- il y a 6 heures
Tous les samedis, Romain Desarbres et la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont décryptent les ressorts psychologiques de notre époque et ouvrent le débat sur les sujets qui préoccupent les Français.
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00:00Bonjour à tous, bienvenue dans Et si on en parlait sur CNews et si on en parlait avec vous Marie
00:05-Astelle Dupont.
00:06Bonjour Marie-Astelle. Bonjour Romain.
00:07Tout l'été sur CNews, votre regard de psychologue clinicienne sur les grands sujets d'actualité et puis sur les
00:13choses de la vie.
00:15Aujourd'hui, vous vouliez parler de santé mentale des jeunes, Marie-Astelle Dupont.
00:19Et pour cela, nous recevons Miss France Inaupoko Devez.
00:23Bonjour Miss France, bonjour Inaupoko.
00:25Vous avez fait de la santé mentale des jeunes la grande cause de votre mandat.
00:30Exact.
00:30Oui absolument, je voulais qu'on revienne sur ce sujet parce qu'on le sait depuis le Covid, je l
00:35'ai dit et redit, la santé mentale des jeunes s'est beaucoup dégradée.
00:38Et Inaupoko, pour les téléspectateurs qui ne se rappellent pas d'où vous venez, vous êtes née en 2002, vous
00:45avez été élue Miss France 2026, mais vous aviez été élue Miss Tahiti en 2025.
00:49Vous avez une mère qui vient des îles Marquises, un papa qui vient de Métropole.
00:53Donc vous êtes très attachée à cette double origine et vous avez fait des études, vous avez commencé des études
01:00de droit et de psychologie avant de vous consacrer à vos engagements de mannequin élue Miss France, reine de beauté.
01:07Et effectivement, vous méritez ce titre, on est réjouis de votre beauté.
01:13Ça fait beaucoup de bien aussi à l'âme de voir de très belles jeunes femmes.
01:17Et vous avez choisi de faire de la santé mentale l'engagement de votre année parce que vous y êtes
01:22très sensible, que vous avez vous-même eu à mener une lutte contre un épisode dépressif pendant vos études de
01:29psychologie, je crois, me semble-t-il.
01:30C'est une étude de droit qui m'a menée après à la suite à une remise en question et
01:35justement à la volonté de chercher à me comprendre au travers aussi des études de psychologie.
01:38Avec un épisode de dépression suite à un burn-out, un burn-out qui s'est transformé en dépression comme
01:43c'est le cas de 30% des burn-outs.
01:44Voilà, et donc vous aviez envie qu'on parle ensemble de santé mentale et je me suis dit mais les
01:49téléspectateurs de CNews bénéficieront du témoignage aussi d'Inao Poco
01:52parce que vous êtes véritablement cette génération qui a souffert des effets du Covid et qui n'a plus honte
01:58de parler de santé mentale
01:59mais qui sent aussi que les moyens ne sont pas tout à fait là en France, que peut-être on
02:04vient seulement de prendre la mesure du problème
02:06et qu'il y a encore beaucoup à faire. Alors je vous remercie beaucoup d'être avec nous pendant une
02:10heure pour en débattre.
02:11Voilà, on est ensemble pendant une heure effectivement. La santé mentale des jeunes, Marie-Acelle Dupont, c'est un sujet
02:16dont vous parlez depuis le Covid.
02:19C'est un vrai sujet prioritaire de santé publique selon vous.
02:23Oui, moi je me rappelle qu'au moment du Covid où effectivement la santé c'était le virus, la circulation
02:27virale, je disais mais attention on va avoir une vague pédopsychiatrique
02:30et cette vague pédopsychiatrique on l'a vu dès février 2021. On a eu même des suicides d'enfants, ce
02:35qui était tout à fait inédit,
02:36des défenestrations chez de jeunes enfants entre 7 et 11 ans et on a vu vraiment les étudiants s'effondrer.
02:4152% des étudiants disaient dans un sondage pour le Figaro qu'ils voulaient arrêter leurs études.
02:46Beaucoup de passages à l'acte de type scarification, beaucoup de dépressions, beaucoup de troubles anxieux,
02:52beaucoup de troubles alimentaires aussi qui ont été multipliés par 6 chez les jeunes filles pendant la pandémie.
02:58J'en avais parlé dans la revue politique parlementaire et malheureusement, même si cette question de la santé mentale a
03:07fini par être reconnue
03:08puisqu'aujourd'hui c'est une cause nationale, depuis Michel Barnier et Gabriel Attal, malheureusement l'état de la psychiatrie
03:14en France
03:14ne permet pas de faire face à cette problématique. Alors vous, Ina Opoko, vous avez fait face à la dépression,
03:22vous avez aussi autour de vous beaucoup de jeunes femmes et de jeunes hommes qui se confient à vous.
03:28Que vous disent-ils ? Ils vous disent que c'est encore difficile d'en parler ou qu'on arrive
03:32à en parler
03:33mais on n'arrive pas à trouver de réponse parce qu'il y a 6 mois d'attente.
03:35Dans mon entourage, c'est vrai, moi je l'ai vraiment connu du coup avec les étudiants,
03:42c'est vrai que pendant la période Covid, suite à la période Covid, les jeunes ne savaient pas vers qui
03:47se tourner,
03:48où se tourner. Alors il y a déjà des psychologues, donc il y a déjà des choses quand même mises
03:54en place
03:54mais les jeunes n'osent pas, par peur tout simplement d'oser libérer la parole parce qu'on a peur
03:59qu'on le stigmatise à fou
04:01ou parce que tu n'as pas le mental assez dur pour pouvoir dépasser tout ça.
04:07Donc on a cette tendance à se renfermer. Moi, de ce que j'ai eu comme retour, c'est souvent
04:11la peur de soi,
04:13d'oser aller vers un professionnel, peut-être parce qu'on ne les a pas orientés dans l'éducation.
04:18Moi, la chance que j'ai eue, c'est vrai que j'ai des parents qui sont issus de milieux
04:23psychiatriques,
04:24donc savoir ressentir, savoir oser parler, c'est quelque chose qui est inné dans mon éducation.
04:32Mon entourage, mes amis forcément n'ont pas cette chance-là, donc pour eux, il y a déjà une distance
04:37un peu plus compliquée
04:38d'oser voir quelqu'un et puis est-ce que ça va vraiment marcher ?
04:41Mais du coup, si on n'ose pas franchir le cap, on ne sait pas et puis des fois, on
04:45peut tomber sur un professionnel
04:46qui humainement ne connecte pas avec vous et ça y est, c'est marqué, vous n'allez plus oser franchir
04:52le cap
04:52parce que peut-être qu'on s'est tourné vers la mauvaise personne qui ne savait pas avoir la bonne
04:57écoute
04:58ou tout simplement, moi je pars du principe que derrière un professionnel, il y a un humain
05:01et que des fois, les connexions ne marchent pas, donc il faut persévérer, continuer à tout simplement
05:06trouver une solution pour pouvoir sortir de tout ça et je sais qu'aussi, il y a plusieurs thérapies possibles.
05:10Moi, j'ai vu une psychologue, j'ai déjà aussi un jour vu une hypnothérapeute, je ne sais pas quelles
05:17sont les différences
05:18donc on est là aujourd'hui pour en discuter et moi j'apprends aussi beaucoup des chiffres que vous me
05:22dites
05:22qui peuvent aussi m'aider par la suite dans mes sujets de la santé mentale et qui abordent tout ça.
05:28Alors ce qui est sûr, c'est que c'est une rencontre et qu'aller voir un professionnel de santé
05:31mentale,
05:32c'est pas simplement aller voir un bon technicien qui aurait des compétences
05:36parce qu'on peut peut-être se passer le numéro de son dentiste ou voilà, avec le psy, la question
05:42de la souffrance intime
05:44elle est évidemment beaucoup plus subjective, il faut qu'il y ait une rencontre qui se fasse
05:50et la personne avec qui je vais me sentir à l'aise ne sera pas forcément la personne avec qui
05:53Romain va se sentir à l'aise
05:54ou avec qui vous allez vous sentir à l'aise.
05:55Donc il faut vraiment se donner le droit d'aller faire plusieurs premiers rendez-vous
05:59et de trouver la personne avec qui on est bien parce que nous-mêmes, les professionnels,
06:03moi j'encourage les personnes que je supervise à dire très simplement aux patients
06:06pour ne pas leur faire perdre de temps, je ne suis pas suffisamment outillée pour cette problématique,
06:11je pense que vous devriez aller voir tel ou tel confrère, on ne peut pas être bon dans tout.
06:15Voilà, donc il y a certains qui sont très à l'aise avec les questions d'inceste
06:17mais qui ne seront pas à l'aise avec l'alcoolisme, d'autres qui auront de l'expérience avec les
06:20questions
06:22de harcèlement professionnel mais qui ne seront pas à l'aise avec des questions qui touchent à la petite enfance,
06:26on ne peut pas être bon dans tout, il faut avoir l'humilité de dire ça je ne peux pas
06:29accompagner
06:29ou en ce moment je ne peux pas accompagner le deuil d'un enfant parce que moi-même j'ai
06:32perdu un enfant dans ma famille
06:33et c'est trop difficile pour moi en ce moment. Donc on a nos limites et ça je crois que
06:37c'est très important
06:38de rappeler aux téléspectateurs qu'il faut prendre le temps de trouver la personne avec qui on se sent vraiment
06:42bien.
06:43Marie-Astelle Dupont, il y a quelque chose qui m'a marqué dans ce que vient de nous dire Inaupoko,
06:49De Vez, Miss France qui est avec nous sur CNews.
