00:00Je ne dirais pas qu'elle sera très certainement votée et moi je crois à la vie démocratique, je crois
00:05que le débat parlementaire a permis de montrer la gravité de cette décision qui nous est proposée aujourd'hui.
00:10Vous savez, vous l'avez dit, c'est un choix de société majeur. En fait la question qui se pose
00:14pour nous c'est qu'est-ce que signifie soigner celui qui est dans la détresse ?
00:19Bien sûr on vit tous la détresse, l'épreuve, la dépendance, la vieillesse, on vit celle de nos proches, on
00:26vit cette expérience de la dépendance aussi chacun d'entre nous dans nos propres existences.
00:32Et la question qui se pose c'est comment est-ce qu'on répond aujourd'hui à l'épreuve ?
00:35Est-ce qu'on y répond par le soin ? Est-ce qu'on y répond par la mort ?
00:38Et c'est aujourd'hui ce choix qui nous est proposé, qui consiste pour la première fois à considérer que
00:43tuer peut-être un soin.
00:45C'est la première fois y compris dans l'histoire de la médecine, le serment d'Hippocrate qui est très
00:50ancien, dit que jamais le médecin ne doit administrer la mort.
00:53Et aujourd'hui ce que voudrait célébrer Monsieur Panifouz, ce que voudrait célébrer tous ceux qui ont orchestré cet agenda,
00:59ce que manifestement Emmanuel Macron est très pressé de célébrer lui aussi, c'est le fait que le suicide puisse
01:04devenir un droit auquel l'État, c'est-à-dire chacun d'entre nous contribue.
01:08Moi vous savez, c'est très simple, si un jour je devais me trouver dans une situation de souffrance telle
01:15que je demande à un ami de m'aider à mourir,
01:17j'espère que cet ami me dira, mais non la vie a un sens et je vais t'aider à
01:21y retrouver goût.
01:22Et aujourd'hui, en particulier dans le moment où nous sommes, nous avons tous les moyens de soulager la souffrance.
01:27Nous vivons dans une époque où la médecine n'a jamais été aussi efficace dans le fait de protéger les
01:32Français de l'expérience de la souffrance,
01:35y compris de la souffrance physique ou de la souffrance psychologique.
01:38Et donc la vraie question, c'est est-ce qu'on veut se donner les moyens de soulager la souffrance
01:41ou est-ce qu'on veut dire à quelqu'un qui demain demandera la mort qu'on va l'aider
01:44à partir,
01:45qu'on va lui garantir les conditions du suicide ?
01:48Moi je ne crois pas à cette société-là.
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