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00:04Musique
00:13Bienvenue dans Destin d'entrepreneur, le magazine qui met en lumière les bâtisseurs de l'Afrique d'aujourd'hui et
00:19de demain.
00:20Nous sommes à la Village Eiffel et notre invité d'aujourd'hui est très spécial.
00:25Il travaillait pour l'un des plus grands cabinets de conseil au monde et un jour, il décide de tout
00:30quitter, reprendre ses études et se consacrer à la cybersécurité.
00:34En 2019, il crée CyberOps, l'un des premiers observatoires sur la cybersécurité en Afrique francophone.
00:41Puis en 2021, le CyberAfrica Forum qui est devenu depuis l'un des rendez-vous incontournables des décideurs publics et
00:49privés sur toutes les questions des défis numériques du continent.
00:52Il est récompensé en 2024 par le gouvernement ivoirien pour sa contribution au numérique national.
00:59Mon invité est de ceux qui pensent que la sécurité est l'une des conditions sine qua non pour la
01:04gouvernance et la souveraineté.
01:06Je vous demande d'accueillir aujourd'hui Franck Kier.
01:09Bonjour Franck, merci infiniment d'être avec nous aujourd'hui.
01:12Donc on est là pour parler de cybersécurité, d'entrepreneuriat, de transmission.
01:17Mais avant de passer à tout ça, je voudrais faire un retour sur votre enfance.
01:20Je voudrais bien comprendre votre parcours et permettre aussi à nos téléspectateurs de savoir qui vous êtes.
01:26Donc là, vous avez grandi où ? La famille, c'était comment ? Qu'est-ce qu'on vous a
01:31transmis comme valeur ?
01:32Alors déjà, merci beaucoup pour l'invitation.
01:35J'ai eu la chance de pouvoir avoir une famille, on va dire, très aimante, très présente aussi.
01:44Je pense que c'est quelque chose qui compte beaucoup dans le développement en tant que personne.
01:49Et surtout, voilà, j'ai grandi en Côte d'Ivoire, donc je suis né ici.
01:55J'ai passé une bonne partie du début de ma vie ici, jusqu'à ce que, pour des raisons, on
02:02va dire, politiques,
02:03à cause de la situation qu'il y avait ici, j'ai dû m'expatrier avec une partie de ma
02:08famille pour poursuivre mes études.
02:11Donc j'ai fini mon collège, j'ai fait mon lycée à Casablanca, donc au lycée français de Casablanca.
02:17Et après, j'ai continué mes études en Angleterre.
02:20Donc voilà, de façon très résumée, comment le début de ma vie s'est passé.
02:26Je pense que j'ai aussi beaucoup grandi dans un environnement où la valeur travail était extrêmement importante.
02:35J'ai deux parents qui portent une attention extrêmement particulière à la méritocratie,
02:43au fait de travailler, au fait de mériter son salaire, de mériter ce pour quoi on a autant travaillé.
02:52Donc pour moi, je pense que c'est quelque chose qui a toujours été ancré très tôt.
02:57Je pense qu'ils m'ont aussi inculqué le fait qu'il n'y avait pas de raccourci.
03:02Il y a certaines choses qu'on ne peut pas forcer, qu'on ne peut pas juste avoir comme ça.
03:10Je pense que dès le plus jeune âge, je pense que c'est quelque chose qui m'a toujours marqué.
03:18J'ai en tête un épisode aussi où j'étais très content d'avoir eu une note, une plutôt bonne
03:27note.
03:28Et je m'en réjouissais. Mais une des remarques que j'ai pu avoir, c'est qu'il ne fallait
03:33jamais se reposer sur ses lauriers.
03:34Ah oui, ce n'était pas peu mieux faire. C'est bien maintenant, mais il faut continuer.
03:37Exactement, c'est ça. Et je pense que quand on a 9-10 ans, c'est quelque chose qui marque.
03:42Et donc dans mon esprit, ça a toujours été de ne jamais se reposer sur ses lauriers,
03:47toujours continuer à travailler, toujours essayer d'être le premier, d'être le meilleur,
03:52de bâtir quelque chose qui s'inscrit dans la durée.
03:56Et donc je pense qu'aujourd'hui, ce sont des valeurs que j'essaie de continuer à apporter,
04:01à transmettre aussi et à appliquer surtout au quotidien dans mes activités.
04:06Est-ce que ça vous a ajouté une forme de pression, surtout quand on est le fils de Charles Kier
04:10?
04:10Du coup, est-ce que ça, étant enfant, en voyant le parcours assez remarquable de votre père,
04:16est-ce que c'est quelque chose qui vous rajoute une forme de pression ?
04:19Ou est-ce que vous le vivez plutôt bien ?
04:21C'est sûr que mon père est quelqu'un qui a eu un parcours impressionnant.
04:26Je pense que quand j'étais plus jeune, j'étais forcément aussi très intimidé
04:32et très admiratif de ce qu'il a pu réaliser et continue de réaliser d'ailleurs.
04:36Parce qu'aujourd'hui, j'ai la chance et l'opportunité de pouvoir travailler avec lui au quotidien
04:41et donc d'être encore un peu plus proche de ce qu'il est en train d'essayer de construire,
04:47de bâtir.
04:48Après, pour être totalement transparent, mes parents ne m'ont jamais mis la pression
04:57de devoir faire telle ou telle chose.
05:01Je pense que mes frères et moi, ils nous ont toujours transmis l'idée qu'on pouvait faire ce qu
05:10'on voulait
05:11tant qu'on était les meilleurs dans ce qu'on voulait, dans ce qu'on faisait, pardon.
05:15Donc pour moi, je pense que ça a toujours été ça le plus important.
05:18Je pense que la pression dont vous parlez est plutôt quelque chose d'extérieur,
05:23de l'œil extérieur, des personnes qu'on peut côtoyer,
05:27qui font très rapidement une assimilation, la comparaison.
05:32En plus, je suis l'aîné.
05:36Je pense que ça va sans dire la ressemblance physique aussi.
05:41Donc voilà, je pense que tout ça crée très facilement une sorte d'assimilation,
05:47de comparaison qui, en réalité, déjà ne m'a jamais dérangé.
05:54Parce que je pense que c'est plutôt un honneur d'être comparé à une personne comme ça.
06:01Et puis surtout, je pense que c'est quelque chose qui m'a parfois souvent amusé
06:07et pour lequel je pense que j'ai plutôt essayé d'en tirer un avantage
06:12plutôt que ça soit un inconvénient.
06:14Parce que dans tous les cas, ce n'est pas quelque chose dont je peux me défaire.
06:18Donc tant qu'à faire, autant que ça puisse servir à quelque chose.
06:22Et donc voilà, pour moi, bien au contraire, au lieu d'être une pression,
06:26je ne l'ai jamais ressenti comme telle.
06:28Mes parents ne m'ont jamais mis aussi cette pression.