06:53Vous avez dit qu'il ne fallait pas que les jeunes voient les problèmes de santé mentale comme quelque chose
06:59de honteux
07:00et j'aimerais vous entendre Marie-Astelle Dupont sur ce point qui me semble important.
07:04Alors pendant très longtemps on a stigmatisé, c'est-à-dire que les problèmes de santé somatique, physique,
07:08il n'y avait pas de problème, c'est ce que je disais, c'est plus acceptable socialement de dire
07:13j'ai mal au dos que de dire je suis triste ou je suis très angoissée en ce moment.
07:18Donc la santé somatique il n'y a pas de problème, en revanche dès que ça touche au psychisme,
07:22il y a cette suspicion comme si le corps et l'esprit étaient divisés, dissociés de folie.
07:28Oui, mais en réalité j'ai presque envie de vous dire un peu dans une forme de boutade ou de
07:33provocation,
07:34on est tous fous, la seule différence c'est ceux qui en sont conscients et qui travaillent sur eux
07:38et puis ceux qui le nient.
07:40Donc ce que je veux dire c'est qu'on a tous nos zones d'ombre.
07:43Tout être humain va rencontrer à un moment de sa vie une plus grande difficulté face à une épreuve.
07:50Le fait qu'un étudiant ait été plus résilient qu'un autre pendant le Covid ne veut pas dire
07:55qu'il sera toute sa vie plus fort, peut-être qu'il s'effondrera à un autre moment,
07:59il n'y a pas de jugement à apporter là-dessus.
08:00Ce qui est sûr c'est que quand on met la poussière sous le tapis,
08:03ça finit toujours par ressortir et plus on attend, plus c'est grave.
08:06En revanche je pense aussi que votre génération souffre d'autant plus de difficultés en lien avec la santé mentale
08:13qu'on a paradoxalement dans notre société eut tendance à systématiquement psychiatriser la souffrance
08:19comme si le fait de ressentir du chagrin, le fait de ressentir de la colère,
08:23le fait de ressentir de la culpabilité ou des choses très ambivalentes,
08:27le fait de se sentir perdu dans sa vie.
08:30Mais mon Dieu, ce sont des expériences profondément normales, profondément saines,
08:35en particulier à l'adolescence et au début de l'âge adulte où on n'a pas encore fait ses
08:38preuves,
08:39on est fragile, on est vulnérable au regard des autres,
08:41on est encore un peu dépendant de papa et maman et en même temps on voudrait montrer
08:44qu'on est capable de faire plein de choses.
08:46Et je crois qu'on a trop tendance à coller un acronyme, un nom de pathologie,
08:51à dire il y aura une molécule pour répondre à ça,
08:53donc à psychiatriser toute expérience négative alors que la vie humaine est émaillée de moments de souffrance
08:58et que finalement votre génération, alors elle a besoin que la psychiatrie soit en meilleur état en France,
09:02on y reviendra, mais elle a aussi besoin que les adultes que nous sommes
09:06vous disions avec beaucoup d'humilité en fait,
09:09mais malheureusement les générations d'avant avaient peur des émotions
09:11vu qu'ils avaient du mal à le faire, avec beaucoup d'humilité,
09:15il est tout à fait normal qu'à certains moments de ta vie tu ailles mal,
09:17tu te sentes perdu, plus rien n'a de sens, tu remets tout en question,
09:20on va le vivre ensemble, c'est pas grave ou c'est pas t'es fou, va prendre des médicaments,
09:26ça arrive, ça t'arrive maintenant, tâchons de comprendre pourquoi ça t'arrive maintenant,
09:31qu'est-ce qu'on peut faire pour que tu te sentes moins mal dans ce moment
09:35ou plus rien n'a de sens pour toi ? Et les deux écueils c'est, mais non arrête,
09:39tout va bien, t'as tout pour être heureux, ou va voir un psy et prends des médicaments.
09:42On ne peut pas enfermer la personne de cette manière dans un diagnostic psychiatrique,
09:46qu'il y en ait un ou pas, il est important d'entendre qu'il y a des moments
09:50où notre âme, elle est en difficulté et que l'esprit,
09:53c'est pas seulement des processus neurobiologiques qui pourraient être corrigés par des molécules.
09:58Quand vous êtes tombée en dépression, vous l'avez entendu,
10:02tu as tout pour être heureuse, tout va bien pour toi, on ne comprend pas bien ?
10:05De mon entourage, non. C'est moi qui me posais cette question.
10:10C'est vous qui vous disiez ça, oui.
10:11Tout pour être heureuse dans le sens où je n'ai pas la pire des vies,
10:14donc je ne comprenais pas comment je pouvais être dans un état psychique qui me bloquait,
10:19c'est-à-dire que pour autant j'avais un toit, j'avais de quoi me nourrir, j'avais des
10:22parents,
10:22enfin je veux dire, j'ai mon entourage.
10:24Pour moi, il n'y avait pas de raison nécessaire,
10:26donc je minimisais aussi ce que je ressentais, donc je me sentais encore plus mal,
10:30parce que j'avais ce syndrome de l'imposeur de me dire
10:32« mais est-ce que je suis légitime de me sentir aussi mal ? »
10:35Mais en même temps, je le sentais.
10:37Donc c'est vrai que ça a été un petit peu compliqué.
10:38Après, la chance que moi j'ai eue, comme je vous ai dit,
10:40c'est mon entourage qui a été compréhensif,
10:42parce que je sais m'écouter, je sais expliquer ce que je ressens,
10:47mais c'est propre à mon éducation, c'est propre à ma personne.
10:50Donc j'ai eu le besoin d'aller voir mes parents,
10:52et quand je leur en ai parlé, mes parents étaient ouverts à ça, ils savaient.
10:56Ils sont professionnels de santé, ils savaient qu'il y avait des risques,
11:00et le fait que je sois aussi ouverte et que je leur dise directement
11:03« je sens que j'ai besoin d'aide, une aide extérieure pour m'écouter sans jugement,
11:07parce que c'est un peu compliqué aussi avec les parents,
11:10ce côté « on veut que son enfant réussisse, on ne comprend pas qu'est-ce qui s'est passé,
11:13qu'est-ce que j'ai fait ? »
11:14Et je ne veux pas aussi que mes parents culpabilisent,
11:16parce que mes parents sont de très bons parents.
11:17Mais comme vous avez dit, ce sont des étapes de vie,
11:20des processus que j'ai découverts aussi au travers de mes études de psychologie,
11:22où dans l'évolution, il y a des faits de l'évolution humaine,
11:28et je faisais partie justement de cette période,
11:31en plus avec la période Covid, une accumulation où j'étais complètement perdue,
11:37et je n'arrivais pas à avancer.
11:38Donc après, je me suis tournée vers mes parents,
11:40mes parents m'ont orientée, et j'ai réussi à me relever.
11:43Marie-Estelle Dupont, quels sont les troubles mentaux qu'on retrouve le plus chez les jeunes ?
11:54Alors, depuis le Covid, il y a eu vraiment une augmentation très très importante,
11:57les chiffres montrent une augmentation très importante des troubles dépressifs et anxieux chez les jeunes.
12:04Il y a quand même une jeune femme sur trois, une grande adolescente sur trois,
12:09qui présente des symptômes dépressifs.
12:12Il y a aussi une augmentation majeure des troubles du comportement alimentaire.
12:16Alors, ça a explosé pendant le Covid,
12:18mais je dirais que les réseaux sociaux ont aussi un très fort impact pour les jeunes femmes
12:23sur l'image du corps, parce que ça véhicule des modèles qui ne sont pas des modèles réalistes.
12:28Et d'ailleurs, j'aimerais vous entendre, Inaopoko, ensuite sur cet impact des réseaux sociaux,
12:32quand le jeune n'arrive plus à trouver un grand frère, une grande sœur, un adulte avec qui dialoguer,
12:37et que finalement, c'est du non-dialogue, il est enfermé dans des boucles algorithmiques
12:41qui lui présentent des choses virtuelles qui ne l'aident pas à se construire sainement
12:45et qui renforcent la dysmorphophobie, c'est-à-dire les troubles de l'image du corps.
12:50Il y a eu d'ailleurs des recours en justice cette année, notamment contre TikTok,
12:54parce que plusieurs familles accusaient TikTok d'avoir enfermé les enfants dans des boucles
12:59qui les enfonçaient dans la dépression, qui les enfonçaient dans l'anorexie, etc.
13:02Et c'est très facile sur TikTok de trouver des vidéos pour savoir comment se faire vomir
13:06ou comment organiser une tentative de suicide.
13:10Donc, les troubles alimentaires, les troubles anxieux, les troubles dépressifs
13:13sont effectivement ceux qui ont le plus augmenté.
13:17Mais ce qui est important, dans ce que vous soulignez, Inaopoko,
13:20c'est que ce qui vous a fait gagner du temps et qui vous a certainement permis de ne pas
13:24vous en liser,
13:24c'était que vous avez pu déjà identifier que vous alliez mal.
13:28Et aujourd'hui, un grand nombre de jeunes, du fait aussi de l'appauvrissement du vocabulaire,
13:33de la baisse du niveau d'instruction, a déjà beaucoup de mal, on le voit en consultation,
13:37ils ont beaucoup de mal à mettre simplement des mots.
13:40Donc, quand on leur demande comment tu vas, comment tu te sens,
13:43ils disent mais je ne sais pas, je n'ai pas les mots.
13:46Et c'est là que je pense que nous, collectivement, nous avons une responsabilité immense
13:50dans cette dégradation de la santé mentale, parce qu'en faisant baisser le niveau de culture générale,
13:54en faisant baisser le niveau d'instruction, avec des jeunes qui ne lisent plus,
13:57il est difficile pour eux de s'identifier dans tous les romans.
