00:00Très bien. Merci Madame la Préfète. Vous l'avez indiqué, mardi midi, un départ de feu qui se passe dans
00:13un contexte de journée classée à risque très sévère.
00:17Ça veut dire que nous avions un maillage composé de 14 groupes d'intervention qui étaient prépositionnés dans le massif.
00:25Nous avions également, Madame la Préfète avait pris un arrêté pour classer en rouge le risque au niveau du massif
00:31pour limiter les activités et donc les départs de feu.
00:34Donc une arrivée sur les lieux très rapide et à la différence de tous les feux sur lesquels depuis le
00:40début de la saison, sur lesquels nous avons pu les stopper très rapidement.
00:43Celui-là a pris de la puissance beaucoup plus rapidement et était toujours actif le mardi soir et le mercredi
00:55dans la journée.
00:57Vous m'avez déjà eu, j'ai déjà eu l'occasion de répondre à un certain nombre de questions.
01:00Quelle est la différence entre 2022 et cette saison ?
01:03C'est qu'en fait on a des feux qui sont encore plus dangereux et plus erratiques.
01:08Et notamment une des caractéristiques qui se fait jour, c'est qu'en 2022, de manière générale, nous étions confrontés
01:15à des formes d'explosion des feux en fin de journée,
01:18pendant la journée, mais on avait des nuits qui étaient, je vais mettre entre guillemets, relativement plus calmes et qui
01:24nous permettaient de faire un certain nombre d'actions.
01:27Dans la nuit de jeudi, nous avons eu, à la différence de 2022, une véritable explosion de ce feu le
01:36jeudi soir et donc le jeudi dans la nuit, pardon,
01:39et ce qui nous a amené à devoir en pleine nuit réadapter complètement le dispositif, faire des défenses de points
01:45sensibles,
01:46alors même que nous ne pouvons pas bénéficier des moyens aériens, puisque la nuit, ils ne peuvent pas voler.
01:53Donc, vendredi matin, on avait pris une surface beaucoup plus importante et nous entamions la journée de vendredi avec des
02:04conditions, une nouvelle fois, très sévères.
02:07Nouveau facteur qui est intervenu, lorsque je fais une reconnaissance avec l'hélicoptère de la sécurité civile, Dragon 33, vers
02:1615h,
02:16la situation est défavorable, mais je dirais que nous sommes dans un schéma encore classique et normal d'incendies,
02:24tels que nous les connaissons dans la zone des massifs des langues de gaz, Crogne.
02:31En tout cas, nous l'avons identifié à 17h45, nous avons en fait un feu qui va passer en phase
02:38convective avec la création d'un pyrocumulus
02:42avec la particularité, c'est qu'en fait, il a un front, une base de 20 kilomètres.
02:48Du fait d'un vent qui vient de l'ouest, il se dirige vers la métropole, donc alerte par les
03:00sapeurs-pompiers de l'autorité préfectorale
03:02pour justement qu'il y ait des dispositions qui soient prises, notamment en termes de sauvegarde de la vie humaine
03:08et donc un certain nombre de nouvelles, j'irais, évacuations qui doivent être prises rapidement par rapport à cette nouvelle
03:15situation.
03:16Mais la situation s'est encore dégradée, puisque aux alentours de 18h20,
03:21on observe que ce pyrocumulus est en train de se transformer en pyrocumulo-nimbus.
03:30Alors, c'est un phénomène qui n'a jamais été observé en France, c'est une première,
03:35et en fait, c'est une forme d'orage de feu.
03:41Ça veut dire quoi ?
03:43Ça veut dire que ce genre de phénomène est amené à générer des éclairs en amont de l'arrivée de
03:52ce pyrocumulo-nimbus,
03:54mais également de provoquer ce que la littérature appelle des attaques de braise,
04:01c'est-à-dire qui va générer des braises en nombre très conséquent qui vont avoir forcément des impacts sur
04:07la population,
04:08mais également sur les maisons, mais également sur un certain nombre d'installations.
04:11Raison pour laquelle vous avez eu une montée en puissance très rapide des évacuations,
04:18parce qu'autre facteur difficile, c'est que du fait de la difficulté de pouvoir localiser exactement ce pyrocumulo-nimbus,
04:27mais d'ailleurs, on ne connaît pas non plus sa vitesse de propagation.
04:30Donc, il était très difficile pour l'autorité préfectorale et pour les forces de sécurité intérieure
04:35et pour le SDI de conseiller sur, je dirais, le cadencement des évacuations.
04:46Durant la nuit, ce pyrocumulo-nimbus s'est déclassé à la faveur d'une augmentation de l'humidité
04:59qui n'était pas forcément prévue dans les prévisions météorologiques,
05:02et donc, au fur et à mesure, il s'est déclassé pour revenir sur, je dirais, un feu un peu
05:07plus « normal »,
05:08entre guillemets, mais toujours avec une certaine force.
05:11Nous avons travaillé avec Météo France sur la caractérisation de ce phénomène.
05:19Donc, je crois qu'il y a une fiche qui est jointe au communiqué de presse
05:25sur lequel vous aurez tous les éléments pour objectiver le fait qu'effectivement,
05:29nous avons été confrontés à ce phénomène pour la première fois en France,
05:34mais qui, fort heureusement, s'est déclassé.
05:36Donc, une fois que, comment je dirais, que ce phénomène a été réduit,
05:44derrière, ça nous a permis d'avoir une action au sol beaucoup plus importante
05:49que nous avons maintenue toujours sur une partie du département,
05:53mais que nous avons renforcée à l'approche de la métropole vers 3h du matin.
05:58Et, au fur et à mesure, pendant la nuit, un certain nombre de renforts nationaux
06:03avaient été envoyés et prépositionnés pour défendre la métropole.
06:08Comme le risque par rapport à la métropole s'écartait,
06:12nous avons, ce matin, déployé l'ensemble des renforts nationaux
06:16dont nous avions à disposition, soit au total, aujourd'hui, 1 400 sapeurs-pompiers
06:20qui sont déployés sur le terrain pour traiter l'ensemble de la surface concernée.
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