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Comment mettre en scène aujourd'hui l'un des opéras les plus joués au monde ? C'est le défi que s'est lancé Clément Cogitore, metteur en scène et vidéaste, en reprenant "La Flûte enchantée" de Mozart pour le festival d'Aix-en-Provence 2026, accompagné de Leonardo García-Alarcón à la direction musicale.

On vous emmène dans les coulisses de la création de cet opéra, à la rencontre des différents acteurs qui le font vivre : Sabine Devieilhe, habituée du rôle de la Reine de la nuit, Nathalie Pallandre, assistante du créateur de costumes, Sean Michael Plumb dans le rôle de Papageno, et bien d'autres.

#mozart #lafluteenchantee #opera #aixenprovence #festivalaix #cultureprime

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Musique
Transcription
00:00C'est l'un des opéras les plus joués au monde.
00:05La flûte enchantée de Mozart.
00:12Mais depuis 1791, on ne voit pas le même opéra.
00:17Mise en scène, façon de jouer, de chanter,
00:19la vision de l'œuvre évolue en fonction de ce qui la recrée.
00:27Dès que la flûte enchantée est arrivée dans la discussion,
00:29je me suis jeté sur ce titre en disant « ça, j'en rêve ».
00:32Le Festival d'Aix accueille justement une nouvelle production de la flûte enchantée.
00:37Moi, je pense qu'on peut rire de Zarastro comme on peut être ému par Papageno, par exemple.
00:41C'est très important de pouvoir me nourrir du passé
00:44pour savoir ce que je peux donner de moi-même et de ma lecture de Mozart
00:50et surtout de quelle manière je peux aussi servir un metteur en scène.
00:54C'est comme un puzzle.
00:55On est tous en train d'apporter notre pierre à l'édifice.
00:59Nous, on est les seuls témoins vivants de cet art qui essaye de perdurer tant bien que mal.
01:07On vous raconte comment l'opéra se fabrique et se réinvente dans les coulisses de la flûte enchantée.
01:15Cette salle en plein air a vu passer les plus grands opéras.
01:18C'est le théâtre de l'archevêché d'Aix.
01:21À une semaine de la générale, les répétitions de la flûte avec orchestre viennent de commencer.
01:27Dans les gradins, le metteur en scène, Clément Cogitor, observe, note, discute.
01:32Ça fait déjà trois ans qu'il pense le projet.
01:34Déjà, il y a le moment où dans les discussions, ils me disent
01:37« On te confie la flûte enchantée, c'est pour toi ».
01:39Donc là, il y a un moment un peu de très grande joie et en même temps de très grande
01:42peur
01:43de se dire « Bon, maintenant, que c'est pour moi,
01:45même si bien sûr j'ai donné un petit peu quelques idées, un petit peu la vision que j'en
01:48avais.
01:48Il faut que cette vision, elle fonctionne du début à la fin.
01:53C'est beaucoup de travail, d'abord seul, puis ensuite avec mon équipe artistique,
01:58scénographe, créateur lumière, l'équipe mise en scène.
02:00Là, sur un projet comme ça, on est huit.
02:02Donc c'est vraiment beaucoup, mais aussi parce que c'est très complexe.
02:04On a aussi des enfants sur scène.
02:06Clément Cogitor imagine une flûte enchantée qui se déroule au XXe siècle
02:10où les rôles sont joués en partie par des enfants et chantés par des adultes.
02:14On sait que c'est une œuvre qui est écrite pour des jeunes interprètes,
02:16que les personnages sont jeunes.
02:17Mais de dire s'ils étaient vraiment très jeunes,
02:19si leur histoire commençait dans l'enfance,
02:20et puis après se poursuit à l'adolescence, au début de l'acte II,
02:23et ensuite quand le théâtre disparaît, quand les parties de parler disparaissent,
02:28qu'ils entrent entièrement à l'âge adulte.