06:30Donc je pense que tout ce que je fais ou tout ce que je réalise aujourd'hui,
06:33c'est parce que justement, j'ai pu évoluer dans un environnement
06:37où je n'avais pas cette pression-là et où je me sentais quand même assez libre
06:42de pouvoir faire ce que je voulais et que j'avais surtout ce soutien.
06:47J'avais cet amour, j'avais cette confiance qui m'ont toujours accompagné
06:53et qui m'ont permis de réaliser le peu de choses que j'ai pu faire jusqu'à maintenant.
06:58C'est sûr.
06:58Mais il y a des choses importantes que vous êtes en train de dire
07:00et je pense que c'est assez remarquable de parler déjà de l'amour.
07:04Quand un enfant est aimé, quand on vit dans un environnement bienveillant,
07:08c'est beaucoup plus important.
07:09C'est ce qui nous forme.
07:11Le fait aussi, et ça c'est relativement rare,
07:14que vos parents ne vous aient pas mis la pression de potentiellement rentrer
07:17dans un métier en particulier, ce qui est aussi rare, je pense.
07:22Donc le fait d'avoir ces deux choses plus les valeurs de travail,
07:24je peux imaginer que ça a été une enfance assez bien vécue.
07:29Effectivement.
07:29Est-ce qu'on peut parler de l'arrivée au Maroc ?
07:31Comment ça s'est passé au niveau culturel ?
07:34Est-ce que c'est un choc ?
07:35Forcément très difficile.
07:36Un choc.
07:38Un choc parce qu'on part déjà dans des conditions qui sont assez brusques.
07:45Un contexte assez difficile.
07:48On laisse sa famille, on laisse ses amis, on laisse son école.
07:55Après, malgré la difficulté,
07:57je pense qu'il y a des personnes qui ont vécu plus difficile que ça,
08:00en tous les cas.
08:00Donc c'était déjà une chance et une opportunité de pouvoir y aller.
08:04Et ça, on en a toujours été conscient et très reconnaissant pour ça aussi.
08:09Mais donc on arrive dans un nouveau pays
08:12qu'on ne connaît pas forcément,
08:15avec des conditions météorologiques assez différentes
08:19de ce qu'on peut connaître, une autre culture complètement différente.
08:23Vous avez eu froid en hiver ?
08:24Ah oui, forcément, oui.
08:26Plutôt.
08:28Donc voilà, une adaptation qui se veut assez express.
08:33On arrive dans un lycée qui fait partie des 3 ou 5 meilleurs lycées français de l'étranger,
08:40avec un niveau élevé, une exigence de résultat immédiate,
08:50une capacité d'adaptation à développer aussi assez rapidement,
08:55un nouvel environnement à découvrir.
08:57Donc voilà, ça a été ce que ça a été.
09:00Ça a été une expérience en tout cas qui a compté énormément dans ma vie
09:05parce que je pense que le collège, le lycée,
09:09sont des périodes qui définissent qui on est en tant qu'adolescent, en tant que jeune adulte.
09:15Et ça, voilà, aujourd'hui, je pense que ça me suit partout.
09:22Donc ça vous a permis de sortir de votre cocon, de vous adapter ?
09:25Ah oui, là, j'ai pas eu le choix, j'ai pas eu le choix, j'ai pas eu le
09:28choix.
09:29Et je pense que ça m'a beaucoup forgé dans la personne que je suis aujourd'hui
09:35parce qu'après cette expérience-là, j'ai eu plusieurs autres expériences de ma vie
09:38où j'ai été dans des environnements que je ne connaissais pas,
09:43que je découvrais, où il fallait que je m'adapte assez rapidement.
09:47Et donc je pense que celle-là a été justement un peu le déclic aussi
09:52dans ce que j'ai pu faire ou découvrir après également.
09:56D'accord, très bien.
09:59Quel type d'élève vous étiez ? Vous étiez studieux ?
10:02Oui.
10:03Je pense que j'étais un élève plutôt studieux.
10:08Je pense que ça me suit un peu aussi aujourd'hui dans ma vie professionnelle.
10:17J'aime que les choses soient bien faites.
10:21Donc voilà, après, c'est sûr que depuis le collège, je porte des lunettes aussi.
10:27Donc j'avais un peu la tête du premier de la classe, entre guillemets, du bon élève.
10:31Donc voilà, vous dire le contraire ne sera pas juste.
10:36Mais voilà, on va donc...
10:38C'est une image assumée.
10:39Oui.
10:39C'est qui vous êtes.
10:40Voilà, j'étais un plutôt bon élève.
10:42Voilà, j'étais pas...
10:44Ouais, j'étais un bon élève.
10:46J'étais pas le plus perturbateur, ça, c'est sûr.
10:48Ok, ok.
10:49Du coup, vous passez votre bac et là, je sais que c'est toujours compliqué pour un adolescent, jeune adulte
10:55de choisir sa voie.
10:56C'est ça.
10:56C'est toujours une période un peu angoissante.
10:59Vous décidez de faire quoi ? Vous partez dans un parcours très généraliste.
11:02Oui, plus tôt.
11:03Donc j'ai fait une école de commerce, quelque chose d'assez classique.
11:07Parce que justement, sur la recommandation au mentorage familial, et même des recherches que je faisais,
11:13des amis que j'avais aussi à l'époque, qui regardaient leur orientation,
11:21c'était quelque chose qui se faisait... enfin, qu'on a regardé ensemble.
11:25J'avais deux options.
11:26Une des options, c'était de faire une classe préparatoire en France,
11:30pour ensuite rentrer dans une école de commerce,
11:33ou de rentrer dans une école de commerce directement, plus tôt en Angleterre,
11:37qui est l'option que j'ai choisie.
11:39Parce que très rapidement, je pensais que le fait de pouvoir être aussi bilingue
11:51était un élément qui pouvait quand même être assez important.
11:56Et puis, je trouvais que ce parcours-là, en tout cas à ce moment-là,
12:03correspondait peut-être un peu plus à ce que je recherchais,
12:07par rapport, on va dire, à un parcours un peu plus classique prépa et école de commerce.
12:13Vous étiez à Londres ?
12:14J'étais à Londres.
12:16J'ai passé à peu près 3,4 ans à Londres,
12:20donc une année d'échange en Espagne.
12:23Et ensuite, j'ai fait un master à Warwick, donc à une heure de Londres.
12:29Liverpool.
12:30Pardon ?
12:31C'est Liverpool ?
12:32Ah non, Warwick.
12:33Coventry, Coventry.
12:33Yeah, Warwick, ça, Coventry.
12:35Pardon ?
12:37Donc voilà, j'ai passé une petite partie de ma vie en Angleterre.
12:41Et comment se sont passées ces années britanniques ?
12:43J'ai beaucoup aimé.
12:44Oui ?
12:44J'ai beaucoup aimé.
12:46Le climat ?
12:46C'est paradoxal parce que je ne suis pas quelqu'un qui affectionne particulièrement la pluie.
12:53Donc voilà, j'aime les environnements plus ensoleillés et un peu plus chauds.
