Passer au playerPasser au contenu principal
[#Reportage] Conseiller un président sans connaître le Gabon : le risque d’une gouvernance hors-sol


́
📲066441717 📞011775663

📬
contact@gabonmediatime.com

̂ :

🔗 https://lc.cx/9dgPhl

🇬🇦 — ’ ’

#GMT
#Gabon
#10ansGMT

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Derrière chaque décision présidentielle se cache un travail discret de préparation, d'analyse et de conseil.
00:08Mais une question fondamentale mérite d'être posée.
00:11Peut-on efficacement conseiller le président de la République sans connaître intimement le Gabon,
00:16ses réalités, ses territoires et ses populations ?
00:20Dans un pays où les fractures territoriales, sociales et économiques sont nombreuses,
00:24le Conseil stratégique ne peut se réduire à une expertise technique.
00:28Il suppose une connaissance profonde du terrain.
00:32Gouverner est un exercice de décision.
00:34Conseiller est un exercice de responsabilité.
00:36Entre les deux, existe une relation de confiance qui peut influencer durablement les choix d'un chef d'État.
00:42C'est pourquoi les femmes et les hommes qui entourent le président de la République
00:45n'ont pas seulement pour mission de produire des notes ou de rédiger des discours.
00:50Ils sont censés traduire la réalité du pays afin que les décisions prises au sommet de l'État
00:55répondent aux attentes réelles des citoyens.
00:57Or, cette mission devient presque impossible lorsque le conseiller connaît davantage les tableaux Excel
01:02que les pistes rurales, davantage les rapports administratifs que les villages,
01:07davantage les réseaux sociaux que les marchés, les dispensaires, les écoles ou les exploitations agricoles.
01:13Car un pays ne se gouverne pas uniquement à travers des statistiques,
01:16il se gouverne à partir de ce que vivent quotidiennement ses habitants.
01:20Connaître le Gabon ne consiste pas à pouvoir citer ses neuf provinces
01:24ou à maîtriser les indicateurs macroéconomiques.
01:27C'est comprendre pourquoi une mesure pensée à Libreville peut devenir inapplicable
01:31à Mivoul, à Mayumba, à Mbigu, à Makuku ou à Lebamba.
01:36C'est savoir qu'un problème d'accès à l'eau ne se présente pas de la même manière à
01:39Akanda
01:40qu'un dindie que les réalités économiques d'Ovando diffèrent de celles de la Stourville ou de Mekambo.
01:46Les meilleurs conseillers sont souvent ceux qui ont parcouru le pays.
01:49Échanger avec les élus locaux, discuter avec les commerçants, les agriculteurs,
01:53les enseignants, les transporteurs, les chefs traditionnels et les jeunes.
01:58Ils savent que les réalités administratives ne coïncident pas toujours avec les réalités humaines.
02:03À l'inverse, un conseiller qui ne connaît le Gabon qu'à travers des présentations PowerPoint
02:07ou des synthèses administratives risque de construire des politiques publiques hors sol.
02:13Les décisions deviennent alors techniquement cohérentes, mais socialement déconnectées.
02:18Conseil et le président de la République supposent également de comprendre les Gabonaises et les Gabonais.
02:22Leurs attentes, leurs peurs, leurs espoirs, leurs habitudes,
02:27leur rapport à l'administration, à l'État, à la famille, au travail ou encore à la tradition.
02:32Les politiques publiques échouent rarement parce qu'elles sont juridiquement mal rédigées.
02:36Elles échouent bien plus souvent parce qu'elles sont pensées sans intégrer les comportements sociaux qu'elles prétendent transformer.
02:43Comprendre le pays, c'est aussi comprendre ses sensibilités.
02:46Une même décision peut être perçue comme une avancée dans une province et comme une injustice dans une autre.
02:52Cette intelligence du terrain ne s'improvise pas.
02:55Elle s'acquiert par l'écoute, la présence et l'expérience.
02:59Il serait évidemment injuste de poser les techniciens aux hommes de terrain.
03:03Un État moderne a besoin d'économistes, de juristes, d'ingénieurs, de communicants, de spécialistes des politiques publiques.
03:09Mais cette expertise ne peut produire pleinement ses effets que lorsqu'elle est mise au service d'une connaissance intime
03:15du pays.
03:15Le risque, dans le cas contraire, est de construire une gouvernance enfermée dans les bureaux,
03:20persuadée que les indicateurs traduisent fidèlement la réalité.
03:23Or, les chiffres mesurent une situation.
03:26Ils n'expliquent pas toujours les raisons profondes qui la produisent.
03:29Un conseiller peut posséder les meilleurs diplômes, avoir fréquenté les plus grandes institutions internationales
03:36ou maîtriser les techniques les plus avancées de gestion publique.
03:39S'il ignore comment vivent les populations qu'il prétend servir, son expertise restera incomplète.
03:45Le Gabon entre dans une nouvelle étape de son histoire institutionnelle.
03:48Les défis économiques, sociaux et territoriaux exigent des décisions justes, mais surtout adaptées.
03:55Pour y parvenir, le président de la République doit pouvoir compter sur des collaborateurs
03:59qui ne connaissent pas seulement les mécanismes de l'État, mais également le pays lui-même.
04:05Car au fond, la première qualité d'un conseiller n'est pas seulement d'être compétent,
04:09c'est de comprendre profondément la nation pour laquelle il conseille, celui qui la dirige.

Recommandations