02:29Ça suppose un jeu assez complexe avec les enfants, de les relier aux solistes,
02:33parce que forcément les solistes chantent les parties musicales
02:36et les enfants prennent en charge les parties parlées.
02:39Après avoir fait mûrir ces idées,
02:41le travail avec les artisans et les artistes démarre.
02:44Moi j'écris un déroulé de ce que j'imagine qu'il doit se passer à ce moment-là.
02:48On rend une maquette qui est fabriquée par Alban, le scénographe,
02:52pour les équipes techniques de l'opéra,
02:55pour voir ce qu'il y aura à construire.
02:56Au costume, pareil, il fait des sortes de mood board,
03:00puis au bout d'un moment on commence à rassembler les éléments dans les répétitions.
03:04Côté costume, le travail commence lui aussi bien en amont dans les ateliers.
03:07Nathalie Palandre est assistante du créateur de costumes.
03:11On demande aux différents maîtres d'œuvre et à Clément, le metteur en scène,
03:16de rendre leur projet un an avant,
03:18de manière à ce que déjà dans un premier temps,
03:20tous les services vont budgéter le projet
03:23et voir si ça tient dans l'enveloppe.
03:26Les costumes peuvent être fabriqués, achetés, mais aussi réutilisés.
03:30Certains costumes viennent de l'opéra Bastille.
03:32Et par exemple, pour la Reine de la Nuit,
03:35ce manteau-là a été trouvé à Bastille,
03:38cette robe également.
03:39Ils sont déjà arrivés patinés,
03:41ce qui était un peu super pour nous
03:43parce que ça nous permettait d'avoir une image immédiatement en essayage
03:47de « Ah, ça va fonctionner ! »
03:49Pour Papageno, qui est ici,
03:52les éléments du dessous ont été trouvés en partie dans le stock d'Aix
03:57et en partie, c'était cette trouvaille à Bastille.
04:01On les a mis à ces mesures.
04:03Par contre, le manteau, lui, a été fabriqué complètement par les ateliers.
04:07On a aussi fait des rajouts de tissus dans la doublure
04:11pour donner cette impression de choses rafistolées.
04:15Souvent, quand les artistes arrivent,
04:17nous, on demande à les voir dans les tout premiers jours
04:20parce que le temps est quand même très court sur les opéras.
04:23Et parfois, ils ont eu la présentation du projet,
04:25mais ils n'ont pas encore vraiment eu de répétition.
04:27Donc, c'est un peu le premier pas pour comprendre où est le personnage.
04:32Mon costume n'a pas de grande couronne, n'a pas de grande robe.
04:36Mon costume n'est pas fait pour me mettre en valeur.
04:38Il raconte la démerde.
04:40Il raconte la débrouille.
04:42C'est un costume qui joue avant même que je pose le premier pied sur scène.
04:48Et d'ailleurs, en parlant de pied,
04:49vous verrez que j'ai les plus belles chaussettes en laine
04:52de toute l'histoire des chaussettes en laine.
04:54Avec, tenez-vous bien, des sandales.
04:58Donc, la reine de la nuit porte sandales-chaussettes.
05:04Avant les répétitions, Sabine Deviel échauffe sa voix
05:07pour se préparer à chanter ce fameux air.
05:09Et ce fameux contre-fa.
05:16Ça demande vraiment un travail, je dirais, quotidien.
05:20Particulièrement ce rôle-là.
05:21De se remettre dans cette tessiture.
05:25De se remettre dans cet arpège de fa.
05:28Il faut travailler sur les ouvertures de mâchoire
05:31pour ménager son effet.
05:33Il faut travailler sur un soutien souple,
05:36comme pour de la musique de Mozart,
05:38mais quand même qui peut se tonifier
05:40pour ce personnage de la reine de la nuit.
05:44La chanteuse incarne la reine de la nuit depuis ses débuts,
05:47mais son interprétation n'est jamais la même.
05:50Chaque reine de la nuit est vraiment différente.
