00:00La décision restera exclusivement française. On ne peut pas parler de rupture historique, mais plutôt d'évolution. D'ailleurs, déjà,
00:07les présidents Chirac, Sarkozy, Hollande avaient évoqué la possibilité d'un volet européen de la dissuasion française.
00:16C'est quoi la dissuasion ? C'est l'utilisation de l'arme ultime, l'arme nucléaire, pour défendre les
00:22intérêts vitaux de la France s'ils sont attaqués ou menacés. Or, les intérêts vitaux, aujourd'hui, dans un monde
00:28qui est multipolaire et qui est surtout interpénétré, et dans le contexte de l'Union européenne, et dans le contexte,
00:34pas d'un retrait, mais d'une prise de distance américaine, les intérêts vitaux français, ils dépassent nos frontières.
00:41Il est évident que si un grand partenaire de la France, comme l'Allemagne, comme le Royaume-Uni, comme l
00:46'Italie, était menacé ou attaqué ou détruit, nos intérêts vitaux seraient gravement menacés, voire en partie anéantis.
00:56Donc, inclure la défense d'un pays allié dans les intérêts vitaux de la France, ça fait sens. Mais ce
01:03qui est important, ce qu'il faut souligner, c'est que l'arme nucléaire elle-même restera exclusivement française,
01:09à la fois dans son financement, dans son développement et sa modernisation, dans la définition des intérêts vitaux de la
01:16France, qui restera d'ailleurs floue,
01:18ça fait partie de l'incertitude stratégique qui est nécessaire et qui est une composante essentielle de la dissuasion, et
01:25bien entendu, et surtout, dans la décision de délivrance
01:29et de l'arme de son emploi, pour parler clairement, qui restera totalement et entièrement et uniquement entre les mains
01:38du président français.
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