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  • il y a 6 semaines
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Hélène Roué.
00:04Toujours à mes côtés, Alexandre Malafaille, Arthur de Vatrigan et Jean-Louis Thiriot,
00:09député DR et ancien ministre aux armées.
00:11Arthur de Vatrigan, vous aviez une question pour le député.
00:15Oui, Jean-Louis Thiriot, vous nous disiez que vous ne croyez pas à l'Europe de la défense,
00:18je partage votre avis, mais en revanche, est-ce qu'on peut réfléchir ou penser à une coopérative
00:22ou une coopération, disons, de l'industrie allemande, française et anglaise ?
00:28Je n'ai pas dit que je ne croyais pas à l'Europe de la défense,
00:30j'ai dit que je ne croyais pas à la défense européenne avec un commandement européen.
00:34Après, que les nations coopèrent ensemble et soient interopérables, c'est absolument vital.
00:39Le sujet industriel, vous l'avez posé la bonne question,
00:42la première des armées, c'est l'industrie, on ne gagne des batailles dans la durée
00:46que si on est capable de produire.
00:48Et tout le discours sur l'autonomie stratégique qu'on porte, c'est un long chemin.
00:53On a des partenaires, les Allemands au premier rang,
00:56qui ont toujours eu l'habitude de sous-traiter leur défense aux Américains,
01:00qui ont des industriels, Rheinmetall au premier rang d'entre eux,
01:03qui se satisfont très bien d'être les sous-traitants de l'industrie américaine
01:07et de ne pas avoir une capacité ni de conception,
01:11ni d'indépendance dans la production.
01:14On aboutit, on l'évoquait dans les F-35,
01:17le choix allemand du F-35 alors qu'il y a des avions européens.
01:21C'est la raison pour laquelle je crois que la grande illusion,
01:24c'est de croire au tandem franco-allemand.
01:27L'Europe, ça n'est pas que la France et que l'Allemagne.
01:29L'Europe, c'est des grands pays comme la Pologne, comme la Suède.
01:33Et vous voyez, je crois que le côté positif,
01:36c'est ce qu'on vient de faire avec la Suède,
01:39où on a acheté les avions détecteurs Global Eye
01:42à la place d'Awax américain, nous Français,
01:45et les Suédois ont acheté quatre frégates à Naval Group,
01:48et les marins suédois navigueront sur des frégates françaises.
01:52Ce sont les premières pierres à poser.
01:56On est encore très loin d'aller assez loin,
02:00mais un certain nombre de pays,
02:02et la France est leader sur ce sujet-là,
02:05se bat pour un European by Act,
02:08c'est-à-dire vous voulez des fonds européens,
02:11vous achetez européens et pas sous-traité aux Américains.
02:15Alexandre Malafaille.
02:16Oui, ça c'est sans doute un point fondamental,
02:18c'est certainement ce qui aidera quand même
02:20à faire en sorte qu'on commence à vraiment structurer
02:23une filière de défense à l'échelle européenne,
02:25en ce qui concerne l'industrie.
02:26Après, il faudra sans doute inventer d'autres formats,
02:28les coopérations entre certains pays,
02:30il y a besoin d'aller dans des directions différentes,
02:32et je pense qu'il ne faut pas compter trop sur les Allemands
02:33sur les prochaines années.
02:35Alors vous disiez qu'effectivement l'industrie c'est la clé,
02:37il y en a une deuxième qui est tout aussi essentielle,
02:39c'est le volet humain.
02:40Si on veut avoir l'armée de demain et d'après-demain
02:43en capacité de faire le job, comme on dit,
02:45est-ce qu'aujourd'hui on a une dynamique de recrutement
02:48qui est toujours là ?
02:49Est-ce qu'on pense que demain et après-demain,
02:50le métier des armées restera attractif
02:52pour qu'on soit certain d'avoir les soldats
02:54qui aujourd'hui, on les a vu des filets ce matin,
02:56qui sont dans l'excellence absolue,
02:58est-ce que dans dix ans on sera toujours capable d'assurer ça ?
03:00La dynamique de recrutement est objectivement bonne.
