classe avec qui on fait ensemble un livre.
01:38Je trouve que c'est bien.
01:39J'espère qu'on fera ça l'année prochaine.
01:46Voilà de retour sur le plateau de Parole Directe.
01:51Nous sommes à présent en liaison avec Guy Gimenez,
01:55qui vient de terminer sa première séance de travail avec les jeunes auteurs en herbe.
02:02Guy Gimenez, bonjour.
02:03Merci à vous d'accepter de répondre à mes questions pendant quelques minutes.
02:09Alors, dites-moi un petit peu, qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire ?
02:14Oui, bonjour d'abord.
02:16Comment m'est venue l'envie d'écrire ?
02:18Je pense vraiment que c'est par la lecture.
02:20C'est le fait d'avoir lu des histoires, d'avoir lu des livres qui m'a donné envie d
02:25'écrire.
02:25Voilà, je crois que c'est d'abord ça.
02:26J'ai lu avant de vous rencontrer le livre La Protestation, un livre que vous avez déjà écrit il y
02:35a quelques années maintenant.
02:37Ce livre vous avait permis de recevoir le prix du ministère de la Jeunesse et des Sports.
02:45Je voulais savoir qu'est-ce que ce prix représente pour vous ?
02:49Oui, c'est vrai que c'est un prix que j'ai reçu il y a déjà une dizaine d
02:53'années.
02:53C'était en 1992, je crois, une douzaine d'années déjà.
02:58Pour moi, c'était vraiment quelque chose de très important parce que la caractéristique de ce prix, c'est qu
03:05'il a été remis non pas à des livres, mais à des manuscrits.
03:09Et donc, j'avais écrit une histoire que j'ai envoyée comme ça, sans qu'elle soit éditée, un concours
03:16sur manuscrits.
03:16Et même, on ne mettait pas vraiment son nom, on mettait un pseudonyme et donc il n'y avait pas
03:21du coup de raison commerciale.
03:23Est-ce que ce serait bien d'éditer ce livre ou pas ?
03:25On jugeait vraiment un texte et donc le jury a estimé cette année-là que La Protestation était un bon
03:33manuscrit.
03:35Voilà, et ça m'a vraiment, vraiment beaucoup touché.
03:38Et puis, j'ai eu la chance que le manuscrit soit édité l'année d'après et c'est vraiment
03:42pour moi un souvenir important.
03:44Une espèce de reconnaissance qui m'a fait très plaisir, surtout pour un livre qui me tenait beaucoup à cœur,
03:50qui me tient toujours à cœur d'ailleurs, même dix ans après.
03:53Quand je l'ai lu, moi, ce livre m'a beaucoup fait penser au journal d'Anne Franck.
04:00Alors, comment est né ce livre ? Dites-moi en quelques mots.
04:03Oui, je pense, d'abord, ça me touche que tu l'aies lu en ayant un sentiment comme ça de
04:08quelque chose de vrai, comme si c'était une espèce de témoignage, comme pouvait l'être le journal d'un
04:14enfant.
04:15Il n'y a pas du tout dans mon livre cette dimension autobiographique.
04:18C'est vraiment un roman, c'est vraiment une fiction, mais en même temps, elle est quand même nourrie de
04:23choses qui sont très personnelles.
04:25Je ne sais pas comment dire ça en peu de mots, c'est difficile, mais moi, par exemple, j'ai
04:30vécu jusqu'à l'âge de neuf ans en Algérie.
04:32Je suis né en Algérie à un moment où il y avait la guerre d'Algérie et je crois que
04:37j'ai été marqué par des ambiances d'insécurité comme ça, de peur, de violence, de choses.
04:44Dans le village où j'étais, il y avait des enlèvements, il y avait des attentats et c'est quelque
04:48chose qui, quand on est enfant, qui marque beaucoup.
04:51Et l'histoire que j'ai racontée dans la protestation, elle trouve un peu une origine là-dedans, avec la
04:58disparition de ce père.
05:00Et puis, j'ai mélangé ça aussi avec quelque chose que j'ai connu beaucoup plus tard.
05:04C'était quand j'avais une vingtaine d'années et qui est le moment où, au Chili, le général Pinochet
05:10a pris le pouvoir pour instaurer une dictature militaire.
05:13Et donc, j'ai un petit peu traité comme ça de la violence, de la non-violence.
05:19Ce sont des thèmes qui me tiennent à cœur comme ça.
05:24Par le biais d'un roman, je pense qu'on peut exprimer des fois un peu des émotions, des ressentis,
05:30puis quelquefois aussi des idées qu'on peut avoir sur tout ça.
05:34Donc, je ne sais pas comment répondre autrement.
05:38Enfin, il y aurait beaucoup d'autres choses à dire, mais bon, voilà.
05:40Je le disais en ouvrant cette émission tout à l'heure, vous êtes actuellement au Collège Jean-Rostand de Biarritz.
06:02Je crois que c'est précisément ça, c'est faire partager ma passion pour l'écriture.
06:07C'est exactement ça.
06:08Je crois que quand on écrit, en tout cas moi, mais bon, je pense que c'est vraiment le propre
06:13de beaucoup d'écrivains,
06:15on est dans son coin, on est seul entre ces quatre murs, on écrit ses textes et bon, on a
06:20la chance qu'ils soient publiés,
06:22les livres existent, mais à l'autre bout, qu'est-ce qui se passe ?