12:59Mais le climat fait partie du charme de Londres, en fait, en réalité.
13:05Et à partir du moment où on l'accepte et on embraye cette idée-là, voilà, je pense
13:11que c'est quelque chose dont on ne se rend même plus compte, en fait.
13:14Et Londres a mauvaise réputation parce qu'il fait moins gris à Londres qu'à Paris.
13:18Alors, je ne vais pas me positionner sur ce débat, mais effectivement, pour moi, en tout
13:24cas, ça n'a pas été un sujet.
13:25Voilà, c'est des années que j'ai beaucoup appréciées.
13:28J'ai pu me faire plusieurs amis qui, aujourd'hui, sont encore des amis.
13:35Je pense qu'en tant que jeune, Londres est une ville très cosmopolite, voilà, qui permet
13:43de se forger, de pouvoir découvrir pas mal de choses aussi.
13:49Et puis, pendant mes années universitaires, j'ai eu la chance de pouvoir voyager, de pouvoir
13:53faire des stages, de pouvoir me construire, en fait, aussi un peu de ce que je suis aujourd'hui.
14:02OK, super.
14:03Donc, après tout ça ?
14:05Après tout ça, je suis rentré en Côte d'Ivoire.
14:07Je suis rentré en Côte d'Ivoire après un détour par Dubaï où j'ai fait 4, 5 mois
14:14de stage.
14:15Et quand je suis rentré en Côte d'Ivoire, donc j'ai intégré le cabinet de Loïc, j'ai
14:19commencé ma carrière il y a une douzaine d'années maintenant.
14:23Vous étiez spécialisé dans une industrie particulière ?
14:26Oui, alors je faisais du conseil financier à l'époque.
14:30Je pense que malgré le fait qu'on essaie de s'échapper des étiquettes, ça nous rattrape
14:39un peu toujours.
14:39Donc, j'ai suivi le parcours que je connaissais le mieux, celui d'un financier.
14:46Je pense que c'est une recommandation que j'avais eue aussi à l'époque.
14:48Et je pense qu'un cabinet de conseil, pour moi, c'était quelque chose qui était assez
14:55intéressant en termes de construction de carrière, en termes de formation.
15:01et je ne le regrette pas du tout parce que je pense que la plupart des choses que je fais
15:07aujourd'hui, je les ai apprises à ce moment-là, en fait, en réalité.
15:09Je pense que l'importance de la première expérience ou du moins des premières expériences
15:15professionnelles est extrêmement déterminante dans la construction de la suite du parcours
15:21de tout professionnel, en fait, en réalité.
15:24Là, vous avez appris les fondations, les process, ça a bâti des fondations solides.
15:30Exactement, tout ça.
15:31Et puis, je pense qu'il ne faut pas négliger aussi la force du réseau.
15:35Oui, bien sûr.
15:35Parce que quand on rentre dans une institution comme Deloitte, c'est un réseau qu'on bâtit
15:41aussi.
15:41Ce sont d'autres professionnels extrêmement performants qui, après, au vu des liens que
15:48vous tissez parce que ce sont des expériences assez exigeantes.
15:51Vous passez beaucoup de temps avec ces personnes-là, où vous nouez des liens, des relations.
15:57C'est quelque chose qui s'accompagne et qui perdure dans la durée.
16:01Je pense qu'on parlera peut-être un peu du Cyber Africa Forum tout à l'heure, mais
16:05d'ailleurs, le premier, un des premiers sponsors du Cyber Africa Forum, c'est Deloitte, depuis
16:11la première édition, d'ailleurs, jusqu'aujourd'hui.
16:14Et le fait que j'y sois passé n'était pas forcément non plus anodin.
16:18Donc voilà, je pense que ça concourt aussi à la construction du parcours, de la personnalité.
16:26Même si, après, à un moment donné, j'ai fait un choix différent, mais je suis très
16:30reconnaissant aussi de cette expérience que j'ai pu avoir.
16:32Donc, on va revenir sur ce choix différent parce qu'il se passe quelque chose en vous
16:37tous les jours, le travail, la structure que l'on connaît.
16:41Mais des projets certainement très intéressants, la reconnaissance d'être dans cette grosse
16:46machine.
16:47Mais je pense que tout à l'heure, j'ai parlé de la chance et de l'opportunité que j
17:00'ai
17:00eu de grandir dans un environnement où on m'a permis de pouvoir m'exprimer, de pouvoir
17:10exprimer ce que je ressentais, ce que je voulais faire, qui n'était pas toujours…
17:17Enfin, ce n'est pas quelque chose de commun, en plus, je pense.
17:20Je pense que tout le monde, malheureusement, n'a pas l'opportunité de pouvoir faire ce
17:24qu'il souhaite ou ce qu'il aime.
17:27Surtout dans les familles africaines, il faut le dire, que dans nos traditions, on n'est
17:32pas toujours autorisé de suivre nos rêves ou nos envies.
17:36C'est vrai, effectivement.
17:38Et donc, moi, j'étais arrivé à un stade où je ne m'épanouissais plus professionnellement
17:45dans ce que je faisais.
17:49Je pense aussi, en toute transparence et en toute humilité, que je gardais toujours
17:55en tête cette idée qu'il fallait que je puisse être le meilleur dans ce que je fais.
18:03et je ne pensais pas, en tout cas, que je pouvais être le meilleur dans cette industrie-là.
18:13Voilà, je pense qu'à un moment donné, c'est important aussi de faire des assessments,
18:21des examens assez précis, exacts et justes sur nos forces et nos faiblesses et sur nos
18:27qualités également et les axes d'amélioration qu'on peut avoir aussi.
18:32Sans même parler de la comparaison aussi, on va dire, qu'il pouvait y avoir, parce
18:39que j'évolais dans le même secteur d'activité aussi, peut-être que mon père, et donc il
18:42avait toujours un peu ce miroir-là, parce que pour moi, ce n'était même pas ça le plus
18:46important, mais c'était plus moi, Franck, qui, en tant que personne, est-ce que je pense
18:54que je peux exceller ? Est-ce que je pense que je peux être le meilleur dans cette industrie-là
18:58?
19:00Est-ce que c'est parce que ça ne me plaisait pas que je me disais que je ne pouvais
19:05pas y arriver ? Peut-être.
19:07mais toujours est-il que ce n'était plus quelque chose qui me drivait.
19:14Et je pense qu'en tant que personne, justement, j'ai besoin de pouvoir faire des choses qui
19:22me drivent.
19:22Je suis quelqu'un qui marche quand même malgré peut-être l'image un peu, comment dire,
19:35un peu plus froide que je pourrais peut-être potentiellement renvoyer.
19:41Je suis quelqu'un qui marche beaucoup à l'émotion, à l'affect, au sentiment.
19:48Et si je n'ai pas ce truc-là qui me fait sentir que j'aime ce que je fais,
19:57ça peut
19:59devenir un peu plus compliqué.
20:01Ça ne m'empêchera pas de le faire.
