00:00Ça tape les vagues de 2 secondes.
00:03C'est très inconfortable.
00:05On est en train de mettre un smirmork en impact sur un mètre carré de notre coque.
00:10Et il faut qu'elle tienne ça.
00:16Donc là, on génère des efforts de 30, 35, 40, peut-être plus tonnes par mètre carré.
00:23Un enjeu pour une structure carbone qui n'existe quasiment, à ma connaissance, dans aucun autre milieu.
00:27C'est-à-dire qu'un avion n'a pas besoin de subir ces impacts-là, un satellite non plus.
00:32Et donc, on est à la pointe de la recherche et le développement
00:35dans ces structures carbone supportant des impacts de cette grandeur-là.
01:01Au début des années 60, 5 pionniers se préparent à traverser l'Atlantique Nord en solitaire et en un temps
01:09record.
01:09Baptisés aux stars, leur traversée est entrée dans la légende.
01:13Dans l'histoire des bateaux de course large, on a eu les bateaux en bois,
01:17qui étaient le matériau utilisé depuis des siècles.
01:19On est passé au métal, à l'acier.
01:22L'étape d'après, ça a été de passer à des matériaux composites.
01:25D'abord, la fibre de verre avec le polyester, qui est vraiment le système le plus basique
01:28pour faire des bateaux en composite.
01:30Au fur et à mesure des développements des produits composites,
01:32on a eu du verre de meilleure qualité, des meilleures résines,
01:35et on est arrivé au carbone au début des années 90,
01:37ou quelque chose comme ça, pour schématiser.
01:40Une coque Imoka, c'est 2,5 tonnes de carbone.
01:44Nous, on utilise le carbone parce qu'il a une certaine raideur
01:47et on arrive à avoir un compromis poids raideur
01:50qui est très intéressant, qu'on ne va pas avoir dans l'acier.
01:53Mais nous, on ne l'utilise pas à 100% du carbone.
01:55C'est du carbone et de la résine, ce qu'on appelle le matériau composite.
01:59Le carbone seul, il ne sert à rien.
02:02Mais par contre, le carbone azouté à la résine,
02:05là, ça fait un très bon compromis résistance et réveil.
02:09Si tu veux couvrir tout un panel d'efforts, il faut en mettre de partout.
02:13Du coup, il faut beaucoup d'intelligence et de puissance de calcul,
02:17et de la main-d'œuvre pour venir poser toutes ces fibres exactement dans le bon sein.
02:23Alors, le carbone, on part d'une fibre qui est fait dans des labos,
02:27mais je crois qu'il y a deux labos au monde qui le font.
02:29C'est pour ça que c'est cher et très énergivore pour la fabrication.
02:32Donc nous, on a cette fibre-là, une fibre qui est très costaud,
02:36mais qui a ses exigences.
02:38C'est-à-dire que comme ça, c'est très solide.
02:41Mais si on fait un nœud, ça n'aime pas du tout les plieurs.
02:45Ça casse tout seul.
02:48Dans le bateau, on va avoir une coque.
02:50À l'intérieur, il va y avoir des parties longitudinales.
02:53Donc dans le sens, ils vont former comme des espèces de boudins.
02:56Et ça va donner une structure dans cet axe-là.
02:59Et après, on va rajouter aussi des cloisons qui vont donner une structure dans l'autre sens.
03:02Ça a complètement changé l'industrie.
03:04Là où tu prenais une plaque, tu la découpais, tu la soudais.
03:07Tu es passé à mettre, sur un bateau comme le nôtre, quasiment une quinzaine de couches de carbone
03:11juste pour faire la peau de la coque.
03:13Et tout ça, ça fait ce qu'on appelle la black box.
03:17Après, on vient rajouter le pont et tout ça, ça nous fait un joli bateau.
03:20Un bateau qui n'a pas de cloisons, pas de lisse.
03:22On aura l'impression de se promener sur les boudins déconflés d'un bateau.
03:26À l'intérieur, ça bougerait trop.
03:30Alors, il y a d'autres bateaux qui ne sont pas construits en carbone.
03:32Il y a des bateaux de course en fibre de verre aujourd'hui, mais ce n'est pas des bateaux
03:34qui volent.
03:40Comme les classes 40, les Figaro, ce type de bateaux,
03:44ils sont faits principalement en fibre de verre.
03:46Et si on les faisait en carbone, ça serait beaucoup, beaucoup plus cher.
03:51Donc, soyez vraiment vigilants et prudents dans vos déplacements pour les premiers bateaux.
04:00Il s'annonce qu'on a grand beau temps sur la Bretagne, donc c'est l'heure d'aller faire
04:04du bateau.