05:53C'est un rôle déjà qui s'adresse tellement
05:55à l'interprète à l'instant T,
05:58parce que c'est un rôle qui joue vraiment
05:59avec l'adrénaline de la soprano.
06:03Je ne gère pas mes émotions de la même façon aujourd'hui
06:06à 40 piges que quand j'ai commencé,
06:08quand j'avais une petite vingtaine d'années.
06:10J'avais de l'excitation, beaucoup d'envie.
06:14J'étais prête à me brûler les ailes.
06:16Et puis aujourd'hui, c'est vraiment un rôle de mon répertoire.
06:19Quelle chance de pouvoir dire ça d'ailleurs.
06:21J'en connais les difficultés.
06:22Je sais, avec ce peu de musique,
06:25je sais les endroits où il ne faut pas que je me plante.
06:32Et puis le rôle est aussi rendu différent
06:34par la lecture qu'en font le metteur en scène
06:36et le directeur musical.
06:39C'est comme un puzzle,
06:40c'est-à-dire qu'on a des directives
06:42parfois très très affirmées
06:44d'un côté ou de l'autre.
06:46Je pense à des questions de tempo par exemple
06:49avec Leonardo qui est vraiment quelqu'un
06:51qui vient de la musique ancienne.
06:55Donc il a envie de rendre visibles
06:59les angles de chacune des carrures
07:02de cette partition.
07:03Donc sur un rôle aussi court
07:04que celui de la Reine de la Nuit,
07:05c'est très très marqué.
07:11Moi j'adore ça, ce travail-là.
07:13Après, je ne peux pas vous cacher
07:14que de temps en temps,
07:15je lui dis que c'est impossible.
07:17Puisque quand je vous dis qu'il travaille
07:18sur les ruptures de tempi,
07:21très souvent, ça passe par un tempo
07:23très très très très très rapide.
07:30Moi je pose mes limites,
07:33je déploie mes capacités
07:34au maximum de ce que je peux.
07:36Le metteur en scène me donne sa vision
07:39sur laquelle, en ce qui concerne Clément,
07:41il a travaillé,
07:42mais c'était un truc de fou.
07:43On est arrivé avec un storyboard
07:46à la mesure quasiment.
07:47Et puis Leonardo,
07:48c'est sa première flûte enchantée,
07:49donc il est comme un enfant,
07:52il est trop content,
07:53très honoré.
07:54Son orchestre est comme ça,
07:55sur le devant de la chaise.
07:57C'est hyper émouvant.
07:58Donc voilà,
07:59on crée le puzzle ensemble.
08:04Dans la fosse orchestre,
08:06les mains sont souples,
08:07les bras se lèvent,
08:08les directives fusent.
08:09Allez chercher Léon de la France !
08:11Leonardo Garcia Alarcone
08:13et son orchestre
08:14viennent d'arriver à l'archevêché.
08:15Ils ont déjà répété en salle fermée,
08:18mais c'est la première fois
08:19en condition réelle.
08:26Le chef dirige à la fois
08:27l'orchestre et les chanteurs.
08:31ici en plein air,
08:32on retrouve la réalité,
08:34c'est-à-dire l'orchestre
08:35ne sort pas comme dans
08:36ces lieux fermés
08:36et vraiment,
08:37on doit commencer
08:38à travailler la balance
08:39avec les chanteurs.
08:40À ce moment-là,
08:41ce qui est le plus difficile
08:42pour moi,
08:43c'est de travailler
08:44à la fois la balance
08:45avec la salle
08:46et la dynamique
08:47à respecter avec les chanteurs.
08:49Alors généralement,
08:49je décide,
08:50dans les premières scènes orchestres,
08:52comme on appelle
08:53dans le planning,
08:53de continuer à jouer forte.
08:55Pourquoi ?