14:01Il y a des personnages qui ne vont pas bien, qui traversent des dilemmes
14:03et qui étaient des modèles identificatoires.
14:05Mais quand vous n'avez pas lu les tragédies grecques,
14:08quand vous n'avez pas lu les romans du 19ème,
14:10vous vous sentez coupable d'aller mal et en plus, vous vous sentez confus
14:13parce que vous ne savez pas comment qualifier le fait que vous vous sentez mal.
14:16Et donc, nous, on perd beaucoup de temps pour les aider,
14:18mais eux, en plus, ne pensent pas à demander de l'aide
14:21parce qu'ils n'arrivent pas à qualifier ce qu'ils ressentent.
14:23Et ça, pour moi, ce n'est pas parce que leurs conditions de vie sont plus difficiles,
14:27c'est parce que nous avons disqualifié la culture, la connaissance, l'instruction,
14:32on y revient toujours.
14:33C'est un soutien de la santé mentale de savoir parler.
14:36Et en vous écoutant, je suis en train de me dire,
14:37il faudrait presque une sorte de permis de conduire pour les ados
14:40pour aller sur les réseaux sociaux qui comprennent comment ça fonctionne,
14:44les algorithmes, que quand ils cliquent sur une vidéo,
14:46on va leur envoyer plein de vidéos qui ont le même thème.
14:50En tout cas, qui est une formation, alors peut-être pas à l'école,
14:54parce que l'école fait déjà plein de choses,
14:56mais qui est une formation aux réseaux sociaux.
14:58Alors ça, c'est une certitude qu'on ne peut pas donner,
15:00on ne donne pas un outil à un enfant.
15:02C'est de la nitroglycérine, les réseaux sociaux.
15:04On ne donne pas un couteau à un enfant avant un certain âge.
15:06Surtout, on ne lui donne pas sans lui expliquer que ça peut à la fois aider
15:08à couper de la viande, mais ça peut aussi tuer.
15:10Je crois qu'on doit faire exactement la même chose,
15:13évidemment, avec les réseaux sociaux auxquels ils seront confrontés tôt ou tard,
15:16qu'il y a une interdiction générale ou non avant 15 ans.
15:19Elle a été votée, mais ce que je veux dire,
15:21c'est que c'est à la famille d'apprendre à l'enfant
15:25la dangerosité de cet outil.
15:27Ça, c'est une certitude.
15:29Inéopoco, vous allez beaucoup sur les réseaux sociaux.
15:31Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
15:33Est-ce que vous comprenez cette dangerosité dont on parle,
15:37dont Marie-Estelle Dupont nous parle ?
15:39Alors, je ne suis pas la pro des réseaux sociaux.
15:42Je ne suis pas trop la pro des réseaux sociaux
15:44et je suis complètement d'accord sur le fait
15:47qu'il faut avoir une utilisation modérée et contrôlée des réseaux sociaux,
15:53surtout chez les dernières générations.
15:55Moi, je sais que j'avais vu justement une étude
15:57qui parlait du fait que l'augmentation des réseaux sociaux
15:59suite au Covid, où les gens sont enfermés
16:03et du coup passent leur temps à scroller,
16:05a fait justement diminuer le niveau de santé mentale
16:09chez finalement, on parle beaucoup des jeunes,
16:11mais je pense qu'au temps adulte,
16:12parce que c'est devenu un refuge,
16:15la réponse directe justement de plaisir.
16:18Et en même temps, ce souci, comme vous avez dit,
16:20pour ça que je trouve ça aussi très intéressant,
16:22le fait que vous disiez qu'est-ce qu'il ne faudrait pas des cours
16:24pour les réseaux sociaux ?
16:26Parce qu'on est au courant que regarder une vidéo
16:29va faire que potentiellement,
16:31les vidéos dans la même thématique vont sûrement découler,
16:34mais sauf qu'on est conscients, mais on le fait quand même.
16:37Et peut-être une vidéo qu'on va laisser tourner en boucle
16:39sans faire exprès sur un téléphone va revenir, revenir, revenir.
16:41Et pareil avec sûrement des idées concises.
16:44Alors moi, je ne suis pas une grande experte des réseaux sociaux
16:47parce que je mets une distance sur ce que je vois.
16:51Et puis c'est surtout que je veux vivre ma vie
16:53avec mes souvenirs que je vois,
16:55qui resteront dans ma tête,
16:57que je pourrais raconter, citer,
16:58et non pas que de preuves de vie au travers de photos.
17:02Donc je sais que les réseaux sociaux aussi font partie des facteurs
17:06qui impactent la santé mentale.
17:08Comment y remédier ?
17:09On a déjà voté une loi.
17:12Après, à voir par la suite quelles sont les mesures à prendre
17:14parce que c'est vrai que c'est un outil qui a fait un bond,
17:18dont on n'a pas vu l'avancée directe et l'impact direct.
17:22Et aujourd'hui, on constate qu'il faut trouver une solution
17:24pour modérer l'utilisation.
17:26Et même sur l'imagination des jeunes, des plus jeunes,
17:29c'est un énorme impact parce qu'aujourd'hui,
17:31un parent a du mal à calmer peut-être son enfant,
17:33sauf qu'en fait, on ne se rend pas compte
17:35que ça peut créer justement des troubles chez l'enfant
17:38de concentration, il me semble, ou d'hyperacteur.
17:40En fait, l'emprise de l'écran
17:42et a fortiori des réseaux sociaux avec les algorithmes,
17:44l'emprise est telle qu'il y a une baisse du niveau d'attention,
17:48il y a une baisse de la concentration,
17:50il y a une baisse évidemment de toutes les capacités cognitives,
17:53il y a une irritabilité,
17:55il y a un impact sur la santé physique aussi
17:56puisque c'est plus de sédentarité, plus d'obésité, etc.
18:00On voit bien que les jeunes de sixième,
18:02pour la moitié, n'arrivent pas à courir cinq minutes,
18:05donc il y a une dégradation globale dans cette génération
18:07de la santé physique et la santé physique
18:09impacte la santé mentale.
18:11Donc, toutes les études montrent aujourd'hui
18:13que ce que je disais pendant le Covid,
18:15où je me faisais traiter d'alarmiste ou de complotiste,
18:17à savoir, on va avoir une catastrophe sur cette génération
18:21parce qu'ils ont été enfermés
18:23et que donc ils ont perdu leurs compétences sociales,
18:25ils ne savent plus aller vers l'autre,
18:26donc ils vont être déprimés, repliés sur eux-mêmes
18:29et surtout violents,
18:31parce que quand on n'a pas confiance en soi,
18:32on voit l'autre comme un danger, comme une menace.
18:34Malheureusement, aujourd'hui, c'est confirmé.
18:36Pour autant, les réseaux sociaux ne sont pas la seule cause.
18:39Je dirais que les réseaux sociaux ont pris la place
18:41de ce qu'on a renoncé à donner aux jeunes
18:43qui permet d'être en bonne santé physique et mentale
18:46parce qu'en réalité, on ne devrait même pas dissocier les deux, pour moi.
18:49On ne pourrait pas parler de la santé mentale de manière isolée
18:51parce qu'elle est évidemment intriquée à la santé somatique,
18:55à la santé relationnelle.
18:57Et que, bien évidemment,
18:59quand vous avez des difficultés de santé mentale,
19:01ça a des conséquences.
19:02Si vous avez des addictions,
19:03ça a des conséquences sur votre santé physique.
19:05Mais je pense qu'on a vraiment laissé les réseaux et les écrans
19:08prendre la place de ce qu'on n'a plus voulu faire l'effort
19:10collectivement de leur donner.
19:12C'est l'instruction à l'école avec le niveau KBC.
19:14C'est aussi le temps qu'on passe en famille,
19:16le temps du « nous », on se regarde.
19:18On est tous sur des écrans à table.
19:20Pourquoi ?
19:21Enfin, non, pas tous,
19:22mais beaucoup sont sur des écrans à table
19:24au lieu de se parler, de rigoler, de sortir un jeu de cartes.
19:26Peut-être, quand on est en vacances
19:27et qu'on attend à la crêperie que les enfants soient servis,
19:31etc., etc.
19:32C'est du temps ensemble.
19:34C'est cette importance des liens affectifs réels
19:37parce que c'est ceux-là qui nourrissent le cœur.
19:39C'est ceux-là qui donnent envie de recommencer après un échec.
19:42C'est qu'on se réunit, qu'on est ensemble.
19:44Et puis, tous les grands symboles, en fait, dans l'espace public.
19:48Dans l'espace public, en ce moment,
19:50les jeunes voient assez peu de choses
19:53qui leur donnent envie de participer à un bien commun.
19:57Ils entendent des choses assez désespérantes.
19:58Ils n'entendent parler que de crise.
20:00On ne vous donne plus de motifs d'espérance.
20:03Votre génération vous dit que tout est foutu.
20:05On vous parle de la crise climatique,
20:06de la crise migratoire,
20:07de la crise écologique,
20:08de la crise institutionnelle,
20:10de la crise économique,
20:12de la crise géopolitique.
20:14Quand on a 20 ans,
20:15moi, je n'aimerais pas avoir 20 ans.
20:16Franchement, on a des arbres.
20:17Déjà qu'il est compliqué.
20:18Finalement, on est content de bien dire.
20:20Ce profil n'est pas engageant.
20:22Ça leur donne peu de motifs.
20:24Ça les met dans un syndrome d'impuissance acquise.
20:26Et on sait que le syndrome d'impuissance acquise
20:27crée des syndromes dépressifs
20:28parce que ça ne leur donne pas envie
20:30de s'élancer dans la vie,
20:31de faire confiance aux relations,
20:32d'aller vers les autres,
20:33d'avoir un amoureux
20:34et puis de surmonter un chagrin d'amour.