06:26Et donc là, moi, ça me permet de rencontrer à l'autre bout de la chaîne, si on peut dire,
06:30les lecteurs,
06:31et puis d'avoir des réactions par rapport aux textes écrits.
06:35Et puis, voilà, je trouve que c'est important de sortir un peu de sa tour d'ivoire.
06:40Quand on est écrivain, c'est aussi bien d'aller dans la vie réelle et puis de rencontrer son public
06:45un petit peu, ses lecteurs, voilà.
06:48Et puis bon, le fait, ce matin, un des premiers gestes que vous avez eu dans la classe, c'est
06:52de me donner un texte qui a été écrit l'an dernier,
06:55un livre que vous avez écrit grâce à l'aide de Philippe Barbeau, un écrivain qui est intervenu comme moi
07:01j'interviens cette année.
07:02Et je trouve que c'est formidable d'avoir abouti à un résultat concret comme ça, qui est présent de
07:09bien, qui est agréable,
07:10derrière lequel on sent qu'il y a eu beaucoup de travail, en même temps beaucoup de passion et de
07:16plaisir.
07:17C'est le plus important.
07:18Donc, selon vous, le premier contact avec les élèves s'est bien passé ?
07:24Ben oui, selon moi, oui, mais c'est toujours un peu difficile les débuts parce que comment faire naître ?
07:31C'est émouvant d'être au début d'une histoire qui reste embryonnaire comme ça.
07:35Il y a tellement d'idées différentes qui peuvent même être un peu opposées.
07:40Alors, on essaye de trouver ensemble comment dégager un début d'histoire, comment se lancer vraiment dans l'écriture concrète.
07:47C'est toujours des moments un peu délicats et un petit peu fragiles comme ça, mais j'ai le sentiment
07:53que ça s'est bien passé ce matin.
07:55Merci beaucoup, Guy Jimenez, d'avoir répondu à mes questions.
08:00Quant à vous, chers auditeurs, je vous propose de poursuivre cette émission avec le message de Gratienne Pardon,
08:09professeure de français de la classe de SECPA, l'une des instigatrices de ce projet.
08:16Elle nous explique comment il est né.
08:23Cela fait maintenant 4 ans que j'enseigne à la SECPA du Collège Jean Rostand, section d'enseignement général professionnel
08:30adapté.
08:31Lorsque j'y suis arrivé, la collègue que je remplaçais avait reçu dans sa classe l'année scolaire précédente un
08:38auteur de littérature de jeunesse,
08:40djiyad d'Arluish, avec lequel les élèves avaient découvert ses propres contes arabes, avaient été initiés à la calligraphie arabe
08:47et avaient écrit leurs contes.
08:49L'intervention de cet auteur avait été possible grâce à une association biarrote, jeune en lettres, qui n'existe malheureusement
08:56plus aujourd'hui.
08:57Ma collègue parlait du projet avec enthousiasme et m'affirmait que cela avait particulièrement bien fonctionné.
09:04J'ai trouvé le principe très attrayant. Il m'a semblé que ce serait une bonne idée de poursuivre ce
09:10qu'elle avait commencé.
09:11Ainsi, 4 auteurs se sont succédés, dans ma classe et dans celle de l'UPI.
09:16Les élèves de l'UPI nous ayant rejoint la deuxième année.
09:20Chantal Golovine pour écrire de la poésie, Guillaume Guéraud pour le fantastique,
09:24Philippe Barbeau pour le policier, et cette année, Guy Jimnès pour la science-fiction.
09:284 types d'écrit bien distincts
09:31Mettre en place un projet d'écriture n'est pas franchement simple.
09:35Il faut particulièrement s'investir dans sa préparation pour que ses effets puissent être notables.
09:40Pour commencer, faire venir un auteur reconnu et publier son propre livre à un coût.
09:45De plus, il faut aussi toute la bibliographie de l'auteur et un livre par élève.
09:51En fait, un tel projet nécessite environ 3000 euros.
09:54Pour obtenir une telle somme à la fin de l'année, pour l'année suivante,
09:59il est nécessaire de constituer un projet qui fera partie du projet d'établissement
10:03et qui sera soumis à une décision favorable ou non,
10:06qui lui permettra de percevoir des subventions ou non,
10:09par divers organismes, l'Éducation nationale, le Conseil général
10:13et la DRAC, Direction des affaires culturelles.
10:17Ce projet annonce les partenaires culturels.
10:19En ce qui nous concerne, il est nécessaire de mentionner qu'un libraire de Biarritz nous parraine,
10:24donne un descriptif de l'action, les objectifs généraux et spécifiques,
10:28les modalités de mise en œuvre et le budget prévisionnel.
10:32Cependant, il faut aussi noter que sans un travail d'équipe des professeurs sur le terrain,
10:37rien n'est possible.
10:38Travailler en projet permet d'accroître la motivation des élèves
10:41et de donner un sens à ce qui est demandé et produit.
10:44Aussi, un tel projet permet de vivre avec les élèves de merveilleux moments
10:48que ni eux, ni nous, les professeurs, nous n'oublierons.
10:52Entre nous, qui a déjà eu la possibilité de publier un livre dont il a été un des auteurs ?
10:58Qui a déjà rencontré des auteurs de littérature de jeunesse dans de telles conditions ?
11:08Et bien voilà, chers auditeurs, cette émission touche à présent à sa fin.
11:14Je vous retrouve très vite pour un nouveau numéro de Parole Direct.
11:18A très bientôt !
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