08:56Parce que si j'ai fait
08:57une balance tout de suite
08:58des dynamiques piano,
09:00les chanteurs pensent
09:01qu'ils peuvent chanter
09:01au tempo qu'ils veulent.
09:03Alors je montre toujours
09:04que la pulsion,
09:04elle est à moi.
09:06Et bien sûr,
09:07tout le monde s'inquiète
09:08en salle
09:08parce qu'ils disent
09:09ça sent trop fort.
09:11Alors finalement,
09:12c'est seulement à la pré-générale
09:14que je travaille les dynamiques.
09:16Et c'est à ce moment-là,
09:17quand ils sont mémorisés
09:18mes tempés,
09:19que je peux commencer
09:20à travailler la dynamique
09:21entre orchestre et salle.
09:23Et pour bien maîtriser la salle,
09:25le chef s'appuie
09:26sur son assistant.
09:27Et quand on est
09:28dans la scène orchestre,
09:29c'est lui
09:30qui est l'oreille du chef
09:31en salle.
09:32C'est-à-dire que moi,
09:33je me tourne toujours
09:34pour demander
09:34comment la balance
09:36a fonctionné
09:37ou n'a pas fonctionné.
09:38Et puis parfois,
09:39Leonardo Garcia Alarcone
09:40quitte carrément son pupitre
09:42pour écouter le rendu
09:43dans les gradins.
09:44Vous pouvez prendre
09:45qui vient de la salle ?
09:46Sans trois directement, s'il te plaît.
09:47Son assistant
09:48prend alors le relais
09:49devant l'orchestre.
09:50Il a voulu d'un coup
09:51écouter dans la salle,
09:53donc c'est moi
09:53qui prends sa place.
09:55Et du coup,
09:55quand je suis à sa place,
09:57l'idée est d'essayer
09:59de représenter
09:59sa vision de l'œuvre.
10:02Et à la générale,
10:03quand on rencontre
10:04le public,
10:04il y a l'anxiété
10:06de tout le monde.
10:07Le cœur marche plus vite,
10:08alors je dois pouvoir
10:10contrôler.
10:11Et la générale,
10:12généralement,
10:12c'est un moment
10:13dans lequel je provoque
10:14beaucoup d'erreurs.
10:16Mais je les provoque
10:17moi-même.
10:18pour que cela
10:19n'arrive pas
10:20à la première.
10:22Ça veut dire
10:23qu'à la générale,
10:24je dirige peu.
10:25Et ça,
10:26ça me permet
10:27de savoir
10:27où je suis absolument
10:29indispensable.
10:31Léonardo Garcia
10:32à l'Arcone
10:33avait déjà travaillé
10:34avec Clément Cogitor
10:35en 2019
10:36sur les Indes galantes.
10:40La flûte enchantée
10:41signe leur retrouvaille.
10:43Il est venu chez moi
10:44et il m'a montré
10:45tous les projets.
10:46Ça veut dire
10:46qu'il a une idée
10:47très claire
10:48de ce qu'il veut.
10:49Parce que dès le début
10:50à la fin,
10:50il avait prévu
10:52le type délivré,
10:54le type de relation
10:55entre les personnages,
10:57surtout tout l'esthétique
10:58autour de son univers
11:00qui est un univers
11:01de films anciens
11:04où il se nourrit absolument,
11:05où l'opéra
11:06est une respiration
11:07du film.
11:09Et de cette manière,
11:10on peut comprendre
11:11à quel point
11:12moi aussi
11:13je vais intégrer,
11:15comme dans un film
11:16de Chaplin,
11:18la musique
11:19qui sort
11:19de ce film.
11:21Clément Cogitor,
11:22qui est aussi réalisateur,
11:23donne à la flûte
11:24une nouvelle dimension
11:25avec l'utilisation
11:26de la vidéo
11:27dans la mise en scène.
11:29Parmi quelques oeuvres,
11:30il y en a
11:30dont je suis assez sûr
11:31que la vidéo
11:31leur va bien,
11:33c'est La flûte enchantée.