20:36Et finalement, la jeunesse,
20:38normalement, elle se forge
20:39à travers plein de petites épreuves
20:41qui ne deviennent pas des drames,
20:42sauf si on est livré à nous-mêmes
20:44et qu'on est tout seul
20:45et qu'on nous dit que tout est foutu.
20:46Nous, les adultes,
20:47je crois qu'on a une responsabilité collective
20:49à leur donner envie de grandir.
20:50Mais sinon, on est des adolescents immatures
20:52qui ne voulons pas vieillir
20:54et qui leur disons que le monde est foutu.
20:56C'est dur pour eux.
20:57Marie-Estelle Dupont,
20:59sans révéler de grands secrets,
21:01comment vous gérez les réseaux sociaux chez vous ?
21:04De manière assez simple,
21:05il n'y en a pas.
21:07Comme ça ?
21:08Bon, après,
21:09les plus jeunes ont 6 ans,
21:10donc évidemment,
21:11il n'y en a pas.
21:11Les écrans sont extrêmement contrôlés.
21:13Le temps d'écran est extrêmement contrôlé,
21:15sans publicité.
21:17Parce que c'est important aussi
21:18d'avoir conscience
21:18que dans les moments de publicité,
21:20on ne maîtrise pas les messages
21:21que les enfants tout petits,
21:24c'est aussi une cible marketing,
21:27les enfants tout petits.
21:28Donc, on peut les préserver de la publicité
21:29pendant un certain temps.
21:30Et pour l'aîné qui a 15 ans,
21:32il y a interdiction stricte des réseaux sociaux,
21:34temps très contrôlé sur le téléphone.
21:37Je lui ai expliqué la catastrophe
21:39que ça représentait pour son sommeil,
21:41pour sa vie sociale,
21:42pour son temps de sport.
21:44Et il a compris que si j'étais aussi intransigeante là-dessus,
21:48d'abord que je ne lâcherais pas.
21:50Et il a compris a posteriori,
21:52puisque quelques temps plus tard,
21:54en début d'adolescence,
21:55il m'a dit
21:55« Je te remercie
21:56parce que mes copains qui ont TikTok
21:58deviennent débiles. »
21:59Ils ne lisent pas,
22:01ils parlent toujours de leurs abdos,
22:02de leurs défis muscus.
22:05Donc, en fait,
22:05il était un peu attristé
22:06de voir ses copains s'enfermer là-dedans.
22:08Donc, j'ai envie de dire aux parents
22:10ou aux grands-parents qui nous regardent,
22:12n'ayez absolument pas peur
22:13de vous faire traiter de fasciste.
22:15Sur les réseaux sociaux,
22:16ça ne pose aucun problème.
22:17Et on vous dira merci plus tard.
22:19Oui, c'est important ça.
22:20C'est important.
22:20Inéa Oupoko,
22:22sur cet aspect,
22:24les réseaux sociaux,
22:25vous dites que vous n'êtes pas vraiment
22:28une grande fanat des réseaux.
22:31Comment vous êtes vue par vos amis ?
22:34Alors, je ne suis pas une grande fanat
22:35parce que, bien sûr,
22:36comme toute personne de ma génération...
22:37Mais quand on est Miss France,
22:38on communique quand même sur les réseaux.
22:40Oui, je communique.
22:40Aujourd'hui, il ne faut pas oublier
22:41que les réseaux sociaux sont un outil.
22:44Donc, bien sûr,
22:44ils sont nécessaires.
22:45Aujourd'hui, dans une vie
22:48où on communique à des milliers de kilomètres
22:50et surtout moi,
22:51parce qu'une partie de ma famille
22:53et de mon origine
22:54est à 16 000 kilomètres.
22:55Donc, malgré tout,
22:57j'ai quand même vraiment besoin
22:58de cet outil
22:58pour pouvoir communiquer avec eux.
23:00Mais voilà, l'influence
23:02et l'impact qu'ont les réseaux sociaux,
23:03on le sait tous,
23:04peuvent être positifs comme négatifs.
23:06Négatifs de par, justement,
23:08l'utilisation et la comparaison
23:09que ça crée chez les jeunes
23:10et sur l'envie d'avoir une vie
23:13qui n'est pas la nôtre
23:14au lieu de vivre nos expériences de vie
23:16et se forger par rapport
23:17à notre vécu,
23:19notre éducation
23:20et qu'est-ce qu'on veut devenir,
23:21qu'est-ce qu'on veut faire.
23:22Et du coup,
23:22on est déjà projeté
23:23sur des modèles de vie parfaits
23:25où on a l'impression
23:26que c'est acquis directement
23:28alors que pas du tout.
23:29Il y a toute une élaboration,
23:30comme vous l'avez dit.
23:31Moi, aujourd'hui,
23:32dans mon passé,
23:33j'ai fait un burn-out.
23:34Si je m'étais arrêtée là
23:35et que je ne m'étais pas relevée,
23:37je ne serais pas là aujourd'hui.
23:38Donc, en fait,
23:38il faut toujours garder l'espoir
23:41et avoir une utilisation consciente
23:42consciente des réseaux sociaux,
23:44donc de part l'éducation
23:45des parents,
23:46l'entourage
23:47et puis aussi
23:49pour les personnes
23:50qui l'utilisent
23:51pour véhiculer des choses,
23:52des choses positives.
23:54Parce que du coup,
23:54la question que je voulais vous poser,
23:56c'est est-ce que quand même,
23:57malgré tout,
23:57les réseaux sociaux
23:58peuvent avoir
23:58un impact positif
24:00dans la santé mentale ?
24:02Est-ce que le fait,
24:03là, par exemple,
24:03d'en parler,
24:04que ces vidéos puissent
24:05être relayées,
24:06ça peut avoir
24:07un impact positif ?
24:08Je sais qu'il y a des podcasts.
24:09Moi, en tout cas,
24:09je me suis beaucoup servi
24:10de podcast
24:10ces dernières années.
24:12dès que j'avais
24:13des questionnements
24:13sur la vie.
24:14Vous savez ce que je vous propose ?
24:15Vous posez une question
24:16à Marie-Estelle Dupont.
24:17On va faire une petite pause.
24:19On va faire une petite pause
24:21sur CNews
24:22et Marie-Estelle Dupont
24:23va vous répondre
24:24dans un instant
24:25parce que j'ai peur
24:27que sinon,
24:28on soit pris par le temps.
24:29C'est une question
24:30qui est très importante
24:31et Marie-Estelle,
24:32comme ça,
24:32aura tout le temps nécessaire
24:34pour vous répondre.
24:36Et si on en parlait
24:37avec Marie-Estelle Dupont,
24:38c'est tout l'été
24:39sur CNews,
24:39restez bien avec nous
24:40tout de suite.
24:42Et si on en parlait
24:43sur CNews avec vous,
24:44Marie-Estelle Dupont,
24:45votre regard
24:46de psychologue clinicienne
24:47sur l'actualité
24:48et les choses de la vie,
24:49on parle aujourd'hui
24:50de la santé mentale
24:52des jeunes
24:53et on en parle
24:53avec vous,
24:54Miss France,
24:55Innaupoko Devez.
24:57Merci à nouveau
24:58d'être là.
24:59Innaupoko Devez
25:00qui vous interrogeait
25:01avant la pause,
25:02Marie-Estelle Dupont.
25:03On parlait des réseaux sociaux
25:04et de leur impact
25:05sur la santé mentale
25:06des jeunes.
25:07On parle beaucoup
25:08des aspects négatifs.
25:10Excellente question
25:11de Miss France.
25:12Est-ce qu'il y a aussi
25:12des aspects positifs ?
25:14Comme tout outil,
25:16c'est très rare
25:16qu'un outil soit
25:18strictement négatif.
25:19C'est d'abord
25:20avant tout
25:20l'usage qu'on en fait
25:21qui est négatif,
25:22c'est-à-dire qu'on y passe
25:22beaucoup trop de temps,
25:24beaucoup trop jeune,
25:25sans donner aux jeunes
25:26d'éléments de discernement.
25:27Donc leur discernement
25:28n'étant pas mûr,
25:29ils ne se rendent pas compte
25:30de la manière
25:31dont les algorithmes
25:32les mettent sous emprise
25:33et donc vont générer
25:35des contenus
25:35toujours similaires
25:36qui les enferment
25:37dans des boucles cognitives
25:38où ils ne sont plus
25:39confrontés à l'altérité.
25:40On en a besoin
25:41pour construire
25:41un esprit critique,
25:42d'entendre des gens
25:43qui ont des arguments
25:43contraires aux nôtres,
25:44etc.
25:45Eux, ils vont recevoir
25:46par définition,
25:47l'algorithme,
25:47il est bête,
25:48il est binaire.
25:49S'ils ont regardé
25:50une fois une vidéo
25:51sur le suicide,
25:52ils vont recevoir
25:53des contenus
25:53en permanence
25:54sur le suicide.
25:54Ils ne vont pas recevoir
25:55des contenus
25:56qui leur montrent
25:56que la vie
25:57vaut la peine
25:58d'être vécue.
25:59Vous voyez ce que je veux dire ?
26:00Il y a cet effet
26:01très pervers de l'emprise.
26:02Donc je crois qu'après,
26:04si on explique déjà
26:06comment ça fonctionne,
26:07si on ne le met pas
26:08dans les mains
26:10trop tôt
26:10et surtout
26:11si on accepte aussi
26:13que bien utilisé,
26:14il peut être un lieu
26:15pour véhiculer des contenus.
26:17Mais encore une fois,
26:18les personnes
26:18qui mettent des contenus
26:19vertueux,
26:20on essaie d'y faire passer.