20:03Ça ne m'empêchera pas de le faire bien, voire très bien.
20:05Mais après, dans la durée, ça pourrait devenir un peu plus compliqué.
20:08Donc, c'est là où je dis que j'ai eu la chance, à un moment donné, de pouvoir dire
20:11à mon entourage familial que je ne me plaisais pas dans l'environnement dans lequel j'étais.
20:17Et où on m'a soutenu, encore une fois, en me disant, si ça, ça ne te plaît pas,
20:22qu'est-ce que tu veux faire ?
20:24On va t'accompagner, on va te soutenir, on va t'aider.
20:29Et voilà, si tu penses que c'est là où tu pourrais être le meilleur, on va te pousser
20:34dans ce sens-là.
20:36Et paradoxalement, le plus difficile n'a même pas été la réaction de ma famille,
20:43mais plutôt, comme je disais encore une fois, plutôt de l'extérieur.
20:48Pourquoi est-ce que tu quittes Deloitte ?
20:49Comment est-ce que tu peux quitter un cabinet aussi important ?
20:53Qu'est-ce que tu vas faire ? C'est quoi ce truc ?
20:56La cybersécurité, ça veut dire quoi ?
20:58Tu te lances dans quoi ?
20:59Tu te disperses.
20:59Voilà, tu te disperses, tu t'éloignes.
21:04Tout le monde est en train d'avancer d'une certaine façon.
21:08Bon.
21:09Mais là, vous avez votre vision.
21:11Oui.
21:12Vous savez exactement où vous voulez arriver.
21:14Donc, vous faites abstraction de ce que tout le monde vous dit et vous faites quoi ?
21:18Quelles sont les actions que vous mettez en place pour arriver ?
21:22Je quitte le cabinet.
21:24Je reprends mes études.
21:25Je pense qu'il y avait tout ça aussi qui était assez challenging à l'époque.
21:31Parce que c'est-à-dire qu'on va retourner encore à l'université à peine 4 ans après avoir
21:37terminé ses études.
21:39reprendre entre guillemets à zéro une nouvelle discipline, de nouvelles disciplines, apprendre de nouvelles choses, prendre entre guillemets du retard.
21:51Je dis bien entre guillemets.
21:53Ralentir.
21:54Ralentir.
21:55Dans un environnement où tout avance, tout est rapide, tout est… voilà.
22:02C'est-à-dire qu'on prend le temps d'essayer de construire quelque chose.
22:07Ça va un peu en contradiction avec ce que tout le monde fait.
22:11Et c'est là où il faut rester suffisamment lucide et confiant dans ce qu'on est en train de
22:18faire.
22:18Parce que sinon, on peut très vite avoir des doutes sur…
22:23Est-ce que je suis en train de faire le bon choix ? Est-ce que je suis en train
22:24de faire la bonne chose ?
22:26Dans une culture du rapide.
22:28Exactement.
22:28De l'instant, de l'instantané, du tout de suite, de la promotion, du LinkedIn, du nouveau poste.
22:38Voilà, c'est forcément…
22:41C'est un peu anxiogène.
22:42Forcément, un peu.
22:44Donc, vous repartez à l'université ?
22:46Oui.
22:46Vous vous formez ? Vous allez à New York ?
22:48Exactement.
22:49Donc, j'ai fait deux diplômes en même temps à cette époque-là.
22:52Donc, je faisais effectivement un master en cybersécurité de New York University
22:57et un MBA de l'école de guerre économique de Paris en intelligence économique.
23:04Donc, voilà, deux formations complémentaires
23:07au cours desquelles, justement, j'avais un projet universitaire
23:10qui était axé sur la cybersécurité en Côte d'Ivoire
23:13et qui, en fait, était les prémices de tout ce que j'ai pu faire après, en réalité.
23:19Parce que ce projet-là a vraiment été la source et a donné tous les outils
23:32dont j'ai eu besoin ensuite pour pouvoir dérouler de façon assez précise
23:39toutes les autres activités que j'ai pu faire par la suite.
23:43D'accord. Nous allons à présent marquer une courte pause.
23:46Vous regardez Dessin d'entrepreneur et je suis toujours avec Franck Quier.
23:50Donc, Franck, vous êtes à NYU et à l'école de guerre économique.
23:56Merci.
23:57Et vous dites que quand vous avez un objectif, vous vous mettez des œillères.
24:00C'est ça.
24:00Donc, vous avez vos diplômes en poche et là, vous déroulez votre plan.
24:08C'est ça. En réalité, vous savez, je pense que dans la vie,
24:16on peut parfois avoir la chance d'avoir une deuxième chance.
24:21Ça, c'était ma deuxième chance.
24:23En réalité, je ne pouvais pas la rater.
24:26Donc, à partir de ce moment-là, je pense que tout ce que j'avais en termes d'envie,
24:34en termes de motivation, en termes de détermination, en termes de drive,
24:42je l'ai mis dans tout ce que j'ai effectué.
24:47Donc, j'ai rejoint un cabinet de conseil à Paris spécialisé en cybersécurité.
24:52Et j'ai lancé un projet aussi sur le site, qui était une plateforme,
24:59un observatoire sur l'évolution de la cybersécurité en Afrique.
25:03Donc, CyberOps, qui a été justement le déclic, pardon, de tout ce qui a suivi après.
25:12Et justement, le lancement de CyberOps n'était que la suite du projet,
25:18en fait, dont je parlais tout à l'heure, qui m'a permis ensuite, donc, de lancer l'événement,
25:26d'arriver jusqu'au cabinet de conseil, et voilà, de mener pas mal de choses par rapport à ça.
25:32Mais c'est sûr que, quand j'ai fini cette partie de cette reconversion,
25:41et que j'ai recommencé ma carrière professionnelle,
25:46il était extrêmement important pour moi aussi d'aller vite.
25:52d'aller vite, parce que c'est vrai que j'avais accepté le fait qu'il fallait ralentir un peu,
26:00pour prendre un peu de recul,
26:06pour recalculer un peu la trajectoire dans laquelle j'étais.
26:09Mais une fois que j'étais lancé,
26:11je pense que je n'avais plus le luxe, en fait, de pouvoir,
26:15de prendre mon temps, effectivement.
26:17Je pense que j'avais déjà eu cette opportunité-là,
26:20et donc, tout ce que j'ai pu faire,
26:23et tout ce qui a suivi par la suite, pour moi,
26:26voilà, je l'ai fait avec beaucoup de,
26:29beaucoup de, beaucoup d'envie,
26:31beaucoup de, beaucoup de passion,
26:33énormément.
26:35Et voilà, je pense que je m'épanouissais,
26:37et surtout, je pense que,
26:38ce qui a toujours essayé de,
26:41de guider mes choix et mes décisions,
26:45jusqu'aujourd'hui, d'ailleurs,
26:46c'est de savoir quel était l'impact
26:50que je pouvais avoir.
