00:00Revenons Madame la Ministre à la situation en Gironde.
00:04Un responsable du syndicat Sud, sapeur-pompier ce matin, Rémi Chabou, me disait
00:10quand la population s'organise d'elle-même, c'est qu'elle a perdu confiance en l'État.
00:15Et je vais vous proposer aussi une séquence, on va écouter, Emmanuel Macron était à Bordeaux,
00:20il a échangé avec les secours, avec les pompiers,
00:24il a été interpellé par le directeur départemental de la protection des forêts.
00:29La fameuse DFCI.
00:31Et M. Laffont, il va lui dire peut-être ce que pensent des millions de Français,
00:35je ne suis pas sûr qu'il interpelle Emmanuel Macron,
00:39vous allez l'entendre, il va dire à un moment il faut arrêter de parler.
00:42Mais il ne dit pas ça à Emmanuel Macron, il dit peut-être ça à tous ces hommes politiques
00:47qui ont peur des associations, des lobbies, des partis d'une gauche radicale,
00:54d'une écologie radicale qui empêchent des mesures de bon sens
00:58pour protéger nos terres et protéger nos agriculteurs.
01:02Écoutez cette séquence.
01:03De toute façon, je partage totalement cette philosophie, on ne peut pas rester avec les mêmes techniques,
01:07les mêmes références.
01:09On l'a fait sur d'autres endroits et on sait qu'il faut le faire, il faut arrêter de
01:13parler.
01:13Non, mais il faut que les gens qui ont beaucoup, beaucoup résisté,
01:17se rendent compte que, en effet, les choses ont changé.
01:21Exactement.
01:21Et qu'ils acceptent.
01:22On ne vit pas dans le même monde.
01:23Non.
01:24On ne vit pas dans le même monde, je ne suis pas parisien, lui a-t-il dit.
01:28Corinne Lepage, d'ailleurs, est-ce que vous avez été convaincu hier par les prises de parole du président de
01:34la République ?
01:37Certains pompiers ont dénoncé un autosatisfait site du président,
01:41alors qu'en image, on voit bien que les pompiers manquent de tout, manquent de moyens, manquent de bras,
01:47mais ils ne manquent pas de courage.
01:48Ça, c'est une certitude.
01:49C'est sûr, mais vous savez, quand vous êtes...
01:52Non pas que je veuille...
01:54Excusez Emmanuel Macron, je ne suis pas un grand soutien d'Emmanuel Macron.
01:58Mais quand vous êtes président de la République,
02:01et j'ai entendu le même exercice de M. Nunez à la télévision il y a trois jours,
02:05c'est très difficile de venir dire, ben oui, je reconnais,
02:08il n'y a pas les moyens qu'il faut là où il faut,
02:09on n'a pas mis l'argent qu'il fallait là où il fallait, etc., etc.
02:13Vous avez tendance à défendre votre action, je dirais que c'est humain,
02:16ce n'est pas pour ça que c'est convaincant.
02:19Qu'est-ce qui a manqué pour qu'on fasse de la protection civile ?
02:25C'est le régalien quand même.
02:27De la protection civile, une priorité des priorités, une priorité absolue ?
02:33Parce que vous savez comment qu'il y a beaucoup de priorités absolues ?
02:36Vous avez la défense, dont on voit qu'on a vraiment besoin.
02:42Vous avez effectivement la sécurité civile, vous avez la police,
02:45vous avez tout ce qui est régalien.
02:47En fait, tout ce qui est régalien en France se porte très mal,
02:50parce qu'il n'y a plus les moyens qu'il faut par rapport aux besoins que nous avons.
02:55Et il est tout à fait clair qu'il va bien falloir faire des priorités
02:58dans les budgets de l'État qui vont venir.
03:00La sécurité civile, vous avez raison, est une priorité absolue.
03:04Mais la défense aussi, puisqu'on a sécurisé toute une loi de programmation.
03:12Donc celle-là, elle va être suivie.
03:15Je ne vous fais pas de dessin sur ce qui se passe dans l'éducation nationale.
03:18Ce n'est pas forcément une question d'argent, d'ailleurs,
03:20mais c'est plutôt une question d'argent,
03:25parce que si on payait nos enseignants un peu mieux,
03:27peut-être qu'ils feraient autrement que ce qu'ils font aujourd'hui.
03:31Mais je dirais que c'est dans tous nos secteurs,
03:36régalien et service public, que les choses ne vont absolument plus,
03:39parce qu'on n'a pas les moyens à mettre en face, en réalité.
03:41Vous dites que c'est une question de moyens.
03:43Pardonnez-moi, les milliards, on peut en avoir.
03:45Ça ne va pas vous plaire, mais l'ADEME,
03:47moi je réduirais un peu le budget de l'ADEME pour le donner.
03:50Oui et non, parce que vous voyez, l'ADEME, qu'est-ce qu'elle fait ?
03:54Elle finance quoi l'ADEME ?
03:55Elle va financer des opérations
03:58qui permettent précisément de conserver de la biodiversité
04:02là où on a besoin,
04:03d'entretenir les cours d'eau,
04:06de développer des technologies industrielles
04:09beaucoup plus performantes,
04:11de faire de l'économie circulaire,
04:13ce qui permet d'assurer mieux la souveraineté nationale, etc.
04:17Alors qu'elle évite de communiquer,
04:19Madame la Ministre, sur l'ombre de ton slip,
04:21cette opération qui était grotesque et qui vient décrédibiliser.
04:28Je vous l'accorde, je vous l'accorde.
04:31Je vous l'accorde que c'était mal venu, je vous l'accorde.
04:35Mais on a absolument besoin de se transformer.
04:38C'est toute notre économie qui a besoin de se transformer.
04:42Si on veut sortir du faux slip,
04:45bien sûr qu'il faut une autre énergie,
04:47mais il y a beaucoup d'autres sujets qui vont avec.
04:52Moi, je suis un grand défenseur peut-être de quelque chose
04:55sur lequel vous ne parlez pas beaucoup sur Europe 1,
04:57mais qui est vraiment très important,
04:58ce qu'on appelle l'économie circulaire,
05:00qui consiste en fait à assurer notre souveraineté nationale
05:03en récupérant les matières premières qu'on n'a pas sur notre sol.
05:06C'est extrêmement important.
05:08Vous voyez, ça c'est des choses.
05:11En fait, il faut arrêter de voir l'environnement pour l'environnement.
05:16Moi, je vois l'environnement, j'écris dans mon bouquin.
05:18Pour la santé, pour l'avenir.
05:20La santé d'abord.
05:21C'est d'abord la santé.
05:23Et à partir de la santé, on remonte la chaîne d'écho de la santé.
05:26C'est qu'est-ce que je bois, qu'est-ce que je mange, qu'est-ce que je respire.
05:28Et on se rend compte très vite que ce que je peux faire moi à un niveau individuel,
05:34ça ne va pas très loin.
05:36Et que si le régalien ne suit pas, je ne vais pas aller très loin.
05:40Et ainsi de suite.
05:41Madame la ministre, un grand merci.
05:43Corinne Lepage, qui était notre invitée,
05:46ministre de la Transition écologique,
05:47qui a publié le 25 juin 2026 aux éditions Tracte chez Gallimard
05:52le discrédit écologique ou comment sortir du backlash.
05:56C'est quoi le backlash ?
05:58Le backlash, c'est le retour en arrière.
06:00Ah oui, dis donc, en gros français.
06:03Voilà.
06:03C'est comme ça que ça s'appelle.
06:05Le retour en arrière.
06:06Merci, madame la ministre.
06:08Je vous en prie.
06:09Avec vous.