26:21Par exemple,
26:21moi j'essaye de faire
26:22des petites vidéos
26:23pour donner des indices
26:25aux parents
26:26comment repérer
26:26un enfant qui commençait
26:27à aller mal,
26:27comment repérer
26:28un adolescent
26:28qui a peut-être
26:29subi une agression
26:30mais qui n'en parle pas.
26:31Quand on essaye
26:31de mettre des contenus
26:32vertueux,
26:33finalement c'est un autre
26:34moyen de donner
26:35de l'information
26:35autre que la radio
26:36ou la télévision
26:37et bien évidemment
26:38comme ça traite
26:39d'une multitude
26:39de sujets
26:40dont les grands médias
26:41ne traitent pas,
26:43c'est aussi
26:44une source d'information
26:44mais c'est une source
26:46d'information
26:47dans laquelle
26:47la limite entre la vérité
26:48et le mensonge
26:49est évidemment rendue
26:50beaucoup plus fragile
26:51par l'intelligence artificielle
26:53donc c'est très important
26:54que la personne
26:55qui a cet outil
26:55entre les mains
26:56garde toujours
26:57le recul
26:57d'Inao Poco
26:59à l'esprit
27:00c'est-à-dire
27:00j'ai beaucoup de distance
27:01avec ça,
27:02c'est pas la vraie vie
27:03et on me présente ça
27:04comme une vérité absolue
27:05dans un format très court
27:06qu'est-ce que ça me fait
27:08qu'est-ce que j'en fais
27:09est-ce que je peux le confronter
27:10à des contenus
27:11qui vont nuancer
27:12ce qu'on m'apporte
27:13parce que sinon
27:13ça devient aussi
27:14potentiellement
27:15un relais de propagande
27:17avec des messages
27:18qui sont très très courts
27:19donc très simplifiés
27:19quand c'est très simplifié
27:20ça tue la pensée
27:22mais ça peut être un moyen
27:23de faire circuler
27:24une information
27:24entre des gens
27:25qui ne se seraient pas
27:26rencontrés
27:26dans d'autres circonstances
27:28parce qu'éloignés
27:28géographiquement
27:29ou socialement
27:30etc.
27:31je pense que
27:31pendant le Covid
27:32ça a été aussi un moyen
27:33au début
27:34d'alerter sur certains problèmes
27:35qu'on ne remontait pas encore
27:37donc voilà
27:38il peut toujours y avoir
27:39des aspects positifs
27:40néanmoins
27:40je pense que
27:41la santé mentale des jeunes
27:43elle se dégrade aussi
27:45parce que tout le beau
27:46de la vie
27:46tout ce qui leur permet
27:47d'aller bien
27:48c'est-à-dire
27:48les interactions sociales
27:49le sport, la lecture
27:50le développement de l'imaginaire
27:52les activités artistiques
27:54vous pratiquez beaucoup de sport
27:55vous aimez l'art
27:57tout ça
27:58ça a été des petites pierres
27:59qui vous ont permis
28:00de reconstruire
28:01votre santé mentale
28:02de toute évidence
28:03et puis je pense aussi
28:04vous avez dit quelque chose
28:05pardon Romain Desarbres
28:06je passe à une autre question
28:07mais vous avez dit
28:08finalement vous avez réfléchi
28:10le burn-out a été
28:11un moment d'arrêt
28:12et vous avez réfléchi
28:13sur où j'en suis
28:14qu'est-ce que je veux
28:14et pourquoi ça m'est arrivé
28:16et je pense qu'une des dérives
28:18en France aujourd'hui
28:19de la psychiatrie
28:20c'est qu'on a une vision
28:22trop court-termiste
28:22de la santé mentale
28:23il y a un symptôme
28:24on corrige le symptôme
28:26le symptôme disparaît
28:27c'est bon
28:27on a mis un acronyme
28:29sur le problème
28:30TDAH
28:30TOP
28:31etc
28:33qui déshumanise un peu
28:34parce que c'est même plus
28:34un mot qui représente
28:35quelque chose
28:36c'est un ensemble
28:37de voyelles
28:38ou de consonnes
28:39et puis on veut supprimer
28:41le symptôme
28:41mais en fait
28:42quand vous êtes adolescent
28:44vous vous posez
28:45la question du sens
28:46et donc ce dont ils ont besoin
28:48c'est qu'on leur dise
28:49mais derrière ton symptôme
28:51il y a une signification
28:52il n'est pas bête
28:53ton symptôme
28:54où est ton malaise
28:54on ne veut pas juste
28:55que tu arrêtes de te scarifier
28:56évidemment qu'on veut
28:57que tu arrêtes de te scarifier
28:57mais on veut comprendre
28:58pourquoi tu en es arrivé
28:59à te scarifier
29:00et comment tu pourrais exprimer
29:01ces émotions
29:02cette colère
29:03ce chagrin
29:03cette peur
29:04cette angoisse
29:04qui t'habite
29:05pour les aider à sublimer
29:07leur chaos intérieur
29:07l'adolescence
29:09c'est le moment
29:10où tout est en feu
29:11où tout bouge
29:12les repères bougent
29:13ce qu'on veut être bouge
29:14la vision qu'on a de nos parents
29:15elle change
29:16et donc je crois
29:17qu'on doit comprendre
29:18la santé mentale
29:19quand elle est dans son versant pathologique
29:22aussi comme l'expression
29:24d'une âme
29:25qui n'arrive plus à respirer
29:26et qui a besoin aussi
29:27qu'on lui parle de spiritualité
29:29de sacré
29:29de valeur
29:30de la vie
29:31de sens de la vie
29:31et je ne suis pas sûre
29:32que notre monde adulte
29:34progressiste moderne
29:36fournisse tellement
29:37d'envie d'espérer
29:38et donne vraiment
29:39le sentiment
29:40que la vie a un sens
29:41on a un rapport à la vie
29:42qui est très violent
29:43on veut tout maîtriser
29:44on veut redéfinir
29:46les conditions de la vie
29:46et de la mort
29:48je ne suis pas sûre
29:48qu'un jeune
29:49qui grandisse là-dedans
29:52ait encore
29:53de la place
29:54et des motifs
29:56de s'émerveiller
29:57et ça je pense
29:57qu'on doit
29:58nous tous les adultes
29:59leur redonner envie
30:00de s'émerveiller
30:01Vous avez fait allusion
30:03et vouliez qu'on en parle
30:04vous m'avez dit
30:05en préparant l'émission
30:06c'est l'état
30:07de la psychiatrie
30:08en France
30:08justement
30:09l'état de la psychiatrie
30:11en France
30:11vous préoccupe
30:12Marie-Hacelle Dupont ?
30:14Oui bien sûr
30:14la moyenne d'âge
30:15des 437 pédopsychiatres
30:18sur le territoire français
30:19est de 64 ans
30:20donc ils vont partir
30:22à la retraite
30:23et le renouvellement
30:24ne se fait pas
30:24puisqu'il y a
30:25moins de 100 internes
30:27par an
30:27plutôt entre 60 et 70
30:29qui choisissent
30:30la spécialité
30:31pédopsychiatrie
30:31donc on a
30:32de plus en plus
30:33de jeunes qui vont mal
30:34depuis le Covid
30:36avec une psychiatrie
30:38qui est en très mauvais état
30:40alors l'hôpital public
30:41est en très mauvais état
30:42mais la psychiatrie
30:44n'attire plus
30:44la pédopsychiatrie
30:45n'attire plus
30:46ils ne sont pas assez nombreux
30:47ils ne sont pas assez formés
30:49et ce n'est pas seulement
30:49dans les déserts médicaux
30:50qu'il y a 6 mois d'attente
30:51c'est partout
30:52donc aujourd'hui
30:52un jeune dont les parents
30:53n'ont pas les moyens
30:54d'aller voir
30:55quelqu'un dans le privé
30:56qui aura déjà
30:57plusieurs semaines d'attente
30:58je vous le garantis
30:59depuis le Covid
31:01il va arriver aux urgences
31:03tentative de suicide
31:04on va dire qu'on ne peut pas
31:05le passer en hospitalisation
31:06longue durée
31:07parce que
31:07si je prends le bassin
31:09Grand Est
31:10sur 400 000 habitants
31:12il y avait 7 lits
31:13de pédopsychiatrie
31:13ouverts
31:14pendant la pandémie
31:15donc ce jeune
31:16va rentrer chez lui
31:17avec peut-être
31:17des frères et sœurs
31:18qui vont être aussi
31:19contaminés par son état
31:20de grande dépression
31:21et s'inquiéter pour lui
31:22des parents démunis
31:24des professions libérales
31:26qui sont du coup
31:26dépassées
31:27parce que la psychiatrie
31:28publique est engorgée
31:29et donc
31:31en 2021
31:32ils étaient 1200
31:33aujourd'hui
31:33ils sont moins de 500
31:34les pédopsychiatres
31:35et on nous dit
31:35que la santé mentale
31:36est une cause nationale
31:37je pense qu'il y a
31:38un petit écart
31:39entre ce que l'on communique
31:40et ce qui est mis en place
31:42réellement
31:42pour faire face
31:43à ce fléau
31:43parce que vous aviez évoqué
31:44la dégradation
31:45de la santé mentale
31:46des jeunes
31:46au moment du Covid
31:47on vous reprochait
31:48à l'époque
31:48d'être alarmiste
31:50et depuis
31:51plusieurs premiers ministres
31:52ont fait de cette santé mentale
31:54des jeunes
31:55une grande cause nationale
31:56une fois qu'on a dit ça
31:57ce qui ne veut rien dire
31:58si on continue
31:58de laisser l'hôpital public
31:59se dégrader
32:00et qu'on ne les forme pas
32:02à la prise en charge
32:03c'est aussi un métier
32:04qui est difficile
32:05c'est difficile
32:06d'être prise
