00:00Ça ne peut pas être un manque de moyens, pour une raison très simple.
00:06Les signalements se sont succédés.
00:11Quand la fameuse plainte de 2005 a été déposée,
00:14il fallait aller une demi-heure maximum pour consulter le document du traitement des affaires judiciaires.
00:24Il fallait cinq minutes pour consulter Cassiopée, dix minutes.
00:29Là, Cassiopée, c'est le document qui renferme tous les signalements relatifs à des infractions sexuelles.
00:37N'importe quel gendarme, même le plus assommé par son képi,
00:41aurait vu que le personnage en question était signalé à plusieurs reprises
00:46et qu'il fallait en conséquence, ne serait-ce que pour le freiner,
00:51ce que tous les spécialistes savent, une convocation,
00:53elle n'arrête pas, bien sûr, le passage à l'acte,
00:56mais elle peut le retarder, elle peut le freiner, elle peut le diminuer.
01:00Or, ça n'a pas été fait.
01:02Deux hypothèses.
01:03Ou ils n'ont pas examiné les documents, ce qui est grave,
01:08ou si les gens examinaient, ils n'en ont pas tiré les conséquences,
01:11ce qui est encore plus grave.
01:13Donc, qu'on n'aille pas me chanter le manque de moyens, là.
01:16C'est un choix.
01:17C'est un choix de négligence.
01:18Je suis désolé.
01:20Et si je peux me permettre d'ajouter,
01:22ce n'est pas aux ministres de la Justice de présenter ces excuses.
01:25C'est aux procureurs d'Oche et aux gendarmes de la brigade en charge de l'affaire.
01:31C'est eux qui doivent s'excuser.
01:33Parce qu'ils n'ont pas fait le boulot.
01:35Eux, pas les autres.
01:36Pas tous les gendarmes, pas tous les magistrats.
01:38Eux, sur ce coup-là, ils n'ont pas fait leur travail.
01:41Les parents de la petite fille peuvent se dire que
01:43si quelque part un procureur ou un gendarme ou un substitut
01:47avaient fait son travail,
01:49la petite fille ne serait pas morte.
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