26:52Pour moi, la notion d'impact est extrêmement importante,
26:55et je pense que
26:57c'est ce qui peut parfois
27:01guider les décisions qu'on prend,
27:02qui peut faire sens pour nous,
27:04mais pas forcément pour les autres.
27:07Quand je me reconvertis dans la cybersécurité,
27:13en tant qu'Ivoirien,
27:14en tant qu'Africain,
27:16il n'y a pas beaucoup
27:17de personnes spécialisées dans ce domaine-là.
27:21Donc, mon impact,
27:22il est forcément plus grand que
27:24si je reste dans le secteur financier,
27:26par exemple.
27:28quand je me reconvertis
27:30et que je travaille en France
27:32et que je suis basé là-bas,
27:37il y a beaucoup de consultants,
27:39beaucoup plus de consultants
27:40en cybersécurité en France
27:41qu'il peut y en avoir en Afrique.
27:43Donc, même quand je quitte
27:44la France pour revenir,
27:47il y a la question de se dire,
27:47mais pourquoi tu reviens ?
27:49Est-ce que c'est le moment ?
27:50Est-ce que c'est le bon moment ?
27:51Mais je préfère être
27:56un au milieu de 1 000
27:57qu'un au milieu de 100 000
28:00ou 1 million.
28:01Bien sûr.
28:02L'impact, il est plus grand ici.
28:04Donc, je pense que c'est ce qui a toujours essayé
28:06de guider mes actions et mes décisions.
28:11Et quand on est aligné
28:14avec les choix qu'on fait
28:16et que ça fait sens pour nous,
28:18je pense que ce que les autres peuvent penser,
28:21en tout cas, moi, dans la construction
28:23que j'ai pu avoir,
28:24peut avoir moins d'importance,
28:27on va dire, en réalité.
28:28Je vais revenir sur quelque chose
28:30dont vous parliez,
28:31le constat que vous aviez fait
28:33de vous dire que dans le milieu financier,
28:36vous ne pensiez pas arriver
28:37à être un jour le meilleur.
28:38Ça, pour moi, c'est quelque chose
28:40d'assez anglo-saxon
28:41comme façon de s'analyser
28:43où on va mettre l'accent
28:44sur là où on est très bon.
28:46C'est ça.
28:47Et double down,
28:49là où on est très bon.
28:49Exactement.
28:50Plutôt que d'essayer d'améliorer
28:51un endroit où on est moins bon.
28:52C'est ça.
28:53Ce n'est pas quelque chose
28:54qui est forcément inné chez nous.
28:56Je voudrais qu'on reparle un peu de ça
28:58parce que c'est important
28:59dans la route entrepreneuriale
29:00d'essayer de mettre l'accent
29:02sur la partie de nous
29:03qui est la meilleure.
29:04Bien sûr.
29:05Je pense que,
29:07comme vous l'avez dit,
29:09je pense que c'est quelque chose
29:10d'assez anglo-saxon
29:10et je pense que mon expérience
29:12en Angleterre,
29:15il y a été pour quelque chose.
29:19Mais surtout,
29:22alors,
29:23quand je reprends mes études,
29:26je me rappelle de ce cours
29:27que j'ai eu
29:27à l'école de guerre économique
29:30de Paris
29:30
29:32on avait
29:34un professeur
29:35et c'est assez ironique
29:37au vu du contexte actuel,
29:39vous comprendrez pourquoi
29:39je dis ça,
29:41qui nous a fait une comparaison
29:42entre
29:44deux types
29:45de façons de penser.
29:48Il nous disait que
29:50les anglo-saxons
29:53ils préféraient
29:56gagner
29:57même si
29:59ils ne le font pas
30:00de la bonne façon.
30:01Ils préféraient gagner
30:02un match de football
30:031-0
30:05mais ils ont gagné.
30:06L'objectif,
30:07c'est de gagner.
30:09En France,
30:10par contre,
30:10et il était français,
30:13même si on perd,
30:15on reconnaîtra
30:15qu'on a bien joué.
30:17Il y a un peu
30:17cette culture
30:19du beau perdant.
30:21Et donc,
30:22à partir de ce moment-là,
30:24il faut choisir son camp
30:25très rapidement.
30:26Est-ce qu'on préfère
30:27être un beau perdant
30:29ou un gagnant ?
30:31Moi, en tout cas,
30:32je pense que
30:33le choix est vite fait.
30:35Et donc,
30:36ça fait que très rapidement,
30:37je pense que pour gagner,
30:39il faut savoir
30:40là où on est fort,
30:43appuyer au maximum là-dessus.
30:47On a un concept
30:48qu'on a développé
30:49dans la famille
30:50dans la famille
30:51en plusieurs étapes.
30:53Je ne vais pas
30:54toutes les détailler,
30:57mais qui dit que
31:01quand on avance
31:02et qu'on a une porte
31:03en face de soi,
31:05quand on sent
31:06que la porte,
31:07justement,
31:08est en train
31:09de s'ouvrir
31:09parce qu'on est en train
31:10de pousser
31:11et que les choses
31:12sont en train
31:12d'aller dans la bonne direction,
31:15tant que la porte
31:15est ouverte,
31:16il faut aller jusqu'au bout.
31:17Il faut maximiser
31:19la porte.
31:20Donc,
31:20le plus difficile déjà,
31:21c'est de trouver sa porte.
31:22Il faut trouver
31:22sa bonne porte déjà.
31:24Ensuite,
31:25il faut arriver à l'ouvrir.
31:26Une fois qu'on l'ouvre,
31:28il faut essayer
31:28d'aller jusqu'au bout.
31:30Ça, pour moi,
31:31ça traduit le fait
31:33justement
31:33d'arriver
31:34à maximiser
31:36sur ses forces,
31:37sur ses compétences,
31:39sur là où on sait
31:39qu'on peut être le meilleur
31:41pour pouvoir
31:42en tirer
31:43la meilleure partie
31:44parce que
31:44à la fin de la journée,
31:46c'est ce qu'on retient.
31:48C'est sûr.
31:50Alors maintenant,
31:50si on parle d'entrepreneuriat,
31:52c'est aussi différent.
31:54Quand on monte une société,
31:55on a aussi besoin
31:56de s'entourer,
31:57on n'est pas bon dans tout,
31:57mais au début,
31:58on est un peu obligé
31:59de faire avec ce qu'on a.
32:01Il y a beaucoup de romantisme
32:03autour de l'entrepreneuriat.
32:04Je pense qu'on en parle beaucoup
32:06dans la mesure
32:07où on a énormément de jeunes
32:08qui doivent être aussi
32:10sur le marché de l'emploi
32:11et comme on dit,
32:13le résultat rapide
32:14tout de suite
32:15fait que l'entrepreneuriat
32:17est vu d'une façon
32:18très romantique.
32:20La réalité,
32:20c'est quoi ?
32:21Pour vous,
32:23ça a été comment,
32:23les débuts ?