32:07avec la souffrance psychique
32:08de l'être humain
32:08toute la journée
32:09donc c'est des jeunes médecins
32:10qui ont besoin
32:11d'être supervisés
32:12d'être encadrés
32:13et la psychiatrie
32:15est un peu
32:15le parent pauvre
32:15de la médecine
32:16comme les urgences
32:17comment faire
32:19pour redonner
32:21goût à la vie
32:22à ces jeunes
32:24qui sont dans cet état
32:27de santé
32:28dépressif
32:29qu'est-ce que vous diriez
32:31comment est-ce qu'on
32:33remet d'aplomb
32:33à un jeune
32:35alors d'abord
32:35je veux dire aux proches
32:36qui ont un jeune
32:37qui souffre
32:37qui a fait des tentatives
32:38de suicide
32:40vous n'êtes pas
32:41un professionnel
32:42de santé mentale
32:42ne culpabilisez pas
32:43vous ne pouvez pas
32:44le sauver
32:45ça va être un travail
32:46avec
32:46il va avoir besoin
32:47d'adultes
32:49aux parents
32:49aux grands-parents
32:50aux oncles et tantes
32:50qui ont peut-être
32:51un neveu qui s'est suicidé
32:52vous n'êtes pas coupable
32:54qu'il ait mis fin
32:54à ses jours
32:56en revanche
32:58nous pouvons
32:59d'abord ne pas banaliser
33:01ne pas minimiser
33:02être attentif
33:03aux jeunes
33:03qui nous entourent
33:04et leur parler
33:06les yeux dans les yeux
33:07avec sincérité
33:08être franc
33:09se rappeler que nous aussi
33:10on a été jeunes
33:11qu'on peut tout à fait
33:12comprendre
33:13que le monde
33:14dans lequel ils évoluent
33:15les angoisses
33:16parce qu'ils ont
33:17des informations
33:17en permanence
33:18sur un monde
33:19de plus en plus complexe
33:20à un âge
33:21où ils ont besoin
33:21de sentir
33:21qu'ils ont la maîtrise
33:22des choses
33:22et en fait
33:23avec l'information
33:24à toute heure
33:26à des notifications
33:27à tout moment
33:27de partout dans le monde
33:29ils perdent
33:30ce sentiment de contrôle
33:30le village
33:31il est devenu mondial
33:32donc c'est difficile
33:33de trouver ses repères
33:33là-dedans
33:34donc leur parler
33:35avec sincérité
33:36et franchir
33:36en leur disant
33:36mais je comprends
33:37que tu puisses
33:38te sentir perdu
33:38au lieu de banaliser
33:39dire mais t'as tout
33:40pour être heureux
33:40tu sais
33:41tes camp-parents
33:41ils n'avaient pas à manger
33:43ça c'est vraiment
33:44hyper culpabilisant
33:45et du coup
33:46il ne va plus oser parler
33:47et pour aider
33:48quelqu'un qui va mal
33:49il faut déjà
33:49qu'il ait confiance
33:50dans le lien
33:51donc qu'il ne se sente pas jugé
33:52et puis en fait
33:53c'est des petites choses
33:54alors il y a le rôle
33:55du psychiatre
33:55du psychologue
33:56du médecin évidemment
33:56mais quand on est un proche
33:59ça passe par des petites choses
34:00c'est
34:01tiens je vais prendre
34:01de ses nouvelles
34:02tiens je vais lui déposer
34:03un truc à manger
34:04parce que je sais
34:05qu'en ce moment
34:05il se fait livrer
34:06il ne descend pas
34:06il ne cuisine pas pour lui
34:08tiens je vais voir un concert
34:09je lui dis que j'achète
34:10une place en plus
34:10je lui propose de m'accompagner
34:11ça passe par des petites attentions
34:14qui vont faire sentir
34:15à l'autre
34:15qu'il existe dans le lien
34:17qu'il n'a pas besoin
34:18d'aller bien tout le temps
34:19pour avoir de la valeur
34:20à vos yeux
34:21que vous vous inquiétez
34:22pour lui
34:22que vous avez un souci
34:23de l'autre
34:24parce que je pense aussi
34:25que le monde
34:26dans lequel on est
34:28perd en empathie
34:29en courtoisie
34:29en attention
34:31en souci de l'autre
34:32et ils ont besoin
34:33de le sentir
34:33ces jeunes
34:33de le sentir
34:34qui ne sont pas en trop
34:34on leur a tellement dit
34:35reste chez toi
34:36sinon tu vas tuer papi et mamie
34:38ils partent avec un poids
34:39sur les épaules
34:39moi je crois que vous êtes
34:40ceux qui allaient relever
34:41les défis qui nous attendent
34:43j'ai l'impression d'entendre
34:44de mon papa parler
34:46de ça quand j'étais plus jeune
34:47qui est psychiatre
34:49oui
34:49mon père
34:50je ne pense pas
34:51qu'on puisse compter
34:52son travail avec ça
34:54mais c'est vrai
34:54que mon père me disait
34:55voilà
34:55tu fais partie
34:57de ces générations
34:58puis de toute façon
34:58je pense que ce qu'on transmet
34:59à chaque fois
35:00aux futures générations
35:02c'est continuer
35:03à relever la barre
35:04vous allez créer
35:05ce qu'on n'a pas créé
35:06oui
35:06ou vous allez améliorer
35:08ce qui n'a pas été fait
35:10mais c'est vrai
35:11qu'auprès des jeunes
35:13on constate ça
35:14comme vous avez dit
35:15après bon
35:16moi je n'ai pas plus
35:17de recul dessus
35:20vu que c'est assez récent
35:21j'ai mis du temps
35:23à me relever
35:23moi de ma période
35:25et aujourd'hui
35:26c'est du passé
35:27donc je suis très contente
35:28et comment ont réagi
35:29vos amis ?
35:30comment se sont comportés
35:31vos amis ?
35:33alors
35:33mon entourage
35:33quand vous avez connu
35:34la dépression ?
35:35j'ai eu beaucoup de chance
35:36franchement
35:36c'est pour ça que mon cas
35:38est quand même
35:39un peu à part
35:40parce que j'ai l'entourage
35:42qui travaillait dans le milieu
35:43qui avait cette écoute attentive
35:45cette bienveillance
35:46une maman qui était vraiment
35:48dans le positivisme
35:50tout le temps
35:51vois au-delà de la tempête
35:53va au-delà de tout ça
35:55tu sais
35:55il y a toujours le calme
35:56après la tempête
35:57comme après le calme
35:58il y a toujours la tempête
35:59et en fait
35:59c'est du moment
36:00où j'ai compris
36:01que la vie
36:01c'est une variance de vagues
36:03tout simplement
36:04qu'il y a des moments
36:06où tu as l'impression
36:07que tout va bien
36:08comme il y a des moments
36:09où tu vas avoir
36:09des périodes dans ta vie
36:11qui vont être compliquées
36:13mais ne jamais
36:14en fait
36:14tu peux vivre
36:15et ça c'est quelque chose
36:16avec le temps
36:16et un peu d'expérience de vie
36:18parce que je n'ai que 24 ans
36:19donc voilà
36:20c'est pour ça que
36:21je suis encore un peu
36:23nouvelle dans tout ça
36:25mais c'est vrai que
36:27dès que tu comprends
36:28que la vie est faite
36:28de variantes
36:29et que tu ne seras pas
36:31toujours dans le tout beau
36:32tout rose
36:34tu comprends que voilà
36:35il y a une vision à avoir
36:36et que tu peux vivre
36:36n'importe quelle expérience
36:38et n'importe quel événement
36:39tant que tu as la bonne pensée
36:40et l'entourage
36:41moi a favorisé
36:42c'est-à-dire que mon entourage
36:43a été d'une écoute
36:45d'une très bonne écoute
36:46mes amis ont été présents
36:48tous ont vu
36:49on fait partie aussi
36:50de ces personnes
36:50qui m'ont alerté
36:51sur le fait que
36:51j'avais perdu de la lumière
36:53dans ma façon d'être
36:54dans ma façon de parler
36:55ils ont fait partie
36:56de ces personnes
36:56qui m'ont fait m'alerter
36:58sur
36:58ok là
37:00non
37:00il n'y a pas que toi
37:01qui le ressens
37:02les gens le voient
37:03dans ton attitude
37:03il y avait un changement
37:05et c'est comme ça
37:06qu'après par là-dessus
37:06je me suis réorientée
37:07alors justement
37:08Marie-Estelle Dupont
37:09comment est-ce qu'on repère
37:11un jeune
37:12qui tombe en dépression
37:15qui va mal
37:16quels sont les premiers signaux
37:18alors les
37:19les premiers signaux
37:20ça peut
37:20ça peut être
37:21des troubles somatiques
37:22ça peut être un jeune
37:23qui se met à très mal dormir
37:24à changer complètement
37:25son alimentation
37:26ça peut encore
37:27passer par le corps
37:28à l'adolescence
37:28c'est plutôt les enfants
37:29qui somatisent beaucoup
37:30mais les adolescents
37:32ça peut être
37:33ça peut être
37:34des douleurs
37:35qui sont affichées
37:36pour qu'on lui
37:37pour qu'on lui
37:38pour qu'on le laisse tranquille
37:39mais ça peut être aussi
37:40véritablement
37:40des troubles du sommeil
37:41des changements d'alimentation
37:43sans que ce soit
37:43un trouble alimentaire caractérisé
37:45mais on sent que voilà
37:46il était très extraverti
37:48il avait beaucoup de copains
37:49puis en fait
37:49il s'enferme beaucoup
37:51dans sa chambre
37:52donc des changements
37:53de comportement
37:53les changements d'humeur
37:55à l'adolescence
37:55c'est normal
37:56et c'est très
37:56c'est très lié
37:57à la tempête hormonale
37:58donc qu'il claque la porte