04:04Faire une belle course, mais là, au-delà de ça, c'est dur de se positionner
04:07parce qu'il y a quand même un paquet de duos au top niveau.
04:10C'est les autres, le problème, en Figaro.
04:14Le problème, c'est qu'ils sont super bons et qu'on a tous le même bateau.
04:17Donc, en fait, la différence, elle n'existe pas.
04:20Là où, en Imoka, on essaie de faire la différence avec les autres
04:23en développant un bateau meilleur que le reste de la concurrence,
04:26là, c'est strictement le même.
04:27Il a été produit par Beneteau, en série, tous en même temps,
04:30même fibre, même résine, même plan, même électronique.
04:33Et du coup, les différences de vitesse sont hyper fines.
04:37Je vais regarder la valeur exacte.
04:39Je pense qu'on va venir taper, virer de bord là,
04:42et descendre, tu sais, l'île Tomé, on risque de passer à l'intérieur.
04:44Si tu veux, entre là et quasiment Bréa, on reste abrité à la côte.
04:49Là, c'était chaud du drône ou du machin.
04:51Donc, je viendrai, peut-être.
04:53C'est bon.
05:02Petite vue.
05:04Sympathique.
05:06En Trigastel.
05:10Une plage magnifique.
05:12Les cailloux encore plus beaux.
05:20On accroche le paquet.
05:23En tête, ça revire là-bas.
05:25On va arriver à Pérozguerac dans pas longtemps.
05:27On va aller tomber à gauche là-bas.
05:29En plus, je me suis fait deux blessures cette saison.
05:32Une à l'épaule et là, les côtes cassées sur la dernière,
05:34sur le trophée BPGO.
05:35Par la préparation idéale.
05:44C'est bon.
05:46Ouais, moi ça va.
05:48Le yo-yo est confortable.
05:50Ça va ?
05:50Ah oui, et toi ?
05:52Ah ouais.
05:53En haut les gars, bien réveillé.
05:55Ça va ?
05:55J'ai fini dans la barre.
05:58Plié en deux dans la barre.
05:59Putain.
06:02Et ça fait un peu mal.
06:03Ouais.
06:04J'étais plus blessé sur les courses de 5 jours en Figaro
06:07que dans les Globes.
06:09Attends, mais je comprends pourquoi on fait des bateaux fermés.
06:12Ouais, ouais.
06:13Le bord était assez engagé.
06:14Bah, tu vois, pour qu'une déferlante monte dans le bateau
06:17pour me projeter dans le cockpit.
06:19Ça commence à faire un peu de mer.
06:21Et ouais, ouais, ça a monté à 35-36.
06:23Surtout, les bateaux, ils sont hyper humides et tout ça.
06:26Ça fait fonder en permanence la tronche par les geysers d'eau.
06:30C'est la lance à eau permanente.
06:33Ça, qu'est-ce qu'on est fort à faire des arrivées de nuit ?
06:35Hein ?
06:37C'est l'entraînement solitaire.
06:38Je me permets de rêver à des bons résultats.
06:41Une victoire, c'est possible.
06:42Mais peut-être que la réalité sera plus dure que ça.
06:45Et des fois, je me dis qu'un top 10, ça sera déjà pas mal.
07:02Où est-ce qu'on va ?
07:03Nous avons chez Multiplast pour suivre le chantier du nouveau bateau Paprec.
07:12Moi, mon rôle, je suis responsable composite au sein de l'équipe Paprec.
07:17Donc, c'est la route que je fais régulièrement pour voir si tout se passe bien,
07:24si tout ce qu'on fait est conforme au plan et à nos exigences.
07:27J'ai envie de connaître le bateau par cœur sur toute sa fabrication.
07:31Multiplast, c'est un gros chantier qui est expert là-dedans.
07:36Mais c'est des bateaux qui restent compliqués, fautes vigilants,
07:40pour pas qu'il y ait d'erreurs à se glisser là-dedans.
07:44Salut tout le monde !
07:46Salut !
07:46Ça va bien ?
07:48Ça va et toi ?
07:48Ça va.
07:49Puisson de l'âme, ok.
07:50Ça y est, c'est déjà prêt.
07:51Moi, je veux...
07:53Ok.
07:53Yoann est passé déjà ?
07:54On le cherche.
07:55On le suit de près.
07:56On va aller voir la coque, il ne doit pas être loin.
07:58Bon bah, bon courage, à tout à l'heure.
08:06Ça va ?
08:07Ça va ?
08:07Ça va ?
08:07Ça va ?
08:08Ça va ?
08:09Ça va ?
08:09Ça va ?
08:09Ça roule, tranquille.