32:26Les débuts,
32:27pour moi,
32:29en réalité,
32:33ils ont été assez,
32:35comment dire,
32:38alors,
32:39ça a été un peu une,
32:40alors je ne sais pas
32:41si ça peut dire
32:41que c'était surprenant
32:42ou une surprise,
32:43parce que
32:44ma transition
32:45dans l'entrepreneuriat
32:46s'est faite
32:46de façon
32:48assez incidente.
32:50c'est-à-dire que
32:52quand j'ai lancé
32:52mon premier projet
32:54qui était un projet
32:55entrepreneurial,
32:56donc qui était
32:56l'organisation
32:56de l'événement,
32:58je ne le considérais
33:00moi-même
33:01pas comme tel
33:01en fait,
33:02en réalité.
33:03Donc,
33:03je n'avais même pas
33:04conscience
33:04que j'étais en fait
33:05en train de mener
33:06un projet entrepreneurial.
33:07Pour moi,
33:07c'était juste un projet.
33:10Donc,
33:10ma transition
33:11s'est faite
33:12de façon assez naturelle
33:14dans la mesure
33:15où ce projet-là
33:16en a mené
33:17à un autre
33:18et à un autre ensuite
33:20et ainsi de suite.
33:22Donc,
33:22ça fait que ma transition
33:23d'entrepreneuriat,
33:25même si elle a été
33:26voulue et assumée,
33:28n'était pas non plus
33:28quelque chose
33:29qui avait été
33:31anticipé
33:32de cette façon-là,
33:35aussi à l'avance
33:36que ça.
33:39Donc,
33:41en ayant dit ça,
33:44c'est vrai qu'aujourd'hui,
33:45il y a beaucoup
33:45de romantisme
33:46autour de l'entrepreneuriat.
33:49Comme je disais tout à l'heure,
33:50on vit malheureusement
33:51aussi dans une société
33:52où on a cette culture
33:54de l'instant,
33:58cette culture
33:58de la position,
34:01du titre.
34:03dès qu'on crée
34:04une entreprise,
34:04on est le DG,
34:06le PDG,
34:08alors que parfois,
34:09ce n'est pas forcément
34:12la dénomination
34:14correspondante
34:14à la structure juridique
34:17qu'on a effectivement créée.
34:19Mais ça permet
34:20de pouvoir
34:23se donner
34:24un certain positionnement
34:26parce qu'aussi,
34:28on est dans une
34:30époque
34:31où l'image
34:33compte
34:34extrêmement.
34:36Donc,
34:37on vous dit
34:38« fake it till you make it ».
34:40Faites semblant
34:41jusqu'à ce que...
34:42Voilà,
34:43donc on essaie
34:43d'enjoliver un peu
34:45les choses,
34:45d'enrober les choses.
34:48et ce n'est pas forcément
34:51toujours une mauvaise chose
34:52de vouloir se projeter,
34:54de vouloir se positionner,
34:56mais il faut aussi
34:57qu'il y ait
34:58du contenu
35:00qui suit,
35:00il faut qu'il y ait
35:01des choses
35:02qui accompagnent ça,
35:04que ça ne soit pas
35:04qu'une coquille vide.
35:05C'est là où ça devient
35:07aussi un danger.
35:11mais au-delà de ça,
35:12l'entrepreneuriat,
35:12c'est extrêmement difficile.
35:14C'est extrêmement difficile.
35:16Je pense que
35:18tant qu'on n'est pas
35:19arrivé
35:20au point
35:21
35:23on se demande
35:24« mais pourquoi est-ce que
35:25je suis en train
35:25de faire tout ça ? »
35:28Je pense que
35:29on n'a pas
35:31vraiment expérimenté
35:32ce que c'est.
35:34Il y a un mot
35:35qui est extrêmement galvaudé
35:37qui est la résilience.
35:38il faut être résilient,
35:40il faut tenir,
35:42il faut…
35:43Il ne faut rien lâcher.
35:44Il ne faut rien lâcher.
35:48Je pense que
35:48tant qu'on n'a pas
35:49remis sa vie en question
35:50de façon
35:51très,
35:53très,
35:54très,
35:55très,
35:55très,
35:55très,
35:56très sincère
35:57avec beaucoup d'humilité,
35:59beaucoup de recul
36:00sur…
36:01Mais
36:01comment est-ce que
36:03je vais arriver
36:03en fait à me sortir
36:05de cette situation-là ?
36:06Comment est-ce que
36:06je vais faire
36:09que je pense
36:10que tout le reste,
36:11ce n'est que des…
36:12ce n'est que des…
36:16comment dire…
36:16Excusez-moi
36:17d'être un peu
36:18terre à terre,
36:18ce n'est que du bavardage
36:19en fait.
36:19Oui, oui.
36:20Ce n'est que du bavardage.
36:20Du fantasme en fait.
36:21Voilà.
36:22Et ça,
36:23pour moi,
36:24ce n'est pas quelque chose
36:25qui s'explique,
36:26c'est quelque chose
36:27qui se vit.
36:28Donc,
36:28j'aurais beau vous dire
36:29à quel point c'est difficile,
36:31je ne pourrais jamais
36:33déjà rentrer peut-être
36:34dans tous les détails
36:34du niveau de difficulté
36:36que c'est,
36:37je ne pourrais jamais
36:38expliquer en termes
36:40de ressentis personnels
36:43ce que c'est,
36:44parce que même
36:45les émotions,
36:46même les difficultés,
36:49même ce que j'ai pu ressentir,
36:52je ne sais même pas
36:53si je pourrais le retranscrire
36:56avec des mots
36:57tellement parfois
36:58ça vous prend
37:00aux tripes en fait,
37:01en réalité.
37:03Et ça,
37:03pour moi,
37:03ce n'est pas quelque chose
37:04qui peut s'expliquer,
37:05c'est quelque chose
37:05qui se vit.
37:06Donc,
37:06on aura beau dire
37:06oui,
37:08il faut,
37:08il faut,
37:09il faut,
37:09il faut,
37:09il faut.
37:11Je pense qu'il faut quand même
37:12aussi rester très prudent
37:13et toujours aussi avoir
37:14cet aspect-là
37:16d'à quel point
37:17ça peut être difficile
37:20et surtout
37:23de faire attention aussi
37:24parce que parfois
37:26on peut avoir des modèles,
37:28on peut avoir des personnes
37:29qui peuvent projeter
37:31une certaine image
37:32de la réussite
37:34sans qu'on puisse avoir aussi
37:36tous les détails
37:37de comment est-ce que
37:39ces personnes sont arrivées
37:40à ce stade-là.
37:41Et donc,
37:42on peut se dire
37:42que c'est facile,
37:43on peut se dire
37:44qu'il y a des raccourcis,
37:45on peut se dire
37:46qu'il y a X, Y, Z
37:47sans forcément
37:47prendre en compte
37:49tous les aspects
37:51de la construction
37:53de cette personne-là
37:54qui peuvent s'appliquer
37:58à un type de personne
37:59mais même si,
38:01par exemple,
38:02je voudrais
38:04l'appliquer à mon cas,
38:06j'ai souvent des personnes
38:07qui me demandent,
38:08nous,
38:08qui viennent me voir
38:09pour me dire
38:10qu'elles veulent
38:10des conseils
38:12parfois pour organiser
38:13aussi un événement,
38:14comment est-ce que
38:15j'ai pu faire
38:16pour lancer
38:16le CyberAfrica Forum.