38:00et puis que dix minutes après
38:01il vienne vous faire un bisou
38:02et tout va bien
38:03et tout est rose
38:04ça je dirais que c'est
38:04l'adolescence
38:05c'est la caractéristique même
38:06de l'adolescence
38:07c'est pas un trouble de l'humeur
38:09mais les changements
38:10de comportement
38:12le sentiment que tout d'un coup
38:13il se focalise
38:15exclusivement
38:15sur une préoccupation
38:16il s'obsessionnalise
38:18sur un sujet complètement
38:19il n'y a plus que ça
38:20qui compte
38:20il délaisse ses copains
38:21il délaisse le sport
38:22il délaisse les amis
38:22c'est pas forcément
38:24de la radicalisation en ligne
38:25ça peut être une obsession
38:26sur un sujet
38:27ça peut être les jeux vidéo
38:28ça peut être
38:29mais ça c'est un signe
38:30qui va pas bien
38:31et qui se trouve une obsession
38:32pour se protéger
38:33de l'effondrement
38:34après ce que je voudrais dire
38:36aux téléspectateurs
38:37c'est que
38:39en fait
38:39il y a deux écueils
38:41pour nous les adultes
38:41c'est banaliser
38:42minimiser
38:43en disant
38:43non mais de toute façon
38:45les psychiatres c'est pour les fous
38:46il n'a pas besoin d'aide
38:47et du coup ne pas
38:48au moment où c'est nécessaire
38:50faire appel à un professionnel
38:51et évidemment que plus on consulte tôt
38:52plus c'est facile à récupérer
38:54et puis l'autre écueil
38:55c'est de psychiatriser
38:57toute expression de la souffrance
38:58encore une fois
38:59l'être humain
39:00il est traversé
39:01par la souffrance
39:02la vie
39:03elle est faite de
39:03de périodes
39:05de haut et de bas
39:05comme vous dites
39:06on peut pas toujours être au top
39:07la souffrance fait partie de la vie
39:09il faut pas se débarrasser
39:10de la souffrance des adolescents
39:11en disant
39:11va chez le psychiatre
39:13et va te prescrire un médicament
39:13et ce sera réglé
39:15je crois qu'ils ont vraiment besoin
39:16qu'on soit avec eux
39:18qu'on passe du temps avec eux
39:19qu'on aille jouer au tennis
39:20avec eux pendant les vacances
39:21qu'on parle d'un film
39:22plutôt que d'être chacun
39:23sur notre téléphone
39:24on regarde un film ensemble
39:25on en parle
39:26tiens moi j'avais lu ce bouquin
39:27l'été de mes 15 ans
39:28je l'ai aimé
39:29qu'est-ce que t'en penses
39:30non tu veux pas lire
39:30on va en trouver un autre
39:31en fait qu'on soit dans la transmission
39:33parce que quand ils sont bien attachés
39:35et bien même s'ils ont des moments
39:36d'effondrement
39:37de souffrance
39:38de tristesse
39:38parce qu'ils ont un copain
39:39qui va mal
39:40une copine qui est partie de l'école
39:41qui voit plus etc
39:43ils peuvent en parler avec nous
39:44et ça évite
39:46que ça devienne pathologique
39:47ça évite que ça devienne grave
39:49ça évite que ça s'installe dans le temps
39:50qu'il y ait des hauts et des bas
39:51c'est normal
39:52le risque c'est la chronicité
39:53c'est la chronicité
39:54qui va transformer
39:55un moment de souffrance
39:57normal et surmontable
40:00en potentiellement
40:01un symptôme psychiatrique
40:02qui va conduire
40:03à une médication
40:04qui va conduire
40:05à tout un engrenage
40:06qui est aussi
40:07il faut le dire
40:08c'est important de consulter
40:09mais ça n'est pas sans impact
40:10sur l'estime de soi
40:11de se dire à 19 ans
40:12j'ai besoin de médicaments
40:13si on a pris les choses
40:14suffisamment tôt
40:15parfois
40:16on peut éviter
40:17ils ont peut-être besoin
40:18d'écoute
40:18qu'on mette des mots
40:19sur ce qu'ils ressentent
40:20qui comprennent que
40:21oui leur vie a un sens
40:21même si en ce moment
40:22c'est difficile
40:23et qu'on ne les laisse pas
40:24tout seuls
40:25ils sont trop jeunes
40:26pour être livrés
40:26à eux-mêmes
40:27ils ont encore besoin
40:28des adultes
40:28à 18, 19 ans
40:29ça paraît fou de dire ça
40:30mais ils n'ont pas fini
40:33de se construire
40:33donc même s'ils nous repoussent
40:35un peu
40:35il ne faut pas qu'on ait peur
40:37de les enquiquiner
40:37de faire des choses
40:38avec eux
40:38de partager des activités
40:39parce que c'est là
40:40qu'ils vont lâcher
40:41des confidences
40:42dans un trajet en voiture
40:43on va sentir
40:43ah bah tiens
40:44il y a un chagrin d'amour
40:45je me disais bien
40:45il y a un chagrin d'amour
40:46et voilà
40:47et on est sensible
40:48ils ont une sensibilité
40:49qui est très forte
40:50il ne faut pas banaliser
40:51ce qu'ils vivent
40:52parce que c'est là
40:52qu'après
40:53comme ça ne peut plus s'exprimer
40:54ça s'imprime
40:55et ça devient un symptôme
40:57mais par contre
40:57quand il y a besoin
40:58d'une consultation
40:59il vaut mieux consulter tôt
41:00et que ce ne soit pas très grave
41:01qu'avoir dit
41:02c'est anodin
41:02et finalement se retrouver
41:03avec un enfant
41:04qui va devoir avoir
41:05une hospitalisation
41:05en psychiatrie
41:06loin de la maison
41:07parce qu'il n'y a pas
41:08de place à côté
41:08oui
41:09mais donc
41:09sans faire la leçon
41:11évidemment aux parents
41:12si je vous écoute
41:12il faut quand même
41:13du lien
41:13du lien
41:14du lien
41:14il faut regarder son jeune
41:16il faut l'aimer
41:19mais il faut bien l'aimer
41:20il faut l'ausculter
41:23et puis il faut s'en occuper
41:24tout simplement
41:25aussi
41:25oui et surtout
41:26en fait il ne faut pas
41:27se laisser berner
41:27par le discours des adolescents
41:29c'est-à-dire que l'adolescent
41:30il va toujours vous dire
41:31mais circuler
41:32il n'y a rien à voir
41:32mais oui ça va très bien
41:33mais non ça ne me gêne pas du tout
41:34que tu ne sois pas l'Afrique
41:35il ne faut pas s'arrêter à ça
41:35c'est pas vrai
41:36moi mon fils aîné
41:37m'a fait une confidence
41:38lors d'un déplacement professionnel
41:40en fait il m'a dit
41:41mais mes petits frères
41:43ils vont très bien
41:43quand tu n'es pas là
41:44mais moi ça me saoule
41:45quand tu n'es pas la maman
41:46quand tu as un déplacement professionnel
41:47moi ça me pèse
41:48et il a lâché cette confidence
41:50et je l'ai remercié
41:50parce que je pense
41:51que c'est très difficile
41:52pour un adolescent
41:52de dire à sa mère
41:54c'est difficile
41:54que tu ne sois pas là le matin
41:55pour me faire mon petit déj
41:56et puis le soir
41:57pour qu'on se parle de nos journées
41:58et donc je pense vraiment
41:59qu'ils ont besoin
42:00qu'on soit là longtemps
42:02et qu'on n'ait surtout pas peur
42:04moi ce n'est pas de la culpabilité
42:05que je vous transmette aux parents
42:06c'est de la confiance
42:09votre place de parent en fait
42:11vous êtes les meilleures personnes
42:12pour eux jamais
42:14un psy, un pédiatre
42:16ne connaîtra aussi bien
42:17votre enfant que vous
42:18faites confiance
42:19à ce que vous ressentez
42:20de votre enfant
42:20vous la connaissez votre fille
42:22vous le savez
42:23en un dixième de seconde
42:24quand elle rentre de l'école
42:24qu'elle s'est disputée
42:25avec sa meilleure copine
42:26donc dites lui
42:27que vous êtes là
42:27si elle a envie de parler
42:28ça ne veut pas dire
42:28aller fouiller dans sa chambre
42:30c'est ce que j'allais dire
42:31sans être intrusif
42:32jamais être intrusif
42:33mais dire
42:33tu n'es pas obligé
42:36de me parler de tout
42:37mais tu peux me parler de tout
42:39parce que moi aussi
42:40j'ai été jeune
42:41et se rappeler quand même
42:42que ce n'est pas si facile
42:44d'avoir 15 ans
42:45parce qu'on a plein de choses
42:46à se prouver
42:46on n'a encore rien fait
42:48et on voudrait se débarrasser
42:49de papa et maman
42:49et on ne peut pas
42:51ça c'est pour un petit peu plus tard
42:53c'est vrai qu'après
42:53on s'envole
42:54et on est content
42:55de s'envoler
42:55et puis ça c'est la vie
42:57vous y avez fait allusion
42:59dans la première partie
43:00de l'émission
43:00il me semble
43:00mais je voulais qu'on y revienne
43:02vous avez évoqué
43:05le rôle de l'activité physique
43:07dans la santé mentale
43:08il y a un lien
43:09entre activité physique
43:10et santé mentale
43:11et un lien positif
43:13d'ailleurs les adolescents
43:14qui ont pu
43:14pendant la pandémie
43:16continuer
43:17parce qu'il y avait
43:18la possibilité logistique
43:20de le faire
43:20qu'ils n'étaient peut-être
43:21pas dans les grandes villes
43:22ils étaient à la campagne
43:23etc.
