00:00On a pu rencontrer Bali Bagayoko un samedi matin,
00:03quand il était seul dans sa mairie, il nous a consacré plus de deux heures.
00:06Et ce qui nous a frappé quand on est arrivé dans son bureau,
00:09c'est que le portrait d'Emmanuel Macron, comme il l'avait annoncé,
00:12avait bien été décroché.
00:14Il était au sol, mis dans un coin, il ne restait plus que les deux petits crochets au mur.
00:18Cette semaine, le point s'est intéressé à Bali Bagayoko.
00:21Pourquoi ? Parce que c'est une figure montante de la France Insoumise.
00:24On s'est rendu sur le terrain à Saint-Denis pour creuser un peu son parcours politique
00:28et pour essayer d'en apprendre un peu plus sur lui.
00:30Bali Bagayoko, il doit le déclic de sa carrière politique au basket.
00:34Parce qu'avant d'être maire, Bali Bagayoko était coach de basket.
00:37Et à la fin des années 90, il coachait notamment au club de Saint-Denis avec un certain succès.
00:43Un grand gaillard de 1m95 qui était très bon, qui s'appelle Fabien Marceau
00:48et qui deviendra plus tard le slameur grand corps malade.
00:51Et le père de Fabien Marceau, qui s'appelle Jacques,
00:53est venu voir son fils jouer au basket à Saint-Denis.
00:56Et Jacques Marceau était secrétaire général du Parti communiste à Saint-Denis.
01:01Et il a tout de suite repéré le charisme de ce coach de basket
01:05qui avait le respect des jeunes, qui pouvait parler à tout le monde,
01:09qui galvanisait ses troupes et qui était admiré localement.
01:13Donc il s'est dit que c'était une bonne idée de l'amener à la mairie de Saint-Denis
01:17comme animateur.
01:18Et puis ça a marché très bien, ce rôle de grand frère dans les quartiers de Saint-Denis,
01:22notamment dans le quartier du Franc-Moisin, un quartier difficile avec lequel les communistes
01:27avaient parfois du mal à nouer un lien.
01:29Donc Bali Bagayoko a commencé comme animateur,
01:31puis il est entré à la mairie de Saint-Denis en 2001,
01:33comme adjoint à la jeunesse et au sport.
01:36C'est quelqu'un qui est surnommé Oui, Oui, parce que tout le monde n'arrêtait pas de l'appeler.
01:41Ça dure encore aujourd'hui pour lui demander un service, un logement, un conseil.
01:46Et donc Bali Bagayoko, il disait tout le temps Oui, Oui.
01:49Ses proches lui ont conseillé maintenant qu'il est maire de changer de numéro
01:51parce que ce n'est plus possible, vu sa fonction de maire d'une ville de 150 000 habitants,
01:57de répondre à autant de demandes.
01:59Bali Bagayoko, on lui prête des ambitions nationales,
02:02mais c'est quelqu'un qui, pour l'instant, nous dit-il,
02:05veut rester focalisé sur les sujets qui concernent sa ville.
02:09Il conserve aussi une certaine indépendance par rapport à la France insoumise.
02:13Par exemple, il refuse d'employer le mot racisé.
02:16Il préfère le mot héritier de l'immigration.
02:19Et nous, il nous a expliqué que c'était d'une part parce que dans les quartiers populaires,
02:23on n'emploie pas forcément ce mot de racisé.
02:26Et d'autre part, parce qu'il veut conserver cette liberté de ton,
02:30ce qui n'est pas si fréquent que ça chez les cadres de LFI,
02:32et toujours garder un pied en dehors du mouvement politique
02:36et défendre ses intérêts et ceux de sa ville.