38:20Mais ce que je leur dis
38:23aussi,
38:25mais que peut-être
38:26d'autres ne disent pas,
38:27c'est que j'ai eu la chance
38:29de bénéficier
38:30soit de mon propre réseau
38:34que j'ai pu me faire.
38:35Je vous disais,
38:36par exemple,
38:36tout à l'heure,
38:36par rapport à mon expérience
38:37professionnelle
38:39qui n'est pas neutre,
38:41j'ai pu bénéficier aussi
38:42de l'appui
38:43d'un environnement
38:45personnel
38:46qui a pu m'accompagner
38:47à un certain moment donné
38:50dont je suis
38:51extrêmement reconnaissant
38:52aussi
38:53et conscient
38:54que peut-être
38:55on ne part pas tous
38:56avec les mêmes chances
38:57dès le départ.
38:58Donc,
38:58c'est peut-être important
38:59aussi de le dire
39:01et de ne pas juste dire
39:02oui,
39:03il faut juste faire ça,
39:04il faut juste faire comme ci,
39:05il faut juste faire comme ça
39:06parce qu'en disant ça,
39:08il y a pas mal de conditions
39:09aussi
39:11qui ne sont pas
39:13négligeables
39:14à remplir
39:15avant de pouvoir
39:17arriver
39:17à un certain niveau.
39:20Je vous remercie
39:20d'être honnête là-dessus
39:21parce que c'est vrai
39:22que souvent,
39:22on parle d'entrepreneuriat
39:23en imaginant,
39:24on voit juste
39:25la partie émergée
39:26de l'iceberg.
39:27Il y a des conditions favorables
39:29mais aussi des obstacles
39:30et c'est important
39:31de le rappeler.
39:32Je voudrais revenir
39:34à la cybersécurité,
39:35votre bébé,
39:38on a besoin
39:39d'un million d'emplois
39:40en cybersécurité
39:41sur le continent ?
39:42Oui,
39:43c'est une estimation
39:44je pense qui a été faite
39:46quelques années déjà.
39:48Je pense qu'avec
39:51toute la propagande
39:52qu'on a essayé de faire
39:52ces dernières années,
39:54ce gap a probablement dû
39:56se résorber légèrement
39:58mais très certainement
39:59pas dans les proportions
40:02dans lesquelles
40:03on parle actuellement
40:05puisqu'il ne faut pas oublier
40:06c'est qu'au-delà
40:07de la cybersécurité,
40:08je pense qu'il y a
40:09beaucoup d'autres disciplines
40:10aussi
40:12qui se sont développées
40:13pour lesquelles
40:14on a besoin
40:16de compétences africaines
40:17que ce soit
40:17dans l'intelligence artificielle,
40:19que ce soit
40:19dans la data,
40:22que ce soit
40:22dans d'autres secteurs
40:25d'activité aussi.
40:27Mais c'est sûr
40:27que oui,
40:28la cybersécurité,
40:28quand on voit
40:30l'évolution
40:31de nos économies,
40:32de nos modes de vie
40:34et de nos façons
40:35de travailler
40:37reste quand même
40:37pour moi
40:38un pilier
40:39quand même
40:39assez central
40:42dans la façon...
40:43Alors pourquoi ?
40:45Quand on parle
40:45de cybersécurité,
40:47qu'est-ce que c'est
40:48fondamentalement ?
40:49Quelles sont
40:49les vulnérabilités
40:51que l'on voit
40:51quand ça nous affecte
40:52tous les jours ?
40:53Alors pourquoi ?
40:55Je pense qu'aujourd'hui,
40:57c'est de plus en plus simple
40:58de pouvoir l'expliquer
40:59dans la mesure
41:01où tout le monde
41:04aujourd'hui,
41:04par exemple,
41:05enfin tout le monde,
41:06la majorité des personnes
41:07aujourd'hui
41:07peuvent avoir accès
41:08à un téléphone portable,
41:10par exemple.
41:13Smartphone.
41:13Oui, un smartphone.
41:15Dans les usages professionnels,
41:21que ce soit en Afrique
41:22ou dans le reste du monde,
41:24que ce soit
41:25à travers des smartphones
41:27ou à travers
41:28des ordinateurs portables
41:30ou autres,
41:33on utilise Internet,
41:35on se partage des données,
41:38on se partage
41:39des informations,
41:40on fait des transferts
41:41d'argent,
41:45on stocke
41:47de plus en plus
41:48de données sensibles,
41:51qu'elles soient personnelles,
41:53qu'elles soient de santé,
41:54qu'elles soient financières,
41:56et tout ça,
41:58en fait,
41:59il faut le protéger.
42:01Donc,
42:03si on ne le protège pas,
42:06malheureusement,
42:06on prend un risque
42:07parce que
42:09il peut y avoir
42:10plusieurs impacts,
42:11que ce soit
42:12des impacts financiers,
42:13comme je l'ai dit,
42:14qui sont ceux
42:14qu'on connaît le plus
42:16et qui nous
42:18alarment le plus.
42:20pour qu'est-ce
42:21que la cybersécurité,
42:22c'est important.
42:23Si aujourd'hui,
42:25vous avez un client
42:27qui doit vous faire
42:28un virement
42:29de sa banque
42:30à votre banque,
42:31mais que vous avez
42:32quelqu'un
42:33qui au milieu
42:34peut détourner
42:35cet argent,
42:36je pense que c'est
42:37important
42:37de se protéger.
42:39Voilà,
42:39je pense que c'est
42:40l'exemple le plus
42:41terre à terre
42:42que je peux donner,
42:43qui pourra parler
42:45à n'importe qui.
42:48Et dans les transformations
42:49digitales des États
42:50qui sont en train
42:51de se transformer
42:52rapidement,
42:52c'est encore plus important.
42:53C'est encore plus important
42:54parce qu'on est
42:56aujourd'hui aussi
42:57en train de dématérialiser
42:58tout un certain nombre
43:01de processus
43:04d'actes administratifs,
43:06que ce soit
43:06des demandes
43:07de casier du judiciaire,
43:08des demandes
43:09de pièces d'identité.
43:12Et donc,
43:13tout ça,
43:13il faut le sécuriser
43:14parce que si malheureusement
43:15ces informations
43:16peuvent se retrouver
43:17dans des mains
43:20mal intentionnées,
43:22les effets,
43:23comme j'essayais
43:23de l'expliquer
43:24tout à l'heure,
43:24peuvent être
43:26désastreux.
43:26Oui,
43:26considérable.
43:27D'accord.
43:28Vous avez rejoint
43:29le groupe familial
43:32Genesis Holding
43:33en tant que chargé
43:34des opérations.