03:04À ce stade, que ce soit pour l'armée d'actifs
03:10ou pour les réservistes,
03:12ou même pour le nouveau service national volontaire,
03:14on a dépassé le nombre qu'on espérait.
03:18Ce qui fonctionne moins bien et ce qui est plus inquiétant,
03:21c'est la fidélisation, c'est qu'aujourd'hui,
03:24dès que vous avez acquis une technicité que donnent les armées
03:26et qui font des réussites exceptionnelles,
03:30c'est vraiment l'escalier social par excellence.
03:34Quand vous êtes bon et que vous êtes sous-officier,
03:36au bout de quelques années,
03:37vous serez beaucoup mieux rémunéré dans le privé.
03:40La question se pose de savoir si vous restez.
03:43Le vrai sujet qui se pose,
03:45c'est celui de l'évolution démographique.
03:47Dès maintenant, et c'est la grande qualité de nos armées d'anticiper,
03:51quand on voit le baisse du nombre de naissances
03:55et le baisse d'une classe d'âge,
03:57on a un vrai problème de recrutement
04:00qui se posera.
04:01Et l'une des réflexions sur la robotisation du combat terrestre,
04:04c'est évidemment pour moins exposer les hommes,
04:06mais qu'on se dit à un moment,
04:08de toute façon, on aura des armées moins nombreuses
04:11et on sera bien obligé d'avoir un certain nombre de technologies
04:14qui le remplacent.
04:15Et vous voyez, ce qu'ont réussi à faire les Ukrainiens,
04:18où aujourd'hui, d'après ce qu'on sait,
04:21et tout le monde est à peu près d'accord là-dessus,
04:23le ratio de perte entre les Russes et les Ukrainiens,
04:27il est de 1 à 8.
04:29C'est-à-dire, un Ukrainien tué pour 8 Russes tués.
04:33Les Ukrainiens ont fait ce choix
04:37de ne plus envoyer ou d'envoyer moins d'hommes en première ligne
04:41et d'essayer de confier aux technologies
04:43le soin de remplacer les vagues lui-même
04:45parce qu'aussi, ils ont un problème démographique.
04:47Donc moi, je crois, à court terme,
04:49il n'y a pas de menace.
04:50À long terme, c'est évidemment un problème.
04:53Et puis, j'ajoute une chose,
04:54l'élément essentiel pour qu'une armée soit forte.
04:56Vous savez, une armée, c'est trois choses.
04:58Ce sont des hommes, des armes et la force d'armes.
05:03Et ce qui est vital pour notre pays,
05:05c'est de retrouver la volonté d'une nation
05:09parce que ce sont les armées qui se battent,
05:12mais c'est les nations qui les soutiennent.
05:15Et donc, on retombe sur ce sujet clé
05:17qui est comment faire que la France se retrouve derrière son drapeau.
05:21On va parler du leadership militaire d'Emmanuel Macron,
05:24mais d'abord, Alexandre Malafaille.
05:25Juste un rebond sur ce que vous évoquiez.
05:27Vous pensez vraiment qu'on se dirige vers des guerres de robots ?
05:30Uniquement des robots les uns contre les autres ?
05:31Non, pas uniquement.
05:32Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire.
05:33Je veux dire simplement,
05:36la guerre est en train de changer de visage.
05:39Et on exposera moins,
05:43on essaiera d'exposer moins nos personnels.
05:45Je prends un exemple.
05:45l'évacuation des blessés
05:47qui, dans le cadre d'un conflit de haute intensité,
05:50est absolument vital pour sauver des vies.
05:53Aujourd'hui, pour évacuer un blessé,
05:56vous avez besoin de 4 ou 5 personnes pour le faire.
05:58Ce qu'ont réussi à faire les Ukrainiens,
06:01c'est des robots terrestres
06:04sur lesquels vous chargez le blessé
06:06et qui sortent de la killzone
06:08pour les récupérer derrière.
06:09Voilà typiquement un moyen d'épargner des vies humaines.
06:13Ce n'est pas du tout une guerre de robots.
06:14La guerre, ça sera toujours des hommes
06:16en première ligne,
06:18le sang, la peur, la sueur et la mort.
06:20Mais on peut limiter les personnes.
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