08:11Ça va juste ?
08:12Ça, c'est... ouais.
08:13T'es content ?
08:14Ouais, ouais, c'est cool.
08:16C'est cool, je parle de 10 heures.
08:19Toi, t'as l'impression que c'est hyper froid ce qu'il y a, c'est encore grave.
08:24Non, c'est l'autre derrière.
08:26Ah non, parce que là, s'il doit amener les voiles là...
08:28Là, euh...
08:29Non, non, mais ce bateau sable ici.
08:31Allez, ouais.
08:31Ici, c'est déjà pas en blanc à l'intérieur.
08:33Ah ouais ?
08:33Ouais.
08:34C'est vrai.
08:59On est obligé de faire une analyse de cycle de vie pour l'IMOCA.
09:02Donc les 14 derniers IMOCA en ont fait un.
09:04Et disons que nous, c'est autour de 300 tonnes, 320 tonnes.
09:07Je crois que la moyenne, c'est 360 tonnes de CO2 pour la construction du bateau.
09:13Ça, la plupart des gens, je pense, ont du mal à remettre ça dans le contexte.
09:17Ça parle pas à grand monde.
09:19Il y en a, ils vont te dire c'est un chiffre énorme, il y en a, ils vont te
09:21dire c'est ridicule.
09:22Moi, ma seule comparaison que j'aime bien, c'est un vol transatlantique Paris-New York, pour une personne, c
09:28'est une tonne de CO2.
09:30Donc quand ton avion fait 250 places, il fait 250 tonnes à l'aller, 250 tonnes au retour.
09:36Et si on atteint pas cet éco-score, cet objectif-là, on va avoir une pénalité.
09:41Nous, dans le bateau Paprec, on a fait, on a pris une décision très forte,
09:45qui est de s'associer avec une autre équipe, l'équipe de Benjamin Dutreux et le bateau Forcade.
09:49Et en fait, on est parti du constat que la moitié du bilan de construction, du bilan écologique,
09:56le fameux tonne équivalent carbone, était lié au moule.
09:59Donc en fait, le moule, si tu l'utilises pour un bateau, c'est 50% du bilan de ton
10:03projet.
10:03Si tu l'utilises pour deux bateaux, ce n'est plus que 25%.
10:06Aujourd'hui, notre objectif est de descendre de moins 12% par rapport à la moyenne des bateaux
10:10qui avaient été construits pour le Vendée Globe 2024.
10:13Et on est à moins 13,5%. Donc l'objectif, pour l'instant, on le tient.
10:17Et on peut éventuellement prendre une décision très structurante, à titre d'exemple, sur le moule de pont.
10:22On a pris une décision sur un moule en bois, avec une technologie de mousse
10:26développée par Multiplast et puis le chantier SMM, qui a un impact beaucoup moins important.
10:31Par contre, on prend un risque parce que c'est une technologie qu'on maîtrise un peu moins bien.
10:34C'est un peu moins facile que de faire un moule en carbone, mais l'impact est vraiment réduit.
10:40Ça veut dire que l'impact écologique des projets est pris en compte au quotidien dans les décisions
10:46pour construire, en tout cas concevoir, le bateau Paprec.
10:49Oui, ça pollue, comme toute activité, mais c'est quand même un outil industriel
10:54qui fournit 40 000 heures de travail à nos différents chantiers
10:58et qui, nous, va fournir dans notre projet du travail pour 17 personnes pendant 4 ans,
11:03plus à une durée de vie aujourd'hui inconnue, probablement entre au moins 20 ou 30 ans.
11:08Donc si on remet ça dans cette photo générale, pour moi, ça reste quelque chose d'assez modéré.
11:13Ça peut être mieux et on vise toujours à le faire mieux.
11:46Ouais, salut Romain.
11:47Ouais, salut Martin.
11:48Du coup, je te rappelle, suite à notre discussion de ce midi là,
11:51écoute, nous, on aimerait bien que tu sois le skipper remplaçant de Johan,
11:54parce que l'histoire, elle est déjà un peu écrite depuis quelques semaines
11:58et puis la collaboration était top.
12:00J'ai préféré qu'on enterre une décision tôt, qu'on mette quelqu'un dans des bonnes conditions
12:05pour aller courir cette belle course.
12:07Douloureuse à prendre, ça a été un peu compliqué dans ma tête, mais elle est prise maintenant
12:11et on est à fond derrière Martin.
12:19C'est parti.
12:20C'est parti.
12:21C'est parti.
12:29C'est parti.
12:40C'est parti.
12:41C'est parti.
12:43C'est parti.
12:47C'est parti.
12:50C'est parti.
12:51C'est parti.