43:35Comment ça se passe
43:37de rejoindre
43:38le groupe familial ?
43:39Comment on parle
43:40de transmission,
43:42on parle
43:42de structuration ?
43:44Est-ce qu'il y a
43:45une forme de fierté ?
43:47Est-ce qu'il y a
43:47une pression ?
43:48Je voudrais comprendre
43:49comment votre quotidien
43:51est orchestré.
43:52Alors,
43:53à l'époque,
43:54en tout cas,
43:54quand j'ai rejoint
43:54le groupe familial,
43:55c'était à 4h30 déjà.
43:58Comme je le disais tout à l'heure,
44:00ça s'inscrivait
44:01dans la création
44:02du cabinet de conseil,
44:03donc Cyber Obsculting,
44:05qui faisait partie
44:07de cet ensemble-là.
44:08Donc,
44:09les choses se sont faites
44:10de façon très naturelle,
44:12sans qu'il y ait
44:13une pression
44:15quelconque
44:16de devoir rejoindre
44:18ou de devoir faire
44:18X ou Y.
44:20Et donc,
44:21pour moi,
44:22c'est quelque chose
44:23qui s'est fait
44:24de façon
44:28totalement naturelle,
44:28comme je disais.
44:30Encore une fois,
44:32je n'ai jamais
44:33la pression,
44:33qu'on me dise
44:34qu'il faut faire ça,
44:35il faut faire ça,
44:36il faut faire ça.
44:36Je pense que
44:37j'ai eu l'occasion
44:39de saisir,
44:40peut-être,
44:42assez rapidement,
44:44dans ma vie,
44:45quels étaient les enjeux
44:47et quelles étaient
44:49les choses
44:49sur lesquelles
44:50il fallait
44:53apporter
44:53une certaine attention,
44:54une certaine rigueur
44:57et que j'ai essayé
44:57de transposer
44:59dès que je suis arrivé
45:00dans le groupe familial.
45:02Je pense que c'est
45:03d'autant plus
45:03difficile
45:04quand
45:06on est
45:07un membre
45:08de la famille
45:09parce qu'on a
45:10d'autres collaborateurs
45:11qui regardent
45:13aussi ce que vous faites,
45:15qui regardent
45:17comment vous vous positionnez
45:19et en réalité,
45:21vous servez d'exemple
45:22aussi dans
45:23la façon
45:25dont les choses
45:26se passent
45:27et c'est la raison
45:28pour laquelle
45:28vous devez
45:29travailler
45:30au moins
45:30deux à trois fois
45:31plus durs
45:32que les autres
45:32parce que
45:34on ne vous pardonne
45:35rien déjà
45:36mais surtout
45:38vous ne pourrez
45:39pas exiger
45:41aux autres
45:42de faire
45:42ce que vous-même
45:43vous ne faites pas
45:44en fait,
45:44en réalité.
45:45je pense qu'une des valeurs
45:52qui guide notre président
45:55justement,
45:56c'est d'essayer de
45:57lead by example
45:58en fait en réalité.
46:00Je pense que
46:01l'exemple est quelque chose
46:02de très marquant
46:04et en fait
46:05quand on lead by example
46:06on a la capacité
46:08je pense
46:09de demander
46:10de l'accountability
46:12et des comptes
46:13de chacun
46:15parce qu'on a
46:16cette légitimité
46:17là de dire
46:17mais
46:18j'ai fait le travail
46:20je l'ai fait deux fois
46:21trois fois plus
46:23est-ce que vous suivez
46:24est-ce que vous arrivez
46:25justement aussi
46:26à pouvoir
46:28réaliser
46:30ce que j'essaie
46:32de donner
46:34et donc
46:35voilà
46:35ça donne une certaine
46:36légitimité aussi
46:37de pouvoir le faire
46:38mais surtout
46:39je pense que ça
46:40permet de tirer aussi
46:42les autres
46:43vers le haut
46:44d'impulser
46:45une certaine dynamique
46:46et donc
46:47voilà
46:48d'essayer de créer
46:49quelque chose
46:50qui fait du sens
46:52Oui
46:52qui est pérenne
46:53Exactement
46:55Une dernière question
46:57avant qu'on joue
46:58parce qu'on va jouer aussi
46:59Ok
47:01Vous parlez d'impact
47:03pour vous
47:03c'est ce qui vous anime
47:04c'est d'être sûr
47:05que dans le travail
47:06il y a un impact derrière
47:07vous avez des ambitions politiques ?
47:10Je pense qu'aujourd'hui
47:11je suis tellement
47:14accaparé
47:16par ce que je fais
47:18qui me passionne
47:21et voilà
47:23que c'est mon focus principal
47:25aujourd'hui
47:26donc
47:27on pourra peut-être
47:28en reparler dans quelques années
47:30On en reparlera donc
47:31dans quelques années
47:32Peut-être
47:32Ou pas d'ailleurs
47:34Ou pas
47:34Ok
47:35Très bien
47:36alors j'ai un petit quiz
47:37pour vous
47:40Une réponse
47:41Ok
47:42Et c'est un choix
47:43D'accord
47:45Roomba
47:45ou Rapivoire ?
47:48Hum
47:48Twicky
47:50Très Twicky
47:52Mais bon
47:53je suis patriote
47:54donc Rapivoire
47:57Une playlist pour travailler
47:58ou le silence total ?
48:00Playlist
48:01Paris ou New York ?
48:04Alors
48:05j'aime beaucoup New York
48:06en tant que ville
48:08mais je pense que Paris
48:09est la plus belle ville du monde
48:10et je suis un très grand supporteur
48:12du PSG
48:12donc ici c'est Paris
48:15Costume 3 pièces
48:16ou streetwear ?
48:18Croisé
48:19Costume croisé
48:20Costume croisé
48:21Très bien
48:22Warwick
48:23ou Coventry
48:24ou NYU ?
48:26Ah c'est pas la même chose
48:27NYU
48:27NYU
48:28Oui
48:30Abidjan ou Cotonou ?
48:32Ah là
48:34Joker
48:37Les chiffres ou l'instinct ?
48:39L'instinct
48:42Notifications en continu
48:44ou mode avion ?
48:48Notifications en continu
48:49parce que j'aime pas avoir de messages
48:51ou de mails non lus
48:52donc voilà
48:54les alertes rouges
48:56c'est pas pour vous ?
48:57Non
48:57les outils ?
48:58Ouais non
48:58j'essaie de répondre
49:00au fur et à mesure
49:01ok
49:02dimanche en famille
49:03ou brunch avec des amis ?
49:04Dimanche en famille
49:07Francky un grand merci
49:08je vous en prie
49:08merci
49:09d'avoir été présent avec nous aujourd'hui
49:10vraiment un plaisir
49:11d'avoir échangé avec vous
49:12merci
49:13vous avez regardé Destin d'entrepreneur
49:15merci beaucoup pour votre attention
49:18et on se retrouve très prochainement
49:20et on se retrouve très bientôt

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