11:34Parce qu'elle est écrite,
11:35on sent que c'est écrite
11:35pour un plateau
11:36qui est très mobile.
11:38Donc on imagine à l'époque
11:39que c'était des rideaux
11:40qui descendaient,
11:41qui montaient,
11:42des choses qui venaient
11:43des cintres
11:43et qui apparaissaient
11:44et disparaissaient
11:45parce que la musique,
11:46le changement
11:47d'une scène
11:47à une autre
11:48se fait vraiment
11:48en quelques mesures,
11:50deux, trois mesures parfois.
11:51On sent que Mozart
11:52avait un sens du cut
11:52dans la partition
11:54en tant que vidéaste.
11:56Je me sers de ça,
11:56du sens du montage
11:58que je peux avoir
11:58quand je travaille l'image
11:59pour essayer de le connecter
12:01avec le rythme
12:02un peu endiablé
12:03que Mozart donne
12:03à la partition.
12:07Un rythme endiablé
12:09porté par l'orchestre
12:10de Leonardo Garcia Larcon,
12:12Capella Mediterranea,
12:13qui joue avec
12:14des instruments anciens.
12:17C'est tout un défi
12:18parce qu'on joue
12:19avec des cordes en boyau
12:20et on a des flûtes en bois
12:22pas en métal.
12:23Je m'appelle Bastien,
12:25je suis flûtiste
12:26et je joue la flûte
12:27dans la flûte enchantée.
12:29C'est-à-dire que
12:29quand Tamino joue
12:31la flûte sur scène,
12:32c'est le son
12:33de ma flûte qui sort.
12:35On a des instruments
12:37de la période de Mozart
12:38qui ont un timbre
12:39beaucoup plus riche,
12:40beaucoup plus chaud,
12:41mais qui ont aussi
12:42leur petit lot
12:43de difficultés techniques.
12:46Et en plein air,
12:48avec la chaleur,
12:49les difficultés
12:50concernent les instruments
12:51mais aussi les voix.
12:53Je pense que c'est
12:54comme les gens
12:55qui s'entraînent
12:56pour un marathon
12:56dans des conditions extrêmes.
12:59moi, je m'oblige aussi
13:00à chanter
13:01quand il fait très chaud
13:02en ce moment.
13:03Mon travail,
13:03c'est de savoir
13:05chanter cet air
13:06dans toutes les conditions.
13:11Et après trois ans
13:12de travail
13:13avec les différents acteurs
13:14de l'opéra,
13:15Clément Cogitor
13:16voit enfin
13:17son projet se réaliser.
13:19Moi, j'ai l'impression,
13:20mais j'avais déjà ça
13:21comme impression
13:21quand j'ai mis en scène
13:22les Indes Galantes
13:23qu'en fait,
13:24je mets beaucoup plus de temps
13:25à mettre en scène une œuvre
13:26à l'imaginer
13:27que le compositeur
13:28et le libraitrice
13:29ont mis de temps
13:30à l'écrire.
13:30Si on regarde
13:31la correspondance de Mozart
13:32mais même de plein de compositeurs,
13:33il me semble que Mozart
13:34doit recevoir
13:35la commode au printemps,
13:36il écrit jusqu'au début de l'été,
13:38il part à Prague
13:39pour un autre opéra
13:40et je crois qu'il revient,
13:41les représentations
13:42commencent en septembre.
13:43Par rapport à notre rythme à nous,
13:45c'est délirant.
13:46Mais en même temps,
13:47moi, j'aime bien avoir ce temps.
13:48Ça permet de sédimenter
13:49un peu les idées,
13:50de construire la vision,
13:51de rêver au projet.
13:54Et puis à un moment donné,
13:55on y va,
13:55il faut y aller.
14:17Sous-titrage Société Radio-Canada
14:20Sous-titrage Société Radio-Canada
14:22Sous-titrage Société Radio-Canada
14:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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