43:24continuer d'avoir
43:24une activité physique
43:25ont présenté
43:26beaucoup moins
43:27de troubles anxieux
43:28beaucoup moins
43:29de symptômes dépressifs
43:30beaucoup moins
43:30de dérèglements alimentaires
43:31évidemment que
43:33une fois qu'il y a
43:34un syndrome dépressif
43:35caractérisé
43:36qui nécessite
43:37des médicaments
43:38je ne dis pas
43:39qu'il faut arrêter
43:39ces médicaments
43:40en pensant que
43:41simplement aller à la piscine
43:42va suffire
43:42pas du tout
43:43ce que je dis
43:44c'est que d'avoir
43:45une hygiène de vie
43:46puisque l'esprit
43:46et le corps sont
43:47intriqués
43:48avoir une hygiène de vie
43:49avec une activité sportive
43:50en particulier
43:51à l'adolescence
43:52où il y a
43:52ces chamboulements
43:53hormonaux
43:54ça régule énormément
43:56on sait bien
43:56que la pratique
43:58de la danse
43:59permet de remonter
44:00certaines hormones
44:01cérébrales
44:01et qu'en fait
44:02ça nourrit la joie
44:03beaucoup plus
44:04que de scroller
44:05en se comparant
44:05à des femmes
44:06qu'on n'a jamais vues
44:06et qui sont à Dubaï
44:09de la même manière
44:10le fait d'être engagé
44:11dans une équipe
44:11de natation
44:12d'avoir un sport collectif
44:13où on se confronte
44:14aux autres
44:15on est obligé
44:17d'accepter
44:18de ne pas être
44:18trop susceptible
44:18parce qu'il y a
44:19des blagues
44:19qui sont faites
44:20etc
44:20ça les aide
44:22à prendre
44:22véritablement
44:23confiance en eux
44:23et puis ça régule
44:24toutes les hormones
44:25cérébrales
44:25donc les jeunes
44:26qui font du sport
44:26ils dorment mieux
44:27ils ont moins
44:27de dérives alimentaires
44:28ils sont moins addicts
44:30à plein de choses
44:30ils fument moins
44:32ils boivent moins
44:32et puis il y a une joie
44:34d'être impliqué
44:35dans l'activité sportive
44:36c'est une évidence
44:37par exemple
44:37la natation
44:38c'est prouvé
44:38que c'est une des meilleures
44:39activités
44:42contre justement
44:43le blues
44:44les moments de déprime
44:45etc
44:45que ça augmente
44:46la concentration
44:47et que ça augmente
44:48la productivité intellectuelle
44:49donc bien sûr
44:50qu'il faut pousser
44:51vos jeunes
44:51à faire du sport
44:52évidemment
44:53Miss France
44:54c'est avec nous
44:54Inao Poco de Vez
44:56vous avez entendu
44:57Marie-Astelle Dupont
44:58on a reparlé
45:00des réseaux sociaux
45:00parce que c'est un impact
45:01tellement important
45:01dans nos vies
45:03puis une place
45:03tellement importante
45:04dans nos vies
45:04qu'on ne peut pas y échapper
45:06Marie-Astelle a dit
45:07parfois certaines jeunes filles
45:08regardent les vidéos
45:09d'instagrammeuses
45:10qui sont à l'autre bout du monde
45:12est-ce que vous-même
45:13en tant que Miss France
45:14donc en tant que jolie femme
45:16de fait
45:17vous avez conscience
45:18de cette responsabilité
45:19sur les réseaux sociaux
45:20j'allais dire
45:21et ailleurs
45:22qu'il y a des jeunes filles
45:22qui doivent vous admirer
45:23qui doivent se dire
45:24mais j'aimerais devenir
45:25moi aussi Miss France
45:27comment est-ce que vous
45:27appréhendez ça ?
45:29Comment j'appréhende
45:30l'impact que j'ai
45:31sur les jeunes femmes
45:32ou les jeunes filles ?
45:34Est-ce que vous y avez pensé ?
45:35Bien sûr
45:36c'est le pourquoi
45:38du comment aussi
45:38je suis arrivée ici
45:39c'est l'influence
45:41que pouvait
45:41me donner ce titre
45:43que de part aussi
45:44la parole
45:45en dehors de l'image
45:46parce que cette année
45:47justement je bénéficie
45:48d'une certaine visibilité
45:50pour pouvoir passer
45:51des messages forts
45:52et montrer que
45:53au travers de messages
45:55on me pose aussi
45:56beaucoup de questions
45:56sur la confiance en soi
45:57comment j'ai fait
45:58comment je fais
45:59pour avoir confiance en moi
46:00et en fait
46:01je ramène juste
46:02les choses à l'essentiel
46:03sur le fait que
46:04je suis humaine
46:05que je suis une jeune femme
46:06de 24 ans
46:07qui se construit
46:08donc qui peut faire des erreurs
46:09donc je rappelle justement
46:10que l'erreur est humaine
46:12qu'il n'y a pas de parfait
46:13que ça n'existe pas
46:15et même au travers
46:17des rencontres
46:18que je puisse faire
46:18je peux recevoir
46:19des fois des messages
46:20de j'aimerais être comme toi
46:22non
46:22en fait le but
46:24de cette influence
46:25n'est pas de dire
46:25soyez comme moi
46:26c'est acceptez-vous
46:28comme vous êtes
46:28dans vos différences
46:29c'est-à-dire que moi
46:30j'embrasse mon empathie
46:33ma sensibilité
46:34je parle de la santé mentale
46:35parce que c'est mon histoire
46:37ça a été justement
46:39pour moi une période
46:40sur laquelle
46:41aujourd'hui je peux témoigner
46:43de par un recul
46:45je veux faire avancer
46:46aussi une cause
46:47justement qui existe déjà
46:50et aider à élaborer
46:51justement de potentielles pistes
46:54pour pouvoir impacter
46:55aussi les jeunes positivement
46:56mais je ne suis en loin
46:59d'être parfaite
46:59et c'est surtout
47:00mesdames
47:01votre histoire
47:02c'est la vôtre
47:03c'est-à-dire que vous avez
47:04chacune un parcours de vie
47:06chacune a quelque chose
47:07à transmettre à sa façon
47:08et je pense que voilà
47:10c'est comme ça que j'aide
47:12à entre guillemets
47:13à avoir un impact
47:14sur cette société
47:15de par mon titre
47:16c'est tout simplement
47:17en m'imprégnant de moi-même
47:18de mon histoire
47:19et en ayant mon propre combat
47:21Marie-Estelle Dupont
47:22ça me semble être
47:24un excellent message
47:25c'est un excellent message
47:26pour trois raisons
47:27c'est que d'abord
47:28ça va permettre aux jeunes filles
47:29qui ne vont pas bien
47:30de pouvoir dire à leurs parents
47:31tu vois on peut être
47:31magnifiquement belle
47:34intellectuellement
47:35avoir fait des études
47:36etc.
47:37et aller mal
47:37donc déjà
47:38voilà là vous
47:39donner une leçon
47:40à tous les adultes
47:40qui disent aux jeunes
47:41oh tu vas bien
47:42à manger
47:43tu pars en vacances
47:43voilà
47:44c'est pas si simple que ça
47:46l'âme elle a des exigences
47:47qui ne sont pas strictement
47:49matériels
47:50et ça je pense que
47:50notre époque a besoin
47:51de l'entendre
47:52ensuite vous leur passez
47:54un message de grande humilité
47:55c'est à dire
47:55on peut aller mal
47:56à un moment T
47:57et aller bien
47:58deux ans après
47:59ça nécessite de se retrousser
48:01les manches
48:02mais vous êtes la preuve vivante
48:03aussi que ça vaut le coup
48:04oui ça vaut le coup
48:05et c'est possible
48:06vous remettez au goût du jour
48:07la notion d'introspection
48:09qui est trop délaissée
48:10qui finalement
48:11je profite d'aller mal
48:12entre guillemets
48:12pour regarder un petit peu
48:14comment ça fonctionne là-dedans
48:16qu'est-ce qui me réussit
48:17qu'est-ce qui ne me réussit pas
48:18qu'est-ce qui ne me convient plus aussi
48:19parce que ce qui nous convient
48:20à 15 ans
48:21ça ne nous convient plus
48:22à 25 ans
48:23et heureusement
48:23ça veut dire qu'on grandit
48:24toute sa vie
48:26donc je pense que votre message
48:27il est très bien faisant
48:29effectivement
48:30à tous égards
48:32le temps passe vite
48:33le temps passe vite
48:34dans cette émission
48:35merci beaucoup
48:36Miss France
48:36c'est bien de rester plus longtemps
48:37avec vous
48:38avec grand plaisir
48:40j'en apprends beaucoup
48:40donc merci à vous
48:41pour cette invitation
48:42merci à vous
48:43d'être venu
48:44Marie-Estelle Dupont
48:45et si on en parlait
48:47tout l'été sur CNews
48:48vous pouvez retrouver l'émission
48:49évidemment
48:49sur nos réseaux sociaux
48:51sur CNews.fr
48:53sur le site
48:53sur le site CNews.fr
48:55et puis sur l'application
48:56CNews évidemment
48:58la suite de vos programmes
48:59sur CNews
49:00dans un instant
49:01bel été
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